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Il n'est semble-t-il de compositeur plus prolifique que Telemann, qui recensait plus de six mille partitions à la fin de sa vie et fut plus célèbre que Johann Sebastian Bach, bien que depuis l'influence de ce dernier a éclipsé l'importance du premier. Issu d'un famille cultivée constitué d'universitaires, Georg Philipp Telemann naît à Magdebourg le 14 mars 1681. Fils d'un pasteur qui mourra quatre ans après, il étudie au collège de la vieille ville et reçoit une instruction complète à l'école de la cathédrale, faisant l'acquisition du latin, du grec et de la philosophie allemande. Il fréquente aussi des écoles privées où il apprend à jouer du violon, de la flûte à bec, de la cithare et du clavecin. Sa mère désapprouvant son ambition de devenir musicien, une situation d'un rang inférieur, il compose en cachette et profite des concerts donnés au collège pour présenter à douze ans un premier opéra, Sigismundus, sur un livret de Christian Heinrich Postel. Il suit les cours de chant et de théorie musicale du maître de chapelle Benedikt Christiani et se montre un élève aussi doué pour les langues, pratiquant le français, l'anglais et l'italien, que pour la musique. En 1893, sa mère l'éloigne vers l'école de Zellerfeld, où il trouve en la personne du surintendant Caspar Calvör un féru de musique qui lui commande en permanence des pièces pour les offices de l'église ou pour les musiciens municipaux. En 1697, Telemann poursuit sa scolarité au Gymnasium Andreanum de Hildersheim où il apprend, dans la classe de Johann Christoph Losius, de nouveaux instruments comme l'orgue, la viole de gambe, le hautbois, le trombone ou la contrebasse. Il participe aux concerts de cantates donnés par les étudiants et compose des œuvres vocales pour l'école ou pour l'abbaye de Saint-Gothard, par l'intermédiaire de son directeur, le père Crispus. Il se rend à Hanovre et à Brunswick pour assister à des concerts. En 1701, il entre à l'Université de Leipzig pour étudier le droit et rencontre en chemin à Halle le jeune Georg Friedrich Händel, avec qui il entretiendra toute sa vie une amitié à distance. Malgré sa promesse faite à sa mère d'abandonner la musique, un camarade de classe tombe sur une partition dans ses bagages et fait jouer la pièce à l'église Saint-Thomas. En conséquence, le maire de la ville, Romanus, commande à Telemann la composition de deux cantates mensuelles pour le service religieux. L'année suivante, il forme un orchestre d'une quarantaine d'étudiants, le Collegium Musicum, dont l'activité se poursuivra sans lui après la fin de ses études et que Johan Sebastian Bach sera même amené à diriger. S'étant vu proposé la direction musicale de l'Opéra de Leipzig, il abandonne ses études et engage certains chanteurs et membres de sa formation pour les œuvres qu'il accompagne à la basse continue. Son activité et son influence déplaisent au cantor de la ville, Johann Kuhnau, qui refuse de mettre à sa disposition le chœur de l'église. En 1704, Telemann est engagé à la direction musicale de la Neukirche de Leipzig, pour une courte période car lors d'un voyage à Berlin, le comte Erdmann II de Promnitz lui a proposé de succéder à Wolfgang Caspar Printz au poste de maître de chapelle à la cour de Sorau, en Silésie, où il aurait composé plus de deux cents œuvres en deux ans. Telemann se fait apprécier pour ses connaissances de la musique française dont le comte est friand et rencontre à cette occasion le poète Erdmann Neumeister, avec lequel il collaborera par la suite. Le compositeur découvre le folklore morave lors de ses escapades à Cracovie et à Pless. Lorsque les troupes suédoises s'approchent de Sorau, il trouve refuge à Eisenbach, où il est nommé premier violon et cantor à la cour du duc Jean-Guillaume. Il y croise des personnalités comme Printz et Bach et compose abondamment, des dizaines de cantates, des opérettes, des sérénades, de la musique religieuse, officiant occasionnellement comme baryton. En 1709, il prend pour épouse Amalie Luise Julian Eberlin, dame de compagnie au service de la comtesse, qui meurt d'une fièvre après deux ans de mariage, non sans lui avoir donné une fille. En février 1712, après avoir postulé, il est nommé à la direction musicale de la ville de Francfort et étend ses activités quand la cour d'Eisenach lui propose le poste de chef d'orchestre pour qu'il continue de fournir, jusqu'en 1731, des cantates et des œuvres sacrées ou profanes. À Francfort, Telemann montre toute sa versatilité à produire des pièces pour toutes circonstances, sauf pour l'opéra, où il soumet ses créations à Leipzig. En outre, il propose ses services très lucratifs au club Gesellschaft Frauenstein, se chargenat d'organiser des concerts. Après son mariage en 1714 avec Maria Katharina Textor, dont il aura huit garçons et une fille, il commence à éditer lui-même ses œuvres. Deux ans plus tard, le duc Frédéric II de Saxe-Gotha lui propose un poste de chef d'orchestre qu'il peut cumuler avec ses fonctions à Eisenach et auprès du duc de Saxe-Weimar, ce qui lui assurerait une suprématie sur l'ensemble des cours de la région. Après négociation avec la ville de Francfort, Telemann se voit augmenté et refuse l'offre du duc. Il retrouve Händel lors d'un séjour à Dresde et compose une série de pièces pour le violoniste virtuose Johann Georg Pisendel. En 1721, Telemann quitte Francfort pour Hambourg, où il est nommé directeur des cinq églises principales, de l'opéra et des activités musicales de la ville jusqu'à sa mort. En 1723, il accepte en outre le poste de maître de chapelle à la cour du margrave de Bayreuth. La ville de Leipzig essaie à plusieurs reprises de le faire revenir dans la cité de sa jeunesse, lui proposant le poste de cantor de l'église Saint-Thomas, mais devant son refus, doit se rabattre sur le moins connu Johann Sebastian Bach. En 1728, il fonde avec Johann Valentin Görner le premier magazine musical allemand, Der getreue Musikmeister. En 1737-1738, il séjourne pendant huit mois à Paris où il est très bien accueilli, exécutant ses œuvres à la Cour et au Concert Spirituel. Il compose à cette occasion les Quatuors parisiens (n° 7 à n° 12). Il continue de produire de la musique pour la ville de Francfort jusqu'en 1757, dix ans avant sa mort, survenue le 25 juin 1767, à l'âge de 86 ans. Telemann a entrepris l'écriture de trois autobiographies s'avérant des sources précieuses, en 1718, 1729 et 1740. Son œuvre, répertoriée dans le catalogue Telemann-Werke-Verzeichnis établi par Martin Ruhnke entre 1984 et 1999, recense plus de 3600 pièces précédées de l'index TWV, de nombreuses autres semblant perdues, comprenant plus de 600 compositions pour l'orchestre, plus de 40 opéras, environ 1700 cantates d'église, 15 messes, 22 psaumes, une quarantaine de passions, 6 oratorios, des motets, des cantates profanes, etc. Parmi les plus connues figurent la Tafelmusik (1733), la Wassermusik (1723), 12 fantaisies pour violon seul (1735) et 12 fantaisies pour flûte traversière seule (1732-1733).