Du lecteur-cassette qu’elle a emprunté à son père pour une durée indéfinie aux napperons qui ornent sa table de chevet, difficile d’ignorer la nostalgie qui infuse le projet d’Ana talks to the wind. De sa voix soufflée comme sortie d'un corps-grenier, Ana se livre dans une écriture intime où l’insouciance de l’enfance côtoie les peines de l’âge adulte Nourrie de la folk mystique de Vashti Bunyan et de l’univers lo-fi et dessiné de Daniel Johnston, la musique d’Ana est née dans une maison où les chansons font déborder les étagères de CDs. Sur scène, les journaux et les carnets à dessins s’évadent des tiroirs pour s’allier à des mélodies délicates fredonnées avec pudeur. Lecteur-cassette en main en guise d’album photo, Ana talks to the wind navigue au gré des bandes-sons de ses souvenirs.