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FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé

FRESQUES comme FOUILLER - REFLECHIR -EXPLIQUER - SIMPLEMENT - QUESTIONNER - UTILEMENT - ECONOMIE- SOCIETES. FRESQUES est un outil de médiation scientifique par le podcast qui propose d'apporter un éclairage, grâce à la recherche scientifique, sur les problématiques économiques et sociales, du monde dans lequel nous vivons. Apporter un éclairage par une transmission de connaissances issues des recherches des chercheurs et enseignant-chercheurs du laboratoire Clersé UMR 8019 (Centre Lillois d'Etudes et de Recherches Sociologiques et Economiques) et par leur expertise scientifique en sciences économiques et sociales. Voir aussi ici : https://pod.univ-lille.fr/la-chaine-du-clerse-podcasts-et-videos/podcasts-fresques-les-rdv-socio-eco-du-clerse/ et sur le site du Clersé : https://clerse.univ-lille.fr/FRESQUES est constitué d'une série d'enregistrements sonores constitués d'entretiens de chercheurs du laboratoire (économistes, sociologues, anthropologues) autour de questions de société. Il est destiné à un large public.Mots clefs : activités de services - agriculture - apprentissage - conflit - développement  - emploi - environnement - famille - histoire de la pensée économique - inégalités - milieux anthropisés - mobilisations - normes - politiques publiques - résilience - RSE  - territoires - transition écologique, économique et sociale - travail

Titres

 Entretien avec Klara Babinska. Klara Babinska est actuellement ATER (Attachée temporaire d'enseignement et de recherche) à l'Université de Lille. En septembre 2025, elle a soutenu au Clersé sa thèse de doctorat en sociologie intitulée « Parcours de vie, requalifications des objets et appropriations du travail : une ethnographie d'une structure de réemploi ». Ses recherches portent sur le travail des chômeurs de longue durée dans les activités de réemploi, à travers une enquête ethnographique menée au sein d'une Entreprise à But d'Emploi (EBE) du dispositif Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD). Elle mobilise principalement la sociologie et l'anthropologie du travail, avec un intérêt particulier pour les politiques de lutte contre la pauvreté et l'analyse des parcours de vie.Dans cet épisode du podcast FRESQUES du Clersé, Klara Babinska nous fait découvrir son terrain de recherche et commence par présenter le dispositif TZCLD ainsi que le fonctionnement d'une structure de réemploi.Au cœur de son enquête : le contenu du travail et les trajectoires des personnes. En participant elle-même aux activités (principalement la couture et le recyclage d'objets), elle a tissé des liens de confiance avec les travailleurs, ce qui lui a permis de mener des entretiens approfondis. Elle a notamment observé une répartition très genrée des tâches selon la nature des objets à recycler, et recueilli les perceptions de ces travailleurs sur leurs compétences et l'utilité de leurs activités.Son enquête révèle également l'imbrication entre travail de subsistance et travail salarié, l'émergence de nouvelles solidarités, mais aussi certaines tensions : une production d'objets neufs parfois éloignée des usages de ceux qui les fabriquent, et un réemploi qui dessine des frontières de classe.Cet épisode fait écho à l'épisode 19 de FRESQUES, consacré à la valeur des choses. Dans ce contexte différent – celui d'une EBE dédiée à la réparation, au recyclage et à la fabrication d'objets –, on comprend que les objets sont indissociables des personnes qui les manipulent et des contextes sociaux dans lesquels ils circulent.Pour conclure, Klara Babinska partage ce qui nourrit sa passion pour la recherche en sociologieMots clefs :  travail – genre – Entreprise à But d’Emploi (EBE) – parcours de vie – réemploi  - sociologieRéférence principale :Klara Babinska, « Parcours de vie, requalifications des objets et appropriation du travail ; une ethnographie d’une structure de réemploi », thèse de doctorat, soutenue le 2 septembre 2025, Université de LilleAutres références :Babinska, K. (2022). Créer de l'emploi pour proposer un travail sans qualité ? Premiers enseignements issus de l'enquête dans une entreprise à but d'emploi (EBE). Revue des politiques sociales et familiales, 144(3), 81-89.Babinska, K. (2022). Les recompositions de la valeur du travail dans un dispositif expérimental de lutte contre la pauvreté. e-Migrinter, 23.Comby, J.-B. et Malier, H. (2021). Les classes populaires et l'enjeu écologique. Un rapport réaliste travaillé par des dynamiques statutaires diverses. Sociétés contemporaines, 124(4), 37-66.Corteel, D. (2024). Faire avec les déchets. Paris : Éditions du Croquant.Ginsburger, M. et Madon, J. (2023). Faire durer ses objets, une pratique distinctive ? Consommation et frontières de classe chez les ménages aisés. Sociologie, 14(1), 29-48.Lechien, M.-H., Masclet, O. et Mauger, G. (dir.) (2023). Le je, l'entre-soi, le nous dans les classes populaires. Paris : Éditions du Croquant.Lechien, M.-H. et Siblot, Y. (2019). « Eux/nous/ils » ? Sociabilités et contacts sociaux en milieu populaire. Sociologie, 10(1), 1-22.Thompson, M. (2017). Rubbish Theory: The Creation and Destruction of Value. Londres : Pluto Press.Liens utiles :Expérimentation nationale Territoires Zéro Chômeur de Longue Durée (TZCLD), site du Ministère du travail et des solidarités : https://travail-emploi.gouv.fr/lexperimentation-territoires-zero-chomeur-de-longue-dureeQu’est-ce qu’une Entreprise à But d’Emploi (EBE) ?, site de l’Association TZCLD https://www.tzcld.fr/faq/question/entreprise-a-but-demploi-ebe/Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 17 décembre 2025)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titres : machine à coudre vitesse rapide, atelier industrie ; musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr - Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

22/01/2026 • 26:12

  Entretien avec Yoann Demoli. Sociologue  au Clersé UMR 8019 à l’Université de Lille, spécialiste des questions de mobilité, il s’intéresse également aux pratiques de consommation des ménages sous contrainte écologique. Cela fait notamment le lien avec ses travaux de recherches sur la dépendance des français à l’automobile, dépendance révélatrice d’inégalités sociales tant dans les modes de vie que de consommation. Il a publié en 2024 avec René Llored l’ouvrage « Sociologie de l’environnement » chez Armand Colin, qui se veut un ouvrage de référence, lequel explore comment la sociologie en tant que discipline peut apporter un éclairage sur la question environnementale.Dans cet épisode du podcast FRESQUES du Clersé, Yoann Demoli discute de son ouvrage et de l’apport de la sociologie pour appréhender les problématiques environnementales actuelles et ce que fait l’environnement à la sociologie en tant que discipline.Il nous éclaire sur le concept de sociologie de l’environnement et nous donne les principaux repères avec des auteurs et des dates clés dans la construction de ce courant en sociologie et il explique comment la sociologie permet de penser la question environnementale.Selon lui la crise environnementale n’est en effet pas qu’une crise de la nature mais aussi un fait social lié à notre façon de produire, de consommer, de se déplacer et de gouverner  … la sociologie va ainsi regarder et analyser qui fait quoi, qui consomme le plus, qui décide,  qui subit quoi …Il revient dans cet épisode sur ses travaux de recherche sur les mobilités dans le transport avec le cas de l’avion et de l’automobile pour illustrer ses propos sur la sociologie de l’environnement. Pour lui il n’est pas possible de penser ces mobilités sans intégrer l’environnement, elles pèsent en effet lourdement en termes d’émission carbone pour les ménages.  Mais si les pratiques de mobilités diffèrent selon les positions sociales, les politiques publiques ont aussi leurs responsabilités dans la gestion des crises environnementales comme il l’explique bien en prenant un autre exemple, celui des algues vertes, problème vu par certains comme un phénomène naturel, pour d’autre comme un phénomène lié à l’agro-industrie.Par son éclairage, on comprend que les pratiques sont encastrées dans des contraintes qui sont liées à des conditions de ressources, de classes sociales, de pouvoir et à la façon dont les crises environnementales sont saisies ou pas par les politiques publiques. La sociologie permet de donner des pistes pour tenter de changer les pratiques de consommation et apporter justement un éclairage pour nourrir les politiques publiques et leur permettre idéalement de proposer des modes de vie alternatifs adaptés et différenciés.D’après ses analyses et son expertise, il y a donc une fabrique sociale des problèmes écologiques.  Ainsi comme il l’explique « pour les sociologues, tous les hommes n’habitent pas la Terre de la même façon », et donc ils ne disposent pas des mêmes ressources et n’ont donc pas accès aux mêmes endroits pour l’habiter et donc il y a forcément des inégalités sociales. Chacun contribue selon sa place dans la société à la construction sociale des problèmes environnementaux, à la dégradation de la nature ou pas et contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas forcément les plus démunis qui polluent le plus. Les préoccupations environnementales sont ainsi très contrastées et très partagées selon les individus d’après les enquêtes scientifiques. Il y a des nuances et des écarts entre les valeurs des individus en matière de transition écologique et leur mode de vie. Le problème environnemental est aussi par construction adressé essentiellement aux ménages, à qui il est demandé de faire des efforts, alors qu’en réalité la conversion écologique c’est aussi une question de production. Il y a aussi une défiance en lien avec les institutions, et des personnes climatosceptiques. La conversion écologique se heurte ainsi à plusieurs freins.Avant de conclure, Yoann Demoli fait le lien avec le projet de recherche ANR FAMENV « Les familles face à la question environnementale. Adaptations et résistances dans les pratiques quotidiennes » dans lequel il est impliqué actuellement. L’objectif de ce projet est de comprendre, en réalisant des enquêtes qualitatives et quantitatives, comment se construisent dans les ménages des pratiques en matière de transition écologique : logement, transport, vacances, alimentation, quels seront les choix des familles dans cette conversion écologique, et qui en sera le moteur dans le foyer … La famille sera-t-elle finalement un lieu central de la transition écologique ou pas ?Pour conclure cet épisode, Yoann Demoli résume les points principaux à retenir sur la question environnementale abordée sous le prisme de la sociologie. On comprend à travers son éclairage par la sociologie que la question environnementale est définitivement une question sociale. Il nous livre aussi ce qui le motive dans ses recherches en tant que sociologue.Mots clefs : inégalités – environnement – transition écologique - sociologie – politiques publiques - sociétéRéférence principale :Yoann Demoli, René Llored, Sociologie de l’environnement, Armand Colin collection U (octobre 2024)Autres références :Maud Hetzel, Fanny Guillet, Fanny Hugues, Gabrielle Bouleau, Stéphanie Barral, Yoann Demoli, René Llored, «  Pourquoi l’environnement est (aussi) une question de sociologie »,  The Conversation, 29/06/2025Yoann Demoli, note de lecture de l'ouvrage « La conversion écologique des français : contradictions et clivages », Melchior, 26/01/2023Philippe Coulangeon, Yoann Demoli, Maël Ginsburger, Iveylo Pytev, La conversion écologique des français, Presses Universitaires de France (PUF) (04/01/2023)Yoann Demoli, Pierre Lannoy, Sociologie de l’automobile, Collection Repères, Editions La Découverte (2019)Riley Dunlap | About | Oklahoma State University R.E. Dunlap and K. Van Liere, « The new environmental paradigm (NEP ) »,  The Journal of Environmental Education, (1978) (PDF) The New Environmental Paradigm Scale: From Marginality to Worldwide UseWilliam R. Catton Jr., «  Overshoot : The Ecological Basis of Revolutionary Change », Ed. University of Illinois Pr , 1982Edité par Pierre Cornu, Tom Bauler, Edwin Zaccaï,  Environnement et inégalités sociales, Editions de l’Université de Bruxelles, 2007McCright, A. M., & Dunlap, R. E. (2011). Cool dudes : The denial of climate change among conservative white males in the United States. Global Environmental Change, 21(4), Article 4.Algues vertes, l’histoire interdite , bande dessinée Algues vertes, l'histoire interdite de Pierre Van hove, Inès LÉraud, Mathilda - Album , Editions DelcourtAlgues vertes – site de l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail)  https://www.anses.fr/fr/content/algues-vertes-baignade-et-consommation-de-coquillagesAlgues vertes – Conseil d’Etat – dernières décisions en responsabilité après la mort d’un cheval Communiqué sur l'arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes lu le 21 juillet 2014 - n° 12NT02416 https://www.conseil-etat.fr/cour-administrative-d-appel-de-nantes/decisions-de-justice/dernieres-decisions/algues-vertes-action-en-responsabilite-apres-la-mort-d-un-chevalFamEnv - « Les familles face à la question environnementale » - projet de recherche financé par l’ANR, coordonné par Emmanuelle Santelli (Centre Max Weber), projet auquel participe le Clersé UMR8019 avec l’implication de Yoann Demoli (octobre 2024 à mars 2028)Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 12 novembre 2025)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titres : Voiture sur route, Rouge-Gorge #4 ; musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr - Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523) 

