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22/09/2025
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S'il est connu du grand public par sa Valse n° 2, Dimitri Chostakovitch, le plus grand compositeur de l'ère soviétique, a forgé une œuvre puissante et intemporelle malgré ses relations tourmentées avec le régime – notamment à travers la Symphonie n° 7 « Leningrad » et l'opéra Lady Macbeth de Mtsensk. Fils d'un ingénieur du Bureau des poids et mesures et d'une pianiste professionnelle qui lui donne ses premières leçons, Dimitri Dimitrievitch Chostakovitch voit le jour le 25 septembre 1906 à Saint-Pétersbourg, renommé Petrograd depuis la Révolution de 1905. Il suit des cours privés avec Ignaty Glasser avant d'entrer en 1919 au Conservatoire de Petrograd, dirigé par Glazounov, où il étudie le piano avec Leonid Nikolaïev, la composition avec Maximilian Steinberg, le contrepoint et la fugue avec Nikolaï Sokolov. Composée pendant ses études, sa Symphonie n° 1 créée le 12 mai 1926 par Nikolaï Malko est une œuvre aboutie, adoptée par de grands chefs comme Bruno Walter, Leopold Stokowski ou Arturo Toscanini, avant de devenir l'une de ses compositions les plus jouées. En 1927, commençant une carrière de pianiste, il se présente au premier Concours international de piano Frédéric Chopin et parvient jusqu'à la finale, sans remporter de prix. La même année, sa Symphonie n° 2 avec un chœur final patriotique, commandée pour le dixième anniversaire de la Révolution d'Octobre, déçoit par son modernisme aux accents dissonants. Chostakovitch va poursuivre dans cette voie avec son premier opéra Le Nez, d'après le conte de Gogol, qui fait autant preuve de sarcasme que d'avant-gardisme, notamment dans le traitement vocal. Créé le 18 janvier 1930, il remporte un succès populaire avant d'être retiré de l'affiche après seize représentations car jugé trop « décadent » par l'Association russe des musiciens prolétaires, et ne sera réhabilité qu'en 1974. Dans le sillage de la précédente, avec chœur, et l'utilisation de thèmes populaires, la Symphonie n° 3 sous-titrée « Premier mai » est créée le 21 janvier et présente suffisamment d'éléments modernistes pour être bannie par la suite. Dans le même temps, Chostakovitch a commencé à travailler pour le cinéma avec la musique du film La Nouvelle Babylone et s'est attelé à la composition de trois ballets, La Punaise sur le texte de Maïakovski, L'Âge d'or avec orchestre et formation de jazz, qui est donné trente fois avant de subir les foudres de la censure, puis Le Boulon. Il entame ensuite la composition de son deuxième opéra Lady Macbeth du district de Mtsensk, inspiré du roman homonyme de Leskov et dédié à son épouse Nina Varzar. Créé au Théâtre Maly de Leningrad le 22 janvier 1934, il connaît le succès avant d'être vu deux ans plus tard à Moscou par Staline, qui le désapprouve. Dans un article anonyme, La Pravda évoque un « chaos à la place de la musique ». Longtemps interdite, l'œuvre révisée sera reprise en 1962 sous le nom de l'héroïne, Katerina Ismaïlova. De cette période datent également vingt-quatre Préludes pour piano, le Concerto pour piano, trompette et orchestre créé en 1933, une Sonate pour violoncelle et piano, ainsi que le ballet Le Clair ruisseau, dont la critique par l'organe de presse officiel est suivi par une condamnation de l'Union des compositeurs soviétiques, dans un accès de terreur où nombre d'opposants perdent la vie. Vivant sous une menace constante, Chostakovitch retire sa Symphonie n° 4 avant la création et tente de se conformer à la demande de « réalisme socialiste » avec la suivante, qu'il annonce comme « une réponse d'un artiste soviétique à une juste critique ». Admis à enseigner au