Episode cover of #13 Pascal Bidégorry, le Basque qui sait faire aller vite les bateaux

#13 Pascal Bidégorry, le Basque qui sait faire aller vite les bateaux

Into The Wind

  • 01/02/2020
  • 2 h 15 min

Résumé de l'épisode

Il est basque et ça s'entend un peu : Pascal Bidégorry, 52 ans, a une longue carrière derrière lui, entamée sur le tard, puisqu'il il découvre la voile avec son père à la fin de son adolescence. Pas de voile légère, mais de l'habitable entre Bayonne et les ports espagnols. "Bidé", comme tout le monde l'appelle, c'est d'abord un caratère - entier, direct - mais aussi et surtout un talent rare pour faire aller vite les bateaux, et n'importe lesquels. Vainqueur de la Solitaire du Figaro en 2000, il est un équipier recherché sur les trimarans Orma avant d'être recruté comme skipper par Banque Populaire. Il y enchaîne les victoires avant de lancer la construction du plus grand trimaran du monde - aujourd'hui Spindrift -, décroche un record de l'Atlantique qui tient encore (3 jours 15 heures, plus de 900 milles en 24h) et échoue dans le Trophée Jules Verne. Débarqué, il rebondit ensuite sur de nombreux supports avant d'enchaîner deux Volvo Ocean Race comme navigateur de Charles Caudrelier, dont une victoire historique en 2018. Un épisode de 2h15 où Bidé reste fidèle à lui-même, plein de sincérité et d'authenticité, évoquant sans détour les hauts mais aussi les bas d'une carrière rare. Diffusé le 20 décembre 2019 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Clovis Tisserand ----------------- Pour vous abonner à Tip & Shaft, le média des professionnels et des passionnés de voile de compétition, c'est par ici : www.tipandshaft.com/abonnement

Titres

[REDIFFUSION] - #01 - Charles Caudrelier, de la baie de La Forêt à la Volvo
Cette semaine, Tip & Shaft vous propose d'écouter ou de réécouter le tout premier épisode d'Into The Wind, enregistré en septembre 2018, dont l'invité était celui qui, quatre ans plus tard, s'est imposé mercredi en Ultim sur la Route du Rhum-Destination Guadeloupe en moins de 7 jours, Charles Caudrelier. Ce dernier, qui n'avait alors pas intégré le Gitana Team, sortait tout juste d'une victoire au bout du suspense sur la Volvo Ocean Race à la tête de l'équipage de Dongfeng Race Team. Depuis, son palmarès s'est étoffé, avec, entre autres, la Brest Atlantiques en 2019, le Fastnet et la Transat Jacques Vabre en 2021, la Finistère Atlantique et le Rhum cette année... Les marins français qui peuvent aligner deux victoires dans la Volvo Ocean Race sur leur CV ne sont pas légion ; ceux qui peuvent prétendre être montés sur le podium lors des trois dernières éditions encore moins ; et un seul d'entre eux peut se targuer d'ajouter une Solitaire du Figaro et plusieurs Transat Jacques Vabre à son palmarès : il s'appelle Charles Caudrelier. A 44 ans, le skipper de Dongfeng Race Team vient de consacrer une décennie à courir l'exigeante Volvo Ocean Race, couronnée par une incroyable victoire sur le fil en juin dernier à la barre du bateau chinois. Pour ce premier numéro d'Into The Wind, il revient longuement sur son parcours, depuis ses premiers bords en baie de la Forêt, jusqu'à l'option victorieuse au large des côtes du Danemark, cet été. Un entretien plein d'anecdotes et de révélations, où Charles Caudrelier, désormais star en Chine, ne fait pas mystère de son envie de retourner au solitaire. Diffusé le 18 septembre 2018 Rediffusé le 18 novembre 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
82:01 18/11/2022
#65 Jean Le Cam, une vie pour la course - 2e partie
