Show cover of Into The Wind

Into The Wind

Into The Wind, c'est le podcast des marins qui font des phrases. Dans Into The Wind, les marins prennent le temps de revenir sur leur parcours et se racontent au long cours, depuis leurs débuts et leurs galères jusqu'à la gloire et aux sommets des podiums... En explorant leurs trajectoires, Into The Wind cherche à comprendre comment se construisent ceux qui vont sur la mer en course, pour une journée, une semaine, un mois ou un trimestre, seul ou en équipage, en baie ou autour du monde. Les marins, hommes ou femmes, sont souvent de peu de mots. En leur donnant du temps et en les laissant parler, Into The Wind n'a qu'un objectif : prendre le large avec eux. Into The Wind est animé par Pierre-Yves Lautrou et produit par Tip & Shaft (http://www.tipandshaft.com), le média expert de la voile de compétition. Pour vous abonner, c'est ici : https://www.tipandshaft.com/abonnement Générique : In Closing - Days Past © Tip & Shaft 2018-2021, tous droits réservés.

Titres

#63 Fred Duthil, le planchiste devenu figariste et entrepreneur - 1ère partie
Fils d'un marin d'Etat membre de la musique des équipages de la flotte, il aurait dû devenir musicien, comme deux de ses frères et sœurs - il a pratiqué de longues années le trombone à coulisses. Mais la passion de la mer va l'emporter. Et Fred Duthil, bientôt 49 ans, continue à arpenter les plans d'eau en course... pour le plaisir et pour le travail. Comme beaucoup, il débute par l'Optimist et les croisières familiales et, très vite découvre la planche à voile. Ce sera le funboard, d'abord, qui vit son âge d'or dans les années 1980, puis la planche olympique : après quelques mois de pratique, il entre en équipe de France. Aujourd'hui encore, il a les yeux qui brillent quand il raconte les années passées à tenter de décrocher une sélection pour les Jeux olympiques - les potes, les voyages, la régate... Le graal se refusera à lui par deux fois pour les JO de 1996 puis 2000. A côté de la planche, il n'hésite pas à courir en habitable, sur le Tour de France à la voile, notamment. Dans un coin de sa tête, la Solitaire du Figaro le fait rêver. Mais il faut faire bouillir la marmite et l'ex planchiste devient expert en assurance. Paul Coirre, son patron, est un passionné de régate qui fait travailler nombre de voileux et les emmène naviguer sur son Open 7.50. L'ex planchou n'a pas abandonné ses rêves de large et teste le circuit Mini en 2001 et, emballé, se lance dans un projet Mini Transat. Comme beaucoup, il enchaîne semaines de boulot et week-ends en chantier ou en régate - avec succès. Ce sera sa signature : performer sans jamais être professionnel à temps plein. Après deux saisons en haut de l'affiche, sa Mini Transat s'arrête le lendemain du départ de la seconde étape, où il démâte. Retour au bureau, retour à zéro, déprime... Il ne faut pas longtemps, cependant pour rebondir : l'année suivante, il se lance enfin sur le circuit Figaro, dont il va devenir un taulier, avec 10 participations consécutives entre 2004 et 2010. Avec une trilogie - 2007-2008-2009 - au cours de laquelle il ne descendra pas du podium. Tout au long de ces années, il continue à travailler, gardant la fraîcheur et l'envie. Après avoir lâché le circuit Figaro, il est recruté en 2016 comme directeur commercial de Technique Voile et reprend la voilerie de La Trinité, il est devenu chef d'entreprise... Cette fois, il faut naviguer, mais pour le boulot ! Au menu, entre autres, deux Transats Jacques Vabre avec l'ami fidèle Thibaut Vauchel-Camus, une incroyable Solitaire 2020,finie en 2e position derrière Armel Le Cléac'h... et une treizième participation au Figaro cet été, où il remporte la première étape (il est reclassé 3e après un bris de plombage) et doit abandonner la dernière. Une fin qui lui laisse un petit goût amer ; alors, s'il a laissé entendre que, cette fois, c'était la dernière, la promesse ne semble pas très solide... Diffusé le 30 septembre 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
99:57 30/09/2022
#62 Sébastien Audigane, par amour de la mer
Ce qui frappe d'abord, c'est sa stature - haute - et ses mains - immenses et calleuses. Et son regard aussi, qu'on dirait parfois lavé par les 450 000 milles qu'il est réputé avoir couru en course en trois décennies de carrière. Mais plus qu'un coureur, Sébastien Audigane, 54 ans, est avant tout un marin, un marin passionné par la mer - ils ne le sont pas tous, loin de là. Une passion née de son enfance de petit Brestois, passée autour de la rade, entre la ville du Ponant, Le Fret et Camaret. Et d'un grand-père capitaine de renflouement en mer d'Iroise qui lui offre un Corsaire retapé pour ses 14 ans. Moniteur de voile à 15 ans, il découvre le Laser bien plus tard et se lance dans la voile olympique, tout en multipliant les embarquements et en rêvant de Solitaire du Figaro. Il le sait déjà : sa vie sera sur l'eau. Cette certitude le guidera toute sa vie : Sébastien Audigane va naviguer, beaucoup, sur tous les supports, en solo et dans de nombreux équipages. Une préparation olympique en Soling pour les JO de 1996, 4 Transats AG2R, 7 Solitaires du Figaro et puis, sa grande spécialité, les records en équipage, particulièrement en multicoque. En 2000, il embarque avec Kersauson sur Geronimo ; en 2005, il est à bord d'Orange 2 avec Bruno Peyron ; en 2007, Franck Cammas l'appelle sur Groupama 3 ; en 2009, il passe par Banque Populaire V avec Pascal Bidégorry ; en 2015, on le retrouve sur Spindrift avec Yann Guichard ; en 2017, il est de la tentative victorieuse de Trophée Jules Verne de Francis Joyon sur Idec Sport ; un an plus tard, il décroche le record de la Route du Thé (Hongkong-Londres) avec Giovanni Soldini... Aujourd'hui encore, il détient quatre des principaux records océaniques. Entre-temps, il goûte à l'Imoca (Transat Jacques Vabre, Barcelona World Race,...), au Class40, est appelé pour naviguer en Méditerranée sur des maxis, se passionne pour la voile classique... Son dernier job est à terre, puisqu'il officie comme boat captain de Guirec Soudée, qui se prépare au prochain Vendée Globe. Comme beaucoup de marins de sa génération, Sébastien Audigane ressent le besoin de transmettre son immense expérience. Sans pour autant mettre son sac à terre - pas sûr qu'il n'y parvienne un jour... Diffusé le 16 septembre 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
115:29 16/09/2022
#61 Boris Herrmann, marin allemand et couteau suisse - 2e partie
C'est à la fin des trois heures d'enregistrement de ce podcast qu'on se rend compte de la chose : Boris Herrmann a tout juste dépassé les 40 ans, mais il promène déjà un sacré vécu de marin, loin des voies toutes tracées. Et il raconte son parcours éclectique - dans un français parfait - avec une forme de tranquillité qui tranche avec l'engagement qu'il met dans sa pratique de la mer. Fils d'un prof passionné de voile qui l'emmène très tôt en croisière, il grandit dans le nord de l'Allemagne, près de Brême, et découvre très tard la régate - longtemps, la compétition sera loin de ses ambitions. Mais une fois le doigt mis dans l'engrenage, il se lance en 2001 dans la Mini Transat ; il a 19 ans, apprend tout, se classe 11e en bateau de série... et retourne en Allemagne étudier. Etudiant en économie, il se lance en 505, enchaînant les titres. Il s'y fait aussi son réseau, découvre le fonctionnement professionnel et se dit qu'on peut faire carrière dans la voile. Quand la Class40 se met en place, il y voit le bon support pour avancer vers son objectif, fixé à l'adolescence : le Vendée Globe. Il trouve un sponsor, s'engage dans The Transat en 2008, se classant 2e puis enchaîne avec la Portimão Global Ocean Race, un tour du monde en Class40 en double, qu'il gagne. A son retour, son sponsor lui promet le Vendée Globe 2012 avec un Imoca neuf... mais fait faillite quelques mois plus tard. Au printemps 2010, l'organisateur de la Barcelona World Race l'appelle pour l'embarquer sur le tour du monde en double avec l'Américain Ryan Breymaier : les deux marins s'entendent comme larrons en foire et se classent 5e. Désormais équipier recherché, Boris Herrmann multiplie les expériences, les plus variées : avec Giovanni Soldini sur Maserati, avec Jochen Schümann, en TP52, avec Francis Joyon, sur une tentative de Trophée Jules Verne en 2016. S'il n'est pas de la tentative victorieuse d'Idec Sport en 2017, c'est qu'entre-temps son projet de Vendée Globe a enfin abouti. Quatre ans plus tôt, il a fait connaissance de Pierre Casiraghi. Avec le fils de la princesse Caroline de Monaco, il se lance en GC32 puis en Imoca en rachetant le plan VPLP-Verdier de Gitana devenu Malizia. Avec peu de moyens, il enchaîne Transat Jacques Vabre en 2017 et Route du Rhum en 2018. La transat médiatisée de Greta Thunberg, à l'été 2019, permet au projet de décrocher enfin des sponsors et au skipper de se présenter au départ du Vendée Globe. Il va y faire sensation, avec une incroyable remontée de l'Atlantique qui le positionne sur le podium, juste avant qu'il n'entre en collision avec un bateau de pêche, à quelques heures de l'arrivée. Finalement 5e, Boris Herrmann, premier Allemand à boucler le Vendée Globe, devient une star dans son pays et se lance immédiatement dans le montage d'une nouvelle campagne, avec à la clé la construction d'un Imoca sur plans VPLP chez Multiplast. Malizia III est mis à l'eau en juillet à Lorient, Boris Herrmann n'a pas fini d'arpenter la mer... ---- Diffusé le 2 septembre 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
92:57 02/09/2022
#61 Boris Herrmann, marin allemand et couteau suisse - 1ère partie