24/11/2025 • 29:06

Entretien avec Pierre Robert, maître de conférences en économie au Clersé UMR8019 à l’Université de Lille, spécialiste en économie du développement, du développement durable, en économie sociale et solidaire, et des communs. Ses travaux de recherche portent sur les questions énergétiques, en mobilisant des approches institutionnalistes en économie, l’ensemble avec une ouverture forte sur les sciences sociales. Pierre Robert s’intéresse en particulier aux politiques énergétiques, aux conditions d’accès à l’énergie et au processus de construction des filières énergétiques. Sur ces sujets, il est actuellement impliqué dans un projet de recherche ANR, le projet MARSE. Ses terrains de recherche se situent en particulier au Sénégal. Il est aussi partie prenante de la ChairESS Hauts-de-France qui rassemble des chercheurs et des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Il est lauréat en 2025 d’un projet de Chaire internationale WILL soutenue par l’Université de Lille dans le cadre d’un financement France 2030 et intitulé « DDDC : Démocratiser, Démarchandiser, Dépolluer, Communs ».Dans cet épisode du podcast FRESQUES du Clersé, Pierre Robert discute de l’accès à l’électricité dans les pays du Sud, et explique pourquoi il se focalise sur le cas du Sénégal. Il débute l’épisode en présentant le contexte de la transition énergétique et de l’accès à l’électricité des pays en développement et le lien avec les objectifs du développement durable (ODD).Aujourd’hui, des millions de personnes dans le monde — mais principalement en Afrique subsaharienne — n’ont toujours pas accès à l’électricité. Dans le contexte du changement climatique, il y a de surcroît des enjeux de transition énergétique dans les Suds pour réduire notamment drastiquement l’utilisation des énergies fossiles au profit d’énergies plus propres (des enjeux regroupés au sein de l’ODD N°7 : « énergie durable pour tous »). Des questions se posent : Comment peut-on expliquer que l’énergie reste encore inaccessible pour certains ? Qui produit, qui consomme, qui décide ? Comment se construit ou pas un marché ? L’électricité peut-elle devenir ou non un bien commun ?Pierre Robert interroge les inégalités d’accès à l’électricité en s’intéressant aux programmes internationaux de transition énergétique et à la construction des marchés de l’énergie dans les pays du Sud. Il questionne aussi la notion de biens et de services dit « essentiels ». Nous comprenons au fil de l’entretien, agrémenté d’exemples, que l’électricité est devenue un enjeu de développement dans les relations Nord/Sud.Il précise aussi comment en économie est abordée la question de l’accès à l’électricité et en quoi la recherche en économie peut apporter un éclairage sur ces questions.Pour terminer il présente le projet de recherche ANR « MARSE » auquel il participe et qui vise à interroger les processus de construction sociale, politique et économique des marchés de biens et services essentiels en relation avec les Objectifs du développement durable (ODD) que sont l’accès à l’eau et à l’électricité.Mots clefs : économie - service essentiel – électricité – accès à l’énergie - SénégalRéférence principale :Emilie Etienne & Pierre Robert. (2024). Can isolated microgrids be viable? A longitudinal study of long-term sustainability in rural Senegal. Energy Research & Social Science, 111, https://doi.org/https://doi.org/10.1016/j.erss.2024.103476 Pour aller plus loin :Pierre Robert. (2016), Une Économie politique de la pauvreté énergétique. Le cas du Sénégal. Thèse de doctorat en économie, LillePierre Robert, « (In)Soutenabilité des projets de transition énergétique en zones rurales des pays du Sud », chap. 7, de l’ouvrage coordonné par Bruno Boidin « Insoutenabilités : une perspective en économie politique », Presses Universitaires du Septentrion, 2024Trompette P., Cholez C. (2023), Frugal Innovation and the Global Markets of Pico Solar Systems, in Van Beers C., Leliveld, A., Knorringa P. and Bhaduri S. (eds.), Capturing Frugal Innovation, Handbook series of Edward Elgar Publishers.Boidin B., Ndour M. (2013), L’accès aux biens et services essentiels : une notion centrale et ambiguë du développement, L’Homme et la société, 3, 185-186.Sites internet utiles :Projet ANR MARSE : La construction sociale des marchés de biens et services essentiels en Afrique | ANR (accès au résumé du projet sur le site de l’ANR)Energie durable pour tous - ODD N°7 (Objectif du Développement Durable) : ODD7 - Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable - L'Agenda 2030 en FranceChaire DDDC coordonnée par Pierre Robert : Une nouvelle chaire internationale DDDC lauréate du projet WILL France 2030ChairESS Hauts-de-France : https://chairess.org Concept et réalisation de "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 30 juin 2025)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin : Machine à coudre, vitesse rapide ); musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr -Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

09/10/2025 • 34:05

Entretien avec Aurélia Mardon, maîtresse de conférences en sociologie au Clersé UMR 8019 à l’Université de Lille et notamment experte en sociologie du corps et du sport, en sociologie de l'adolescence, et du genre. Aurélia Mardon se focalise dans ses recherches sur la période de l’adolescence, source de nombreux bouleversements et aussi une période cruciale de construction de l’identité et de rapport au genre. Ainsi son ouvrage « Prendre de la hauteur », paru en 2024 aux Presses Universitaires de Lyon discute de la fabrique du genre à l’adolescence dans la pratique de l’escalade en salle. Un autre ouvrage paru en 2025, « Idées reçues sur la puberté et l’adolescence », aux Editions du Cavalier bleu, analyse et déconstruit les idées reçues autour de la puberté.Dans cet épisode du podcast FRESQUES du Clersé, Aurélia Mardon apporte un éclairage sur les dynamiques sociales à travers la pratique du sport chez les adolescentes et adolescents, et explique comment en particulier, la pratique de l’escalade en salle peut renforcer ou pas la construction de l'identité des adolescents et la construction du genre.Elle aborde la façon dont elle a mené son enquête en sociologie et explique notamment ce que les jeunes recherchent dans la pratique de l’escalade en salle.  Les attentes côté filles et côté garçon sont-elles les mêmes ? Quelle est la représentation de l’escalade chez ces jeunes et comment sont perçues les filles qui pratiquent l’escalade en salle ? Y-at-il une manière de grimper fille et une manière de grimper garçon ? Quel est l’impact des parents, des formateurs ? La pratique de l’escalade gomme-t-elle les rapports de classe ?Sans toutes les lister, à travers ces questions et les réponses apportées, on comprend comment le sport chez les adolescents permet de se construire, se distinguer, gérer le stress, se maîtriser, et se comparer aux autres et participe aussi à la construction des identités de genre. Avec l’escalade, on découvre un terrain d’expression du corps, des émotions, mais aussi des normes sociales – qui sont parfois bousculées, parfois reproduites. On comprend, que derrière la pratique sportive se joue plus qu’un simple effort physique : il y a là une manière de se chercher, de s’affirmer, de se relier aux autres.Dans cet épisode, Aurélia Mardon, nous permet de grimper un peu plus haut dans la compréhension du monde social … en référence à ses enquêtes et à son ouvrage « Prendre de la hauteur ».Pour conclure l’épisode, elle nous fait part de ce qui la passionne en sociologie.Mots clés : adolescence, escalade, sociologie, genre, classe sociale, corpsRéférence :Aurélia Mardon, « Prendre de la hauteur. Escalade en salle et fabrique du genre à l’adolescence », Presses universitaires de Lyon (PUL), 2024Pour aller plus loin :Aurélia Mardon, « Idées reçues sur la puberté et l’adolescence », Editions Cavalier Bleu (janvier 2025)Bourdieu, P. (1978), Questions de sociologie, Paris, Éditions de Minuit. article « Comment être sportif ? »Aurélia Mardon : Prendre de la hauteur – Quand l'escalade en salle forge le genre à l'adolescence , vertige média , 22 octobre 2024Aurélia Mardon : « L’escalade reproduit certes des inégalités de genre, mais les jeunes ne s’arrêtent pas pour autant. » - ÀBLOCK! , 4 février 2025Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 9 juillet 2025)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titres : Discussions moyennes collégiens, mousqueton d'escalade #2)  musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr - Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