Faut-il vraiment présenter Jean Le Cam ? Faut-il tenter de résumer une carrière débutée en 1978... et toujours en cours, 44 ans plus tard ? Devenu une véritable rock star adulée du grand public sur le tard, le Roi Jean, qui a fini par admettre son surnom, est une légende, tout simplement. Quel marin peut se targuer d'avoir gagné trois fois la Solitaire, navigué sur Pen Duick VI avec Tabarly, avoir été sauvé par Vincent Riou puis sauvé Kevin Escoffier, et préparer une sixième participation consécutive au Vendée Globe ? A l'âge où le Français moyen profite de la retraite, lui envisage tranquillement d'aller virer une énième fois un cap Horn, dont il a fait son jardin, ou presque. De la course au large à la française, Le Cam a tout vécu - à l'exception de la Mini Transat. Après une première participation à la Solitaire du Figaro en 1978 - l'année où le regretté Mike Birch gagne la mythique première édition du Rhum -, puis une Whitbread sur Euromarché avec Tabarly, le jeune Finistérien est un pilier de la saga Jet Services, puis du circuit Formule 40, à la fin des années 1980. Quelques années plus tôt, il a créé CDK avec Gaétan Gouérou et Hubert Desjoyeaux, son ami d'enfance, qui a donné son nom au bateau avec lequel il a brillé lors du dernier Vendée Globe. Puis ce sont les années 1990 dédiées au Figaro, une décennie pendant laquelle il va bâtir les fondamentaux de sa légende : trois victoires dans la Solitaire, une autre dans la transat AG2R, en six saisons. Le Roi Jean règne sur le figarisme, il est temps de passer à l'Orma. Des trois saisons qu'il passe sur son multicoque de 60 pieds Bonduelle, Jean Le Cam dit tout simplement : "Ce sont des bateaux de fous". En basculant, en 2008 dans la classe Imoca, le Quimpérois va retrouver le plaisir et entamer une relation fusionnelle avec une course qu'il va faire sienne : le Vendée Globe. Cinq éditions où se mêlent podiums, chavirage, sauvetages, régate au couteau mais aussi répliques mythiques et fulgurances stylistiques. Pour son sixième tour, Le Cam part avec un projet neuf et innovant - un scow sans foils - et, changement important, un budget quasi bouclé deux ans avant le départ. Une nouveauté pour un marin qui continue, saisons après saisons, d'avoir la course dans la peau - tout simplement. Diffusé le 4 novembre 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
77:20 04/11/2022
#65 Jean Le Cam, une vie pour la course - 1ère partie
Faut-il vraiment présenter Jean Le Cam ? Faut-il tenter de résumer une carrière débutée en 1978... et toujours en cours, 44 ans plus tard ? Devenu une véritable rock star adulée du grand public sur le tard, le Roi Jean, qui a fini par admettre son surnom, est une légende, tout simplement. Quel marin peut se targuer d'avoir gagné trois fois la Solitaire, navigué sur Pen Duick VI avec Tabarly, avoir été sauvé par Vincent Riou puis sauvé Kevin Escoffier, et préparer une sixième participation consécutive au Vendée Globe ? A l'âge où le Français moyen profite de la retraite, lui envisage tranquillement d'aller virer une énième fois un cap Horn, dont il a fait son jardin, ou presque. De la course au large à la française, Le Cam a tout vécu - à l'exception de la Mini Transat. Après une première participation à la Solitaire du Figaro en 1978 - l'année où le regretté Mike Birch gagne la mythique première édition du Rhum -, puis une Whitbread sur Euromarché avec Tabarly, le jeune Finistérien est un pilier de la saga Jet Services, puis du circuit Formule 40, à la fin des années 1980. Quelques années plus tôt, il a créé CDK avec Gaétan Gouérou et Hubert Desjoyeaux, son ami d'enfance, qui a donné son nom au bateau avec lequel il a brillé lors du dernier Vendée Globe. Puis ce sont les années 1990 dédiées au Figaro, une décennie pendant laquelle il va bâtir les fondamentaux de sa légende : trois victoires dans la Solitaire, une autre dans la transat AG2R, en six saisons. Le Roi Jean règne sur le figarisme, il est temps de passer à l'Orma. Des trois saisons qu'il passe sur son multicoque de 60 pieds Bonduelle, Jean Le Cam dit tout simplement : "Ce sont des bateaux de fous". En basculant, en 2008 dans la classe Imoca, le Quimpérois va retrouver le plaisir et entamer une relation fusionnelle avec une course qu'il va faire sienne : le Vendée Globe. Cinq éditions où se mêlent podiums, chavirage, sauvetages, régate au couteau mais aussi répliques mythiques et fulgurances stylistiques. Pour son sixième tour, Le Cam part avec un projet neuf et innovant - un scow sans foils - et, changement important, un budget quasi bouclé deux ans avant le départ. Une nouveauté pour un marin qui continue, saisons après saisons, d'avoir la course dans la peau - tout simplement. Diffusé le 28 octobre 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
