Ice-T

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Tracy Lauren Marrow voit le jour le 16 février 1958 à Newark dans le New Jersey, où il passe sa petite enfance, marquée par les décès successifs de sa mère, d’une crise cardiaque, quand il a 8 ans, et de son père, quatre ans plus tard. Un destin apte à endurcir un futur rappeur gangsta !

Tracy Marrow est donc envoyé vivre en Californie, chez une tante qui vit à South Central, l’un des plus chauds ghettos de Los Angeles. Après ses études à la Creenshaw High School, il s’engage dans l’armée pour quelque temps, puis revient à L.A. C’est à ce moment que, selon sa légende, il exerce ses talents dans le vieux métier de proxénète, ce qui n’est pas vraiment vérifié, mais il emprunte à son mentor spirituel Iceberg Slim, le maquereau devenu écrivain légendaire, ce qui va devenir son pseudo de rapper.

Car Ice T est un des premiers activistes californiens du mouvement hip-hop, et il commence à enregistrer des maxis, puisque c’est le vecteur traditionnel à cette époque du genre musical naissant. Son premier fait d’arme, « The Coldest Rap », sort en 1982. Ice T n’est pas seulement habile au micro, il pratique également la danse, autre discipline du hip-hop originel. Cela le conduit à participer à deux films sur ce mouvement naissant, Breakin’, et Breakin’ 2 : Electric Boogaloo, en 1984.

Il attire l’attention du Seymour Stein, fondateur du label Sire (Madonna, Talking Heads, Ramones…) qui décrète voir en Ice T un nouveau Dylan et le signe. Rhyme Pays sort en 1987, et sera rapidement Disque d’or, ce qui en 87 est rarissime pour un album de rap. Il contient l’acte de naissance du gangsta rap : « 6 ‘N The Mornin’ », dont il avait déjà enregistré une version sur un maxi liminaire : « 6 in the morning, Police at my door… », ce conte réel de la marge est l’un des premiers textes de rap aux lyrics explicites.

La popularité d’Ice T est décuplée quand il écrit la chanson titre du film Colors, chef d’œuvre signé Dennis Hopper, avec Sean Penn et Robert Duvall, et qui montre pour la première fois à l’écran l’univers des gangs de Los Angeles. En 1988, il frappe à nouveau avec Power, un album rendu célèbre par sa pochette, où il pose avec sa sculpturale fiancée, Darlene Ortiz, en maillot de bain échancré, tenant à la main un fusil d’assaut. Power sort sur le label d’Ice T, Rhyme Syndicate, distribué par Sire. Il décroche un deuxième Disque d’or, et enchaîne avec The Iceberg… Freedom Of Speech… Just Watch What You Say, en 1989, un troisième album abrasif comme jamais.

1991 est une année clé pour Tracy Marrow : il sort son quatrième album, OG : Original Gangster, sur lequel il introduit son projet parallèle de black metal, Body Count. La même année, tandis qu’il se frotte au public du rock alternatif aux Etats-Unis, lors de la tournée Lollapalooza, il joue dans un film qui va marquer les esprits, New Jack City, dans lequel il joue un inspecteur de police des narcotiques.

En 1992, il joue dans Trespass, cette fois un chef de gang, puis il va enchaîner les films, à gros budgets (Johnny Mnemonic, Tank Girl…) ou des productions fauchées qui sont directement exploitées en DVD. Cela lui permet d’afficher en 2008 une filmographie riche d’une cinquantaine de films ! Il faut y ajouter plusieurs séries télévisées comme New York Undercover, Players, Law & Order, etc…

OG
est considéré comme son meilleur album, le plus significatif. Il est aussi un nouveau succès commercial, puis il récolte un Grammy Award pour sa participation à l’album de Quincy Jones, Back On The Block, qui marie rap et jazz. Mais la controverse va tomber sur la chanson « Cop Killer », emblématique du premier album de Body Count, faisant d’Ice T à la fois un martyr de la cause, un héros, ou l’homme le plus détesté de la planète pour la frange la plus réactionnaire de la population. Cette agitation durcit les relations entre Ice T et Warner, qui distribue ses disques, la major fait des difficultés pour distribuer Home Invasion, son nouvel album, avec sa pochette originale.

Ice T récupère alors son contrat et va signer chez Priority, qui ressort l’album en 1993. C’est son dernier éclat comme rapper. Il participe ensuite à la B.O. du film Judgment Night, qui réunit rappers et hard rockers (il sévit avec Slayer), puis pose sa voix sur un titre du nouvel album de Black Sabbath, enfin sort le livre The Ice Opinion : Who Gives A Fuck, où il décrit ses positions politiques.

VI Return Of The Real
sort en 1996, chez Virgin, avec une pochette insignifiante, et des collaborateurs inconnus à la production musicale. The Seven Deadly Sin suit, en 1999, sur son nouveau label, Coroner Records, distribué par Virgin. Mais le rap a évolué, et à l’aube des 90’s, Ice T fait figure de vieil artiste qui n’excite plus le nouveau jeune public qui va faire triompher le genre dans des proportions planétaires.

Ice T s’absente ensuite de la scène rap, même s’il en reste proche, avec des compilations, ou des projets parallèles comme le fugace groupe SMG (Sex Money & Gunz, avec Smoothe Tha Hustler et Trigger Tha Gambler). Il faut attendre 2006 pour voir sortir Gangsta Rap, un album sans éclat, dont le seul fait notable est de voir sa pochette censurée, Ice T y pose en effet nu avec sa nouvelle femme, Nicole « Coco Marie » Austin, une plantureuse blonde, mannequin pour calendriers de routiers et lingerie sexy, aux attributs abondamment siliconés.

Personnalité des médias, Ice T n’exprime plus les vues engagées qui avaient fait son triomphe. À la place, il s’adonne à quelques beefs, ces fameuses embrouilles largement médiatisées entre rappeurs qui font l’ordinaire des sites Internet et des magazines.

Copyright 2017 Music Story Jean-Eric Perrin

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