Il existe de nombreux rituels pour s’en débarrasser, car des croyances ancestrales en font la cause de bien des malheurs, mais le Mauvais Oeil de Sarah et d’Alexis s’impose, lui, comme un regard doux sur le monde. Si le duo a choisi ce nom de scène c’est justement pour conjurer, en musique, la morosité ambiante. Une promesse fédératrice incarnée par l’alliance de leurs deux personnalités. Lui, qui joue de plusieurs instruments, a grandi dans un environnement musical classique avant d’intégrer le Conservatoire et d’ouvrir son répertoire. Elle est autodidacte, a grandi dans un milieu populaire, où la musique se vivait surtout comme une fête, et s’autorise désormais à porter sa voix.
À l’image d’une génération qui s’affranchit des frontières, des étiquettes et des définitions immuables, les deux artistes nous offrent une musique hybride, cosmopolite et généreuse. Une nouvelle pop inspirée par des genres musicaux très différents. Dans la sublime voix de Sarah, qui enveloppe de son mélisme la mélodie, on entend l’influence des chanteuses de R’n’B, comme dans le morceau Toi et Moi. L’empreinte aussi des divas arabes, du timbre et de la langueur de Warda lorsqu’elle chante les refrains en darija (arabe algérien) et célèbre sa langue et son héritage algériens. Une mélancolie, dans le texte, commune au raï de Cheb Hasni, qui l’a bercée, et à la variété française notamment Charles Aznavour auquel Comme les autres semble rendre hommage. Ils vont même jusqu’à reprendre un de ses plus grand classique “La Bohème”.