75:43 28/10/2022
#64 Erwan Le Roux, le fils de chaudronnier devenu cador du multicoque - 2e partie
C'est l'histoire d'un fils de chaudronnier attiré par la mer dès son plus jeune âge, mais qui attendra le lycée pour goûter l'eau salée en régate. 30 ans plus tard, Erwan Le Roux affiche un palmarès impressionnant, avec, notamment, une Route du Rhum et trois Transat Jacques Vabre victorieuses en Multi50 au compteur. C'est par Les Glénans, à vingt ans, à l'île d'Arz, qu'il découvre la régate : un Brevet d'Etat plus tard, il est au cœur du bouillon de culture de la baie de Quiberon, traînant sur les pontons trinitains où il multiplie les embarquements, mais il comprend vite que la course, c'est son truc. A ses débuts, c'est le Figaro qui l'attire, puis le Mini 6.50 - il est préparateur d'Armel Tripon, qui court sa première Mini Transat en 2001, puis devient un spécialiste de l'Open 7.50. Technicien-navigateur, il est repéré par Marc Guillemot qui l'embauche à bord de La Trinitaine, il le suit chez Gitana, tout en se lançant dans le Mini, caressant l'espoir de se lancer sur la Mini Transat. Après une première Jacques Vabre en 2005 sur Gitana X, il passe deux ans plus tard en Class40 avec Damien Grimont et monte sur le podium de la transat en double, puis embarque avec Daniel Souben dans le projet Courrier Dunkerque sur le Tour de France à la voile : une collaboration fructueuse, qui le mènera trois fois sur la plus haute marche du podium du TFV. 2009 est une année charnière : Franck-Yves Escoffier et son sponsor lui proposent de construire le nouveau Crêpes Whaou 3 et de courir la Transat Jacques Vabre à bord, qu'il gagnera. C'est le début d'une passion - toujours vivace - pour les multicoques de 50 pieds. Un an plus tard, il est enfin à la tête de son propre projet, il récupère l'ancien Multi50 de Franck-Yves Escoffier en 2012, avec à la clé deux nouvelles victoires sur la Jacques Vabre, en 2013 et 2015, et une sur le Rhum en 2014 ! Président de la classe Multi50, il enchaîne les saisons jusqu'en 2018... tout en ayant des envies de tour du monde : "J'ai envie de voir le Horn". A l'arrivée de la Route du Rhum 2018, il ne fait pas mystère de ses envies de Vendée Globe. Il prend un peu de recul avec le Multi50 à la fin de son partenariat avec FenêtréA, accompagne Armel Le Cléac'h sur l'AG2R - qui n'aura pas lieu pour cause de Covid - puis Clarisse Crémer sur le Vendée Globe chez Banque Populaire... tout en se lançant dans un diplôme d'accompagnateur de performance ! Pendant ce temps, les Multi50 deviennent Ocean Fifty et se dotent d'un circuit dédié, le Pro Sailing Tour : toujours président de la classe, Erwan Le Roux replonge en 2021, avec un nouveau sponsor et un bateau neuf. Et s'aligne à 48 ans pour une nouvelle Route du Rhum. Toujours pas rassasié ! Diffusé le 21 octobre 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
93:21 21/10/2022
#64 Erwan Le Roux, le fils de chaudronnier devenu cador du multicoque - 1ère partie
C'est l'histoire d'un fils de chaudronnier attiré par la mer dès son plus jeune âge, mais qui attendra le lycée pour goûter l'eau salée en régate. 30 ans plus tard, Erwan Le Roux affiche un palmarès impressionnant, avec, notamment, une Route du Rhum et trois Transat Jacques Vabre victorieuses en Multi50 au compteur. C'est par Les Glénans, à vingt ans, à l'île d'Arz, qu'il découvre la régate : un Brevet d'Etat plus tard, il est au cœur du bouillon de culture de la baie de Quiberon, traînant sur les pontons trinitains où il multiplie les embarquements, mais il comprend vite que la course, c'est son truc. A ses débuts, c'est le Figaro qui l'attire, puis le Mini 6.50 - il est préparateur d'Armel Tripon, qui court sa première Mini Transat en 2001, puis devient un spécialiste de l'Open 7.50. Technicien-navigateur, il est repéré par Marc Guillemot qui l'embauche à bord de La Trinitaine, il le suit chez Gitana, tout en se lançant dans le Mini, caressant l'espoir de se lancer sur la Mini Transat. Après une première Jacques