23/09/2025 • 23:46

Entretien avec Véronique Marchand, sociologue au Clersé UMR 8019, à l’Université de Lille et chargée de recherche au CNRS. Véronique Marchand s’intéresse aux marchés de rue, aux trajectoires professionnelles des marchands, en lien avec les acteurs de ces espaces : les placiers, les clients. A partir d’enquêtes ethnographiques de longue haleine elle analyse les jeux de pouvoir, les parcours de vie, pour comprendre les processus sociaux de la valeur.  Avec l’étude des marchés de rue, elle analyse les échanges qui construisent et entretiennent les relations sociales. Ses différentes enquêtes sociologiques l’ont menée aux marchés de rue de La Paz, en Bolivie, puis à Roubaix, et plus récemment au marché aux puces de Saint Ouen. Sa dernière enquête est au coeur de son mémoire d’HDR (habilitation à diriger des recherches) intitulé « De mains en mains. Processus sociaux de la valeur, aux Puces de Paris/Saint-Ouen », mémoire soutenu le 25 février 2025.Dans cet épisode 19 du podcast FRESQUES du Clersé, Véronique Marchand nous emmène sur son dernier terrain d’enquête aux puces de Saint Ouen, enquête réalisée de 2018 à 2022. Elle nous fait revivre ses entretiens en partageant beaucoup d’exemples et explique en quoi les objets ont une valeur économique et sociale différente en fonction de ceux qui les détiennent.  La valeur des objets apparait ainsi comme une construction sociale et revêt de nombreuses facettes. Elle explique que la valeur des choses, la place d’un objet, et son parcours de vie, permettent de comprendre le monde dans lequel on vit et de situer les personnes dans une hiérarchie sociale.Dans son enquête, elle s’est plus particulièrement intéressée aux antiquaires et aux brocanteurs ainsi qu’aux différents acteurs qui gravitent autour, aux objets qui ont de la « valeur » et aussi à ceux qui n’en ont pas, autrement dit, aux objets qui ne valent rien. Son fil directeur, c’est le mouvement des personnes et des objets.Dans un premier temps, elle décrit le marché de Saint Ouen avec ses différents types de marchands (des commerçants ambulants, aux boutiques bien établies), puis explique ce qu’est une enquête ethnographique et comment elle a réalisé la sienne à Saint Ouen. Elle réussit dans cet épisode à nous plonger simplement, dans l’univers du sociologue, et dans celui des antiquaires et des brocanteurs en donnant des exemples et son analyse pour les différencier.In fine, Véronique Marchand nous éclaire sur le parcours de vie des objets et leur valeur. Elle explique que la valeur d’un objet influe sur la valeur de la personne et inversement. La valeur d’un même objet varie donc selon la valeur de celui qui l’a entre les mains (une star, un musée, un collectionneur, un vendeur à la sauvette …). L’objet passe ainsi de mains en mains du « bas » vers le « haut » avec des intermédiaires et des frontières « sociales ». L’objet, avec son parcours de vie, éclaire finalement, d’une certaine manière, les relations de pouvoir et de prestige entre les individus dans la société.Véronique Marchand, dans cet épisode très vivant, avec ses analyses et son partage, nous livre aussi comment la recherche peut se faire en sociologie, elle nous offre une plongée dans son métier de chercheur en sciences sociales.Cet épisode sur la valeur des choses, fait aussi écho au 1er épisode du podcast FRESQUES du Clersé sur la valeur du footballeur ( 1- La valeur du footballeur. Une construction sociale ? - entretien avec Manuel Schotté sociologue au Clersé).Mots Clés : marché de rue - sociologie - classe sociale – trajectoire professionnelle – valeur – antiquaire – brocanteur – puces de Saint OuenRéférence principale :Véronique Marchand, « De mains en mains. Processus sociaux de la valeur, aux Puces de Paris/Saint-Ouen » , Habilitation à diriger les recherches (25 février 2025) RésuméPour aller plus loin :Baptiste Aubert, « Bonnot Thierry,  2014. L’attachement aux choses, Paris. CNRS Editions », compte-rendu d’ouvrage,  ethnographiques.orgDouglas Mary, 1981 [1967], De la souillure. Essai sur les notions de pollution et de tabou, Maspero.Sciardet Hervé, Les marchands de l’aube. Ethnographie et théorie du commerce aux puces de Saint-Ouen, Economica, Paris, 2002, 218 p.Kopitoff Igor, 1986. « The cultural biography of things : commoditization as process », in Apparurai Arjun (ed.) « The social life of things »., « La vie sociale des choses – Les marchandises dans une perspective culturelle », édition française, paru en sept. 2020Bourdieu Pierre, « La Distinction : Critique sociale du jugement », Paris, Editions de minuit (1979)Marchand Véronique, « Faire les marchés : commerçant-e-s à La Paz et à Roubaix », Revue Travail, Genre et Société (N°17), 2017Marchand Véronique, « Le rire comme clef de compréhension des relations sociales », Sociétés contemporaines  (N°113), 2019Milliot Virginie. « Les biffins ou l'organisation de la misère ? ». Territoires, 2011, 523, pp.46-49.Autres liens utiles :Les Puces de Paris Saint-Ouen, depuis 1870 - Site officiel des PucesSyndicat National du Commerce de l’Antiquité, de l’Occasion et des Galeries d’Art (SNCAO)Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 20 mars 2025)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titre : Marché extérieur #1), musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr -Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

