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L'un des plus grands compositeurs de l'époque romantique, Hector Berlioz a eu du mal à se faire accepter en France, quand il fut admiré ailleurs, mais la postérité lui a offert une place de choix grâce à des œuvres comme la Symphonie fantastique et le Requiem ou les opéras Roméo et Juliette et La Damnation de Faust. Originaire de la Côte-Saint-André, en Isère, où son père exerce la médecine, Hector Berlioz voit le jour le 11 décembre 1803 et apprend dans sa jeunesse le flageolet, la flûte et la guitare, des instruments inhabituels chez les grands compositeurs de son temps. Il étudie les traités de théorie musicale de Rameau, Catel et d'Alembert pour élaborer ses premières partitions, comme le Quintette avec flûte. Muni d'un baccalauréat, il arrive à Paris en 1821 pour y suivre des études de médecine pour satisfaire son père, mais préfère fréquenter l'Opéra et s'adonner à son admiration pour Gluck. Il poursuit son apprentissage de la composition avec Jean-François Lesueur et se lance dans la création d'une Messe solennelle, qu'il fait représenter à ses frais en l'église Saint-Roch le 10 juillet 1825, puis dans la composition de son premier opéra, Les Francs-Juges (1826). Après avoir tenté en vain le Prix de Rome l'année suivante, Berlioz comprend que pour se faire accepter du milieu musical, le conservatoire reste un passage obligé et se plie donc à l'exercice, retrouvant Lesueur et étudiant le contrepoint et la fugue avec Anton Reicha, mais sa deuxième tentative au concours de Rome avec La Mort d'Orphée s'avère un nouvel échec. Alors qu'il assiste aux représentations d'Hamlet et de Roméo et Juliette de Shakespeare au théâtre de l'Odéon, il s'éprend de l'actrice irlandaise Harriet Smithson, puis découvre le Faust de Goethe, qui aura aussi une grande influence sur ses choix de programmes musicaux, à commencer par Huit scène de Faust. Enfin, la troisième tentative au concours de Rome lui apporte un second prix avec la cantate Hermine en 1828. Il tente à nouveau le grand prix avec La Mort de Cléopâtre sans réussite, mais finit par s'imposer en 1830 avec La Mort de Sardanapale, créée le 30 octobre. Cette même année voit la composition de la Symphonie fantastique, sous-titrée « Épisode de la vie d'un artiste », dont une première audition est donnée le 5 décembre dans la salle du Conservatoire, devant un Liszt conquis. Son découpage inédit en cinq scènes, progressant de la rêverie à des visions fantasmagoriques, est traversé par une « idée fixe », un leitmotiv avant l'heure. Le monde devra attendre pour découvrir ce chef d'œuvre, car en mars 1831, Berlioz doit partir pour la villa Médicis à Rome, dont il revient aussitôt quand il apprend que sa promise, la pianiste Camille Moke, a rompu leurs fiançailles. Sur le chemin du retour, à Nice, il compose les ouvertures du Roi Lear et de Rob Roy, puis regagne finalement l'Italie où naît Lélio ou le Retour à la vie, offrant une suite de sa symphonie. Les deux œuvres sont reçues avec succès lors de son retour à Paris fin 1832, devant Mrs. Simthson, qu'il finit par épouser en octobre de l'année suivante. Fort de sa notoriété, Berlioz accepte la demande de Paganini de lui composer un ouvrage pour alto et orchestre, qui sera Harold en Italie, rare partition du genre portée par le voyage poétique de l'instrument. En 1835, Berlioz le critique musical entre en scène au Journal des débats et sa plume, aussi enthousiaste qu'acerbe, ne laissera personne indifférent. Deux ans plus tard vient le Requiem, dont la première a lieu le 5 décembre aux Invalides. En revanche, l'opéra Benvenuto Cellini ne recueille guère le succès escompté et disparaît rapidement de l'affiche en 1838. Berlioz travaille alors à Roméo et Juliette, une « symphonie dramatique » présentée en présence de Wagner, qui l'applaudit, en 1839. Le compositeur enchaîne avec la Symphonie funèbre et triomphale. Alors que son mariage tant désiré tourne à la rupture, il s'éprend de la soprano Marie Recio, qui l'accompagne dans ses tournées en Belgique et en Allemagne, suivies par des concerts à Prague et à Budapest. Il est alors davantage fêté qu'à Paris, où public et critique jettent un mauvais sort à la Damnation de Faust, une « légende dramatique » où l'art orchestral se conjugue aux vers de Goethe. Berlioz, qui s'est improvisé organisateur de festivals parisiens, a perdu beaucoup d'argent et se retrouve endetté. En 1847, il entreprend une tournée en Russie où, par contraste, il est accueilli triomphalement, comme Benvenuto Cellini à Weimar, donné à l'initiative de Liszt. En 1854, Harriet Smithson meurt et il épouse Marie Recio. La même année, il reconquiert le public français avec l'oratorio L'Enfance du Christ, suivi par le Te Deum en 1855. Élu à l'Académie des beaux-arts en 1856, Berlioz achève trois ans plus tard la composition de l'opéra Les Troyens qui ne sera représenté qu'en 1863, après la première de Béatrice et Benedict à Baden-Baden l'année précédente. Entre temps, la mort de sa seconde épouse le plonge dans le désarroi. Il quitte le Journal des débats en 1864 et son fils Louis, âgé de trente ans, meurt de la fièvre jaune à La Havane. Malade, Berlioz prépare néanmoins un voyage en Russie, mais à son retour, dès la fin de l'année 1868, il ne quitte plus son lit et meurt le 8 mars 1869. En avance sur son temps, Berlioz n'a pas toujours été compris, lui qui incarnait tant le romantisme par sa passion et sa fougue, présentes dans ses œuvres au même titre que sa vision de l'orchestre, riche en timbres, puissante dans ses ruptures et sa dynamique, audacieuse dans ses développements harmoniques. Très tôt, il a su s'ouvrir à d'autres cultures, italienne, anglaise ou germanique, qui ont fait de lui un créateur européen, en prise avec son époque.