Conservatoire de Leningrad en 1937, il accueille l'année suivante la naissance de son fils Maxime et signe le premier de quinze quatuors à cordes. Entre la Symphonie n° 6 (1939) et le Quintette avec piano (1940), qui reçoit le Prix Staline, Chostakovitch réorchestre l'opéra Boris Godounov de Moussorgski et compose plusieurs musiques de films. Pendant la Seconde Guerre mondiale, à laquelle il participe comme pompier volontaire, il compose la magnifique Symphonie n° 7 dite « Leningrad », en soutien aux défenseurs de la ville assiégée par les nazis. Elle est accueillie triomphalement et jouée par les orchestres de pays alliés. Après avoir abandonné la composition de l'opéra Les Joueurs, il s'attelle à une grandiose Symphonie n° 8 dédiée au chef d'orchestre Evgeni Mravinski, qui la crée en 1943, puis à une neuvième modeste, loin de célébrer la victoire de 1945. Nommé député au Soviet Suprême deux ans plus tard, il écrit son premier Concerto pour violon (1948), mais la pression exercée par Andreï Jdanov sur le monde artistique ne se relâche pas et Chostakovitch se retrouve taxé de « formalisme », au même titre que Prokofiev et Khatchatourian. Contraint à faire son autocritique et à renoncer à son poste d'enseignant, il survit grâce aux musiques de films et envoie un signal positif avec l'oratorio Le Chant des forêts, récompensé par le Prix Staline en 1950. En privé, il mène une carrière parallèle avec des « œuvres de tiroir pour le bureau », comme les Quatuors à cordes ou les Préludes et fugues inspirés de Bach. À la mort de Staline, en 1953, Chostakovitch revient à la symphonie avec la n° 10, devenue l'une de ses plus célèbres. Après la mort de sa femme l'année suivante, il se remariera deux fois, la première en 1956, une année marquée aussi par la Suite pour orchestre de variété n° 1, comprenant la fameuse Valse n° 2, puis en 1962. Réhabilité en 1958 par Khrouchtchev, il signe un deuxième Concerto pour piano et reçoit le Prix Lénine pour sa Symphonie n° 11. Ami de Mstislav Rostropovitch et de son épouse Galina Vichnevskaïa, il dédie son Concerto pour violoncelle de 1959 au premier et le cycle mélodique Les Satires à la seconde. En trois jours, il compose le Quatuor à cordes n° 8, en mémoire des victimes du bombardement de Dresde, où il vient de séjourner à l'été 1960. Après avoir fait partie d'une délégation soviétique lors d'un voyage à New York, il est « invité » à adhérer au Parti communiste et promu au poste de délégué au Soviet suprême. L'année 1961 voit la création de sa Symphonie n° 12 dédiée à Lénine et évoquant la Révolution d'Octobre, qui a pour sous-titre « Année 1917 », tandis que Kirill Kondrachine donne la première de sa Symphonie n° 4, qu'il avait retirée de la création. Un deuxième Concerto pour violoncelle est dédié à Rostropovitch en 1966 et un deuxième Concerto pour violon à David Oïstrakh en 1967. En 1969, sa Symphonie n° 14 utilise des textes de Garciá Lorca, Apollinaire, Rilke et Küchelbecker. La dernière, la Symphonie n° 15, est créée par son fils Maxime à Moscou, le 8 janvier 1972. Elle contient un passage dodécaphonique, comme son Quatuor à cordes n° 12 et sa Sonate pour violon et piano quatre ans auparavant. Dans certaines compositions, comme la Symphonie n° 10 et le Quatuor à cordes n° 8, Dimitri Chostakovitch a aussi intégré le monogramme DSCH, un motif basé sur la transcription et la notation allemande de son nom (D. Schostakowitsch) : ré, mi bémol, do, si. Dans ses dernières années, le compositeur achève ses deux derniers Quatuors, six Romances sur des poèmes de Marina Tsvetaïeva et une Sonate pour alto et piano. Après plusieurs infarctus et le diagnostic d'un cancer du poumon, il décède le 9 août 1975, à l'âge de 68 ans.