C'est à la fin des trois heures d'enregistrement de ce podcast qu'on se rend compte de la chose : Boris Herrmann a tout juste dépassé les 40 ans, mais il promène déjà un sacré vécu de marin, loin des voies toutes tracées. Et il raconte son parcours éclectique - dans un français parfait - avec une forme de tranquillité qui tranche avec l'engagement qu'il met dans sa pratique de la mer. Fils d'un prof passionné de voile qui l'emmène très tôt en croisière, il grandit dans le nord de l'Allemagne, près de Brême, et découvre très tard la régate - longtemps, la compétition sera loin de ses ambitions. Mais une fois le doigt mis dans l'engrenage, il se lance en 2001 dans la Mini Transat ; il a 19 ans, apprend tout, se classe 11e en bateau de série... et retourne en Allemagne étudier. Etudiant en économie, il se lance en 505, enchaînant les titres. Il s'y fait aussi son réseau, découvre le fonctionnement professionnel et se dit qu'on peut faire carrière dans la voile. Quand la Class40 se met en place, il y voit le bon support pour avancer vers son objectif, fixé à l'adolescence : le Vendée Globe. Il trouve un sponsor, s'engage dans The Transat en 2008, se classant 2e puis enchaîne avec la Portimão Global Ocean Race, un tour du monde en Class40 en double, qu'il gagne. A son retour, son sponsor lui promet le Vendée Globe 2012 avec un Imoca neuf... mais fait faillite quelques mois plus tard. Au printemps 2010, l'organisateur de la Barcelona World Race l'appelle pour l'embarquer sur le tour du monde en double avec l'Américain Ryan Breymaier : les deux marins s'entendent comme larrons en foire et se classent 5e. Désormais équipier recherché, Boris Herrmann multiplie les expériences, les plus variées : avec Giovanni Soldini sur Maserati, avec Jochen Schümann, en TP52, avec Francis Joyon, sur une tentative de Trophée Jules Verne en 2016. S'il n'est pas de la tentative victorieuse d'Idec Sport en 2017, c'est qu'entre-temps son projet de Vendée Globe a enfin abouti. Quatre ans plus tôt, il a fait connaissance de Pierre Casiraghi. Avec le fils de la princesse Caroline de Monaco, il se lance en GC32 puis en Imoca en rachetant le plan VPLP-Verdier de Gitana devenu Malizia. Avec peu de moyens, il enchaîne Transat Jacques Vabre en 2017 et Route du Rhum en 2018. La transat médiatisée de Greta Thunberg, à l'été 2019, permet au projet de décrocher enfin des sponsors et au skipper de se présenter au départ du Vendée Globe. Il va y faire sensation, avec une incroyable remontée de l'Atlantique qui le positionne sur le podium, juste avant qu'il n'entre en collision avec un bateau de pêche, à quelques heures de l'arrivée. Finalement 5e, Boris Herrmann, premier Allemand à boucler le Vendée Globe, devient une star dans son pays et se lance immédiatement dans le montage d'une nouvelle campagne, avec à la clé la construction d'un Imoca sur plans VPLP chez Multiplast. Malizia III est mis à l'eau en juillet à Lorient, Boris Herrmann n'a pas fini d'arpenter la mer... ---- Diffusé le 26 août 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
88:46 26/08/2022
[REDIFFUSION] - Un été de navigatrices #4 : Isabelle Joschke
Chaque vendredi, du 29 juillet au 19 août, Tip & Shaft vous propose sa série estivale baptisée Un été de navigatrices. Nous avons en effet choisi de rediffuser quatre épisodes d'Into The Wind où l'on retrouve des femmes qui vont sur la mer en course, en solitaire ou en équipage.Et si nous avons choisi de mettre les femmes en avant cet été, c'est que Tip & Shaft lance fin septembre un nouveau podcast dédié aux femmes en course. Baptisé "Navigantes", il sera animé par Hélène Cougoule. Il y a les marins qui suivent des routes toutes tracées et puis il y a ceux qui naviguent au gré du vent et dessinent d'aussi belles trajectoires. Isabelle Joschke, 44 ans, fait partie de cette seconde catégorie. Rien ne prédestinait cette navigatrice, née à Munich d'un père allemand et d'une mère française, à prendre la mer. Rien, si ce n'est, peut-être, une grand-mère autrichienne et le lac en bas de la maison où elle passait des vacances, qui distillèrent les prémices de la passion. Ce n'est qu'en devenant étudiante à la Sorbonne qu'Isabelle se décide à souffler sur les braises de ses rêves de petite fille en partant en stage aux Glénans. La fameuse école lui ouvre les yeux sur son destin et elle finit ses études de lettres modernes pour devenir skipper et enchaîner les convoyages en Méditerrannée et aux Antilles. En 2003, à Lorient, elle rencontre des ministes préparant la Transat 6.50 : un an plus tard, elle investit ses économies dans un proto et la voilà découvrant la course et le solitaire - se découvrant, au passage, compétitrice. C'est le début d'un long sillage, toujours en cours. Deux Mini-Transats en 2005 et 2007, auxquelles vont succéder huit rudes années en Figaro, puis deux courtes saisons en Class40 avant qu'elle ne fasse son entrée sur le circuit Imoca, en 2017, à la barre de l'ancien Safran, pour approcher ce qui est devenu son rêve : le Vendée Globe. Un rêve qui se mérite, car la campagne vers cette édition 2020 est mal pavée avec des abandons sur le Rhum 2018 et la Transat Jacques Vabre 2019. L'abandon au Brésil sur le Vendée Globe n'a cependant pas le même goût d'amertume : Isabelle repart et termine, profitant de la fin du parcours pour trouver la sérénité en bouclant la boucle malgré tout. Et ensuite ? Il ne devait y avoir qu'un seul Vendée Globe, mais, comme Isabelle le rappelle, "il est des propositions qu'on ne refuse pas". Et on la retrouvera sur la ligne de départ en 2024. Première diffusion le 15 octobre 2021 Rediffusé le 19 août 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain Photo : Vincent Curutchet/Imoca
121:36 19/08/2022
[REDIFFUSION] - Un été de navigatrices #3 : Justine Mettraux
Chaque vendredi, du 29 juillet au 19 août, Tip & Shaft vous propose sa série estivale baptisée Un été de navigatrices. Nous avons en effet choisi de rediffuser quatre épisodes d’Into The Wind où l’on retrouve des femmes qui vont sur la mer en course, en solitaire ou en équipage. Et si nous avons choisi de mettre les femmes en avant cet été, c’est que Tip & Shaft lance fin septembre un nouveau podcast dédié aux femmes en course. Baptisé “Navigantes”, il sera animé par Hélène Cougoule et donnera la parole à toutes celles qui régatent, au large ou entre trois bouées, en solitaire ou en équipage.   Troisième invitée d’Un été de navigatrices, la Suissesse Justine Mettraux, avec un épisode d’Into The Wind (le numéro 27) enregistré début 2021 à Larmor-Plage.   Depuis, celle qui termina deuxième de la Mini Transat 2013 en série, avant d’enchaîner une Volvo Ocean Race avec Team SCA et plusieurs participations au circuit Figaro Beneteau, a pris de l’expérience en Imoca, notamment au sein de l’équipe 11th Hour Racing Team, disputant The Ocean Race Europe en juin 2021 puis la Transat Jacques Vabre l’automne suivant, malheureusement interrompue sur démâtage. Fin juillet 2022, le partenaire de ses débuts en course au large, Teamwork, a annoncé qu’il se lançait à ses côtés pour une première campagne de Vendée Globe, rachetant Charal 1, l’ex Imoca de Jérémie Beyou, dont l’équipe, BeYou Racing, va accompagner la skipper helvète vers ce premier tour du monde en solitaire. __ C'est l'histoire d'une jeune Suissesse dont les parents se destinaient à l'agriculture dans la campagne fribourgeoise… et qui est devenue l'une des femmes marins les plus capées de sa génération. À 34 ans, Justine Mettraux, dont les quatre frères et sœurs ont été eux aussi happés par la passion de la course, compte déjà une solide expérience, des Surprises du lac Léman de sa jeunesse à la Volvo Ocean Race. Formée au sein de l'incontournable Centre d'Entraînement à la Régate de Genève, elle a cumulé les saisons en Surprise, en Farr30, en D35, en Mini, en Figaro et en Volvo 65, sans oublier quelques piges en Class40. Deuxième de la Mini-Transat en 2013 en bateau de série, elle enchaîne immédiatement par une participation à la Volvo Ocean Race au sein de l'équipage féminin de Team SCA avant de se lancer dans 4 saisons de Figaro (7e de la Solitaire en 2017), entrecoupées d'une Transat Jacques Vabre (4e en Class40 en 2017) Aussi à l'aise en solitaire qu'en équipage, Justine Mettraux fait partie des rares femmes capables d'intégrer un team sur The Ocean Race, dont elle a fait son prochain objectif. Avant, un jour, de s'aligner sur le Vendée Globe. Première diffusion le 8 janvier 2021 Rediffusé le 12 août 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
88:30 12/08/2022
[REDIFFUSION] - Un été de navigatrices #2 : Marie Riou
Chaque vendredi, du 29 juillet au 19 août, Tip & Shaft vous propose sa série estivale baptisée Un été de navigatrices. Nous avons en effet choisi de rediffuser quatre épisodes d'Into The Wind où l'on retrouve des femmes qui vont sur la mer en course, en solitaire ou en équipage. Et si nous avons choisi de mettre les femmes en avant cet été, c'est que Tip & Shaft lance fin septembre un nouveau podcast dédié aux femmes en course. Baptisé "Navigantes", il sera animé par Hélène Cougoule et donnera la parole à toutes celles qui régatent, au large ou entre trois bouées, en solitaire ou en équipage. Deuxième invitée d'Un été de navigatrices, une certaine Marie Riou, avec un épisode d'Into The Wind (le numéro 22) enregistré chez elle en presqu'île de Crozon, à l'automne 2020. Depuis, celle qui fut, entre autres, vainqueure inoubliable de la Volvo Ocean Race 2017-2018 à bord de Dongfend Race Team, a poursuivi sa route, goûtant à l'Imoca à bord de Corum pour The Ocean Race Europe en 2021, au Class40 avec Amélie Grassi sur La Boulangère Bio lors de la dernière Transat Jacques Vabre. Et même, en juin dernier, à un titre de champion du monde militaire avec Jean-Baptiste Bernaz en J80 alors qu'elle attendait un heureux évènement... Un épisode à retrouver sur notre site et sur toutes les plateformes d'écoute. __ Les femmes qui ont gagné quatre titres de champions du monde en voile légère tout en comptant une victoire dans la Volvo Ocean Race ne sont pas légion sur la planète voile. La Française Marie Riou, 39 ans, appartient à ce cercle très fermé. La native de Plougastel, au bord de la rade de Brest, tombée dans la voile toute petite dans le sillage d'un père et de deux frères passionnés, a connu un début de carrière fulgurant, devenant championne du monde et d'Europe de 420 en 1999 (avec Anne-Claire Le Berre). L'enchaînement s'avère ensuite plus difficile mais après quelques années de recul, la voilà de retour par le match-racing où les titres s'accumulent et l'emmènent aux JO de Londres en 2012 en compagnie de Claire Leroy, qui règne alors sur la discipline. Puis c'est la rencontre - les retrouvailles à - avec Billy Besson et l'enchaînement incroyable de quatre titres de champions du monde de Nacra 17 en 4 ans - ainsi qu'un titre de marins de l'année en 2015 - qui font d'eux les grandissimes favoris des jeux de Rio 2016. Après la blessure de Billy et l'échec de Rio, la voilà qui rebondit et embarque en 2017 sur Dongfeng pour une inoubliable campagne qui voit le projet franco-chinois remporter la Volvo Ocean Race. Et Marie Riou d'être désignée Rolex Sailor of The Year en 2018. Puis c'est l'aventure SailGP - seule femme de la flotte sur ces catas à foils qui se baladent à 50 noeuds -, du Diam24, une nouvelle campagne olympique avec Benjamin Schartz vers Paris 2024... Au fil de deux heures de discussion, on découvre la trajectoire d'une femme directe et authentique, naviguant au gré des rencontres. Tranquillement, discrètement, Marie Riou se bâtit brique par brique un palmarès incroyable sur tous les supports. Un parcours éclectique doré sur tranche, sans doute loin d'être fini. Première diffusion le 23 octobre 2020 Rediffusé le 5 août 2022 Générique : In Closing – Days Past  Post-production : Grégoire Levillain  Photo : Martin Kéruzoré/Volvo Ocean Race 
123:11 05/08/2022
[REDIFFUSION] - Un été de navigatrices #1 : Sam Davies
