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Marin Marais : les nouveautés sur Deezer
Original Classics, Vol. 272: Marin Marais, Courtly Dances
par Marin Marais, Klaus Reimann
24/10/2025
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Virtuose de la viole de gambe, Marin Marais a laissé des pièces d'une grande élégance pour l'instrument et quatre opéras, dont le chef d'œuvre Alcyone. Bien qu'ancrée dans le « Grand Siècle » français, sa musique a connu un regain d'intérêt avec le film Tous les matins du monde et reste d'actualité. Né dans une famille d'origine modeste, à Paris, le 31 mai 1656, le fils d'un cordonnier découvre la musique à l'église. Enfant de chœur, il est formé au chant et à la théorie musicale à l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, aux côtés de Michel-Richard de Lalande et Jean-François Lalouette. À la mue de sa voix vers seize ans, il souhaite poursuivre dans la voie musicale et s'oriente vers la viole de gambe, un composant essentiel des œuvres de la période baroque. Doté d'une formation sommaire, mais montrant néanmoins une certaine aptitude à la pratique de l'instrument, il prend des leçons avec François Chaperon puis se rend vers 1672 auprès d'un maître du genre, Monsieur de Sainte-Colombe, afin de recueillir ses conseils et son savoir. Ce dernier lui apprend l'art de l'ornementation, les subtilités du jeu et une manière intime qui lui est propre, mais voit en Marais un potentiel rival capable de le supplanter et lui déclare au bout de six mois de leçons qu'il ne peut rien lui apprendre qu'il ne sait déjà. Alors, comme le rapporte Titon du Tillet dans Le Parnasse françois (1732), l'élève profite des moments où le professeur s'isole pour jouer et se glisse sous le cabinet de travail posé dans un mûrier pour percer les secrets du maître. Seulement, Sainte-Colombe découvre la supercherie et le chasse de son domaine. Fort des leçons acquises, le musicien se fait engager dans l'orchestre de l'Académie royale de musique (futur Opéra de Paris), dirigé par Lalouette. À vingt ans, il entre ainsi à la cour du roi Louis XIV et de son maître de musique, Jean-Baptiste Lully, fondateur de la dite Académie. En 1676, Marais épouse Catherine d'Amicourt, avec laquelle il aurait eu dix-neuf enfants dont plusieurs sont devenus musiciens. Trois ans plus tard, au vu de ses capacités, il obtient la charge de musicien « ordinaire de la chambre du roi pour la viole », une fonction prestigieuse qui va lui assurer un salaire régulier jusqu'en 1725. Ce poste, qu'il cumulera pendant quarante ans avec son emploi à l'Académie royale, lui permet en outre de côtoyer des compositeurs comme Marc-Antoine Charpentier et François Couperin, également musiciens à la cour. Suivant leur exemple, il commence à composer des pièces pour la viole de gambe et publie en 1686 le recueil Premier Livre de pièces à une et à deux violes, dédié à Lully et comprenant au total 93 compositions, dont un grand éventail de danses (allemandes, courantes, sarabandes, gigues, menuets, gavottes, rondeaux), aux côtés de pièces plus intimes. Cet essai sera suivi par cinq autres publiés en 1701 (Second Livre, avec le « Tombeau pour Monsieur de Lully » et les trente-deux variations sur le thème Les Folies d'Espagne), 1711 (Troisième Livre), 1717 (Quatrième Livre) et 1725 (Cinquième Livre), portant le total à 584 pièces pour une ou deux violes avec basse continue et faisant évoluer son style vers une technique plus complexe et une plus grande intensité d'interprétation, comme en témoignent le « Tombeau pour M. de Sainte-Colombe » ou « Le Labyrinthe ». Aussi en 1686, il écrit une œuvre vocale représentée à Versailles et dont ne subsiste que le livret, Idylle dramatique. En 1687, après la mort de Lully, il se frotte avec le fils de ce dernier, Louis Lully, à la composition d'un opéra avec Alcide, sur un livret de Jean Galbert de Campistron, représenté avec succès en 1693 et suivi trois ans plus tard par Ariane et Bacchus (1696). Dès 1692, il est l'un des premiers musiciens français à composer des pièces en trio avec le recueil Pièces en trio pour les flûtes, violons et dessus de viole avec la basse continue. En tant que musicien de la cour, il participe à des concerts privés à la demande de personnalités liées à la famille royale comme le duc de Bourgogne, Madame de Montespan ou Madame de Maintenon. En 1701, chargé d'organiser un concert pour la guérison du dauphin Louis XV, il réunit un ensemble de 250 musiciens et chanteurs pour une cérémonie lors de laquelle sont joués deux de ses motets dont Domine salvum fac regem (Dieu sauve le roi).En 1704, il remplace André Campra à la direction de l'orchestre de l'Opéra de Paris, où est créé deux ans plus tard son troisième opéra et le plus connu, Alcyone (18 février 1706), une « tragédie en musique » sur un livret d'Antoine Houdar de La Motte tiré des Métamorphoses d'Ovide. L'œuvre comprend la fameuse scène La Tempête, marquant l'introduction de la contrebasse à l'opéra et dont fut extraite la « Marche pour les matelots », devenue un air de danse. En 1708, il cède sa charge de violiste de la cour à son fils Vincent alors qu'apparaissent de nouveaux virtuoses nommés Antoine Forqueray et Louis de Caix d'Hervelois. En 1709, son quatrième et dernier opéra Sémélé s'avère cette fois un échec. S'il continue d'assumer ses fonctions après la mort du roi Louis XIV en 1715, son activité se réduit à mesure que s'imposent le violon et le violoncelle. En 1723, il publie le recueil La Gamme et autres morceaux de symphonie pour le violon, la viole et le clavecin, dont la troisième pièce est la célèbre « Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont de Paris ». Mort le 15 août 1728 à l'âge de 72 ans, Marin Marais laisse un héritage d'environ 600 pièces pour la viole de gambe. Son œuvre connaît un engouement inédit après la sortie du film d'Alain Corneau, Tous les matins du monde (1991), inspiré du roman de Pascal Quignard. Le succès du long-métrage récompensé par un César du meilleur film en 1992, et de sa bande originale interprétée par Jordi Savall, contribue à la renaissance de la musique baroque et suscite de nombreuses vocations pour l'instrument, au programme de nombreux enregistrements.