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Franz Liszt : les nouveautés sur Deezer
par Justus Eichhorn, Carl Czerny, Antonio Vivaldi, Franz Liszt, Johann Sebastian Bach, Franz Schubert, Paul Hindemith
04/09/2026
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Virtuose du piano et pionnier du poème symphonique, Franz Liszt s'est imposé comme l'un des compositeurs romantiques les plus novateurs, dont la vie aussi romanesque que mouvementée a mené du statut d'idole à celui d'abbé. Fils d'un serviteur et violoncelliste à la cour du prince Estherázy, Ferenc (Franz) Liszt a vu le jour à Raiding (Dobordján), dans le Royaume de Hongrie, le 22 octobre 1811. Exposé à la musique dès ses premières années, il commence l'apprentissage du piano à l'âge de cinq ans et se montre très tôt doué pour improviser et jouer ses premières pièces. Inspiré par la musique d'église et les airs tsiganes des roms itinérants, il reçoit en parallèle une formation musicale rigoureuse et donne ses premiers concerts à neuf ans, à Sopron et à Pressbourg (Bratislava). En 1821, la famille s'établit à Vienne, où le jeune Liszt prend des cours de composition avec Antonio Salieri et de piano avec Carl Czerny, qui tient lui-même son enseignement de Beethoven, qui aurait assisté à l'une des prestations du prodige en 1823. Cette même année, ses parents l'accompagnent à Paris dans l'espoir de le faire entrer au conservatoire dirigé par Luigi Cherubini, mais sa nationalité hongroise s'avère un frein à son admission. Le séjour est néanmoins prolongé par des leçons avec Anton Reicha et Ferdinand Paër. Déjà l'auteur d'une Valse de Diabelli, Liszt compose des variations sur des thèmes d'opéras et un opéra joué quatre fois en 1824, Don Sanche. Il entame également une première version de ses Études pour piano. Très apprécié en Angleterre, où il joue pour le roi George V, le musicien est accablé par la mort de son père en 1827. En proie à une crise mystique, il cesse les concerts et se retire de la vie publique pour étudier la littérature, la philosophie et la religion. Sa découverte de la Symphonie fantastique de Berlioz et ses rencontres avec le violoniste virtuose Niccolò Paganini stimulent son imagination et encouragent son retour à la composition avec une symphonie inachevée et les Grandes Études de Paganini. Le compositeur se fait également critique pour la Gazette musicale de Paris, au travers d'articles dans lesquels il définit ses conceptions esthétiques. Au cours des années 1830, son activité en concert devient frénétique avec plus d'un millier de représentations en huit ans, donnant lieu au concept de « récital », se produisant seul sur scène et de profil face à la salle, jouant tout un programme de mémoire. La formule fera florès et sera rapidement reprise par d'autres pianistes. Sa technique inégalable et son charisme soulèvent les foules venues l'applaudir, suscitant un engouement inédit que l'écrivain Heinrich Heine qualifie de « Lisztomanie ». L'année 1833 voit le début de sa relation amoureuse avec la comtesse Marie d'Agoult, suivie d'une installation à Genève deux ans plus tard et de la naissance de trois enfants, Blandine, Cosima et Daniel. Leurs voyages en Suisse et en Italie inspirent les deux premières parties des Années de pèlerinage (1935-1939), grand triptyque pour piano dans lequel il invente le personnage du voyageur Oberman, musicien et philosophe. Il compose également les Harmonies poétiques et religieuses (1833-1852), les six Grandes études d'après Paganini (avec la fameuse Campanella, 1838), Mazeppa (1840), les Trois sonnets de Pétrarque (1845), quinze des dix-neuf Rhapsodies hongroises (1846-1851 ; le cycle sera achevé en 1882-1885), les deux Ballades (1845-1853), les six Consolations (1848), d'autres pièces pour le piano et la Totentanz pour orchestre (« Danse macabre », 1849). Cependant, le couple se sépare en 1844, alors que le pianiste poursuit ses tournées dans toute l'Europe, de Lisbonne à Saint-Pétersbourg. En 1847, Franz Liszt se retire de la scène et s'installe en Allemagne, à Weimar, où il est nommé Kapellmeister « Extraordinaire ». Il dirige des concerts, organise des festivals dédiés à Berlioz et à Wagner et prodigue son enseignement à un grand nombre d'élèves dont Hans von Bülow, qui épousera sa fille Cosima, avant qu'elle ne s'éprenne de Wagner. De son côté, Liszt se lie avec la princesse Carolyne zu Sayn-Wittgenstein, qu'il souhaite épouser, mais l'église refuse d'annuler son mariage précédent. Cette période voit l'achèvement de compositions ambitieuses comme les Études d'exécution transcendante (1851), la grande Sonate en si mineur (1853) et le Concerto pour piano n° 1 (créé en 1855), suivi par le Concerto n° 2 (1857). Partisan de la « Nouvelle école allemande », Liszt soutient le courant musical novateur et donne l'exemple par l'écriture de treize poèmes symphoniques dont Ce qu'on entend sur la montagne (d'après Victor Hugo, 1847), Les Préludes (d'après Lamartine, 1848), Tasso, lamento e trionfo (inspiré par Lord Byron, 1849), Mazeppa (1851) et Orphée (1854). Deux autres œuvres symphoniques à programme, inspirées respectivement par Dante et Goethe, la Symphonie Dante (1856) et la Faust-Symphonie (1857), reflètent sa conception artistique d'associer musique, littérature et philosophie. Cependant, les oppositions envers ses théories mènent à sa démission de la cour en 1858. Après le décès de son fils Daniel en 1859 et avant celui de Blandine en 1862, Liszt s'établit à Rome où il révise plusieurs de ses œuvres et reçoit en 1865 les ordres mineurs qui le consacrent abbé. Sa musique d'inspiration religieuse, déjà présente dans la Messe de Gran (1855) et l'oratorio Christus (1855-1866), entre au cœur d'une œuvre devenant plus austère, sans se départir d'une grande liberté harmonique avec la Missa Choralis (1865), une Messe hongroise pour le couronnement de François-Joseph (1867) et un Requiem pour chœur d'hommes (1868). La virtuosité est réservée pour la première Méphisto-Valse (1862), suivie par trois autres jusqu'en 1885. En ces années, Liszt partage son temps entre des classes de maître à Weimar et des séjours à Rome et à Budapest, où il fonde l'Académie de musique qui ouvre ses portes en 1875 et portera son nom. Si la transmission de son savoir l'occupe beaucoup et exerce une grande influence sur les jeunes compositeurs et interprètes, il réserve du temps à l'écriture de ses dernières pièces pour piano dans un style épuré et audacieux ouvrant la voie à la modernité : Via Crucis (1879), Nuage gris (1881), La lugubre gondole (1882) et la Bagatelle sans tonalité (1885) naissent alors que sa santé décline. En parallèle de ses compositions, Liszt s'est avéré un grand transcripteur pour le piano, notamment de symphonies et de nombreux airs d'opéra, à travers des pièces nommées Réminiscences, Paraphrases ou Fantaisies. Le 31 juillet 1886, alors qu'il marque sa présence au Festival de Bayreuth, Franz Liszt meurt à l'âge de 74 ans.