Chaque vendredi, du 29 juillet au 19 août, Tip & Shaft vous propose sa série estivale baptisée Un été de navigatrices. Nous avons en effet choisi de rediffuser quatre épisodes d'Into The Wind où l'on retrouve des femmes qui vont sur la mer en course, en solitaire ou en équipage.Et si nous avons choisi de mettre les femmes en avant cet été, c'est que Tip & Shaft lance fin septembre un nouveau podcast dédié aux femmes en course. Baptisé "Navigantes", il sera animé par Hélène Cougoule. Première invitée, Sam Davies, évidemment, avec un épisode d'Into The Wind (le numéro 5), enregistré en juillet 2019, alors qu'elle vient tout juste de remporter la Sardinha Cup avec Yann Eliès et qu'elle prépare la Transat Jacques Vabre 2019 avec Paul Meilhat, qu'elle terminera 7e. Depuis, Sam Davies s'est aligné au départ du dernier Vendée Globe qu'elle a abandonné au large de l'Afrique du Sud après une violente collision avec un ofni. Mais Madame Davies a mis un point d'honneur à boucler la boucle hors course pour revenir aux Sables d'Olonne après avoir réparé. Après une nouvelle Transat Jacques Vabre bouclée en 5e position avec Nicolas Lunven l’an dernier, elle prépare le prochain Vendée Globe, toujours sous les couleurs d’Initiatives Coeur, avec un bateau neuf sur plan Sam Manuard, qu’elle engagera cet automne sur la Route du Rhum.. Un épisode à retrouver sur notre site et sur toutes les plateformes d'écoute. __ La dernière ligne de son palmarès en dit long : mi-avril, Sam Davies a remporté avec Yann Eliès, la Sardinha Cup*, première épreuve officielle du nouveau Figaro 3. Les cadors de la voile française l’ont bien compris : à 44 ans, l’Anglaise joue dans la cour des grands. Fille de marins, ingénieure diplômée de Cambridge, Samantha Davies affiche un riche et long parcours : Mini-Transat, Solitaire du Figaro, Transat AG2R, Transat Jacques Vabre, Vendée Globe (elle se classe 3e de son premier en 2009), elle skippe un équipage entièrement féminin lors de la Volvo Ocean Race 2014-2015 et change de dimension. En 2017, elle succède à Tanguy de Lamotte à la barre de l’Imoca Initiatives Coeur. Et vise désormais le prochain Vendée Globe, pour lequel elle peut prétendre à une place sur le podium. Pour Into The Wind, elle revient longuement sur son parcours de chaque côté de la Manche, confortablement installée dans le carré de la goélette familiale. *podcast enregistré avant cette course. Première diffusion le 15 avril 2019 Rediffusé le 29 juillet 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain Photo : Initiatives Cœur
94:46 29/07/2022
#60 Yannick Bestaven, ne rien lâcher pendant deux décennies et gagner le Vendée Globe à 48 ans
Il a l'air cool, comme ça, avec son sourire avenant, son sens de l'humour et sa pointe d'accent des Landes. Et pourtant, Yannick Bestaven, 50 ans à la fin de l'année, est l'incarnation même du marin-qui-ne-lâche-rien. Et de la ténacité, du travail - deux traits marquants de son caractère -, il en faut pour remporter le dernier Vendée Globe. Pourtant, aucun atavisme familial chez les Bestaven, installés à Biganos, au fond du bassin d'Arcachon. Et le jeune Yannick est avant tout un planchiste passionné - qui pratique aussi beaucoup le kayak -, embarqué dans la voile par les copains du bassin. Car en ce début des années 1990, autour d'Yves Parlier, le Sud-Ouest rassemble une concentration incroyable de talents, de Pascal Bidégrorry à Philippe Presti, en passant par Arnaud Boissières, Romaric Neyhousser, Jean-Marie Dauris et bien d'autres. Moniteur au Cercle de la Voile d'Arcachon, Yannick Bestaven commence son apprentissage par le Class8 et régate beaucoup. Ingénieur de l'École nationale des travaux publics de l'État, il achète un mini alors qu'il est en poste à Paris pour son premier job, où il construit... des écluses. Sa première Mini-Transat, en 1999, une rude édition, le convainc qu'il est fait pour ça : "Plus c'est dur, plus ça m'éclate", et il finit à l'hôpital aux Antilles... A son retour, il se lance en duo avec Arnaud Boissières dans la construction de deux protos, Diabolo et Satanas, avec la Mini-Transat 2001 dans le viseur. Ils ne trouveront un sponsor que quelques semaines avant le départ de la course, qu'ils finissent 1er et 3e, Seul vainqueur de la Mini à remporter les deux étapes en proto, il se met en disponibilité de la Fonction publique et se lance dans la carrière, enchaînant les embarquements et sillonnant le circuit Figaro de nombreuses saisons. Le Vendée Globe l'attire : en 2008, il s'aligne au départ sur l'ex Aquitaine Innovations, l'ancien bateau de son mentor Yves Parlier, avec un sponsor qui le lâche au dernier moment. Et il démâte au bout de quelques heures de course. Le coup est dur, Yannick Bestaven entame une courte traversée du désert, pendant laquelle il créé, avec Mathieu Michou, l'entreprise d'hydro-générateurs Watt & Sea. Il se relance avec un projet de Class40 pendant cinq saisons, qui le voit remporter - entre autres - la Transat Jacques Vabre en 2011 et en 2015. Mais le Vendée Globe n'a jamais quitté son esprit : en 2017, il acquiert l'ancien Initiatives-Coeur, puis, deux ans plus tard, signe avec Maître Coq, ce qui lui permet de racheter un foiler, l'ex-Safran 2. Discrètement, loin de Lorient et de Port-la-Forêt, Yannick Bestaven entame une longue préparation au Vendée Globe, axée sur la fiabilité et l'accumulation de milles. Quand il en prend le départ, en novembre 2020, il ne fait pas partie des favoris, mais tous ses concurrents savent que le skipper de Maître CoQ est un marin solide et expérimenté. Quand la flotte entre dans le Sud, on comprend que Yannick Bestaven est un vrai candidat à la victoire. Il vire le Horn en tête et le reste appartient à l'histoire... L'Arcachonnais basé à La Rochelle aurait pu se retirer au sommet : c'était mal le connaître. Le plus vieux vainqueur du Vendée Globe remettra son titre en jeu lors de la prochaine édition, en 2024, avec un nouvel Imoca dont il attend impatiemment la mise à l'eau prochaine.  ---- Diffusé le 8 juillet 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Julien Badoil/Studio Juno
137:42 08/07/2022
#59 Lalou Roucayrol, le multi et le Médoc dans la peau ! - 2e partie
Ce matin-là de printemps, le ciel charrie de lourds grains pluvieux sur l'estuaire de la Gironde tandis que le bac qui relie Royan au Verdon-sur-Mer entame sa manœuvre d'approche. Le temps rappelle les ambiances finistériennes ou morbihannaises qui servent souvent de décors aux enregistrements d'Into The Wind. Mais rien qu'à l'odeur de la forêt et du sable mouillé des dunes qui façonnent l'arrière-plan de la pointe du Médoc, on sent que les repères habituels de nos histoires de marins ont changé. Et pourtant, Lalou Roucayrol, que l'on vient visiter dans son fief - et qu'il ne manque pas de nous faire longuement visiter avant de s'asseoir devant le micro - connaît bien la Sailing Valley, dont il fut même - qui s'en souvient ? - l'un des pionniers. Mais à bientôt 58 ans, le Médocain reste plus que jamais attaché à ses racines, installé à quelques kilomètres de la plage où il a appris la voile. Fils de marin, il grandit au bord de la Gironde et apprend la voile au début des années 1970 dans le club de voile du Verdon-sur-Mer, où il est toujours licencié. Son père lui construit son premier Optimist et il participe à son premier championnat de France à... 7 ans. Il enchaîne en 420 avec sa sœur, passe à l'Europe (un dériveur solitaire) et s'en va à Marseille, à 14 ans, faire marine marchande en lycée professionnel. Il achète un quarter-tonner et navigue sans compter, embarque à la pêche, met de l'argent de côté et, comme beaucoup, se lance dans la Mini-Transat en 1985, à 21 ans, multipliant les métiers pour financer sa course, découvrant au passage le composite. Une expérience "juste incroyable", qui le lance dans le grand bain. Adieu les cargos, il veut faire de la voile son métier : il rentre chez CDK construire Poulain, le premier bateau du chantier, puis devient skipper de Lejaby-Rasurel, un cata de 60 pieds. Cette fois, c'est parti, "un foiler récent et moderne : le rêve absolu", en pleine époque dorée des multicoques. Il va, ensuite, enchaîner les courses, en multicoque toujours, prao, F28, 60 pieds, se classant 4e de la Transat Jacques Vabre en 1995. Lalou Roucayrol rejoint alors le team Banque Populaire, devenant équipier de Francis Joyon, skipper en titre à l'époque. Il lui succède en 1999, vivant, lui aussi, la grande épopée des trimarans Orma, et montant sur le podium de l'épique Route du Rhum 2002, où ils ne sont que trois à terminer en multicoque de 60 pieds. Il est débarqué deux ans plus tard. Un moment difficile : "Tu perds ton métier, tes amis, mais je ne m'en sors pas trop mal, même s'il a fallu batailler." Il redevient free lance, pour Ellen MacArthur, Yves Parlier, retourne chez CDK, travaille à une mission autour de La Base de Lorient. Et finit, en 2007, par lancer son propre projet en Multi50, construisant son propre 50 pieds dans le Médoc, chez lui. "Je voulais être maître de mon destin en armant mon propre bateau." Et ça marche : 4e de la Transat Jacques Vabre en 2007, 3e en 2009, 2e sur le Rhum en 2010, il chavire lors du convoyage retour et doit abandonner son bateau. Trois ans plus tard, il signe avec Arkema après avoir construit son nouveau trimaran, avec lequel il gagne la Route des Princes, se classe 2e du Rhum 2014, 3e de la Jacques Vabre 2015, 1er de la Québec Saint-Malo et 2e de The Transat en 2016, avant de remporter la Transat Jacques Vabre en 2017 avec Alex Pella. L'année suivante, il annonce la construction d'un troisième Multi50 aux couleurs d'Arkema, mis à l'eau 2 ans plus tard, après un chavirage rocambolesque dans le Rhum 2018. Parallèlement, sa structure Lalou Multi construit un Mini, un Class40 recyclable, et Lalou s'engage dans la formation de jeunes marins, comme Quentin Vlamynck d'abord, Keni Piperol, ensuite. A l'issue de la Transat Jacques Vabre 2021, Lalou Roucayrol annonce se retraite du multicoque, mais pas de la course : son objectif est désormais de participer au prochain tour du monde en Class40, The Race Around. Un parcours incroyable à travers plus de trois décennies de course au large, qui demande bien un épisode de 5 heures en deux parties !  ---- Diffusé le 1er juillet 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Julien Badoil/Studio Juno
183:03 01/07/2022
#59 Lalou Roucayrol, le multi et le Médoc dans la peau ! - 1ère partie
