
Ecouter un de leurs disques, ou les applaudir en concert, c’est/c’était recevoir en cadeau, virtuosité, chant totalement personnel, compositions alambiquées, et préoccupations cosmiques proches du mysticisme. Pérennité (quarante années de carrière, qui dit mieux ?) et constance (dans le son, et l’inspiration) sont en effet les maîtres-mots du parcours de Yes. Contrairement à Emerson, Lake and Palmer (la machine implacable du pianiste et organiste Keith Emerson, s’époumonant après simplement quelques années d’existence), il a résisté à la pression commerciale du marché. A l’opposé de King Crimson (s’offrant quelques significatives mutations, conséquentes du caractère fantasque de son leader Robert Fripp), ou Genesis (négociant un délicat virage vers la pop adulte après le départ de Peter Gabriel), le groupe n’a jamais opté pour une évolution drastique, visant à séduire de nouvelles générations de publics. Mais, par ses parti pris esthétiques, et une ambition dépassant largement le cadre strict de la rock-music, le groupe ne constitue pas uniquement l’archétype de la scène progressiste britannique des années 70. Dans ses triomphes et innovations, mais également ses errements, ou l’indulgence de ses membres face à leurs propres créations, Yes reste en revanche emblématique de l’impasse dans laquelle nombre de ces talents, mus par le désir d’offrir respectabilité, efficience, et classicisme, à une musique dont les racines restent essentiellement populaires, se sont fourvoyés. Copyright Music Story 2008
Source :
music-story.com
Par rockeurfoufou - jeudi 9 juillet 2009 à 13h22
"En étant défoncé"... -_- pas très malin de dire ça...