Vabre en 2005 sur Gitana X, il passe deux ans plus tard en Class40 avec Damien Grimont et monte sur le podium de la transat en double, puis embarque avec Daniel Souben dans le projet Courrier Dunkerque sur le Tour de France à la voile : une collaboration fructueuse, qui le mènera trois fois sur la plus haute marche du podium du TFV. 2009 est une année charnière : Franck-Yves Escoffier et son sponsor lui proposent de construire le nouveau Crêpes Whaou 3 et de courir la Transat Jacques Vabre à bord, qu'il gagnera. C'est le début d'une passion - toujours vivace - pour les multicoques de 50 pieds. Un an plus tard, il est enfin à la tête de son propre projet, il récupère l'ancien Multi50 de Franck-Yves Escoffier en 2012, avec à la clé deux nouvelles victoires sur la Jacques Vabre, en 2013 et 2015, et une sur le Rhum en 2014 ! Président de la classe Multi50, il enchaîne les saisons jusqu'en 2018... tout en ayant des envies de tour du monde : "J'ai envie de voir le Horn". A l'arrivée de la Route du Rhum 2018, il ne fait pas mystère de ses envies de Vendée Globe. Il prend un peu de recul avec le Multi50 à la fin de son partenariat avec FenêtréA, accompagne Armel Le Cléac'h sur l'AG2R - qui n'aura pas lieu pour cause de Covid - puis Clarisse Crémer sur le Vendée Globe chez Banque Populaire... tout en se lançant dans un diplôme d'accompagnateur de performance ! Pendant ce temps, les Multi50 deviennent Ocean Fifty et se dotent d'un circuit dédié, le Pro Sailing Tour : toujours président de la classe, Erwan Le Roux replonge en 2021, avec un nouveau sponsor et un bateau neuf. Et s'aligne à 48 ans pour une nouvelle Route du Rhum. Toujours pas rassasié ! Diffusé le 14 octobre 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
99:07 14/10/2022
#63 Fred Duthil, le planchiste devenu figariste et entrepreneur - 2e partie
Fils d'un marin d'Etat membre de la musique des équipages de la flotte, il aurait dû devenir musicien, comme deux de ses frères et sœurs - il a pratiqué de longues années le trombone à coulisses. Mais la passion de la mer va l'emporter. Et Fred Duthil, bientôt 49 ans, continue à arpenter les plans d'eau en course... pour le plaisir et pour le travail. Comme beaucoup, il débute par l'Optimist et les croisières familiales et, très vite découvre la planche à voile. Ce sera le funboard, d'abord, qui vit son âge d'or dans les années 1980, puis la planche olympique : après quelques mois de pratique, il entre en équipe de France. Aujourd'hui encore, il a les yeux qui brillent quand il raconte les années passées à tenter de décrocher une sélection pour les Jeux olympiques - les potes, les voyages, la régate... Le graal se refusera à lui par deux fois pour les JO de 1996 puis 2000. A côté de la planche, il n'hésite pas à courir en habitable, sur le Tour de France à la voile, notamment. Dans un coin de sa tête, la Solitaire du Figaro le fait rêver. Mais il faut faire bouillir la marmite et l'ex planchiste devient expert en assurance. Paul Coirre, son patron, est un passionné de régate qui fait travailler nombre de voileux et les emmène naviguer sur son Open 7.50. L'ex planchou n'a pas abandonné ses rêves de large et teste le circuit Mini en 2001 et, emballé, se lance dans un projet Mini Transat. Comme beaucoup, il enchaîne semaines de boulot et week-ends en chantier ou en régate - avec succès. Ce sera sa signature : performer sans jamais être professionnel à temps plein. Après deux saisons en haut de l'affiche, sa Mini Transat s'arrête le lendemain du départ de la seconde étape, où il démâte. Retour au bureau, retour à zéro, déprime... Il ne faut pas longtemps, cependant pour rebondir : l'année suivante, il se lance enfin sur le circuit Figaro, dont il va devenir un taulier, avec 10 participations consécutives entre 2004 et 2010. Avec une trilogie - 2007-2008-2009 - au cours de laquelle il ne descendra pas du podium. Tout au long de ces années, il continue à travailler, gardant la fraîcheur et l'envie. Après avoir lâché le circuit Figaro, il est recruté en 2016 comme directeur commercial de Technique Voile et reprend la voilerie de La Trinité, il