Ce matin-là de printemps, le ciel charrie de lourds grains pluvieux sur l'estuaire de la Gironde tandis que le bac qui relie Royan au Verdon-sur-Mer entame sa manœuvre d'approche. Le temps rappelle les ambiances finistériennes ou morbihannaises qui servent souvent de décors aux enregistrements d'Into The Wind. Mais rien qu'à l'odeur de la forêt et du sable mouillé des dunes qui façonnent l'arrière-plan de la pointe du Médoc, on sent que les repères habituels de nos histoires de marins ont changé. Et pourtant, Lalou Roucayrol, que l'on vient visiter dans son fief - et qu'il ne manque pas de nous faire longuement visiter avant de s'asseoir devant le micro - connaît bien la Sailing Valley, dont il fut même - qui s'en souvient ? - l'un des pionniers. Mais à bientôt 58 ans, le Médocain reste plus que jamais attaché à ses racines, installé à quelques kilomètres de la plage où il a appris la voile. Fils de marin, il grandit au bord de la Gironde et apprend la voile au début des années 1970 dans le club de voile du Verdon-sur-Mer, où il est toujours licencié. Son père lui construit son premier Optimist et il participe à son premier championnat de France à... 7 ans. Il enchaîne en 420 avec sa sœur, passe à l'Europe (un dériveur solitaire) et s'en va à Marseille, à 14 ans, faire marine marchande en lycée professionnel. Il achète un quarter-tonner et navigue sans compter, embarque à la pêche, met de l'argent de côté et, comme beaucoup, se lance dans la Mini-Transat en 1985, à 21 ans, multipliant les métiers pour financer sa course, découvrant au passage le composite. Une expérience "juste incroyable", qui le lance dans le grand bain. Adieu les cargos, il veut faire de la voile son métier : il rentre chez CDK construire Poulain, le premier bateau du chantier, puis devient skipper de Lejaby-Rasurel, un cata de 60 pieds. Cette fois, c'est parti, "un foiler récent et moderne : le rêve absolu", en pleine époque dorée des multicoques. Il va, ensuite, enchaîner les courses, en multicoque toujours, prao, F28, 60 pieds, se classant 4e de la Transat Jacques Vabre en 1995. Lalou Roucayrol rejoint alors le team Banque Populaire, devenant équipier de Francis Joyon, skipper en titre à l'époque. Il lui succède en 1999, vivant, lui aussi, la grande épopée des trimarans Orma, et montant sur le podium de l'épique Route du Rhum 2002, où ils ne sont que trois à terminer en multicoque de 60 pieds. Il est débarqué deux ans plus tard. Un moment difficile : "Tu perds ton métier, tes amis, mais je ne m'en sors pas trop mal, même s'il a fallu batailler." Il redevient free lance, pour Ellen MacArthur, Yves Parlier, retourne chez CDK, travaille à une mission autour de La Base de Lorient. Et finit, en 2007, par lancer son propre projet en Multi50, construisant son propre 50 pieds dans le Médoc, chez lui. "Je voulais être maître de mon destin en armant mon propre bateau." Et ça marche : 4e de la Transat Jacques Vabre en 2007, 3e en 2009, 2e sur le Rhum en 2010, il chavire lors du convoyage retour et doit abandonner son bateau. Trois ans plus tard, il signe avec Arkema après avoir construit son nouveau trimaran, avec lequel il gagne la Route des Princes, se classe 2e du Rhum 2014, 3e de la Jacques Vabre 2015, 1er de la Québec Saint-Malo et 2e de The Transat en 2016, avant de remporter la Transat Jacques Vabre en 2017 avec Alex Pella. L'année suivante, il annonce la construction d'un troisième Multi50 aux couleurs d'Arkema, mis à l'eau 2 ans plus tard, après un chavirage rocambolesque dans le Rhum 2018. Parallèlement, sa structure Lalou Multi construit un Mini, un Class40 recyclable, et Lalou s'engage dans la formation de jeunes marins, comme Quentin Vlamynck d'abord, Keni Piperol, ensuite. A l'issue de la Transat Jacques Vabre 2021, Lalou Roucayrol annonce se retraite du multicoque, mais pas de la course : son objectif est désormais de participer au prochain tour du monde en Class40, The Race Around. Un parcours incroyable à travers plus de trois décennies de course au large, qui demande bien un épisode de 5 heures en deux parties !  ---- Diffusé le 24 juin 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Julien Badoil/Studio Juno
133:41 24/06/2022
#58 Isabelle Autissier, la grande dame et la mer
Il est des noms pas comme les autres ; des noms qui vous rappellent que la voile de course s'écrit parfois à coups de légende ; des noms qui parlent à bien d'autres publics qu'aux seuls voileux ; des noms qui vous incitent à bien relire une dernière fois la petite fiche que vous avez préparée avant de lancer l'enregistrement... Le nom d'Isabelle Autissier est de ceux-là. A 65 ans, celle qui reste "la-première-femme-à-avoir-fait-le-tour-du-monde-à-la-voile" - et qui s'amuse de cette étiquette - parle toujours aussi directement de ses multiples vies. Née dans une famille de la bourgeoisie moyenne de la banlieue parisienne, elle découvre la voile grâce à un père qui achète ses bateaux... au BHV. Bercée par les livres de Moitessier et de la saga des Damien, elle acquiert vite la conviction que sa vie sera liée à la mer. Diplômée de l'Agro Rennes, elle s'installe à La Rochelle et travaille pour l'Ifremer. Elle retape un bateau, boucle un tour de l'Atlantique qu'elle termine en solo. Elle a 30 ans, n'a jamais fait de compétition, mais le solitaire l'attire : elle s'engage dans la Mini Transat en 1987, qu'elle termine 3e. Elle adore ; sa liberté à elle sera de courir la mer en course. Une Solitaire du Figaro deux ans plus tard pour apprendre, et une évidence : la terre est ronde et boucler le tour du monde - en solitaire, toujours - est la prochaine étape. A l'issue du BOC Challenge 1991, elle devient donc la première femme à réaliser la giration planétaire. Cette fois, il s'agit d'arrêter de bricoler et devenir pro, et profiter de cette liberté à plein temps : Isabelle Autissier se lance dans la construction d'un Imoca (association qu'elle fonde en 1991 avec Christophe Auguin), le premier à quille pendulaire. Elle s'aligne dans le BOC Challenge suivant, et vit une odyssée : démâtage dans le Sud, remâtage aux Kerguélen, chavirage dans le Sud de l'Australie sous gréement de fortune puis hélitreuillage entre Noël et le jour de l'An... Quelques mois plus tard, elle signe avec PRB pour un bateau neuf et s'aligne dans le Vendée Globe 1996-1997. Une édition épique et tragique : elle perd un safran et doit s'arrêter au Cap, mais repart - "évidemment, j'étais venue faire le tour du monde". Dans le Grand Sud, elle est prise dans une tempête homérique et part à la recherche de Gerry Roufs qui ne répond plus. Elle ne retrouvera pas et doit reprendre sa route, livrant quelques jours plus tard un texte pour Libération qui restera dans les mémoires. Elle termine 24 heurs après le vainqueur, Christophe Auguin ; qu'elle le veuille ou non, la légende Autissier est née. Un dernier BOC Challenge - devenu Around Alone - en 1999, où elle chavire, secourue par Giovanni Soldini, une dernière AG2R, en 2000, avec Sidney Gavignet, et Isabelle Autissier se retire de la compétition. Place, désormais, à l'écriture, au voyage et à l'engagement. Un premier ouvrage chez Grasset en 2006 (Kerguelen, le voyageur au pays de l'ombre) et le marin entame sa mue pour devenir écrivain ; un peu moins d'une décennie plus tard, elle se retrouve sur la première liste du Goncourt avec Soudain, seuls. En parallèle, elle décide de mettre sa "petite part de notoriété" au service de la cause environnementale, présidant le WWF France pendant une dizaine d'années, sillonnant la France et les conférences internationales pour alerter, avec la franchise habituelle qui est la sienne, sur l'urgence de la situation. "Au Pakistan, il a fait 50 degrés ; à 55 degrés l'homme cuit", rappelle-t-elle. Elle continue bien sûr à prendre la mer, chaque été, pendant deux mois. Après l'Antarctique, elle sillonne l'Arctique depuis l'Islande où est basé son bateau. Inutile de chercher à la joindre, le téléphone satellite ne sert que pour recevoir les fichiers météo. La liberté sur la mer, encore et toujours. ---- Diffusé le 10 juin 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Julien Badoil/Studio Juno
123:40 10/06/2022
#57 Marc Guillemot, quatre décennies en course - 2e partie
Ils ne sont pas nombreux à pouvoir afficher autant de milles au compteur : Marc Guillemot a commencé sa carrière de coureur en 1979, en participant à la Twostar, et se prépare en ce printemps, plus de quatre décennies plus tard, à bientôt 63 ans, à courir... la prochaine Route du Rhum à bord d'un catamaran de course-croisière de 52 pieds ! Une vie entière consacrée à la voile de compétition. Natif de Quimper, élevé près de Sainte-Marine par des parents qui naviguent et marqué par La Longue Route de Moitessier, il découvre la régate avec son cousin Bertrand de Broc, avec qui il court sa première transat en double sur le même parcours que la transat anglaise. Il fait la rencontre de Patrick Morvan, qui l'embarque dans l'épopée des Jet Services : constructions, courses, records à la pelle, mais aussi des drames, notamment un chavirage dans les derniers jours de 1985, qui voit Jean Castenet disparaître et Marc Guillemot  être sérieusement amoché - il lui faudra deux années pour s'en remettre. S'ensuivent des Solitaires du Figaro - avec plusieurs places dans les 10 -, une Mini-Transat, des étapes de la Whitbread, des AG2R... en ces années du début de la professionnalisation, Marco, comme beaucoup l'appellent, navigue en boulimique. Equipier recherché en multicoque, il navigue avec Loïck Peyron et Mike Birch, dont il prend, en 1997, la succession à la barre du trimaran Orma La Trinitaine. Guillemot va connaître la grande époque de l'Orma, en particulier ses grands prix, mais aussi les Transat Jacques Vabre, les Québec Saint-Malo et sa première Route du Rhum, la course qui l'a tant fait rêver 20 ans plus tôt. Il y aura des podiums - beaucoup - des abandons, aussi, et un drame encore : la disparition de Nicolas Florin, équipier sur la Course de l'Europe en 1999. Après un passage chez Gitana en 2004, il est choisi par Safran pour courir le Vendée Globe. A 45 ans, c'est une nouvelle page de sa carrière qui s'ouvre, avec la conception d'un Imoca sur plan VPLP-Verdier qui va révolutionner la catégorie ; une troisième place dans un Vendée Globe de légende - édition 2008-2009 - fini sans quille après avoir escorté Yann Eliès gravement blessé ; une victoire dans la Transat Jacques Vabre en 2009 avec Charles Caudrelier ; un second Vendée Globe terminé quelques heures après le départ quand sa quille disparaît au fond de la mer ; un record de l'Atlantique en solo... Après une dernière Route du Rhum en 2014 - et un nouveau podium - il conçoit Safran 2, premier Imoca à foils, avec son équipe et doit passer la main au nouveau skipper choisi par le sponsor, Morgan Lagravière. Une fin de contrat difficile pour Marc Guillemot, qui doit licencier une bonne partie de son équipe. Il rebondit en organisant le Trophée des Multicoques, en lançant une équipe mixte sur la Solitaire, en naviguant en Class40... et en montant un nouveau projet de Route du Rhum pour 2022. Jamais rassasié.  ---- Diffusé le 3 juin 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Julien Badoil/Studio Juno
115:47 03/06/2022
#57 Marc Guillemot, quatre décennies en course - 1ère partie