25/06/2025 • 35:38

Guillemette de Larquier est professeure en économie au Clersé UMR8019, à l’Université de Lille. Spécialiste en économie des conventions, elle s’intéresse, à travers ce champ de recherche, aux modalités de recrutement et d’accès à l’emploi. Elle a par exemple mené des travaux sur l’Enquête offre d’emploi et recrutement (enquête Ofer) de la DARES (2016), travaux qui se poursuivent encore aujourd’hui. Elle coordonne avec Rainer Diaz-Bone, sociologue à l’Université de Lucerne (Suisse), chez Springer, un ouvrage collectif « Handbook of Economics and Sociology of conventions » (2025) dont l’objectif est de rassembler de nombreux experts en France et à l’étranger en économie et sociologie des conventions. Ce courant, à l’origine français et développé dans les années 80, interroge la capacité des acteurs économiques à se coordonner, interpréter, anticiper et aussi évaluer leurs actions à l’aide de conventions qui viennent cadrer les situations d’interaction. Il peut se décliner dans de nombreux domaines appliqués (agro-alimentaire, recrutement, industrie …) dès lors que la question de la qualité et de sa pluralité émerge.Dans cet épisode du podcast FRESQUES du Clersé, Guillemette de Larquier, avec l’approche par l’économie des conventions, discute de l’accès à l’emploi, des différents canaux de recrutement, des compétences et de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le processus de recrutement. Tout d’abord, Guillemette de Larquier commence par expliquer ce qu’est l’économie des conventions puis elle nous éclaire sur le marché du travail en termes de flux entrants et sortants de l’emploi. Bien que le niveau de flux ait fortement augmenté ces dernières années, cela tient finalement au fait qu’il y a de plus en plus de nombreux contrats de très courte durée, et donc cela se traduit par une très forte activité et mobilité.Guillemette de Larquier, avec l’économie des conventions et par une analyse du marché du travail avec les flux (MMO), montre que les différents canaux de recrutement et leur fonctionnement mettent en forme le marché du travail.  Ces canaux, très variés, transportent l’information de manière différente. Ainsi, leur manière de mettre en forme valorise tel ou tel profil et expérience et sont mobilisés par des entreprises différentes.  Elle explique, dans le temps et avec les données de l’enquête emploi de la DARES du dernier trimestre 2024, la hiérarchie de ces canaux et comment ils fonctionnent (relations personnelles, réponses à des annonces, plateforme France Travail, intermédiaires privés, candidatures spontanées …). L’intermédiation active (la mise en relation) apparaît ainsi aujourd’hui largement détenue par les intermédiaires privés (ex. cabinets de recrutement ou encore agences d’interim), qui introduisent les candidats à leur client, participant ainsi à la sélection de base. France travail a de son côté misé plus sur les annonces en ligne en développant une plateforme dédiée, en enjoignant aux demandeurs d’emploi d’être actifs dans leur recherche d’emploi sauf pour les personnes les plus en difficulté qui bénéficient, elles, de dispositifs d’accompagnement spécifiques.En terme de recrutement il convient d’après ses recherches de distinguer les manières de recruter, à distance ou à proximité. Les informations ne parviennent pas de la même manière aux recruteurs selon le canal sélectionné. En effet cela ne concerne pas les mêmes personnes, ni les mêmes métiers, ni les mêmes entreprises. Surtout, les compétences ne sont pas évaluées de la même façon. Quant aux soft skills, ce sont des compétences comportementales - sourire, aisance, aptitude physique, disponibilité, potentiel … - que certains jugent innées alors qu’elles s’apprennent par acculturation sociale et professionnelle, mais elles ne remplacent pas la technicité requise pour un poste.Dans les procédures de recrutement Guillemette de Larquier nous éclaire aussi sur les pré-sélections des candidatures par intelligence artificielle (incorporée dans les ATS : applicant tracking system). Selon une enquête de l’APEC auprès des entreprises, il apparait que plus de 50% des entreprises (qui recrutent des cadres) disposent d’un système de gestion de candidatures de type ATS. Or, les algorithmes de « matching », que ces systèmes peuvent inclure, présentent un risque d’amplification de biais dans le recrutement, car ils apprennent à partir des recrutements passés. Les concepteurs de logiciels en viennent alors à réfléchir aux modalités de recrutements, transformant ainsi le rôle des acteurs. En France, les candidats doivent être informés des méthodes utilisées pour leur recrutement. L’IA doit in fine aider le recruteur mais en aucun cas décider à sa place. Une surenchère se met alors en place avec des candidats qui utilisent aussi à leur tour l’IA pour optimiser leur CV et lettre de motivation.Pour finir, Guillemette de Larquier revient sur l’ouvrage qu’elle coordonne actuellement sur l’économie et la sociologie des conventions dont l’objectif est de rendre visible un ensemble de travaux scientifiques y compris à l’international.Mots clefs : recrutement, « économie des conventions », « canal de recrutement », compétenceRéférence principale : Guillemette de Larquier et Emmanuelle Marchal, « La sélection à l’embauche, des critères variables selon les emplois », Connaissance de l’emploi, N°166, Centre d’étude de l’emploi et du travail (CEET), décembre 2020  (et dans le détail, article 163 dans Revue Travail et emploi (2020))Pour aller plus loin :Rainer Diaz-Bone and Guillemette de Larquier, ouvrage collectif «Handbook of Economics and Sociology of Conventions », Ed. Springer, (2025)Guillemette de Larquier and Géraldine Rieucau, « Firms’ recruitment practices: the powers of segmentation and of valuation », Cambridge Journal of Economics 2024, 1 of 28Interventions de Guillemette de Larquier, Colloque « L’accès à l’emploi dans le bassin Minier » (Replay – colloque 21 novembre 2024) organisé par l’IF2RT (Institut Fédératif de Recherche sur le Renouveau des Territoires):  Discours introductif , Table ronde conclusiveGuillemette de Larquier, Emmanuelle Marchal, « Des compétences aux qualités professionnelles. Des repères de la sélection des candidats à l’emploi et leur évaluation », article 163, Revue Travail et emploi, 2020Guillemette de Larquier, « Recrutement et détermination du salaire : l’importance des règles et des conventions », Problèmes économiques, février 2013François Eymard-Duvernay, Emmanuelle Marchal, « Façons de recruter: le jugement des compétences sur le marché du travail », Paris, Métailié, 1997Sur la force des liens faibles : Granovetter Mark, « The strength of weak ties », The American Journal of Sociology, 78, 1973, p. 1360-1380. (voir aussi Mark Granovetter (1943-) | Cairn.info La nouvelle sociologie économique, par Julia Bihl)Autres liens utiles :Site internet de la DARES - https://dares.travail-emploi.gouv.fr/ : La DARES est un service de statistiques ministériel, elle accompagne notamment le ministère en charge du travail.DARES Données trimestrielles sur les mouvements de main-d’œuvre  (MMO)Job offers collection and analysis system (JOCAS), DARES, 1er avril 2025 Les statistiques du marché du travail (STMT), DARES, avril 2025Enquête « Offre d’emplois et recrutement » (enquête Ofer), DARES, 2016Enquête sur l'emploi, le chômage et l'inactivité (INSEE) : Enquête sur l’emploi, le chômage et l’inactivité | Insee (28 novembre 2024)Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 14 mai 2025)Sources du montage audio : voix mixées réalisées avec IA ttsMP3.com , musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr - Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

30/05/2025 • 41:46

Entretien avec Jingyue Xing-Bongioanni, sociologue au Clersé UMR8019 à l’Université de Lille spécialiste en sociologie du travail et de l'emploi, ainsi qu’en politique de santé et de la dépendance. En particulier, elle s’intéresse aux professionnels qui accompagnent les personnes âgées, à leur trajectoire professionnelle ainsi qu’à leurs conditions de travail. Ses travaux et son expertise lui permettent de formuler des recommandations en matière de politique publique dans le secteur du soin et de l’autonomie. Jingyue Xing-Bongioanni participe à de nombreux projets de recherche sur les EHPAD (Établissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) pour lesquels elle mobilise dans ses enquêtes de terrain les méthodes quantitatives et qualitatives, par exemple le projet de recherche collectif KAPPA (ANR/PPR), le projet CollSol-EHPAD (IReSP/CNSA) ou encore le projet QUIT-EHPAD (IReSP/CNSA).Dans cet épisode 17 du podcast FRESQUES du Clersé, Jingyue Xing-Bongioanni discute des professionnels qui travaillent dans les métiers d’accompagnement et du soin en EHPAD et explique pourquoi ceux-ci décident de rester y travailler malgré toutes les difficultés qu’ils rencontrent.Après avoir dressé un panorama succinct des EHPAD en France, Jingyue Xing-Bongioanni précise auprès de quels professionnels du soin en EHPAD elle a réalisé ses enquêtes et comment ces dernières ont été menées en abordant aussi les principales difficultés rencontrées. Son travail scientifique éclaire sur l’organisation dans les EHPAD, sur les parcours professionnels et les distinctions entre hommes et femmes, sur la pénurie de travailleurs dans ce secteur et aussi sur les raisons qui les poussent à rester exercer au sein des EHPAD alors que le travail est souvent réputé difficile et peu rémunéré pour ce qui concerne notamment les agents et les soignants de 1ère ligne.Dans l’épisode, elle aborde les principaux résultats du projet de recherche achevé CollSol-EHPAD, projet soutenu par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Ceux-ci lui permettent de formuler des recommandations avec l’objectif d’améliorer les conditions de travail de ces professionnels. En tant que sociologue elle indique les points forts et les points faibles des politiques publiques actuelles en matière d’accompagnement des personnes âgées pour faire face au défi du vieillissement et précise aussi le rôle des sciences sociales dans l’étude des conditions de travail en EHPAD.Pour terminer, elle revient sur sa passion pour la recherche en sociologie et dévoile ses travaux de recherche en cours et à venir notamment le projet KAPPA auquel elle prend part et le projet Quit-EHPAD qu’elle coordonne et qui constitue une complémentarité au projet CollSol-EHPAD.Mots clefs : EHPAD, travail, aide-soignant, infirmier, sale boulot, politique publique, trajectoire professionnelle, secteur médico-socialRéférence principale : Marion Plault et Jingyue Xing-Bongioanni, « Pourquoi continuer à exercer un travail pénible et déconsidéré ? Le cas des travailleuses d’Ehpad », Revue de l’IRES, N° 114, 2025 (à paraître).Pour aller plus loin :Marion Plault, Lisa Triplet et Jingyue Xing-Bongioanni, Faire face ensemble à la crise. Les effets de l’épidémie de Covid-19 sur le travail et l'emploi en EHPAD, Rapport scientifique du projet CollSol-EHPAD, financé par Iresp/CNSA (n° 21II009-00), novembre 2023.Jingyue Xing-Bongioanni, Marion Plault et Lisa Triplet, Travailler dans un EHPAD pendant la pandémie de COVID-19 : quels déterminants de la charge émotionnelle des professionnels du secteur ?, Socio-économie du travail, 2023.Marion Plault, Lisa Triplet et Jingyue Xing-Bongioanni, « Affronter ensemble la crise sanitaire » : les effets de l’épidémie de Covid-19 sur les relations en ehpad, Vie sociale, N°45, juin 2024.Xing-Bongioanni Jingyue, Plault Marion, Regard critique sur la réforme de la formation des aides-soignantes : le cas des Ehpad, Soins cadres (N°140), Ed. Elsevier BV, décembre 2022.Avec la participation de Jingyue Xing-Bongioanni, replay Table ronde « Veiller sur ceux qui soignent » , Cycle de conférences épistémé, Université de Lille, 6 juin 2024.Projet Coll-Sol EHPAD (21II009-00) : Le projet, actuellement achevé, interroge notamment les conditions de travail, ainsi que la solidarité en EHPAD, par l’analyse des situations avant, pendant et après la pandémie de Covid-19. Il combine des observations, des entretiens et l’analyse de données par questionnaires, pour comprendre le vécu des professionnels des EHPAD, et pour produire des statistiques sur le travail en EHPAD (juin 2021 – oct. 2023).A suivre - Projet QUIT-EHPAD (Pourquoi quitter les EHPAD : analyse des départs et des réorientations professionnelles des soignantes) : coordonné par Jingyue Xing-Bongioanni, ce projet est lauréat de l’appel à projet « Autonomie : personnes âgées, personnes en situation de handicap à tous les âges de la vie, proches et professionnels » 2024 soutenu par l’IReSP (Institut pour la Recherche en Santé Publique) et la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) (mai 2025 – avril 2027).Projet KAPPA : Porté par un consortium composé de huit organismes de recherche français et trois acteurs du secteur médico-social, le projet KAPPA  a pour objectif de constituer un corpus de connaissances interdisciplinaires (impliquant économistes, sociologues, historiens, démographes, épidémiologistes et statisticiens) sur les implications de la segmentation par âge des politiques d’aide à l’autonomie et de leurs outils. Le projet KAPPA, coordonné par l’INED est soutenu par l’ANR Programme Investissement d’Avenir (PIA) AAP PPR Autonomie (Programme Prioritaire de Recherche)  - France 2030, (janv. 2023 – déc. 2027).Jingyue Xing-Bongioanni, Aides-soignants en EHPAD : « Il faut rendre publiques leurs conditions de travail », Ouest-France, 22 septembre 2023.Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 24 février 2025)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titre : Restaurant), musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr -Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

