810 256 fans
Antonio Vivaldi : les nouveautés sur Deezer
Vivaldi: The Four Seasons (Remastered)
par Carlo Maria Giulini, Philharmonia Orchestra, Manoug Parikian
08/05/2026
111 fans
Antonio Vivaldi : les albums les plus populaires
Les artistes similaires à Antonio Vivaldi
Antonio Vivaldi : découvre la musique & les playlists
« Le prêtre roux », comme il fut surnommé, n'est pas seulement l'auteur des Quatre Saisons et de centaines d'autres concertos à programme ou non, mais aussi de nombreux opéras et d'œuvres vocales qui ont fait l'objet de découvertes et d'enregistrements, apportant un nouvel éclairage sur le monument vénitien de la musique baroque. Le 4 mars 1678, alors que la Cité des Doges est soumise à un tremblement de terre, Antonio Lucio Vivaldi voit le jour dans des conditions difficiles expliquant peut-être sa constitution fragile et l'asthme dont il a souffert toute sa vie. Fils d'un barbier et violoniste de la basilique Saint-Marc, Giovanni Battista Vivaldi, il est l'aîné d'une fratrie de neuf enfants et le seul musicien, se révélant étonnamment précoce à l'instrument. Élève de l'école de la paroisse San Geminiano, il se destine très tôt à la prêtrise et à la vie de musicien. Il reçoit la tonsure à quinze ans le 18 septembre 1693, trois ans avant son engagement à la Chapelle ducale, où il devient membre de l'Arte dei sonadori. Après avoir reçu les ordres mineurs en 1699 et le diaconat l'année suivante à San Giovanni in Oleo, Vivaldi est ordonné prêtre le 23 mars 1703. Peu de temps après, il est nommé maître de violon au Pio Ospedale della Pietà, un hospice et orphelinat tenant lieu de conservatoire, alors que son père officie dans un établissement similaire, l'Ospedale dei Medicanti. La particularité de l'institution où il reste en poste jusqu'en 1709 est de ne recevoir que des jeunes filles, recevant une éducation religieuse et musicale les formant au chant. Sous la direction du maître de chœur Francesco Gasparini, le prêtre à la chevelure blond vénitien enseigne la composition et publie ses premiers recueils d'œuvres : 12 Sonates de chambre pour deux violons et basse continue op. 1 (1705) qui comporte la célèbre Sonate n° 12 « La Follia » (RV 63) et 12 Sonates pour violon et basse continue op. 2 (1709), également édités à Amsterdam et à Paris. S'il continue à célébrer l'office, Vivaldi consacre la majeure partie de son temps à la musique grâce à des dispenses attribuées à celui qui est considéré comme le meilleur musicien de la cité. Sa position étant soumise à un vote des administrateurs, le maître de violon est démis de ses fonctions en 1709 mais réintégré deux ans plus tard, lui laissant le temps de séjourner à Brescia où sera donné son Stabat Mater (1712), l'une des plus grandes pièces de la musique sacrée, et à Amsterdam, où est publié en 1711 l'opus 3, un recueil de douze concertos baptisé L'estro armonico, dédié à Ferdinand III de Médicis, qui marque une étape importante en ce qu'il ouvre la voie au concerto pour soliste en trois mouvements, remplaçant le concerto grosso. Il s'agit en outre d'une de ses œuvres les plus jouées, dont la moitié a été retranscrite par J. S. Bach pour l'orgue ou le clavecin. En 1713, Vivaldi aborde le domaine de l'opéra avec Ottone in villa, créé à Vicence, où est aussi donné son oratorio pour la canonisation du pape Pie V. Maintenant un rythme soutenu jusqu'à la fin de son activité, il en composera à ses dires près d'une centaine, la plupart pour les carnavals de Venise ou de Mantoue, dont au moins cinquante sont identifiés et seulement vingt nous sont parvenus, parmi eux Orlando finto pazzo (1714), Armida al campo d'Egitto (1718), Tito Manlio (1719), Il Giustino (1724), Farnace (1727), Orlando furioso (1727), Argippo (1730), La fida ninfa (1732), Motezuma (1733), L'Olimpiade d'après Métastase (1734), Il Tamerlano (aussi nommé Bajazet, 1735), Griselda sur un livret de Carlo Goldoni (1735) et Catone in Utica (1737). Devenu à cette occasion l'impresario du Teatro Sant'Angelo de Venise, Vivaldi accroît sa position et son prestige. En 1714 est édité un nouveau recueil de douze concertos connu sous le nom La Stravaganza op. 4, suivi par l'opus 5 (Six Sonates pour un ou deux violons et basse continue, 1716) et l'unique oratorio jusqu'à présent parvenu, Juditha triumphans (1716), là aussi un chef d'œuvre du genre. En 1717, Vivaldi reçoit Johann Georg Pisendel, venu de Dresde, l'un de ses rares élèves en dehors des pensionnaires de la Pietà, qui s'empresse à son retour de présenter les œuvres dédiées par le maître. Après deux nouveaux numéros d'opus, des recueils de concertos publiés comme il se doit à Amsterdam, Vivaldi séjourne pendant deux ans à Mantoue, où il officie comme maître de chapelle de Philippe de Hesse-Darmstadt, alors qu'à Venise est publié un pamphlet anonyme à son encontre, Il teatro alla moda (1720), le dépeignant sous les traits d'un impresario douteux baptisé Aldiviva. L'auteur n'est autre que son rival, Benedetto Marcello. Quoi qu'il en soit, Vivaldi est accueilli avec les plus grands honneurs à Rome, où est présenté l'opéra Ercole sul Termodonte (1723) et l'année suivante le pastiche Il Giustino. De retour à Venise après sa rencontre avec le pape Benoît XIII, il s'attelle à son opus 8, le recueil de douze concertos dédiés au comte Morzin, Il Cimento dell'armonia e dell'invenzione (1725), abritant les fameux concertos des Quatre Saisons, une ode à la nature devenue son œuvre la plus jouée, enregistrée et diffusée. Cette période le voit aussi s'éprendre d'une de ses élèves, la contralto Anna Girò, qui tient la vedette dans Dorilla in Tempe (1726) et plus d'une quinzaine d'autres opéras. En 1727 est publié le recueil La Cetra (op. 9) et un concert est donné en son honneur à l'ambassade de France. L'opus 10, daté de 1729, comprend Six concertos pour flûte traversière, cordes et basse continue, soit les premiers de l'histoire pour l'instrument soliste. Après sa rencontre avec l'Empereur du Saint-Empire, Charles VI, alors en visite à Trieste, Vivaldi poursuit ses voyages à travers l'Europe et signe ses trois derniers opus connus de son vivant, le onzième (Cinq concertos pour violon et un Concerto pour hautbois, 1729), le douzième (Cinq concertos pour violon et un Concerto pour cordes « ripieno » c'est à dire sans soliste, non daté) et l'opus 13, Il Pastor fido (Six Sonates pour flûte à bec, 1737). Il se rend notamment à Prague et à Vérone où sont présentés ses opéras, tandis que Didone est créé à Londres en 1737. En 1740, il prend la décision de quitter Venise pour Vienne. Un grand concert et une fête sont donnés en son honneur à la Pietà au mois de mars, avant son départ. Pensant trouver la protection de Charles VI, ce dernier meurt en octobre et, malgré de nombreux concertos et autres œuvres vendues à l'unité, c'est dans la misère que Vivaldi termine ses jours non loin du Theater am Kärntnertor. Atteint par une maladie infectieuse, il meurt le 28 juillet 1741 à l'âge de 63 ans et laisse une œuvre comprenant plus de cinq cents concertos dans lesquels il déploie toute sa virtuosité, sa maîtrise de la forme nouvelle et sa mise en valeur de tous les instruments de l'orchestre baroque. Tombé dans l'oubli après sa mort, il retrouve grâce au XXe siècle, par le biais de musicologues dont le Danois Peter Ryom, qui dresse en 1974 un imposant catalogue où chaque œuvre est précédée de l'abréviation RV (Ryom-Verzeichnis), depuis complété au fil des découvertes.