Ils ne sont pas nombreux à pouvoir afficher autant de milles au compteur : Marc Guillemot a commencé sa carrière de coureur en 1979, en participant à la Twostar, et se prépare en ce printemps, plus de quatre décennies plus tard, à bientôt 63 ans, à courir... la prochaine Route du Rhum à bord d'un catamaran de course-croisière de 52 pieds ! Une vie entière consacrée à la voile de compétition. Natif de Quimper, élevé près de Sainte-Marine par des parents qui naviguent et marqué par La Longue Route de Moitessier, il découvre la régate avec son cousin Bertrand de Broc, avec qui il court sa première transat en double sur le même parcours que la transat anglaise. Il fait la rencontre de Patrick Morvan, qui l'embarque dans l'épopée des Jet Services : constructions, courses, records à la pelle, mais aussi des drames, notamment un chavirage dans les derniers jours de 1985, qui voit Jean Castenet disparaître et Marc Guillemot  être sérieusement amoché - il lui faudra deux années pour s'en remettre. S'ensuivent des Solitaires du Figaro - avec plusieurs places dans les 10 -, une Mini-Transat, des étapes de la Whitbread, des AG2R... en ces années du début de la professionnalisation, Marco, comme beaucoup l'appellent, navigue en boulimique. Equipier recherché en multicoque, il navigue avec Loïck Peyron et Mike Birch, dont il prend, en 1997, la succession à la barre du trimaran Orma La Trinitaine. Guillemot va connaître la grande époque de l'Orma, en particulier ses grands prix, mais aussi les Transat Jacques Vabre, les Québec Saint-Malo et sa première Route du Rhum, la course qui l'a tant fait rêver 20 ans plus tôt. Il y aura des podiums - beaucoup - des abandons, aussi, et un drame encore : la disparition de Nicolas Florin, équipier sur la Course de l'Europe en 1999. Après un passage chez Gitana en 2004, il est choisi par Safran pour courir le Vendée Globe. A 45 ans, c'est une nouvelle page de sa carrière qui s'ouvre, avec la conception d'un Imoca sur plan VPLP-Verdier qui va révolutionner la catégorie ; une troisième place dans un Vendée Globe de légende - édition 2008-2009 - fini sans quille après avoir escorté Yann Eliès gravement blessé ; une victoire dans la Transat Jacques Vabre en 2009 avec Charles Caudrelier ; un second Vendée Globe terminé quelques heures après le départ quand sa quille disparaît au fond de la mer ; un record de l'Atlantique en solo... Après une dernière Route du Rhum en 2014 - et un nouveau podium - il conçoit Safran 2, premier Imoca à foils, avec son équipe et doit passer la main au nouveau skipper choisi par le sponsor, Morgan Lagravière. Une fin de contrat difficile pour Marc Guillemot, qui doit licencier une bonne partie de son équipe. Il rebondit en organisant le Trophée des Multicoques, en lançant une équipe mixte sur la Solitaire, en naviguant en Class40... et en montant un nouveau projet de Route du Rhum pour 2022. Jamais rassasié.  ---- Diffusé le 27 mai 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Julien Badoil/Studio Juno
108:33 27/05/2022
#56 Thomas Rouxel, l'équipier discret mais recherché
Il s'est mis au bateau... pour pouvoir faire de la planche à voile ! Trois décennies plus tard, Thomas Rouxel, 40 ans fin novembre, peut se targuer d'une carrière discrète mais brillante d'équipier recherché, lui qui est désormais le co-skipper de Thomas Coville à bord de Sodebo Ultim 3. Des parents restaurateurs à Erquy qui casent les deux frères à l'école de voile pour l'été et c'est parti : Optimist puis Equipe avec son aîné, il enchaîne avec le 420 et c'est le déclic "du jour au lendemain", avec les résultats qui arrivent et emmènent les frères Rouxel au championnat du monde. Pour autant, la vraie passion du jeune Thomas reste... le funboard : "Si on m'avait laissé choisir, je n'aurais fait que de la planche". Ils enchaînent avec le 470, s'installent à Brest pour leurs études en fac de sport, deviennent sportifs de haut niveau. Leur avenir olympique est un peu bouché, à cause d'un gabarit "pas idéal du tout", alors le jeune Rouxel glisse presque naturellement vers l'habitable, découvert en parallèle : First Class 8, match racing, Tours de France à la voile, Melges 24... Presque par hasard, il découvre en 2003 le Figaro via le Challenge Crédit Agricole, embarque ensuite avec Benoît Petit et se retrouve en 2006 au départ de sa première Solitaire du Figaro. Cinq saisons de Figaro 2 vont faire de lui un figariste qui joue dans le haut du tableau, avec trois places dans les 10 sur la Solitaire, une deuxième place sur le Trophée BPE Belle-ïle Marie-Galante et une victoire, après le déclassement de Nicolas Lunven, sur la Transat Bénodet-Martinique, sans parler d'une cinquième place avec Nicolas Troussel lors de l'AG2R 2010 - "une rencontre qui a beaucoup compté pour moi". Pas mal pour un marin qui, lors de sa première transat, en 2006, avait conclu à son arrivée : "Plus jamais ça !" Il est ensuite recruté par Sébastien Josse pour naviguer sur le MOD70 Gitana, et c'est un nouveau déclic : la navigation en multicoque comble le planchiste - et le touche-à-tout - qu'il est toujours. En 2014, c'est au tour de Charles Caudrelier de l'appeler pour embarquer dans l'aventure incroyable du projet Dongfeng, où un petit groupe de marins français se rend en Chine sélectionner des navigants avant de partir autour du monde sur la Volvo Ocean Race - la seule course qui le faisait rêver, ado - pour décrocher une incroyable troisième place. Une tentative de trophée Jules Verne en 2015 sur Spindrift et c'est à nouveau Sébastien Josse qui le rappelle pour embarquer sur le tout nouveau Gitana 17 : l'occasion pour "Tom Roux", comme beaucoup le surnomme, d'entrer dans le club très fermé des barreurs d'Ultime. Il signe chez Sodebo quand Gitana se sépare de Sébastien Josse en 2019 et développe sa capacité à voler au large, tout en continuant les piges en Figaro ou en IRC, convaincu, comme nombre de marins, que varier les supports, "c'est bon pour la performance". Sans cacher, désormais, ses envies d'un projet à lui en Ocean Fifty... et sans en faire, non plus "une fin en soi" en équipier "épanoui" qu'il est.  ---- Diffusé le 13 mai 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Julien Badoil/Studio Juno
135:06 13/05/2022
#55 Jeanne Grégoire, Mme la directrice
C'est l'un des jobs les plus en vue du monde de la voile de compétition : la direction du Pôle Finistère course au large de Port-la-Forêt, l'usine à champions où sont passés - entre autres - Michel Desjoyeaux, Franck Cammas et nombre de vainqueurs de la Solitaire du Figaro, de la Route du Rhum et du Vendée Globe. Une "institution", selon ses propres dires, dont la patronne est Jeanne Grégoire, 45 ans, qui a succédé en juin 2021 à Christian Le Pape, cofondateur du pôle, à sa tête durant trois décennies. Rien ne prédestinait, pourtant, la petite Jeanne, née à Paris, élevée dans l'Aisne, à se tourner vers la mer. Mais un stage aux Glénans, à 18 ans, chamboule sa prépa Sciences Po en cours - "une révélation". De stagiaire elle devient bénévole puis monitrice et enchaîne les diplômes (Brevet d'Etat, BPPV). Dans la foulée, son chemin croise celui de la Mini Transat en 1999 et elle se jette dans le grand bain, terminant 8e de l'édition 2001 - "une confirmation, j'étais à ma place". Quelques semaines plus tard, début 2002, la ministe est admise à Porlaf, comme on appelle déjà le Pôle Finistère course au large, et se lance dans le Figaro. Douze saisons denses s'annoncent - interrompues par la naissance de sa fille en 2009 -, qui vont transformer la voileuse en athlète de haut niveau : Jeanne Grégoire va enchaîner les podiums sur la Transat AG2R avec Gérald Véniard, décrochant également en 2008 une 5e place sur la Solitaire, ce qui reste, à ce jour, la meilleure performance pour une femme dans l'épreuve. Skipper du Figaro Banque Populaire de 2005 à 2012, elle rêvait de s'aligner sur le Vendée Globe, mais la banque de la voile lui préféra Armel Le Céac'h - "Je suis arrivée trop tôt", résume-t-elle sans amertume. Au mitan des années 2010, elle commence ses premières piges de coach, et y prend vite goût. Dès 2015, Christian Le Pape lui demande d'accompagner les figaristes de Porlaf : son regard, son expérience et sa légitimité font mouche. Elle s'impose dans le paysage du pôle, d'autant qu'elle a complété sa formation à l'Ecole nationale de voile, et c'est en 2019, au départ de la Transat Jacques Vabre, qu'un coureur pose franchement la question de l'avenir à Christian Le Pape, qui bute sur la recherche de son successeur. Dix-huit mois plus tard, le boss du pôle part en vacances avant de prendre sa retraite et de laisser officiellement les rênes du pôle à Jeanne Grégoire. Et alors, madame la directrice, ces premiers mois ? La réponse fuse, toute simple : "Je me régale !" ---- Diffusé le 22 avril 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Grégoire Levillain
130:54 22/04/2022
#54 Tanguy Leglatin, le coach qui fait grandir les coureurs
[NB : nous avons eu un souci de micro au début de cet épisode, qui s'est résolu à la 19e minute] Il se définit comme un "professionnel de l'incompétence", qui "voit beaucoup de choses", mais n'est "expert en rien". Un drôle d'autoportrait pour celui qui est devenu, en presque deux décennies de pratique, un coach que nombre de coureurs, des débutants aux plus capés, s'arrachent. A 43 ans, le teint buriné été comme hiver, le Lorientais Tanguy Leglatin passe près de 250 jours par an sur l'eau à décortiquer le comportement des bateaux et des marins. Une observation attentive qu'il transforme en conseils lors de longs débriefings qu'absorbent ses ouailles qui s'en vont ensuite conquérir les podiums dans toutes les séries de la course au large. Rien ne le prédestinait à pareil destin. Un père photographe et une mère institutrice, moyennement portés sur la voile, un frère versé dans la planche à voile et un dériveur à retaper offert à son entrée en 6e dessinent l'essentiel du décor de ses débuts. C'est la rencontre avec Michel Beaudouin, président de la Société nautique de Larmor-Plage et passionné de Snipe - un vieux dériveur américain -, qui va le lancer dans le monde de la régate. Il enchaîne avec le First Class8 mené par une bande de copains lorientais, puis s'éloigne du bateau en suivant une licence de Staps - option... escalade ! - à Brest. Quelques remplacements comme prof de sport le convainquent que l'Education nationale n'est pas faite pour lui, mais une nouvelle rencontre avec Laurent Moisson, ex entraîneur au Centre Nautique de Lorient, et les difficultés pour s'entraîner sur son nouveau projet en Melges 24, l'embarquent dans la création d'An Oriant Sail (AOS), un centre d'entraînement privé qui accueille à partir de l'hiver 2004 ses premiers pensionnaires. A l'époque, Tanguy Leglatin passe l'essentiel de son temps à faire de la logistique et s'il va sur l'eau entraîner les clients... c'est qu'AOS ne trouve pas grand monde pour le faire ! Il a 25 ans et la première promo d'AOS truste immédiatement tous les podiums du circuit Mini, Peter Laureyssens, l'un des tout premiers clients, remporte même la Mini Transat en bateaux de série. "Le coach", comme on l'appelle vite, va apprendre en même temps que les coureurs qui affluent à l'ancienne base des sous-marins, qui n'est pas encore le haut lieu de la course qu'elle est devenue. "J'appends d'eux autant que je leur apprends", résume-t-il joliment. En 2007, il prend son indépendance en devenant free-lance. Anne Liardet puis Sam Davies l'embarquent en Imoca, puis c'est au tour des figaristes et de Sébastien Josse, alors chez Gitana, de faire appel à ses services. Sa "carrière" est lancée : il accueille des coureurs comme Thomas Ruyant, Ian Lipinski, Justine Mettraux, Clarisse Crémer, Erwan Le Draoulec et bien d'autres selon un schéma bien rodé. Détectés en Mini 6.50, ils conservent le coach qui les a révélés quand ils attaquent Figaro, Class40 ou Imoca. Car depuis ses débuts, Tanguy Leglatin a toujours gardé la même ligne de conduite : travailler avec les pros, mais aussi continuer à entraîner les débutants et les faire grandir, en prenant en compte l'ensemble des paramètres d'un projet. Le secret d'un coach qui, désormais, ne cache plus son envie d'aller appliquer lui-même en course ce qu'il enseigne depuis près de vingt ans... ---- Diffusé le 8 avril 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Julien Badoil/Studio Juno
