
Figure montante de la scène folk new-yorkaise, Dawn Landes a grandi du côté de Louisville, dans le Kentucky. C’est là qu’elle a appris, puis rapidement abandonné, le piano (“avec trois profs nommées Beverly”). Très vite attirée par la collection de disques “étrange” de ses parents (“les Pointer Sisters me touchaient autant que les Traveling Wilburys”, explique-t-elle), Dawn n’a pas tout de suite eu la tentation de se mettre à la
musique. Elle raconte: “Je crois qu’au départ j’étais surtout intéressée par l’idée de faire des expériences sur des sons. Ainsi, la première cassette que j’ai enregistrée au lycée contenait un morceau fait à base de bruits de cricket, d’eau qui coule et du mot ‘glory’ chanté d’un million de manières différentes.” Pour
Dawn Landes, le déclic de l’écriture viendra d’ailleurs: “Je crois que j’étais
davantage influencée par des romanciers ou des poètes que par des musiciens. L’une de mes premières chansons était, par exemple, une adaptation d’un poème d’Edna St
Vincent Millay que j’avais mis en
musique.” Après le lycée, la jeune
femme a quitté son Kentucky natal pour rejoindre la Big Apple et, plus précisément l’université (NYU). Elle ajoute: “C’était il y a six ans. J’ai suivi les cours pendant quelques temps, puis je me suis arrêtée
avant les examens... Je savais que c’était pour la
musique que j’étais venue dans cette ville.”
Ses débuts sur la scène folk new-yorkaise du début des années 2000 l’ont forcément amenée à se confronter à la tribu anti-folk, alors en plein essor: "Lors de mon arrivée à New
York, je me suis naturellement dirigée vers les soirées ‘micro ouvert’ du Sidewalk Café. J’adorais l’énergie de ce lieu, de cette scène (des poètes de rues, des allumés aux cheveux verts
venus des quatre coins des Etats-Unis), mais je crois que j’étais trop folk pour eux. C’est pour ça que j’ai plutôt rejoint la communauté Fast Folk qui regroupe des songwriters héritiers de Dylan et des pionniers de Greenwich Village. Des gens comme Townes Van Zandt, Dave Van Ronk, Suzanne Vega ou Jack Hardy ont tous fait partie de cette communauté à un moment ou à un autre. Et, même si j’étais de loin la plus jeune (la plupart avaient la quarantaine ou la cinquantaine, alors que j’avais juste une vingtaine d’années), je pense que ça me correspondait mieux." Dans un registre différent, et comme le confirme l’emballement pop/rock de "Picture Show" sur son dernier album Fireproof, Dawn Landes a aussi établi des liens avec la scène indie pop en s’associant avec les musiciens de Hem et des Earlies: "J’ai rencontré les musiciens de Hem en travaillant comme ingénieur du son dans un studio d’enregistrement (elle a déjà enregistré des gens comme Philip Glass, Ryan Adams ou Joseph Arthur, ndA). Ils étaient là pour une session, je leur ai demandé si je pouvais rester pour les écouter et on s’est tout de suite très bien entendus. Depuis, je crois que j’ai dû participer à tous leurs disques, que ce soit dans les chœurs ou au glockenspiel. Et c’est en tournant avec eux que j’ai rencontré les Earlies. Là aussi, le courant est bien passé. D’ailleurs, ils chantent même avec moi sur ‘Caroline’, une chanson que je viens d’enregistrer." En tournée, Dawn Landes s’est également faite connaître en assurant les premières parties d’artistes comme José Gonzalez, Suzanne Vega, Shannon Wright, Feist, Le Tigre ou Andrew Bird.
Enregistré à l’ancienne et en une seule journée (en compagnie de son groupe et du producteur Adam Lasus) sur un vieux magnéto à bande, Fireproof a été ensuite récupéré et réapproprié par Dawn qui s’est installée seule en studio pendant une semaine pour finir le disque et y ajouter sa
touche personnelle, soit (entre autres) la dose de cloches et sifflements requis. A l’instar de ses prédécesseurs, ce deuxième album se caractérise par un son folk très urbain, une tendance qui n’est pas forcément une surprise pour la chanteuse qui explique: "Je crois que les disques sont toujours marqués par les endroits où ils ont été conçus ou écrits. De ce point de vue, il est clair que New
York a forcément coloré une grande partie des sons que j’ai enregistrés pour Fireproof, mais je crois aussi qu’au cœur de ces chansons il y a toujours cette fille qui joue de la guitare dans un champ de maïs du Midwest. La seule différence, c’est que le maïs a été remplacé par les buildings..." Cette étonnante idée d’une sorte de country urbaine est particulièrement palpable sur les superbes balades que sont "Twilight" ou "Tired Of This Life" que n’aurait certainement pas reniées
Clem Snide. Au sujet de sa reprise, plutôt inattendue, de "I Won’t Back Down", le vieux
tube du (souvent) mésestimé Tom Petty, la chanteuse confesse: "J’adore cette chanson. Elle me brise le cœur à chaque fois que je la chante. Elle est vraiment imprégnée d’une profonde tristesse qui n’est pas forcément évidente au premier abord."
Par ziebraz - dimanche 31 mai 2009 à 11h38
beutiful vocal