
Le Sacre du Tympan - La Grande Ouverture
Un big-band pour le XXIèmesiècle
Après un premier disqueéponyme en
2002, puis «Le retour!» trois ans plus tard, leSacre du Tympan livre aujourd’hui «La Grande Ouverture». L’occasionpour l’orchestre d’affirmer sa singularité tout en s’adressant à un public plusimportant. Mené de main de maître depuis une dizaine d’années par letrentenaire
Fred Pallem,
le Sacre du Tympan a su s’imposer comme un des pluspassionnants ensembles de
musique en activité en France. Ce big band de 17musiciens (saxophones, trompettes, trombones, tuba, flûte, percussions, orgueguitare, basse et batterie) puise son essence dans le jazz, avec une conceptionélargie de l’idiome. «Je préfère collaborer avec des gens qui ne sont pasforcément issus de cette
musique.» déclare Pallem. C’est peut-être parceque le bassiste
Fred Pallem est lui-même venu à la
musique par le
rock avantd’étudier la composition et les arrangements au Conservatoire NationalSupérieur de
Musique de
Paris, vivier de talents parmi lequel il a recruté lesmembres de l’orchestre. Voici plusieurs saisons que
le Sacre du Tympan estsollicité pour fournir accompagnement et orchestrations à différents artistes(certains des membres du big band sont présents, en studio comme sur scène auxcôtés de
Charlotte Gainsbourg,
Air,
Feist, Oxmo Puccino…), ce dont «LaGrande Ouverture» est aujourd’hui un aboutissement.
Fred Pallem y aappliqué les leçons qu’il a tiré des multiples collaborations qu’il aréalisées, auprès d’Emilie Simon, sur le nouvel album de
Kent, sur scène auxcôtés de
Sébastien Tellier, mais aussi pour la publicité et le cinéma (lamusique d’«Emmenez-moi» du réalisateur Edmond Bensimon). Un album taillé sur-mesurepour ses invités Au sujet de La Grande Ouverture,Fred Pallem emploie volontiers le terme de collection. «Tous les morceauxde ce disque sont nés de la rencontre avec d’autres artistes et ont déjà étéfaits sur scène. J’ai choisi d’enregistrer mes arrangements préférés parmi ceuxque j’avais faits pour d’autres.Chacun des artistes que j’ai contacté aaccepté l’exercice.» Néanmoins, les différents titres dévoilent unstupéfiant sentiment d’unité, malgré la variété descollaborateurs.«Nous sommes probablement le seul groupe qui peutfaire un titre avec Tellier et M, un avec
Sanseverino, un avec Kanche, un autreavec Piers Faccini…Le dénominateur commun à tous ces artistes, c’estl’orchestre lui-même. Nous nous sommes adaptés à eux, ils se sont adaptés ànous.» Coutumier d’arrangements dépouillés, Faccini est particulièrementsurprenant dans la luxuriance du big band, et très convaincant sur la relecturede son Sharpening Bone. «Nous aurions pu faire un album entier avecchacun.» s’enflamme Pallem. Que ce soit
Sanseverino, Tellier et Marcel Kanchesur leurs propres compositions, Minvielle, Lourau,
Juliette Paquereau et AliceLewis sur des reprises signées respectivement
Lionel Hampton,
André Popp, EttaJames et
Burt Bacharach, tous se sont prêtés au jeu avec une jubilation quifait plaisir à entendre. Les couleurs du jazz avecl’énergie du
rock Constamment inventifs, lesarrangements de l’album confirment la très
large palette du Sacre, également àl’aise dans des registres sombres ou légers, voire franchement drôles.«Il y a de tout: des choses très posées, des musiques de cul, destrucs tarés aussi.» explique Pallem. Au terme des dix premières annéesd’existence du Sacre, Pallem semble y avoir accompli ce qui était sonidéal: s’exprimer à travers un orchestre de jazz qui ait la
puissance durock. Héritier moderne des house-bands du type de ceux des labels Stax etMotown, le Sacre est un outil d’une richesse et d’une souplesse fabuleuses. Ense consacrant principalement à des reprises (seule La Grande Ouverture, unthème écrit pour «La folleet véritable histoire de Luigi Prizzoti» d’Edouard Baer, est une composition originale), le Sacre s’assumepleinement comme accompagnateur, ce qui l’autorise à une plus grande épure.«Nous nous sommes mis au service de l’émotion en rangeant nos égos auplacard.» affirme
Fred Pallem. L’album est l’occasion pour Pallem et sescomparses de prouver leur amour pour d’autres compositeurs, et aussi unemanière de boucler le premier
cycle de l’existence du Sacre du Tympan. L’heure du Sacre a bel et bien sonné!
oplazzterrium - 2008-08-07 17:01
il y a des morceaux qui ont dégagé c dommage