134:21 08/04/2022
#53 Arnaud Boissières, le Vendée Globe, jusqu'à plus soif - 2e partie
Qui a dit qu'il fallait être breton pour tracer sa route dans la course au large ? Arnaud "Cali" Boissières est d'Arcachon... et il est le seul marin à avoir bouclé quatre Vendée Globe consécutifs depuis 2008, record en cours !   Elevé à Bordeaux, il débute au Cercle de la voile d'Arcachon et fait la rencontre à l'adolescence d'un certain Yannick Bestaven, vainqueur du dernier Vendée Globe - plus de trois décennies après, les deux hommes restent des amis très proches. Sur les bords du bassin, les pionniers d'alors sont Titouan Lamazou et Yves Parlier, stars des premiers Vendée Globe.  Ce dernier prend les deux jeunes gens sous son aile et, ensemble, après avoir sillonné de nombreuses régates en habitable, ils se lancent dans la Mini Transat par deux fois, finissant 1er (Bestaven) et 3e (Boissières) en 2001 après avoir construit leurs protos. Une double transat et une expérience fondatrice. Cali se lance ensuite dans le Figaro pour trois saisons et va faire ensuite une rencontre marquante : celle d'un propriétaire, Jean-Philippe Chomette, dont il skippe le bateau en course, et qu'il parvient à embarquer sur la Transat Jacques Vabre en 2007 après avoir racheté l'ex VMI et signé Akena Vérandas comme sponsor. Depuis, comme un métronome, Cali est de tous les Vendée Globe : 7e en 2009, 8e en 2013, 10e en 2017, 15e en 2021. Une constance qui n'est pas de tout repos : à chaque fois, il monte un nouveau projet, trouve des sponsors, achète un nouvel Imoca... Et prend des risques : à une époque où certains skippers deviennent des pilotes de teams dirigés par des managers, Arnaud Boissières est l'armateur de ses bateaux, à la fois skipper, entrepreneur et employeur. Rien qui ne l'effraie vraiment, tant Cali vit sa vie comme un privilège rare, celui d'écrire sa propre histoire, autour du monde. La preuve : il vient d'acquérir un nouveau bateau et a convaincu ses sponsors de repartir pour un tour, un cinquième Vendée Globe. Son dernier ? Rien n'est moins sûr !  ---- Diffusé le 25 mars 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Julien Badoil/Studio Juno 
97:23 25/03/2022
#53 Arnaud Boissières, le Vendée Globe, jusqu'à plus soif - 1ere partie
Qui a dit qu'il fallait être breton pour tracer sa route dans la course au large ? Arnaud "Cali" Boissières est d'Arcachon... et il est le seul marin à avoir bouclé quatre Vendée Globe consécutifs depuis 2008, record en cours !   Elevé à Bordeaux, il débute au Cercle de la voile d'Arcachon et fait la rencontre à l'adolescence d'un certain Yannick Bestaven, vainqueur du dernier Vendée Globe - plus de trois décennies après, les deux hommes restent des amis très proches. Sur les bords du bassin, les pionniers d'alors sont Titouan Lamazou et Yves Parlier, stars des premiers Vendée Globe.  Ce dernier prend les deux jeunes gens sous son aile et, ensemble, après avoir sillonné de nombreuses régates en habitable, ils se lancent dans la Mini Transat par deux fois, finissant 1er (Bestaven) et 3e (Boissières) en 2001 après avoir construit leurs protos. Une double transat et une expérience fondatrice. Cali se lance ensuite dans le Figaro pour trois saisons et va faire ensuite une rencontre marquante : celle d'un propriétaire, Jean-Philippe Chomette, dont il skippe le bateau en course, et qu'il parvient à embarquer sur la Transat Jacques Vabre en 2007 après avoir racheté l'ex VMI et signé Akena Vérandas comme sponsor. Depuis, comme un métronome, Cali est de tous les Vendée Globe : 7e en 2009, 8e en 2013, 10e en 2017, 15e en 2021. Une constance qui n'est pas de tout repos : à chaque fois, il monte un nouveau projet, trouve des sponsors, achète un nouvel Imoca... Et prend des risques : à une époque où certains skippers deviennent des pilotes de teams dirigés par des managers, Arnaud Boissières est l'armateur de ses bateaux, à la fois skipper, entrepreneur et employeur. Rien qui ne l'effraie vraiment, tant Cali vit sa vie comme un privilège rare, celui d'écrire sa propre histoire, autour du monde. La preuve : il vient d'acquérir un nouveau bateau et a convaincu ses sponsors de repartir pour un tour, un cinquième Vendée Globe. Son dernier ? Rien n'est moins sûr !  ---- Diffusé le 18 mars 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Julien Badoil/Studio Juno 
76:03 18/03/2022
#52 Marcus Hutchinson, l'Irlandais qui savait tout faire
Même lui a du mal à définir son rôle actuel au sein de TR Racing, l'écurie de Thomas Ruyant, dont il a été team manager ! Il faut dire que Marcus Hutchinson, 60 ans, est un drôle de numéro... Irlandais né de parents anglais et francophiles - qui l'emmenaient passer des vacances en Dordogne bien avant la mode outre-Manche et lui faisaient écouter France Inter dès l'enfance - il découvre la voile à Dublin, où son père pilote travaille pour la compagnie nationale Aer Lingus. Une passion si dévorante qu'il veut en faire son métier : après des études à Southampton, il devient architecte naval au début des années 1980 et entre chez Rob Humphries Yacht Design. C'est la grande époque des tonners et il va la vivre à fond, écumant toutes les régates et tous les championnats, dans les îles britanniques puis partout en Europe. Cinq ans plus tard, alors que Lawrie Smith lui propose d'embarquer sur Rothmans pour la Whitbread, il devient rédacteur en chef de Seahorse, la bible de l'écosystème anglo-saxon de la voile de course, pour qui il pigeait régulièrement. Il y reste 4 ans avant de lancer une autre revue sur les super yachts depuis le Sud la France, qui fait long feu. Mais Marcus Hutchinson, anglo-saxon maîtrisant parfaitement le français, a fait entre-temps la connaissance de Bruno Troublé, qui l'emmène vivre l'aventure de la Coupe de l'America : journaliste pointu en technique, à l'aise dans les relations humaines, il prend en charge la communication de la Louis Vuitton Cup puis de la Coupe elle-même pendant 5 éditions, jusqu'à Valence en 2007 - non sans un détour par les Jeux Olympiques d'Atlanta 1996, où il gère le centre de presse des épreuves de voile. Il sera aussi dircom de Team Origin, de l'Audi Med Cup et de la Volvo Ocean Race 2008-2009, avant de se lancer dans une nouvelle carrière, sa quatrième vie professionnelle : team manager. Il commence avec l'Artemis Offshore Academy, destinée à former de jeunes marins anglais au solitaire - d'où sortira, entre autres, Sam Goodchild -, puis passe à l'Imoca, en dirigeant le projet SMA de Paul Meilhat pour Mer Agitée, puis celui de LinkedOut pour Thomas Ruyant sur le dernier Vendée Globe. Le tout, sans jamais oublier de naviguer : en plus de milliers de milles en équipage, Marcus Hutchinson, qui a gagné le Tour de Bretagne avec Michel Desjoyeaux, compte deux Solitaires du Figaro à son compteur et une Transat Jacques Vabre. Ce qui fait de lui l'un des plus fins connaisseurs anglo-saxons de la voile française.  ---- Diffusé le 4 mars 2022 Générique : In Closing – Days Past Post-production : Julien Badoil/Studio Juno
124:34 04/03/2022
#51 Anne-Claire Le Berre, de l'olympisme à la Mini Transat
Certains ont l'eau salée qui leur coule dans les veines. D'autres ont la compétition dans le sang. Anne-Claire Le Berre, elle, semble avoir les deux ! Et elle n'a guère eu le choix - c'est elle qui le dit. Avec deux frères aînés qui régataient, Anne-Claire Le Berre a passé ses vacances familiales sur les parkings des compétitions de voile légère. Et, inéluctablement, la native de Plouguerneau, montée à Brest, et désormais installé à Lorient, s'est mise à la régate dès son plus jeune âge. C'est à 17 ans, en 420, qu'elle explose, en compagnie d'une certaine Marie Riou : en 1999, elles enchaînent les titres nationaux, européens et mondiaux ! Le 470 les attend et pour Anne-Claire Le Berre, douze années de quête olympiques, trois PO qui n'aboutiront pas. En 470, d'abord, pour Athènes 2004 ; en Yngling, ensuite, pour Pékin 2008 ; en match-racing, enfin, pour Londres 2012. Jamais les Jeux ne s'ouvriront à elle, mais, les yeux brillants, elle confesse encore une passion pour ce monde si particulier. Diplôme d'ingénieur de l'Insa en poche, elle décide de compléter son cursus par une formation en architecture navale en même temps qu'elle attend son premier garçon. Elle  a un peu plus de 30 ans et découvre alors une autre planète, en collaborant d'abord avec le cabinet Finot-Conq puis en intégrant en 2015 le bureau d'études du team Initiatives Coeur, dont le bateau est alors skippé par Tanguy de Lamotte. La course au large est une révélation, tant elle ne s'en était pas approchée, concentrée exclusivement de longues années sur la voile olympiques. Au service d'un autre marin, elle plonge dans les cycles quadriennaux - qu'elle connaît bien - des Vendée Globe, avec Tanguy de Lamotte puis Sam Davies. Ingénieure BE, puis responsable du bureau d'études, elle est désormais directrice technique d'une équipe qui vient tout juste d'accueillir un bateau neuf pour le prochain tour du monde - et la seule femme à occuper un tel poste dans ce club fermé de la course high-tech. Mais l'histoire d'Anne-Claire Le Berre ne serait pas complète sans une autre révélation : celle de la Mini Transat, qu'elle a courue en 2021. Jonglant entre job, enfants, recherche de sponsors et entraînements, elle décroche une 5e place en série. En dessous de son objectif initial de podium, mais quel plaisir : "Je comprends qu’ils y retournent, et qu’ils y retournent, et qu’ils y re-retournent", explique-t-elle à l'arrivée. Elle aura 40 ans dans quelques semaines. Deux tables basses ornent son salon : sur la première est encore écrit au Tippex "Mini Transat 2021", histoire que les objectifs soient bien partagés avec ses deux garçons. Sur la seconde, ils ont écrit ensemble : "Route du Rhum 2026".