09/04/2025 • 34:17

Entretien avec Nicolas Postel, professeur d’économie au Clersé UMR 8019 à l’Université de Lille, spécialiste des questions de régulation du capitalisme et bon connaisseur des analyses de Karl Polanyi. Il a publié de nombreux articles scientifiques et ouvrages sur ces sujets.  Il a notamment publié en juin 2024 - avec le philosophe Dany-Robert Dufour - l’essai « Penser autrement ? De l’utopie à l’effondrement. D’où vient et où va le capitalisme ? » (Éditions du septentrion), et, à la rentrée 2024 - avec Richard Sobel (Université de Lille, Clersé) - un important mais accessible ouvrage de synthèse - « Karl Polanyi » aux Editions Que sais-je ?.Nicolas Postel est par ailleurs coordinateur de la chaire Socio-économie des Communs (SEC) (Ulille, Clersé). Ses recherches portent sur les modalités de régulation des activités de production, depuis le mouvement de la RSE jusqu’à celui des communs dans une perspective institutionnaliste. Selon lui la question d’un développement économique soutenable contenu dans les limites planétaires et aux inégalités sociales pose de manière incontournable la nécessité de concevoir un mode de production « post-croissance ».Dans cet épisode du podcast FRESQUES du Clersé, Nicolas Postel discute des thèses de Karl Polanyi, et plus particulièrement de la menace que fait peser, selon cet auteur, le déploiement d’un mode de production capitaliste non régulé, c’est-à-dire le risque d’un effondrement social. Penseur de la fin du 19ème siècle et du 20ème siècle, Polanyi articule différentes sciences sociales autour des questions économiques. Nicolas Postel montre comment cette analyse de Polanyi éclaire la crise profonde que traversent actuellement nos économies et nos sociétés, aux plans social, démocratique et bien sûr écologique.  Après avoir rappelé le contexte de l’époque de Karl Polanyi, il nous livre la genèse des travaux de ce dernier et donne une définition du concept d’effondrement selon Karl Polanyi en revenant sur la notion centrale de marché-autorégulateur et de marchandise fictive.La marchandisation des piliers de la vie sociale (le travail, la terre, la monnaie) affaiblit la capacité collective à faire social, elle abime gravement le lien social. Polanyi dénonce ainsi le truisme qui relierait mécaniquement plus de libéralisme économique à plus de liberté politique et donc plus de démocratie. Au contraire, selon lui, le libéralisme économique porte en lui le risque d’un effondrement socio-politique, d’un effacement des libertés réelles et de la capacité à agir.Polanyi qualifie ce processus de désencastrement de l’économie. Par la marchandisation artificielle de la terre, du travail et de la monnaie, le système de marché autorégulateur dissout les espaces sociaux. La concurrence généralisée empêche l’expression sociopolitique du commun. Cette anomie sociale provoque une sorte de rebond maladif de la société – car la société ne disparait pas bien sûr – sous une forme dysfonctionnelle, maladive : le fascisme. En sommes-nous si loin aujourd’hui ? Nicolas Postel pense au contraire que le néolibéralisme nous a de nouveau amené au bord du gouffre. Gouffre politique, social … et écologique.Et la question écologique ?.  Nous redécouvrons aujourd’hui « la question écologique », mais selon Polanyi elle est au fondement de l’économie : c’est précisément parce qu’il y a des limites planétaires que nous avons besoin de nous poser la question de comment faire pour satisfaire nos besoins collectifs sans détruire notre milieu de vie. Et c’est cela la question de l’économie. Une question que le marché dissimule. Il « masque » l’idée même de limites planétaires et le Stockholm Résilient Center nous le rappelle : six sur neuf des limites planétaires sont déjà dépassées !  En soumettant la société à l’impératif concurrentiel et à l’accumulation sans limite, le marché l’amène aussi à détruire son lieu de vie. Il nous faut donc sortir de cette mécanique infernale.Dès lors, il est possible de penser un autre modèle économique, une nouvelle forme d’organisation de la société, du commerce, …  Avec Polanyi, il faut « redécouvrir » et redonner du poids et du pouvoir aux formes anciennes de l’économie : l’économie domestique ; la réciprocité, la redistribution, le commerce. Ancrées localement, les formes alternatives de production et distribution des richesses, ajustées aux besoins sociaux, peuvent fédérer et forment une voie globale d’atterrissage pour sortir d'un sombre scénario pour l'avenir de la société et contrecarrer la construction d'un monde dystopique qu'illustre assez bien l'inquiétante situation politique aux Etats-Unis. Ce sont ces pistes allant vers une économie substantive que Nicolas Postel aborde comme des expérimentations qui peuvent être comprises et mise en cohérence par une clé de lecture polanyienne de l’économie.Pour terminer, comme pour chaque épisode du podcast FRESQUES, Nicolas Postel fait part de ce qui le passionne en sciences sociales et aborde les recherches actuelles avec les activités de la chaire Socio-Economie des Communs.Mots clefs :  effondrement – Karl Polanyi -  économie – marché autorégulateur – société - encastrementRéférence :Nicolas Postel et Richard Sobel, Karl Polanyi », Editions Que sais-je ?, 2024Sur le même thème :Dany-Robert Dufour et Nicolas Postel, « Penser autrement ? (De l’utopie à l’effondrement. D’où vient et où va le capitalisme ?) », collection « Transitions », Presses universitaires du Septentrion (PUS), 2024, 74 p., 2024Nicolas Postel et Richard Sobel, « La montée du péril totalitaire d’extrême droite est une des manifestations de l’entrée en crise du régime néolibéral », Tribune dans Le Monde, 29 novembre 2024Isabelle Hillenkamp (Directrice de recherche IRD-CESSMA) , Jerôme Maucourant (Maître de conférences en science économique, Université Jean Monnet), Nicolas Postel (Professeur de Sciences Economiques, Université de Lille), Alexandre Rambaud (Maître de conférences et codirecteur de la chaire "Comptabilité écologique", AgroParisTech-CIRED), Aliette Hovine (Journaliste, France Culture) , Table ronde « Savoir ce qui compte vraiment avec Karl Polanyi », Les Journées de l’économie (JECO), 6 novembre 2024Nicolas Postel, 2024, « Transition économique. La post-croissance », vidéo « Transition ! » La série documentaire qui questionne notre société en mutation, Université de Lille, octobre 2024Nicolas Postel et Richard Sobel, « Nous assistons, en France et ailleurs, à la clôture chaotique du cycle néolibéral », Le Monde, 3 juillet 2024« Avoir raison avec … Karl Polanyi », une série de 5 épisodes, France Culture, 21 août 2023Dossier coordonné par Nicolas Postel, « L'économie au-delà du marché. Actualité de Karl Polanyi », Revue Française de Socio-Economie (N°28), Editions La Découverte, 2022Chaire Socio-économie des communs (SEC) : La chaire Socio-économie des Communs (SEC), initiée en 2023, est soutenue par l'Université de Lille qui compte 7 chaires ODD financées par l'université dans le cadre de l'initiative France 2030. Ces chaires sont liées à des Objectifs de Développement Durable (ODD) de l'ONU. En particulier la chaire SEC est liée à l'ODD 12 « Consommation et production durables » et interagit aussi avec l'ODD 8 « Travail décent et croissance économique ». Cette chaire se propose d’étudier «concrètement et théoriquement» les alternatives en matière de production et de consommation autour de la notion de « Communs ».Information sur les 9 limites planétaires : https://www.notre-environnement.gouv.fr/themes/societe/article/limites-planetairesPour aller plus loin :Polanyi K., « La Grande Transformation. Aux origines politiques et économiques de notre temps » (1944), tr. fr. Angeno M., Malamoud C., Paris, Gallimard, 1983.Polanyi K., Arensberg C.M., Pearson H.W. (éd.), « Commerce et marché dans les premiers empires. Sur la diversité des économies » (1957), tr. fr. Rivière C., Rivière A., Paris, Le Bord de l’eau, 2017.Polanyi K, « La Subsistance de l’homme » (1977), tr. fr. Chavance B., Paris, « GF », Flammarion, 2011.Polanyi K, « Essais » (1947), textes réunis et présentés par Cangiani M. et Maucourant J., Paris, Seuil, 2002« Faut-il attendre la croissance ? » (2e édition) Dominique Méda, Florence Jany-Catrice, La Documentation Française Doc En Poche : Place Au Débat  - 20 Septembre 2022« Dictionnaire des Biens communs », M.Cornu, F. Orsi, J ; Rochfeld, 2017, Presses Universitaires de France (PUF)« Dictionnaire critique de la RSE », N. Postel et R. Sobel, 2013, Presses universitaires du Septentrion (PUS)« Routledge Handbook of Commodification »,  Bertrand, Elodie; Panitch, Vida., Routledge, 2023, 9781032037370. 〈10.4324/9781003188742-4〉.Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 12 décembre 2024)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titres : Tonnerre #11,  Forêt), musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr -Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