est devenu chef d'entreprise... Cette fois, il faut naviguer, mais pour le boulot ! Au menu, entre autres, deux Transats Jacques Vabre avec l'ami fidèle Thibaut Vauchel-Camus, une incroyable Solitaire 2020,finie en 2e position derrière Armel Le Cléac'h... et une treizième participation au Figaro cet été, où il remporte la première étape (il est reclassé 3e après un bris de plombage) et doit abandonner la dernière. Une fin qui lui laisse un petit goût amer ; alors, s'il a laissé entendre que, cette fois, c'était la dernière, la promesse ne semble pas très solide... Diffusé le 7 octobre 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
88:25 07/10/2022
#63 Fred Duthil, le planchiste devenu figariste et entrepreneur - 1ère partie
Fils d'un marin d'Etat membre de la musique des équipages de la flotte, il aurait dû devenir musicien, comme deux de ses frères et sœurs - il a pratiqué de longues années le trombone à coulisses. Mais la passion de la mer va l'emporter. Et Fred Duthil, bientôt 49 ans, continue à arpenter les plans d'eau en course... pour le plaisir et pour le travail. Comme beaucoup, il débute par l'Optimist et les croisières familiales et, très vite découvre la planche à voile. Ce sera le funboard, d'abord, qui vit son âge d'or dans les années 1980, puis la planche olympique : après quelques mois de pratique, il entre en équipe de France. Aujourd'hui encore, il a les yeux qui brillent quand il raconte les années passées à tenter de décrocher une sélection pour les Jeux olympiques - les potes, les voyages, la régate... Le graal se refusera à lui par deux fois pour les JO de 1996 puis 2000. A côté de la planche, il n'hésite pas à courir en habitable, sur le Tour de France à la voile, notamment. Dans un coin de sa tête, la Solitaire du Figaro le fait rêver. Mais il faut faire bouillir la marmite et l'ex planchiste devient expert en assurance. Paul Coirre, son patron, est un passionné de régate qui fait travailler nombre de voileux et les emmène naviguer sur son Open 7.50. L'ex planchou n'a pas abandonné ses rêves de large et teste le circuit Mini en 2001 et, emballé, se lance dans un projet Mini Transat. Comme beaucoup, il enchaîne semaines de boulot et week-ends en chantier ou en régate - avec succès. Ce sera sa signature : performer sans jamais être professionnel à temps plein. Après deux saisons en haut de l'affiche, sa Mini Transat s'arrête le lendemain du départ de la seconde étape, où il démâte. Retour au bureau, retour à zéro, déprime... Il ne faut pas longtemps, cependant pour rebondir : l'année suivante, il se lance enfin sur le circuit Figaro, dont il va devenir un taulier, avec 10 participations consécutives entre 2004 et 2010. Avec une trilogie - 2007-2008-2009 - au cours de laquelle il ne descendra pas du podium. Tout au long de ces années, il continue à travailler, gardant la fraîcheur et l'envie. Après avoir lâché le circuit Figaro, il est recruté en 2016 comme directeur commercial de Technique Voile et reprend la voilerie de La Trinité, il est devenu chef d'entreprise... Cette fois, il faut naviguer, mais pour le boulot ! Au menu, entre autres, deux Transats Jacques Vabre avec l'ami fidèle Thibaut Vauchel-Camus, une incroyable Solitaire 2020,finie en 2e position derrière Armel Le Cléac'h... et une treizième participation au Figaro cet été, où il remporte la première étape (il est reclassé 3e après un bris de plombage) et doit abandonner la dernière. Une fin qui lui laisse un petit goût amer ; alors, s'il a laissé entendre que, cette fois, c'était la dernière, la promesse ne semble pas très solide... Diffusé le 30 septembre 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
99:57 30/09/2022
#62 Sébastien Audigane, par amour de la mer