128:26 18/02/2022
#50 Thomas Coville, le marin curieux qui sait faire des phrases - 3e partie
Quand on s'assoit face à lui après avoir installé les micros, on sait qu'on va en avoir pour son argent... et qu'il faut se caler confortablement. Car Thomas Coville, 53 ans, est un marin éclectique, doublé d'un formidable conteur. L'invité idéal, donc, pour fêter ce 50e épisode d'Into The Wind : un épisode exceptionnel en trois parties pour six heures d'interview - avec une pause déjeuner au milieu, rassurez-vous - mais nous n'avons pas vu le temps passer ! Thomas Coville, boulimique de la mer et des bateaux, a couru sur presque tous les supports et sur toutes les mers, en plus de trois décennies d'une carrière d'une rare intensité. A part la voile olympique, c'est bien simple, il a touché à tout. Le Tour de France à la voile ? Il les enchaîne en guise de formation dans les années 1980. Le multicoque ? Il apprend tout avec Laurent Bourgnon. La Coupe de l'America ? Il participe à l'édition 1995 au sein du team de Marc Pajot. En rentrant de San Diego, il réalise un enchaînement impeccable : Trophée Jules Verne avec Olivier de Kersauson (record), Mini Transat quelques mois plus tard (2e), puis Route de l'Or avec Yves Parlier (vainqueur) qui lui confie Aquitaine Innovations pour le Rhum 1998 après sa chute de parapente (vainqueur). C'est là qu'il est recruté par Sodebo pour remplacer Raphaël Dinelli sur l'Imoca vendéen : victoire dans la Transat Jacques Vabre 1999 et Vendée Globe dans la foulée (6e). S'en suivent plus de deux décennies de partenariat qui courent encore. Aux cinq saisons - difficiles - en Orma, succèdent dix années ou presque d'une quête personnelle, celle du Trophée Saint-Exupéry, le record du tour du monde en solitaire "overall", qu'il décroche à sa cinquième tentative, le jour de Noël 2016. Sans parler des "extras", qu'il pratique avec bonheur, des piges sur le Trophée Jules Verne - remporté une seconde fois avec Franck Cammas en 2010 - et sur la Volvo Ocean Race - plusieurs participations, dont une victoire, toujours avec Cammas en 2012. Bilan : 8 tours du monde, 10 passages du cap Horn, une vingtaine de transats... et la liste n'est pas close. Désormais pilote d'Ultime, Thomas Coville vise le Rhum 2022 puis le Tour du monde en solitaire en 2023. Insatiable.
121:36 04/02/2022
#50 Thomas Coville, le marin curieux qui sait faire des phrases - 2e partie
Quand on s'assoit face à lui après avoir installé les micros, on sait qu'on va en avoir pour son argent... et qu'il faut se caler confortablement. Car Thomas Coville, 53 ans, est un marin éclectique, doublé d'un formidable conteur. L'invité idéal, donc, pour fêter ce 50e épisode d'Into The Wind : un épisode exceptionnel en trois parties pour six heures d'interview - avec une pause déjeuner au milieu, rassurez-vous - mais nous n'avons pas vu le temps passer ! Thomas Coville, boulimique de la mer et des bateaux, a couru sur presque tous les supports et sur toutes les mers, en plus de trois décennies d'une carrière d'une rare intensité. A part la voile olympique, c'est bien simple, il a touché à tout. Le Tour de France à la voile ? Il les enchaîne en guise de formation dans les années 1980. Le multicoque ? Il apprend tout avec Laurent Bourgnon. La Coupe de l'America ? Il participe à l'édition 1995 au sein du team de Marc Pajot. En rentrant de San Diego, il réalise un enchaînement impeccable : Trophée Jules Verne avec Olivier de Kersauson (record), Mini Transat quelques mois plus tard (2e), puis Route de l'Or avec Yves Parlier (vainqueur) qui lui confie Aquitaine Innovations pour le Rhum 1998 après sa chute de parapente (vainqueur). C'est là qu'il est recruté par Sodebo pour remplacer Raphaël Dinelli sur l'Imoca vendéen : victoire dans la Transat Jacques Vabre 1999 et Vendée Globe dans la foulée (6e). S'en suivent plus de deux décennies de partenariat qui courent encore. Aux cinq saisons - difficiles - en Orma, succèdent dix années ou presque d'une quête personnelle, celle du Trophée Saint-Exupéry, le record du tour du monde en solitaire "overall", qu'il décroche à sa cinquième tentative, le jour de Noël 2016. Sans parler des "extras", qu'il pratique avec bonheur, des piges sur le Trophée Jules Verne - remporté une seconde fois avec Franck Cammas en 2010 - et sur la Volvo Ocean Race - plusieurs participations, dont une victoire, toujours avec Cammas en 2012. Bilan : 8 tours du monde, 10 passages du cap Horn, une vingtaine de transats... et la liste n'est pas close. Désormais pilote d'Ultime, Thomas Coville vise le Rhum 2022 puis le Tour du monde en solitaire en 2023. Insatiable.
132:07 28/01/2022
#50 Thomas Coville, le marin curieux qui sait faire des phrases - 1ere partie
Quand on s'assoit face à lui après avoir installé les micros, on sait qu'on va en avoir pour son argent... et qu'il faut se caler confortablement. Car Thomas Coville, 53 ans, est un marin éclectique, doublé d'un formidable conteur. L'invité idéal, donc, pour fêter ce 50e épisode d'Into The Wind : un épisode exceptionnel en trois parties pour six heures d'interview - avec une pause déjeuner au milieu, rassurez-vous - mais nous n'avons pas vu le temps passer ! Thomas Coville, boulimique de la mer et des bateaux, a couru sur presque tous les supports et sur toutes les mers, en plus de trois décennies d'une carrière d'une rare intensité. A part la voile olympique, c'est bien simple, il a touché à tout. Le Tour de France à la voile ? Il les enchaîne en guise de formation dans les années 1980. Le multicoque ? Il apprend tout avec Laurent Bourgnon. La Coupe de l'America ? Il participe à l'édition 1995 au sein du team de Marc Pajot. En rentrant de San Diego, il réalise un enchaînement impeccable : Trophée Jules Verne avec Olivier de Kersauson (record), Mini Transat quelques mois plus tard (2e), puis Route de l'Or avec Yves Parlier (vainqueur) qui lui confie Aquitaine Innovations pour le Rhum 1998 après sa chute de parapente (vainqueur). C'est là qu'il est recruté par Sodebo pour remplacer Raphaël Dinelli sur l'Imoca vendéen : victoire dans la Transat Jacques Vabre 1999 et Vendée Globe dans la foulée (6e). S'en suivent plus de deux décennies de partenariat qui courent encore. Aux cinq saisons - difficiles - en Orma, succèdent dix années ou presque d'une quête personnelle, celle du Trophée Saint-Exupéry, le record du tour du monde en solitaire "overall", qu'il décroche à sa cinquième tentative, le jour de Noël 2016. Sans parler des "extras", qu'il pratique avec bonheur, des piges sur le Trophée Jules Verne - remporté une seconde fois avec Franck Cammas en 2010 - et sur la Volvo Ocean Race - plusieurs participations, dont une victoire, toujours avec Cammas en 2012. Bilan : 8 tours du monde, 10 passages du cap Horn, une vingtaine de transats... et la liste n'est pas close. Désormais pilote d'Ultime, Thomas Coville vise le Rhum 2022 puis le Tour du monde en solitaire en 2023. Insatiable.
110:59 21/01/2022
#49 Bruno Troublé, la Coupe pour la vie
C'est l'histoire d'une révélation. Celle qu'a connue, à même pas 18 ans, Bruno Troublé, dans les locaux du New York Yacht-Club, en plein Manhattan, en découvrant la Coupe de l'America qui y trônait alors dans une vitrine. Nous sommes en 1963, et le jeune Troublé, dernier rejeton d'une famille versaillaise, promis, comme les trois générations précédentes, à la robe d'avocat, tombe raide dingue de la Cup et se jure d'y participer. Fou de bateau depuis l'enfance, il délaisse rapidement le droit pour se consacrer à la régate qu'il a appris dans le fief familial d'Antibes et sur la Seine. Plutôt doué - vice-champion du monde junior de 505 -, il est sélectionné pour les Jeux de Mexico en 1968 qu'il termine 6e avec Bertrand Chéret en Flying Dutchman. Il candidate auprès de baron Bich - fondateur de Bic - qui monte le premier défi français pour la Coupe de l'America 1970, sans succès, retourne aux JO en 1976 (7e en Soling avec Patrick Haegli) et parvient finalement à embarquer pour la Coupe de 1980 sur France 3 qu'il mène en finale des challengers. Le baron est la "rencontre de sa vie". Une vie, qui va définitivement basculer du côté de la Coupe en 1983, où, toujours barreur du défi français, il parvient à convaincre Henry Racamier, le patron de Louis Vuitton, de financer les sélections des challengers de l'America's Cup. C'est le début d'un long compagnonage qui verra Bruno Troublé devenir au fil des années et des éditions un personnage incontournable et influent de la Coupe - seul français jamais intronisé au Hall of Fame du pichet en argent. Même lorsque Vuitton se retirer de la Coupe, en 2007. A 76 ans, il était encore consultant en Nouvelle Zélande sur la Prada Cup en 2021. Mais la vie de Bruno Troublé ne se résume pas au plus vieux trophée sportif du monde : à côté de cette grande passion, il continuera à régater, vendra des Dufour après avoir été journlaiste à Bateaux dans ses jeunes années, fera de la Windglider la planche des JO de Los Angelès - en s'appuyant sur... les Russes -, fondera une société d'évènementiel (Jour J), organisera le Tour de France à la voile, convertira Lindsay Owen Jones, le patron de L'Oréal, à la voile, s'impliquera dans la voile classique... Six décennies de passion vélique, passée au milieu d'une incroyable galerie de personnages, que cet épisode de 2h10 ne suffit pas à balayer. On attend avec impatience  les mémoires de celui qui se surnomme lui-même le "Papy de la Coupe" !