12/02/2025 • 22:41

Entretien avec Clément Beunas, spécialiste de la sociologie de la déviance et de la prison. Il a soutenu sa thèse en sociologie au Clersé UMR8019 à l’Université de Lille en 2022. Elle porte sur la construction politique et médiatique de la lutte contre la radicalisation. Chercheur associé au Clersé, il est actuellement en postdoctorat auprès de la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale des Hauts-de-France (F2RSM Psy).  Dans ce cadre, il a réalisé une enquête qualitative sur la santé mentale en prison, sous la supervision scientifique de Gilles Chantraine et de Camille Lancelevée.Suite au récent rapport paru de cette recherche commandée par la direction de l’administration pénitentiaire, dans cet épisode du podcast FRESQUES du Clersé, Clément Beunas aborde la santé mentale en prison à partir des résultats de son enquête et de la littérature scientifique. Cette enquête sociologique porte sur l’effet de l’incarcération sur la santé mentale des personnes détenues.Après avoir donné des éléments de contexte sur la prison et la population carcérale aujourd’hui, qu’il explique majoritairement composée de personnes socialement très défavorisées, il précise comment il a conduit auprès des personnes détenues cette enquête qualitative en prison, depuis leur incarcération jusqu’à leur troisième mois de détention.Il précise en quoi la sociologie permet d’apporter un éclairage sur l’enfermement. Les inégalités sociales hors de la prison se retrouvent dans la prison, parfois même elles sont amplifiées et donc les détenus ne sont pas tous égaux, selon leur capital social à l’entrée de la prison, dans la gestion de l’enfermement et de leurs troubles psychiatriques. Il perçoit aussi des différences dans le vécu de la détention entre les hommes et les femmes.Si des individus sont incarcérés avec des troubles psychiatriques, cela serait lié à trois facteurs:  au développement d’une psychiatrie dite « de secteur », au moindre recours au principe d’irresponsabilité pénale et enfin à l’offre de soins qui s’est développée en prison ces dernières années.Il nous éclaire sur les dispositifs mis en place, ceux-ci pouvant varier d’une prison à l’autre selon différents paramètres (exemples : taille, ancienneté de l’établissement …), ce qui pose la question de l’accès aux soins et le développement du soin en milieu pénitentiaire.Enfin, il revient sur le résultat principal de l’enquête, et nous éclaire en quoi les études sur la prison sont pertinentes, car elles questionnent l’état de notre société dans son ensemble.Mots clés : prison - santé mentale - soin – sociologie de la prison – enquête qualitativeRéférence :Clément Beunas, « La santé mentale à l’entrée en maison d’arrêt : une approche sociologique », rapport de recherche de l’enquête EPSYLON (épidémiologie psychiatrique longitudinale en prison), F2RSM Psy (Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale Hauts-de-France) et Direction de l’administration pénitentiaire (DAP), 18 septembre 2024Le volet qualitatif de l’enquête EPSYLON propose une analyse sociologique des effets de l’entrée en prison sur la santé mentale des personnes détenues. Elle est portée par F2RSM PSY avec le soutien de la DAP (Direction de l’administration pénitentiaire), pilotée par Thomas Fovet (maître de conférences en psychiatrie de l'adulte à l'université de Lille et chercheur au sein du Centre Lille Neuroscience & Cognition (INSERM U-1172), réalisée par Clément Beunas avec la supervision scientifique de Gilles Chantraine, Directeur de Recherche au CNRS en sociologie au Clersé UMR8019 à l’Université de Lille et de Camille Lancelevée, maîtresse de conférences en sociologie au laboratoire sage UMR7363 à l’Université de StrasbourgPour aller plus loin :Gilles Chantraine, « Par-delà les murs. Expériences et trajectoires en maison d’arrêt », PUF, Paris, 2004.Joël Charbit et al., « Réduction des risques et des dommages en milieu pénitentiaire. Attentes et représentations », rapport de recherche, F2RSM Psy, 2023.Corentin Durand, « Une discipline du vide. Apprendre à attendre en prison », Actes de la recherche en sciences sociales, 2023/5, 250, pp. 20-37.Camille Lancelevée, et Thomas Fovet. « Le mirage d’une peine thérapeutique ». La prison pour asile ?, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2024, https://doi.org/10.4000/12m6iGilles Chantraine, David Scheer et Clément Beunas, « Sociologie et radicalisation – Par une approche par le bas des effets institutionnels de la lutte contre la radicalisation », Déviance & Société, p.273-287, 2022/3 Vol.46Camille Lancelevée, « Quand la prison prend soin : enquête sur les pratiques professionnelles de santé mentale en milieu carcéral en France et en Allemagne », Regards, 2017/1 N°51Grégory Salle « La part d’ombre de l’État de droit. La question carcérale en France et en République fédérale d’Allemagne depuis 1968 », Éditions de l’EHESS, Paris, 2009.Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 28 novembre 2024)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titres : Ambiance lourde de science fiction, Battements de coeur), musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr -Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

20/01/2025 • 27:39

Entretien avec Laurent Cordonnier, économiste au Clersé UMR8019 à l’Université de Lille, spécialiste de la macro-économie. Ses thèmes de recherche portent principalement sur la croissance, l’emploi et la répartition fonctionnelle des revenus (salaires, profits, rentes) dans le cadre de la financiarisation des économies capitalistes modernes et, plus récemment, sur la viabilité de l’économie capitaliste (en termes économique et social) face à la crise écologique, imposant un ralentissement, voire un arrêt de la croissance. Ses travaux scientifiques l’amènent à mener des réflexions connexes et des études de prospective par exemple sur les enjeux du travail et de l’emploi, sur les aides publiques aux entreprises ou encore sur la dette publique.Outre ses articles académiques, Laurent cordonnier a publié en 2020 une nouvelle édition augmentée de son ouvrage « Pas de pitié pour les gueux : sur les théories économiques du chômage » (première édition en 2000, chez Raisons d’Agir) et un essai « L’Economie des Toambapiks une fable qui n’a rien d’une fiction » en 2010, chez le même éditeur.Dans cet épisode n° 14 du podcast FRESQUES du Clersé, il fournit des éclairages sur la dette publique française et les dettes publiques en général, en visant à faire comprendre leur origine et en discutant de leur soutenabilité. En juin 2024, l’INSEE indiquait que la dette publique française s’élevait à plus de 3 000 Milliards d’euros à la fin du premier trimestre de cette même année. Un montant qui pourrait paraître vertigineux et qui suscite de multiples interrogations en chaîne. Cette dette pourrait-elle encore augmenter et faut-il s’en inquiéter ? Y-a-t-il un seuil d’endettement à ne pas dépasser ? Un Etat peut-il faire faillite ? Transmet-on « le fardeau » de cette dette aux générations futures ? Une dette publique peut-elle s’effacer ? A quoi servent les dettes publiques, finalement, et pourrait-on vraiment s’en passer ? Autant de questions auxquelles Laurent Cordonnier tente de répondre de manière simple et instructive.Après avoir donné une définition de la dette publique, il explique comment on en donne une mesure conventionnelle à travers le ratio Dettes/PIB et précise qui sont les acteurs qui détiennent la dette. Il nous fait comprendre pourquoi tous les pays sont endettés et continuent à s’endetter. Il explicite à cet endroit le rôle qu’ont joué les taux d’intérêts élevés dans les décennies 80 et 90 (l’effet boule de neige), le rôle des baisses d’impôt dans le creusement des déficits publics, l’impact des crises successives (la crise financière de 2008, la crise de la Covid-19). Il insiste sur le fait qu’une partie du besoin d’endettement des Etats est largement subie, du fait de la faible croissance des quarante dernières années et du fait du niveau très élevé de l’épargne des catégories aisées. Il présente ensuite les raisons pour lesquelles les dettes publiques, même si elles paraissent importantes, sont soutenables, et qu’il est possible de tenir en respect le mur de d’argent qui menace parfois cette soutenabilité d’une envolée des taux intérêts. Il précise le rôle des banques centrales dans cette perspective. Et enfin, il aborde la question de la transmission de ces dettes aux générations futures. Ledit fardeau n’est pas celui de « la pile de dettes » en tant que telle (car en face de ces dettes il y a des créanciers… dont les enfants hériteront de « la pile des titres » qui leur rapporteront des intérêts). Le fardeau qui se transmet en continu est donc celui des intérêts, payés par tous les contribuables aux ménages aisés capables d’épargner. Mais ce « fardeau » est également le prix des investissements publics qui préparent l’avenir des générations futures.Alors faut-il avoir peur de la dette publique ? pour le savoir écoutez cet épisode du podcast FRESQUES du Clersé.Cinq mots clefs : dette publique - taux d’intérêt - marché financier - faillite - EtatRéférence principale :Liêm Hoang-Ngoc et Bruno Tinel, « Vive la dépense publique. Changeons l’économie quoi qu’il en coûte », H&O éditions, 2021.Pour en savoir plus : Dossier : "Faut-il avoir peur de la dette publique ?" , N°840-841 (juillet-août ), Economie & Politique, 5 septembre 2024Laurent Cordonnier, entretien sur la dette publique dans le cadre du RAEF 2022 (Rapport annuel sur l’état de la France 2022), Conseil économique, social et environnemental (CESE), 19 avril 2022Eric Bocquet et Sylvie Vermeillet (délégation sénatoriale à la prospective), rapporteurs de L’avenir des dettes publiques, Rapport d’information N°139 (2021-2022), Sénat, 10 novembre 2021. (Laurent Cordonnier a été auditionné le 29 juin 2021 dans le cadre de ce rapport d’information)Laurent Cordonnier, "On ne transmet aux générations futures que le paiement des intérêts de la dette", La voix du Nord,  3 décembre 2020Laurent Cordonnier, "Qui va payer la dette publique ? ", Le Monde diplomatique, mai 2020Laurent cordonnier, "Vertus oubliées de l’endettement", Manuel d'économie critique, Le Monde diplomatique (supplément), 2016Laurent Cordonnier, "Un pays peut-il faire faillite ?", Le Monde diplomatique, mars 2010Laurent Cordonnier, "L’épargne privée au secours de la dette publique ?", les blogs du diplo, Le Monde diplomatique, 22 juin 2009Voir aussi les sites internet suivants :Site internet de l’INSEE article "A la fin du deuxième trimestre 2024, la dette publique s’établit à 3 228,4 Md€", Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), article N°247 du 27/09/2024"La situation d’ensemble des finances publiques (à fin février 2024)", Rapport annuel de la Cour des Comptes.Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 5 septembre 2024)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titre : Manifestation #4), musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr -Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

