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Pionnier de l'ethnomusicologie et compositeur rompu aux techniques modernes, comme en témoignent des œuvres comme ses Quatuors à cordes, le Concerto pour orchestre ou sa musique pour le piano, Béla Bartók a révolutionné la musique du XXe siècle par son approche scientifique de la musique folklorique et sa quête de l'avant-garde. Né à Nagyszentmimiklós, dans le Royaume de Hongrie (actuellement Sînnicolau Mare, en Roumanie), le 25 mars 1881, Béla Viktor János Bartók apprend le piano avec sa mère avant d'étudier la composition avec László Erkel et l'harmonie avec Anton Hyrtl. Après un déménagement à Pressbourg (Bratislava), il entre en 1899 à l'Académie royale de Budapest, où il a pour professeurs István Thomán, un élève de Franz Liszt, et János Koessler. Auteur de plusieurs œuvres de musique de chambre, dont deux quatuors à cordes non numérotés (1898) et Albumblatt pour violon et piano (1902), le jeune Bartók est proche du courant nationaliste. Il signe ses premières mélodies sur des textes hongrois et en 1903, le poème symphonique Kossuth, à la gloire du héros de la révolution de 1848. En 1904, il compose également un Quintette avec piano et une Rhapsodie pour piano. Sa maîtrise du piano et de la composition sont suffisants pour obtenir un second prix au Concours Rubinstein, à Paris. Son intérêt pour la musique folklorique se manifeste par la collection et l'arrangement de chansons populaires, qu'il part recueillir sur des cylindres à travers le pays avec son ami Zoltán Kodály. Leurs travaux, qui ont fait l'objet d'une publication, sont reconnus et leur ouvrent les portes de l'Académie royale de musique. En tant que professeur de piano, Bartók aura pour élèves notables Fritz Reiner, Georg Solti, György Sándor et Lili Kraus. Il poursuivra en parallèle ses expéditions dans les villages hongrois, roumains, slovaques, bulgares, moldaves, et jusqu'en Afrique du Nord, à la recherche d'airs populaires qu'il codifiera scrupuleusement. Leurs rythmes asymétriques et les échelles pentatoniques de certaines harmonies inspireront directement son œuvre, de même que les innovations de Debussy, en particulier dans le Quatuor à cordes n° 1 de 1908. De la même année datent les pièces pour piano que sont les quatorze Bagatelles, les dix Pièces faciles et les quatre-vingt-cinq de l'album Pour enfants en quatre volumes. La soliste Stefi Geyer lui inspire son Concerto pour violon n° 1, qui ne sera découvert et créé qu'en 1958. En 1909, Béla Bartók épouse l'une de ses élèves Márta Ziegler, qui lui donnera un fils prénommé Béla, mais le couple divorcera en 1923. En 1911, Bartók achève la composition des trois Burlesques, travaille à ses Six danses populaires roumaines et signe un célèbre Allegro barbaro aux accords martelés. C'est aussi l'année de son unique opéra, Le Château de Barbe-Bleue, dont le livret écrit par Béla Balasz s'inspire du poème Ariane et Barbe-Bleue de Maurice Maeterlinck, lui même tiré du conte de Charles Perrault. Outre la langue hongroise, il utilise la gamme pentatonique de la musique traditionnelle locale. Après le rejet par le gouvernement de sa première version, l'opéra sera créé à Budapest le 24 mai 1918, sans la mention de son librettiste aux idées révolutionnaires. Bartók et Bálász collaboreront aussi pour le ballet Le Prince des bois, composé pendant la Première Guerre mondiale et créé le 12 mai 1917. De nouvelles collectes de chants folkloriques mènent à la composition de la Sonatine sur des airs populaires roumains, des six Danses populaires roumaines, des Noëls roumains, des trois Chants populaires hongrois, de la Danse orientale et des Improvisations sur des chansons paysannes. Bartók, qui termine son Quatuor à cordes n° 2 en 1917, aborde l'atonalité dans les trois Études pour piano (1918) et les deux Sonates pour violon et piano (1921-1922). En 1923, il se remarie à une autre de ses élèves, Edith « Ditta » Pászstory, avec laquelle il effectuera des tournées de concerts à deux pianos. De leur union naît l'année suivante leur fils Péter. Le ballet-pantomime inspiré d'un conte chinois, Le Mandarin merveilleux, commencé en 1918 et achevé en 1924, est créé à l'Opéra de Cologne le 27 novembre 1926 et retiré de l'affiche en raison de son contenu érotique. Bartók en fera une Suite pour orchestre créée en 1928 et une adaptation pour deux pianos. Cette période féconde de la maturité voit la naissance de deux grands Concertos pour piano, le premier joué par le compositeur sous la direction de Wilhelm Furtwängler en 1927 et le deuxième avec Hans Rosbaud en 1933. Tout aussi importants sont les Quatuors à cordes n° 3 et n° 4, figurant parmi les sommets du genre. Après un premier voyage aux États-Unis, il dédie respectivement ses deux Rhapsodies pour violon et orchestre aux solistes Josef Szigeti et Zoltán Szekely. Après avoir quitté son poste d'enseignant, son Quatuor à cordes n° 5 est créé en 1935 à Washington par le Quatuor Kolisch. L'année suivante, Bartók part en Turquie recueillir des chants locaux et à son retour, il s'oppose au régime autoritaire du régent Miklós Horthy et demande à ce que ses œuvres ne soient pas jouées lors des concerts nazis. Réfugié en Suisse chez le chef d'orchestre Paul Sacher, il honore deux commandes de ce dernier, les deux chefs d'œuvre créés par l'Orchestre de chambre de Bâle que sont la Musique pour cordes, percussion et célesta (21 janvier 1937), véritable jalon du XXe siècle, et le Divertimento pour orchestre cordes (11 juin 1940). En 1938, à Bâle, le compositeur et son épouse créent une Sonate pour deux pianos et percussion. La même année, il dédie la pièce Contrastes, pour violon, clarinette et piano, au violoniste Josef Szigeti et au clarinettiste américain Benny Goodman. Le 8 août 1940, Bartók donne un dernier concert à Budapest, avant de s'exiler aux États-Unis, au mois d'octobre. Sans poste fixe, il effectue des recherches pour l'Université de Columbia, donne des concerts et des conférences, mais vit modestement, le public américain étant peu réceptif à sa musique. Atteint d'une leucémie, il travaille à ses dernières œuvres, notamment des commandes émanant de ses amis comme le splendide Concerto pour orchestre à la demande de Serge Koussevitzky, qui le crée avec l'Orchestre symphonique de Boston au Carnegie Hall de New York le 1er décembre 1944, ainsi que la Sonate pour violon seul, pour Yehudi Menuhin. Il esquisse un Concerto pour alto destiné à William Primrose et achève pour son épouse le Concerto pour piano n° 3, qui sera en fait créé de manière posthume, le 8 février 1946, par son élève György Sándor sous la direction d'Eugene Ormandy à la tête de l'Orchestre de Philadelphie. Le 26 septembre 1945, Béla Bartók meurt à New York, à l'âge de 64 ans. Inhumé au cimetière de Ferncliff à Hartsdale, ses restes seront transférés à Budapest en 1988.