Ce qui frappe d'abord, c'est sa stature - haute - et ses mains - immenses et calleuses. Et son regard aussi, qu'on dirait parfois lavé par les 450 000 milles qu'il est réputé avoir couru en course en trois décennies de carrière. Mais plus qu'un coureur, Sébastien Audigane, 54 ans, est avant tout un marin, un marin passionné par la mer - ils ne le sont pas tous, loin de là. Une passion née de son enfance de petit Brestois, passée autour de la rade, entre la ville du Ponant, Le Fret et Camaret. Et d'un grand-père capitaine de renflouement en mer d'Iroise qui lui offre un Corsaire retapé pour ses 14 ans. Moniteur de voile à 15 ans, il découvre le Laser bien plus tard et se lance dans la voile olympique, tout en multipliant les embarquements et en rêvant de Solitaire du Figaro. Il le sait déjà : sa vie sera sur l'eau. Cette certitude le guidera toute sa vie : Sébastien Audigane va naviguer, beaucoup, sur tous les supports, en solo et dans de nombreux équipages. Une préparation olympique en Soling pour les JO de 1996, 4 Transats AG2R, 7 Solitaires du Figaro et puis, sa grande spécialité, les records en équipage, particulièrement en multicoque. En 2000, il embarque avec Kersauson sur Geronimo ; en 2005, il est à bord d'Orange 2 avec Bruno Peyron ; en 2007, Franck Cammas l'appelle sur Groupama 3 ; en 2009, il passe par Banque Populaire V avec Pascal Bidégorry ; en 2015, on le retrouve sur Spindrift avec Yann Guichard ; en 2017, il est de la tentative victorieuse de Trophée Jules Verne de Francis Joyon sur Idec Sport ; un an plus tard, il décroche le record de la Route du Thé (Hongkong-Londres) avec Giovanni Soldini... Aujourd'hui encore, il détient quatre des principaux records océaniques. Entre-temps, il goûte à l'Imoca (Transat Jacques Vabre, Barcelona World Race,...), au Class40, est appelé pour naviguer en Méditerranée sur des maxis, se passionne pour la voile classique... Son dernier job est à terre, puisqu'il officie comme boat captain de Guirec Soudée, qui se prépare au prochain Vendée Globe. Comme beaucoup de marins de sa génération, Sébastien Audigane ressent le besoin de transmettre son immense expérience. Sans pour autant mettre son sac à terre - pas sûr qu'il n'y parvienne un jour... Diffusé le 16 septembre 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
115:29 16/09/2022
#61 Boris Herrmann, marin allemand et couteau suisse - 2e partie
C'est à la fin des trois heures d'enregistrement de ce podcast qu'on se rend compte de la chose : Boris Herrmann a tout juste dépassé les 40 ans, mais il promène déjà un sacré vécu de marin, loin des voies toutes tracées. Et il raconte son parcours éclectique - dans un français parfait - avec une forme de tranquillité qui tranche avec l'engagement qu'il met dans sa pratique de la mer. Fils d'un prof passionné de voile qui l'emmène très tôt en croisière, il grandit dans le nord de l'Allemagne, près de Brême, et découvre très tard la régate - longtemps, la compétition sera loin de ses ambitions. Mais une fois le doigt mis dans l'engrenage, il se lance en 2001 dans la Mini Transat ; il a 19 ans, apprend tout, se classe 11e en bateau de série... et retourne en Allemagne étudier. Etudiant en économie, il se lance en 505, enchaînant les titres. Il s'y fait aussi son réseau, découvre le fonctionnement professionnel et se dit qu'on peut faire carrière dans la voile. Quand la Class40 se met en place, il y voit le bon support pour avancer vers son objectif, fixé à l'adolescence : le Vendée Globe. Il trouve un sponsor, s'engage dans The Transat en 2008, se classant 2e puis enchaîne avec la Portimão Global Ocean Race, un tour du monde en Class40 en double, qu'il gagne. A son retour, son sponsor lui promet le Vendée Globe 2012 avec un Imoca neuf... mais fait faillite quelques mois plus tard. Au printemps 2010, l'organisateur de la Barcelona World Race l'appelle pour l'embarquer sur le tour du monde en double avec l'Américain Ryan Breymaier : les deux marins s'entendent comme larrons en foire et se classent 5e. Désormais équipier recherché, Boris Herrmann multiplie les expériences, les plus variées : avec Giovanni Soldini sur Maserati, avec Jochen Schümann, en TP52, avec Francis Joyon, sur une tentative de Trophée Jules Verne en 2016. S'il n'est pas de la tentative victorieuse d'Idec Sport en 2017, c'est qu'entre-temps son projet de Vendée Globe a enfin abouti. Quatre ans plus tôt, il a fait connaissance de Pierre Casiraghi. Avec le fils de la princesse Caroline de Monaco, il se lance en