16/12/2024 • 25:15

Entretien avec Cécile Vignal, professeure de sociologie au Clersé UMR8019 à l’Université de Lille. Spécialiste en sociologie urbaine, sociologie de la famille et sociologie des classes sociales, c’est à travers l’étude de la marchandisation du logement notamment celle du parc locatif immobilier réalisée par les propriétaires bailleurs, qu’elle s’intéresse, dans le cadre de ses recherches, aux inégalités d’accumulation du patrimoine immobilier, aux classes sociales mais aussi aux espaces urbains, à l’accès au logement, finalement à la façon de produire et d’habiter la ville.Dans cet épisode du podcast FRESQUES du Clersé, Cécile Vignal discute des propriétaires bailleurs du parc de logements locatifs et explique comment quelque part, ils contribuent à façonner la ville.  Quelques chiffres de cadrage pour commencer: En France, le parc locatif immobilier privé est important, il est détenu par 13,8% des ménages (selon l’INSEE en 2023) et cela représente plus de 7 millions de logements. Par ailleurs, en 2023, toujours selon l’INSEE, 57,2% des ménages sont propriétaires de leur résidence principale en France, et un quart sont même multipropriétaires. Il existe donc des inégalités dans la propriété des logements locatifs.Après avoir donné une définition de la marchandisation du logement, Cécile Vignal dans un premier temps expose les méthodes qu’elle a utilisées pour mener à bien cette recherche scientifique sur les propriétaires bailleurs (exploitation d’une enquête nationale quantitative de l’INSEE « Histoire de Vie et patrimoine » qui porte sur les ménages, couplée à une enquête qualitative qu’elle a menée par entretiens dans l’agglomération de Lille auprès de propriétaires de classes bourgeoises, de classes moyennes et de classes populaires, l’ensemble est enrichi par son analyse des données cadastrales). Dans un second temps, elle donne son analyse du profil de ces propriétaires bailleurs sous l’angle des classes sociales et nous fait part de la manière dont ils structurent la ville tant d’un point de vue spatial que social.Cet épisode de FRESQUES met en avant l’intérêt pour les sciences sociales d’étudier le logement. Cette étude permet en effet de rendre compte de la mobilisation des individus, des couples et des groupes de parentés pour devenir propriétaires et bailleurs en vue de constituer un patrimoine et d’en tirer des loyers. Cécile Vignal explique comment le logement sort ainsi de sa seule valeur d’usage pour devenir une valeur marchande, une valeur de rapport. La multiplication des propriétaires bailleurs s’est développée avec un contexte général où les politiques publiques ont facilité l’accession à la propriété et aussi incité à l’investissement locatif dans le logement neuf avec l’épargne et l’endettement des classes moyennes et supérieurs dès les années 80 (défiscalisation).Son analyse permet d’identifier le profil social des propriétaires bailleurs. Les données statistiques permettent de découvrir que le patrimoine immobilier est détenu par des classes supérieures et aussi par des ménages à dominante intermédiaire, et dans une moindre mesure des employés et des ouvriers. Cette hétérogénéité sociale du groupe des bailleurs s’explique par les opportunités de logements dégradés à bas prix des espaces urbains, et les effets de générations dans l’accès au crédit immobilier. Mais elle s’explique également par les stratégies des bailleurs et de leurs familles. Face aux réformes de la protection sociale, ces rentes locatives apparaissent aux propriétaires comme des compléments des revenus du travail, permettant d’assurer un avenir pour financer les études des enfants ou compléter une pension de retraite modeste. Mais cette stratégie est fragile et incertaine pour les ménages modestes tandis que d’autres parviennent à devenir multipropriétaire voire professionnalisent leur activité bailleresse. Pour les propriétaires de milieux populaires immigrés, être bailleur est un marqueur de réussite sociale soutenant la mobilité sociale des enfants notamment. Pour les propriétaires de milieux sociaux supérieurs, ces logements constituent une forme de placement parmi d’autres sources de revenus, une voie d’accumulation de capital économique permettant la reproduction sociale intergénérationnelle via l’enrichissement et l’héritage.Du point de vue de l’espace urbain, les logements locatifs sont à majorité détenus par des personnes physiques et non par des sociétés capitalisées. Le marché locatif privé a fortement augmenté en volume dans les villes-centres des métropoles régionales tertiarisées. C’est ainsi que des maisons anciennes à réhabiliter sont rachetées depuis les années 1980 pour être ensuite divisées en appartements. Avec la désindustrialisation puis la tertiarisation de l'économie, les propriétaires bailleurs profitent du fait que « la ville devient une ville de locataires » pour des étudiants et de jeunes actifs. L’accaparement des biens immobiliers par les bailleurs privés renouvelle la lecture de la ségrégation urbaine entre des quartiers devenus locatifs et les quartiers de résidence des propriétaires vers lesquels les flux économiques de la rente locative se dirigent.A travers cet épisode, Cécile Vignal nous partage ses recherches en sociologie sur le logement en ville avec son analyse des propriétaires bailleurs du parc locatif privé lillois et roubaisien. Mots clefs : patrimoine immobilier, propriétaires bailleurs, classes sociales, famille, genre, espaces urbainsRéférence principale : Vignal, C. 2023. A qui appartient la ville ? Trajectoires de propriétaires bailleurs et inégalités d’accès au patrimoine immobilier locatif suivant la classe sociale, mémoire original d’Habilitation à Diriger des Recherches en sociologie, Villeneuve d’Ascq, Université de Lille.Pour en savoir plus :Cécile Vignal, Rentes locatives et classes sociales (titre provisoire), Presses Universitaires de France, à paraîtreCécile Vignal, « Patrimoine immobilier locatif et mobilité sociale : les économies domestiques de propriétaires de classes populaires et immigrées », Enfances Familles Générations [En ligne], Numéro 46, 2024Vignal, C. 2018. « Chapitre 12 : Le travail du domicile : une entreprise de résistance au déclassement ? », dans Le monde privé des femmes : genre et habitat dans la société française, sous la dir. de A. Lambert, P. Dietrich-Ragon, C. Bonvalet, Paris, Éditions de l’INED, p. 251-268.Christian Topalov : « Le logement en France, histoire d'une marchandise impossible », Presses de Sciences Po, 1987 (compte-rendu de lecture de l’ouvrage par Guy Jalabert)Anne Lambert : « Logement : la fin de la France des propriétaires ? », podcast « sous les radars » de  France Culture, 16 septembre 2023Collectif Rosa Bonheur, La ville vue d’en bas, Editions Amsterdam , 2019dCollectif Degeyter, Sociologie de Lille, Collection Repères N°692, Editions La découverte, 2017Anne Lambert, Tous propriétaires, l’envers du décor pavillonnaire, éditions du Seuil, 2015Sarah Abdelnour et Anne Lambert, « L’entreprise de soi », un nouveau mode de gestion politique des classes populaires ? Analyse croisée de l’accession à la propriété et de l’auto-emploi (1077-2012), Genèses N°95, 2014, p.27-48Benites-Gambirazio, E. et L. Bonneval. 2022. « Housing as Asset-based Welfare. The Case of France », Housing StudiesConcept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 29 août 2024)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titres : Carillon d'entrée #6, Grincement de porte #6, Pas d’escalier en bois #4), musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr - Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