129:47 07/01/2022
[REDIFFUSION] - Les épisodes les plus écoutés en 2021 2/2 : Charlie Dalin
Pendant les fêtes, Tip & Shaft rediffuse les deux épisodes d'Into The Wind les plus écoutés en 2021. Seconde rediffusion cette semaine avec l'épisode #30 de Charlie Dalin, le deuxième plus écouté cette année, enregistré fin février, un mois après son arrivée en première position dans un Vendée Globe où il sera finalement classé 2e par le jeu des réparations. --- Première diffusion le 23 mai 2021 Il a fini le Vendée Globe voilà un mois et il vous reçoit tranquillement dans sa cuisine, à peine entamé par 80 jours de course autour des trois caps. A peine fatigué, non plus, de répéter quelques pans de la course avant d’entrer dans les détails de son parcours. Ainsi va Charlie Dalin, 2e du Vendée Globe – mais premier sur la ligne – tout entier dévoré par la passion de la mer, des bateaux et de la course, piqué depuis un stage d’Optimist à 6 ans en presqu’île de Crozon. A 36 ans, le skipper d’Apivia dévoile dans une conversation tranquille le parcours d’un jeune homme que pas grand-chose ne prédestinait à tutoyer le très haut niveau de la course au large. Mais l’on sent bien, tout au long de cet épisode de 2 heures, la détermination d’un garçon qui décide, dès l’adolescence, que sa vie se ferait sur l’eau. Après quelques années en voile légère, il part étudier l’architecture navale à Southampton puis se jette dans le bouillon de culture de la Mini, terminant 2e de la Mini Transat en 2009. Deux ans plus tard, il s’attaque au circuit Figaro et au bout de 3 saisons, il s’installe sur le podium de la Solitaire pour ne plus le quitter – exploit unique – jusqu’en… 2018. Ministe devenu figariste, il enchaîne en Imoca, bien entouré par des parrains comme Yann Eliès, François Gabart, Pascal Bidégorry, avec toujours une obsession : apprendre, encore et toujours. Un apprentissage accéléré qui le mène à la victoire sur la Transat Jacques Vabre 2019 puis à ce Vendée Globe hors norme qui semble d’ores et déjà digéré. Charlie Dalin est déjà passé au coup d’après : la Jacques Vabre 2021, la Route du Rhum 2022… et le Vendée Globe 2024.   Générique : In Closing – Days Past Post-production : Clovis Tisserand
132:38 31/12/2021
[REDIFFUSION] - Les épisodes les plus écoutés en 2021 1/2 : Kevin Escoffier
Pendant les fêtes, Tip & Shaft rediffuse les deux épisodes d'Into The Wind les plus écoutés en 2021. Première rediffusion cette semaine avec l'épisode #36 de Kevin Escoffier, le plus écouté cette année, enregistré fin mai, quelques semaines après son naufrage et son sauvetage dans par Jean Le Cam dans le Vendée Globe. --- Première diffusion le 23 mai 2021 Il fut d’abord joueur de rugby, déjà attiré par la mer. Mais quand on est malouin, bercé par les départs de Route du Rhum, avec un père – Franck-Yves Escoffier – marin-pêcheur-coureur, on est tôt ou tard rattrapé par la patrouille…   A 41 ans, Kevin Escoffier est un cas rare : celui d’un ingénieur passionné, passé des bureaux d’études pointus, où il a participé à la conception de machines hors normes, aux courses au large les plus engagées.   Après ses études, il est lancé dans le grand bain par Michel Desjoyeaux qui le recrute chez Mer Agitée, où il participe à la conception du Multi50 de son père – avec qui il gagne la Transat Jacques Vabre 2005 – et du PRB sur plan Farr de Vincent Riou pour le Vendée Globe 2008. Avant de rentrer chez Banque Populaire, pour la construction de Banque Populaire V, le plus grand trimaran de course du monde…   Il a beau être passionné, l’envie de naviguer ne cesse de grandir. Avec Pascal Bidégorry, skipper Banque Populaire à l’époque, il gagne sa place à bord et devient un naviguant indispensable, établissant nombre de records, dont le Jules Verne.   Quand le Basque, débarqué du team Banque Pop, s’engage auprès de Charles Caudrelier sur Dongfeng dans la Volvo Ocean Race 2014-15, les deux hommes font appel à Kevin Escoffier. Le Malouin s’éclate et reviendra dans l’édition suivante pour gagner avec eux.   L’ingénieur fera des allers-retours entre le BE de Banque Populaire et ses engagements en équipage, jusqu’à ce que Vincent Riou l’appelle pour lui succéder chez PRB. Sans jamais avoir participé à la Solitaire du Figaro, il s’aligne au départ du dernier Vendée Globe, le préparant en quelques mois où l’on comprend vite qu’il sera à l’aise après nombre de podiums en 2019 avec Nicolas Lunven. Il est dans le paquet de tête quand son Imoca s’ouvre en deux sous ses pieds, le 30 novembre. On connaît l’histoire : sauvé par Jean Le Cam, avec qui il traverse l’Indien, Kevin Escoffier est rapatrié par la Marine nationale à La Réunion. Rien qui ne le décourage de repartir pour le Vendée Globe 2024, avec le soutien de son sponsor. En attendant, Kevin Escoffier est retourné, une fois de plus, chez Banque Populaire, non plus au bureau d’études, mais comme équipier d’Armel Le Cléac’h sur le nouvel Ultim pour la prochaine Transat Jacques Vabre. Un parcours, dense et original, que le skipper de PRB raconte pendant 2h30 avec passion et franchise, et ce ton toujours clair, précis, direct. Générique : In Closing – Days Past Post-production : Clovis Tisserand
148:30 24/12/2021
#48 Jean-Baptiste Epron, l'équipier qui habillait les bateaux
C'est l'histoire d'un môme transi. Transi par la passion des bateaux à voile, qu'il crobarde dès sa plus tendre enfance. Et qui va devoir attendre longtemps avant de pouvoir laisser libre cours à cette attraction irrépressible plus longuement que lors des vacances d'été à Granville et des croisières familiales. La passion est là, et l'obsession de la course aussi, bridées par une jeunesse passée à Paris, bercée par les exploits de Tabarly et consorts. Il lui faudra longtemps pour dépasser cet état et enfin se rapprocher de la mer, par la grâce d'un stage chez Bruno Troublé, alors pape de la Coupe de l'America. Il devient grouillot de bord, éponge les fonds, joue au cuistot, commence piano et, au fil du temps enchaîne les régates et découvre le Tour de France à la voile. Il navigue de longues années avec Jimmy Pahun et fait son trou petit à petit, montant en grade, sur des bateaux du haut du tableau, découvrant aussi la voile de propriétaire. À la fin des années 1990, il se lance dans la Soitaire du Figaro, apprécie, mais comprend qu'il préfère être équipier sur des bons bateaux que skipper sur des machines moins performantes. C'est ainsi qu'il candidate auprès de Bruno Peyron pour embarquer sur Orange et décroche son premier Trophée Jules Verne, en 2002. Tandis que Jean-Baptiste Epron multiplie les embarquements en JOD35 puis en Figaro, il commence à dessiner les décorations de bateaux - le Whirlpool de Catherine Chabaud, Orange, PRB, ... Une discipline embryonnaire à l'époque. Quand le circuit Orma décolle, il en est, chez Gitana, sur Géant. Il redouble aussi son Trophée Jules Verne en 2005, toujours avec Peyron sur Orange 2. Progressivement, son activité de graphiste prend le pas sur son job d'équipier recherché. Les grosses écuries comme Groupama, Gitana ou Banque Populaire apprécient sa capacité à intégrer leurs contraintes. Avec la professionnalisation, la demande grandit, mais sa passion demeure, toujours artisanale. Une passion qui l'amène, aujourd'hui, à habiller les plus beaux Imoca, les Ultimes, le défi français pour la Coupe en 2017, mais aussi des Minis, des Class40, des Multi50. Devenu en deux décennies une référence dans ce métier pratiqué par une poignée d'artistes, JB garde à l'esprit son mantra : "Un kiff, ça ne doit pas trop s'organiser". Générique : In Closing – Days Past Post-production : Clovis Tisserand
120:19 10/12/2021
#47 Miranda Merron, l'infatigable globe-trotteuse
On peut être fille d'expatriés déménageant aux quatre coins du monde, étudier à la prestigieuse université de Cambridge, mener une carrière dans la pub à Paris, Londres, Sydney et Tokyo... et participer au Vendée Globe ! Voilà la trajectoire hors norme, en résumé, de la britannique Miranda Merron, 22e de l'édition 2020-2021 du tour du monde en solitaire. Grâce à un père passionné qui l'emmène naviguer très tôt en course et lui fait traverser l'Atlantique dès son plus jeune âge. Même si elle a adoré bosser dans la pub, l'appel du large est le plus fort et elle plaque tout pour naviguer, d'abord en sollicitant des embarquements sur les pontons, puis comme équipière et boat-captain recherchée. A 29 ans, son destin change de trace : Miranda Merron embarque à bord de Royal & Sun Alliance, le catamaran engagé dans le Trophée Jules Verne par Tracy Edwards. La tentative s'arrête brutalement avec un démâtage au point Némo, mais la carrière de Miranda - et de plusieurs équipières du bord, telle Sam Davies - est lancée. Transat Jacques Vabre (trois fois), Volvo Ocean Race (sur Amer Sports 2), Route du Rhum... elle enchaîne les courses et les embarquements pendant une dizaine d'années, devenant une référence de la voile anglo-saxonne qui voit une génération de femmes prendre le large. A la fin des années 2000, elle plonge dans le bain de la Class40, dont elle va devenir un pilier pendant plus d'une décennie, enchaînant les transats en double et en équipage - avec celui qui est devenu son compagnon, Halvard Mabire - mais aussi en solitaire, décrochant notamment une très belle 6e place en 2014. En 2019, à 50 ans, elle change de catégorie et se lance avec Halvard dans un incroyable projet de Vendée Globe, mené à bien avec un budget plus que modeste. Une course que Miranda Merron résume mieux que personne : "Courir le Vendée Globe est un privilège". Un privilège qu'elle souhaite revivre à nouveau en 2024. Générique : In Closing – Days Past Post-production : Clovis Tisserand
94:23 26/11/2021
#46 Halvard Mabire, l’homme qui a couru - et court encore - sur tout ce qui flotte - 2e partie
Quarante-cinq années de carrière : depuis 1977 et la première édition de la Mini Transat jusqu’à la prochaine Route du Rhum en 2022, Halvard Mabire a participé à toutes les courses, toutes les aventures, sur tous les supports, en solo, en double, en équipage. Légende de la voile, Mabire-Le-Viking, normand jusqu’au bout des ongles, embrasse la voile, jeune, à Barneville-Carteret, d’abord en voile légère, puis en habitable, sillonnant la Manche. A 21 ans, il se lance dans la première édition de la Mini Transat, en 1977, sur un bateau construit par ses soins : c’est le début d’une carrière de coureur au large et de constructeur, toujours en cours. Sur les premières lignes de son CV : la Solitaire du Figaro, dès 1978, puis des Ton Cup, le Triangle de l’Atlantique, l’Admiral’s Cup, la TwoStar, La Baule-Dakar… Il embrasse le multicoque qui connaît un premier âge d’or dès les années 1980, naviguant avec Daniel Gilard, Marc Pajot, Eric Tabarly, et s’initie également à la construction aux Etats-Unis. Mabire participe à la Whitbread sur Mor Bihan, Côte d’Or, Belmont of Finland, La Poste. Il court l’Ostar en 1988, sa première Route du Rhum en 1990… Le premier Vendée Globe, en 1989, ne lui a pas échappé : 3 ans plus tard, il se lance dans la conception et la construction d’un Imoca, Ville de Cherbourg, qui va gagner toutes les courses auxquelles il participe. Le bateau casse sa quille dans la Route du Rhum 1994, Mabire perd tout ; à moins de 40 ans, ruiné, il repart de zéro. Il sera de la Coupe de l’America en 1995, naviguera en Orma, participera à l’aventure des Maxi One Design et de The Race, comme chef de projet de Team Adventure. Il enchaîne avec Foncia, Mari Cha IV, Delta Dore - devenu un chef de projet recherché - s’impliquant, au passage, dans la première campagne d’Orange 2 en 2004. En 2008, une nouvelle tranche de vie commence quand il découvre la Class40. Avec sa compagne Miranda Merron, ils vont s’y impliquer pendant plus d’une décennie - Halvard Mabire en étant toujours le président. Québec-Saint-Malo (double vainqueur), Fastnet, Normandy Channel Race, Route du Rhum, Transat Jacques Vabre, il sillonne le circuit de longues années avec fidélité. En 2019, changement de classe, il se met au service de Miranda qui vise le Vendée Globe, qu’elle boucle en 22e position. Objectif atteint, même si, éreinté par cette campagne, Halvard assure qu’il ne sera pas de la prochaine. Sa prochaine campagne à lui, une transat supplémentaire, à ajouter à son CV nautique long comme un jour sans vent : le Rhum 2022. A 65 ans, Mabire n’a toujours pas prévu de prendre sa retraite. Générique : In Closing – Days Past Post-production : Clovis Tisserand
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