GC32 puis en Imoca en rachetant le plan VPLP-Verdier de Gitana devenu Malizia. Avec peu de moyens, il enchaîne Transat Jacques Vabre en 2017 et Route du Rhum en 2018. La transat médiatisée de Greta Thunberg, à l'été 2019, permet au projet de décrocher enfin des sponsors et au skipper de se présenter au départ du Vendée Globe. Il va y faire sensation, avec une incroyable remontée de l'Atlantique qui le positionne sur le podium, juste avant qu'il n'entre en collision avec un bateau de pêche, à quelques heures de l'arrivée. Finalement 5e, Boris Herrmann, premier Allemand à boucler le Vendée Globe, devient une star dans son pays et se lance immédiatement dans le montage d'une nouvelle campagne, avec à la clé la construction d'un Imoca sur plans VPLP chez Multiplast. Malizia III est mis à l'eau en juillet à Lorient, Boris Herrmann n'a pas fini d'arpenter la mer... ---- Diffusé le 2 septembre 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
92:57 02/09/2022
#61 Boris Herrmann, marin allemand et couteau suisse - 1ère partie
C'est à la fin des trois heures d'enregistrement de ce podcast qu'on se rend compte de la chose : Boris Herrmann a tout juste dépassé les 40 ans, mais il promène déjà un sacré vécu de marin, loin des voies toutes tracées. Et il raconte son parcours éclectique - dans un français parfait - avec une forme de tranquillité qui tranche avec l'engagement qu'il met dans sa pratique de la mer. Fils d'un prof passionné de voile qui l'emmène très tôt en croisière, il grandit dans le nord de l'Allemagne, près de Brême, et découvre très tard la régate - longtemps, la compétition sera loin de ses ambitions. Mais une fois le doigt mis dans l'engrenage, il se lance en 2001 dans la Mini Transat ; il a 19 ans, apprend tout, se classe 11e en bateau de série... et retourne en Allemagne étudier. Etudiant en économie, il se lance en 505, enchaînant les titres. Il s'y fait aussi son réseau, découvre le fonctionnement professionnel et se dit qu'on peut faire carrière dans la voile. Quand la Class40 se met en place, il y voit le bon support pour avancer vers son objectif, fixé à l'adolescence : le Vendée Globe. Il trouve un sponsor, s'engage dans The Transat en 2008, se classant 2e puis enchaîne avec la Portimão Global Ocean Race, un tour du monde en Class40 en double, qu'il gagne. A son retour, son sponsor lui promet le Vendée Globe 2012 avec un Imoca neuf... mais fait faillite quelques mois plus tard. Au printemps 2010, l'organisateur de la Barcelona World Race l'appelle pour l'embarquer sur le tour du monde en double avec l'Américain Ryan Breymaier : les deux marins s'entendent comme larrons en foire et se classent 5e. Désormais équipier recherché, Boris Herrmann multiplie les expériences, les plus variées : avec Giovanni Soldini sur Maserati, avec Jochen Schümann, en TP52, avec Francis Joyon, sur une tentative de Trophée Jules Verne en 2016. S'il n'est pas de la tentative victorieuse d'Idec Sport en 2017, c'est qu'entre-temps son projet de Vendée Globe a enfin abouti. Quatre ans plus tôt, il a fait connaissance de Pierre Casiraghi. Avec le fils de la princesse Caroline de Monaco, il se lance en GC32 puis en Imoca en rachetant le plan VPLP-Verdier de Gitana devenu Malizia. Avec peu de moyens, il enchaîne Transat Jacques Vabre en 2017 et Route du Rhum en 2018. La transat médiatisée de Greta Thunberg, à l'été 2019, permet au projet de décrocher enfin des sponsors et au skipper de se présenter au départ du Vendée Globe. Il va y faire sensation, avec une incroyable remontée de l'Atlantique qui le positionne sur le podium, juste avant qu'il n'entre en collision avec un bateau de pêche, à quelques heures de l'arrivée. Finalement 5e, Boris Herrmann, premier Allemand à boucler le Vendée Globe, devient une star dans son pays et se lance immédiatement dans le montage d'une nouvelle campagne, avec à la clé la construction d'un Imoca sur plans VPLP chez Multiplast. Malizia III est mis à l'eau en juillet à Lorient, Boris Herrmann n'a pas fini d'arpenter la mer... ---- Diffusé le 26 août 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
88:46 26/08/2022