
La première fois que j’ai entendu Leonard Cohen, c’était dans un film, Breaking the waves, le beau mélo de Lars Von Trier. Le morceau s’appelait « Suzanne », sa chanson la plus célèbre : « Suzanne takes you down to her place near the river / You can hear the boats go by / You can spend the night besides her… ». Le réalisateur danois l’avait choisi pour illustrer un « carton », l’ouverture d’un des chapitres du film. Comme si, pour défendre, utiliser, citer Cohen, on ne pouvait jamais s’éloigner de la littérature. Comme si Cohen était un poète qui avait simplement mis en musique des textes, et non pas un vrai chanteur. Un cliché que lui aura toujours voulu casser (« Quelquefois des poèmes sont nés avec la musique, d’autres fois la musique est née après eux, et parfois il nous vient des mots réclamant une musique pour les parfaire »), refusant cette image de musicien littéraire sérieux, trop sérieux, lui dont le surnom zen est pourtant « Jikan » (« le silencieux »). En 1970, le journal Melody Maker écrivait, après son concert au festival de l’île de Wight : « Leonard Cohen est un vieux raseur qui ferait bien de retourner se faire voir au Canada, qu’il n’aurait jamais dû quitter. » Commentaire de l’intéressé, vingt ans plus tard : « On m’a beaucoup critiqué en disant que j’étais déprimant, mais j’étais déprimé ! ». Copyright Music Story 2008
Source :
music-story.com
Par solfasolafa - mercredi 10 juin 2009 à 19h49
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