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Blondino

1 876 fans

Top titres de l'artiste

Les madrilènes Blondino 03:43
Bleu Blondino 04:17
Jamais sans la nuit Blondino 03:05
La foudre Blondino 03:41
Sauvage, amoureuse Blondino 02:58
Faire Blondino 03:47
Oslo Blondino 04:09
L'amour n'est-il Blondino 03:15
Babel Blondino 02:59
La bouche pleine de peur Blondino 02:23

Dernière sortie

Un paradis pour moi

par Blondino

22/10/2021

161 fans

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Playlists

Pour toutes les ambiances

Biographie

Il est des citadelles qui se conquièrent sans heurts ni cris, des remparts qui s’abattent à mots feutrés, des révolutions aussi tranquilles qu’un lac. Avec son deuxième album, « Un Paradis pour moi », Blondino s’offre « un luxe qui n’a pas de prix » : dessiner les contours d’un univers profondément personnel, laisser se déployer son art si nuancé et si sauvage à la fois, s’affranchir des compromissions et des regards tournés vers le passé. Sortie du labyrinthe où l’enfermaient ses doutes et ses craintes, où l’épiait un Minotaure toujours prêt à la dévorer, la chanteuse, telle un « Centaure » se permet toutes les audaces et bouscule pop et chanson en les réinventant, en digne héritière de Bashung et de Christophe qu’elle est. Manifeste prométhéen d’émancipation, ce « Paradis » intime mais jamais égotiste se chuchote à notre oreille comme un merveilleux secret. Chantant très près du micro pour influer directement sur l’imaginaire de l’auditeur, Blondino distille une poésie subliminale au service de planantes mélodies. Voix si singulière qu’elle semble s’insinuer en nous jusqu’au vertige, nous envelopper d’espoir, voix charnelle et amie qui nous réconforte avec l’humain. Voix qui ne hausse jamais le ton, même quand elle chante « Mes indépendances et ma révolte », voix qui ose être elle-même, à l’instar d’autres grandes et envoûtantes voix féminines qui ne trichent pas, comme celles de Weyes Blood, de Angel Olsen ou de Cat Power. Autour de cet astre fixe, gravitent des musiques synthétiques (ambient, électro, rock) et des nappes sonores qui plongent l’auditeur dans un bain sensoriel et le font voyager loin. Rien de figé dans ces longues plages atmosphériques et rêveuses où l’ombre succède à la lumière, et l’extase à la langueur ; ni dans le choix des instruments, puisque la part belle faite aux pianos et synthés (dont un Waldorf Quantum fraîchement acquis) tenus par Blondino elle-même, François Baurin, Mathieu Geghre n’empêche pas la présence des guitares charpentées de son habituel complice en écriture Jean-Christophe Ortega ni d’un batteur à la frappe inventive, Aymeric Westrich. Le paradis oecuménique de Blondino, qui adore aussi bien Kazu Makino, la chanteuse de Blonde Redhead que Brigitte Fontaine, Floating points ou la B.O. de « Suspiria », est à ce prix. Avec un premier album sorti en 2017 (« Jamais sans la nuit »), plébiscité par la critique, la chanteuse lorraine d’origine italienne et au pseudo androgyne de son vrai nom Tiphaine Lozupone, avait déjà montré un aperçu de son talent brut et hypersensible. Dans ce deuxième opus réalisé avant le confinement et qui sonne comme un « Nouveau Départ », elle parle de renaissance, de lâcher-prise et de réinvention, à l’image du morceau d’ouverture et véritable profession de foi, l’hypnotisant « Faire ». « Taire ce que je veux taire/ Plaire à qui je veux plaire (…) Faire ce que je veux faire/ Tout revivre et défaire/ Suivre inconnu mystère ». Loin des modes et des diktats imposés par les maisons de disques, des conventions sociales ou de genre, l’artiste s’affirme, reprend la main sur ses histoires sentimentales (« La Foudre », « Les Madrilènes »), se dévoile sous un nouveau jour cru (« Sauvage, Amoureuse »), explose dans un morceau orageux aux accents bashungiens (« Monde caché ») pour mieux se révéler à elle-même. « Avec cet album, je voulais me recentrer sur moi-même, sur mes désirs et mes priorités, mes rêves et mes utopies, être en paix avec soi pour mieux s’ouvrir aux autres. Pour que ce paradis intérieur devienne réel à l’extérieur », explique la chanteuse. Depuis Christophe, on sait que les « Paradis perdus » ne sont pas perdus pour tout le monde. En nous ouvrant grand les portes de ce « Paradis pour moi », étrange et généreux, Blondino, elle, nous transporte sans effort au septième ciel.