Luce

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Je ne suis plus dans la démonstration. Je crois que j’ai grandi.

Son premier disque l’avait laissée enfermée dans la toute petite boîte d’une chanteuse coquine, à dominante burlesque sans barrières, et la provocation qui va avec.
Chaud, nouveau label et deuxième album brodé à la veillée des émotions par une dentellière des sentiments (qui aime bien faire l’actrice, itou), retrouve LUCE comme on ne la supposait pas. Tout comme le pinson de Prévert, elle y est gaie quand elle est gaie, souvent mélancolique, parfois effrontée. Si ça lui chante.

VUE DE LOIN
LUCE est ronde, puis elle mincit, puis elle change de coiffure, puis elle change encore, et se fait tatouer un crocus au creux de l’épaule. Quel rapport avec le fait de faire chanteuse, la nécessité d’être – un peu – schizophrène (on me l’avait pas dit, avant !) ? Où nicher ces carnets annotés jusqu’à la marge de sensations, idées et images, qui lui ont permis de nous conter ici quelques histoires en propre ? Absolument dans la certitude que son travail c’est de chanter, avoir des émotions et de les partager avec les gens, de rentrer dans le lard du public. Pas dans la science du brushing.

VUE (DE LA GARE) DE PERPIGNAN
…Qui, comme le prétendait Salvador Dali, reste le symbole de la construction de l’univers. Le certain de l’histoire, c’est que ce Sud est le centre de Lucie Brunet, dans le civil jeune femme catalane qui ici se ressource, s’ancre, goûte le vin de son frère agriculteur, et s’émeut (la moindre évocation des collines de Peyrestortes fait ressurgir cette légère pointe d’accent, qui offre déjà comme un début de chanson), dans sa famille et auprès d’une dame à ses yeux considérable, et à qui est dédiée Dans ma maman.

VUE A LA TELEVISION
Donc, LUCE a été en 2010 ultime lauréate de la Nouvelle Star : une expérience exigeante, une émission pas facile qui met en danger, mais qu’elle revendique comme une épopée qui lui a offert deux adolescences. Plus intéressant ? En interprétant en grand écart Jacques Brel ou Philippe Katerine et les Rolling Stones, elle étale crânement le full aux as de ce qu’elle revendique aujourd’hui : LUCE est avant tout interprète assumée (même si elle cosigne dans Chaud trois textes : Polka qui n’en est pas une, mais où en tout état de cause personne ne veut danser avec la chanteuse, Vernis ou le travestissement imposé par le métier, et Chaussures, puisque la vie, c’est mieux du pied gauche). Et en est fière. Plus intéressant encore ? Elle rechigna à revisiter Dalida, et fit pourtant chavirer les audiences grâce à sa version de Gigi L’Amoroso…Comme quoi, le public, parfois….

VUE DE L’INTÉRIEUR
Dans les vestiaires, on évoquerait une équipe. Sous l’uniforme, une brigade. En studio (le parisien Pigalle), mentionnons un groupe – un vrai – resserré autour d’un Mathieu Boogaerts rencontré lors du précédent opus et dont LUCE se considère comme la muse (il réalise, compose, prend en charge les claviers et les guitares, joue un peu de batterie, aussi), du bassiste de ce dernier Zaf Zapha, du batteur Joseph Selim Chedid ou de quelques copines choristes (Noémie Brosset, Maryvette Lair, Hélène Pince ou Cléa Vincent), et de Renaud Létang en charge du mixage. C’est tout, mais c’est déjà beaucoup pour insuffler une inspiration resserrée, et la dynamique de ces talents unis comme les doigts de la main.

(RE)VUE EN DÉTAIL
Dans Le Feu au cul, Luce paraphrase Aragon (est-ce ainsi que s’expriment les jeunes femmes ?), pour Malibu (même si tout n’est pas simple), l’amour peut ressembler à un cocktail qu’on vomit, dans Chat doux l’ambigüité est revendiquée, puis l’amour aux abonnés absents de Ton crâne, tout comme M’attends pas (courage, fuyons), ou l’influence sixties de Let’s Go, ou l’amour comme peuvent l’aborder les enfants (Quitte pas). Et le tout trace les lignes forces de la gouaille d’une Arletty, de la désespérance ironique de Les bêtises de Sabine Paturel, sous figure tutélaire de Catherine Ringer.

On parlera de chrysalide et autre considérable mutation. Convenons qu’avec ces 12 chansons, Luce offre une orée de printemps de paroles de jeune femme, sensuelle et sensible, parfois souriante pour ne pas pleurer, mais toujours debout. Pas toujours raisonnable, mais elle a raison. Bientôt, près de chez vous.
Chaud ? Devant.

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