27/11/2024 • 32:54

Entretien avec Bruno Boidin, économiste au Clersé UMR8019 à l’Université de Lille, spécialiste en économie de la santé aux Suds, en économie du développement et en économie du développement durable en Afrique. Il s’intéresse au concept « One Health » ou comment repenser en économie les relations « santé humaine - santé animale - environnement ». Dans cet épisode du podcast FRESQUES du Clersé, il nous éclaire sur le concept « One Health » que l’on peut traduire par « Une seule santé » et de son lien avec le développement soutenable. Bruno Boidin a publié de nombreux ouvrages et articles, on peut citer en particulier "Economie politique du développement durable" co-écrit avec Catherine Figuière et Arnaud Diemer (2018) chez De Boeck et « Insoutenabilités: une perspective en économie politique » qu’il a dirigé aux Presses universitaires du Septentrion (2024).Après avoir donné une définition du développement soutenable et du concept « One Health », dont il explique également l’origine, Bruno Boidin nous éclaire sur le rôle de la science économique et de l’économie politique dans cette approche. Il apporte une compréhension de l’approche « One Health » et nous explique en quoi sa mise en œuvre est complexe et difficile à l’échelle internationale, face à une impossible gouvernance mondiale de la santé compte tenu des intérêts en présence. Ce concept serait-il toutefois l’une des clés pour revenir à une économie au service de l’humain, de sa santé et de la nature ? Comment faudrait-il procéder alors? Peut-on encore changer de modèle économique avant qu’il ne soit trop tard ? Le changement climatique, les crises sanitaires, économiques, sociales et environnementales nous questionnent sur la possibilité et l’urgence de penser des développements plus soutenables et surtout de passer à l’action. « Tout ou presque est lié : santé humaine, santé animale et environnement ».Des solutions sont peut-être possibles avec notamment de nouvelles règles de fonctionnement démocratiques et de gestion des ressources, une articulation repensée entre le local et le global, la refonte des systèmes économiques, des investissements financiers, de la gouvernance et des relations de pouvoir. L’ensemble des transformations nécessaires pourraient contribuer à tendre vers un écodéveloppement (tel que présenté par Ignacy Sachs) dont la priorité serait sociale, respectant l’environnement, l’économie n’étant plus qu’un instrument au service de la société et de l’environnement.Bruno Boidin, dans cet entretien et à travers des exemples puisés notamment en Afrique, nous invite à comprendre et à partager l’intérêt d’une approche en termes d’économie politique des insoutenabilités dont il nous explique les principes. « Dans un monde fini, pourquoi produire, que produire et pour qui produire ? ». C’est la question à laquelle l’ouvrage collectif sur les insoutenabilités (Boidin, dir., 2024) qu’il coordonne tente de répondre. Avec deux tendances contraires qui s’affrontent : d’un côté, la soutenabilité forte avec une perspective « One Health » véritablement mise en oeuvre, de l’autre, une dérive amplifiée vers les insoutenabilités inhérentes au productivisme et la concentration des richesses, aux lobbyings financiers, aux modes de gouvernance et de pouvoir non démocratiques … de quel côté la balance va-t-elle pencher face aux limites planétaires et à l’urgence des transitions ou des ruptures?Les acteurs publics et privés ont un rôle important à jouer et une responsabilité considérable tout comme les citoyens dont les marges de manœuvre sont cependant contraintes par le système économique dominant. Du local au global et du global au local, des choix sont à faire afin de considérer l’économie autrement par une reconnexion des systèmes économiques et des humains à la nature.Mots clefs : One health - santé humaine et animale – planète – environnement – nature - économie politique – développement soutenableRéférences : Boidin B. (dir.) (2024), « Insoutenabilités: une perspective en économie politique ». Presses universitaires du SeptentrionBoidin B. (2024), « Les approches One Health dans les pays du Sud, quelle place de l'économie politique?», Mondes en développement, n°207Pour aller plus loin :Bruno Boidin, «One Health: la nécessité de repenser les relations économie-humains-nature», replay de son intervention dans le cadre des  «Rencontres savoir habiter la Terre et ses limites» Initiative Future Earth, Université de Lille, 30 sept. 2024 - 2 octobre 2024Bruno Boidin, « Insoutenabilité sociale des identités crispées », Revue Développement durable & territoires, Vol. 14, octobre 2023Bruno Boidin, « Se réapproprier les mots : le développement », Revue Développement durable & territoires, Vol.12, décembre 2021Bruno Boidin, « Enfin la soutenabilité forte ? Economie hétérodoxe et monde post-covid 19 », Revue Développement durable & territoires, Vol.11, juillet 2020Jérome Ballet (2023), « La nature n'est pas un selfie. Changement climatique et société de l'attention », Editions le Bord de l'eauVivien, F. (2022), « 1972-2022 : un demi-siècle de rapprochement entre développement et environnement », Mondes en développement, 199-200, p. 327-344.Kate Raworth (2018), « La théorie du Donut. L’économie de demain en 7 principes », Chez Plon . La théorie du Donut, élaborée par Kate Raworth, propose de répondre aux besoins humains tout en respectant l’environnement.Voir la vidéo de « La théorie du Donut » présentée par Kate Raworth dans le cadre des 10 ans du Forum Zéro Carbone (Paris, 7 décembre 2023)Voir  la vidéo « Kate Raworth et la théorie du Donut »  réalisée par la Ville de Grenoble (Gre.Mag) (2023)« Réchauffement climatique, on vous explique la théorie du Donut », article de Manon Mella (Radio France), Franceinfo, 28 juillet 2023Voir la vidéo « Kate Raworth nous explique ce qu’est la théorie du Donut » (2018)Catherine Figuière, Bruno Boidin et Arnaud Diemer, «Economie politique du développement durable»  , chez Deboeck, 2018Bruno Boidin, « La santé, bien public mondial ou bien marchand ? », Presses universitaires du Septentrion (PUS), 2014Ignacy Sachs (1980), « Stratégies de l’écodéveloppement », Revue Développement et civilisations, Editions de l’AtelierAutres liens utiles :Communiqué de presse de la « Déclaration conjointe du Groupe tripartite (FAO, OIE, OMS) et du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) » du 1er décembre 2021 : nouvelle définition opérationnelle du principe « One Health ». « L’objectif est d’être mieux préparés à prévenir les menaces pour la santé mondiale, à les prévoir, à les détecter et à y répondre, et de promouvoir le développement durable ».  Extrait : « Le principe « Une seule santé » consiste en une approche intégrée et unificatrice qui vise à équilibrer et à optimiser durablement la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes ».Les 17 objectifs du développement durable (ODD) : 17 objectifs pour l’humanité et la planète qui répondent aux défis mondiaux, notamment ceux liés à la pauvreté, aux inégalités, au climat, à la dégradation de l’environnement, à la prospérité, à la paix et à la justice. Ils ont été adoptés en 2015 par tous les États Membres de l’Organisation des Nations Unies dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.Accord tripartite de 2011 entre l’OMS (Organisation mondiale de la santé), l’OiE (Organisation mondiale de la santé animale, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) : Cette alliance tripartite entre la FAO, l’OIE et l’OMS vise à adopter une approche «Une seule santé» afin de relever les défis de la santé publique, de la santé animale (domestique et de la faune sauvage) et de l’environnement auxquels doit faire face le monde d’aujourd’hui. Voir aussi le guide tripartite FAO-OMS-OiE pour la gestion des zoonoses (2019). Les zoonoses sont des maladies transmises entre l’homme et l’animal.Les principes de Manhattan « One health » (2004) : Il s’agit de 12 recommandations présentées lors de la conférence organisée à New York par la Société pour la conservation de la vie sauvage en septembre 2004 (Wildlife Conservation Society). Le premier principe insiste sur la nécessaire reconnaissance des liens entre santé humaine, santé animale et environnement.Rapport Brundtland « Notre avenir à tous » (1987) : Ce rapport transmis au Secrétaire général des Nations-Unies le 27 avril 1987, est le texte fondateur du développement durable qui marque un tournant dans la protection de l’environnement à l’échelle mondiale. Il alerte notamment des effets de l’activité humaine sur l’environnement. Voir une vidéo de présentation du rapport Brundtland par Catherine Figuière Maître de Conférences à l’Université Pierre Mendès France (2015)Le programme PREZODE : PREZODE est un programme international de recherche sur les maladies infectieuses d’origine animale. Il s’appuie sur l’approche intégrée « One Health ». Il s’inscrit dans le cadre de l’initiative internationale PREZODE initiée en France par le CIRAD, l’INRAE et l’IRD, et lancée en janvier 2021 lors du « One planet summit on biodiversity » par le président français Emmanuel Macron. « PREZODE a pour objectifs d’améliorer la compréhension des mécanismes d'émergence de maladies zoonotiques dans des socio-écosystèmes complexes, d’identifier les principaux facteurs biologiques, écologiques et socio-économiques à l’origine du risque d'émergence et de renforcer la capacité des populations à y répondre ».Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 12 septembre 2024)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titres : Sirène véhicule sécurité civile et Forêt), musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr -Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

03/10/2024 • 20:22

Entretien avec Kevin Diter, sociologue au Clersé UMR8019 et Maître de conférences à l’INSPE de l’académie de Lille Hauts-de-France à l’Université de Lille. Il est notamment spécialiste de sociologie de l’enfance et de sociologie des enfants.  Il est co-auteur avec Claude Martin, de l’ouvrage « Le bien-être des enfants à l’école : un problème social ? » à paraître chez Wiley fin 2024.Dans cet épisode de FRESQUES,  Kevin Diter discute des représentations du sentiment d’injustice chez les jeunes enfants avec pour fil conducteur son implication dans un nouveau projet de recherche coordonné avec Romain Delès (Université de Bordeaux, CED) et Julie Pagis (CNRS, IRIS). Ce projet de recherche s’intitule « C’est pô juste », il a débuté en février 2024. Il traite de la genèse du sens de l'injustice à partir de l'exploitation d'une enquête représentative longitudinale (ELFE) et de la réalisation d'enquêtes de terrain dans des écoles primaires socialement mixtes, auprès d’enfants âgés de 5 à 11 ans. Ce projet bénéficie d'un financement de la plateforme PANELS, mise en place par le Ministère de la Culture et l’INED (l’Institut National d’Etudes Démographiques).L’objectif de ce projet est de comprendre comment les perceptions, les représentations de ce qui est juste et de ce qui est injuste se construisent chez les jeunes enfants et dans quelles mesures elles participent à la reproduction des inégalités sociales et à leur légitimation.Mais comment arrive-t-on à déterminer pendant l’enfance ce qui est normal et ce qui ne l’est pas, ce qui est juste et ce qui ne l’est pas ? Comment les enfants apprennent-ils à définir et à catégoriser le juste et le moins juste ? Est-ce uniquement par mimétisme avec le monde des adultes ou ont-ils leur propre représentation ? Quelle est l’influence du modèle familial, de l’école, des copains en la matière ?  Observe-t-on des différences dans la perception de l’injustice entre les filles et les garçons, entre les CP, les CE2 et les CM2, entre les enfants de classes populaires et de classes supérieures ? Cela pose la question de la socialisation, de la construction de l’individu et de son rapport au monde, à l’autre, aux évènements, aux inégalités….Pourquoi étudier le sens de la justice et des inégalités chez les jeunes enfants ? Comment la sociologie peut-elle nous éclairer sur un tel sujet ?Kevin Diter nous précise les hypothèses de ce travail scientifique collectif en cours et revient également sur les méthodes d’enquêtes utilisées auprès de jeunes enfants. Il nous transporte dans cet épisode dans l’univers des enfants et dans son univers de chercheur en sciences sociales.Cinq mots clefs : socialisation - enfant -école - (in)justice - inégalitésRéférence :Abigail Bourguignon, Kevin Diter, Holly Hargis, Wilfried Lignier, Hélène Oehmichen, Julie Pagis, Julien Vitores, article "Telle sœur, tel frère ? La socialisation adelphique aux pratiques ludiques à 2 ans dans l’« Étude longitudinale française depuis l’enfance » (« Elfe »)", Revue française de sociologie 2023/3 (Vol. 64), pages 471 à 513Nicolas Charles, Romain Delès, "Les conceptions de la justice sociale en Europe. Le cas de l’accès aux études supérieures". L'Année sociologique, 2020/2 Vol. 70, p.313-336.Pour en savoir plus :ELFE (Etude Longitudinale Française depuis l’Enfance) : L'étude Elfe a pour but de mieux connaître les facteurs (environnement, entourage familial, conditions de vie…) qui peuvent avoir une influence sur le développement physique et psychologique de l’enfant, sa santé et sa socialisation. La cohorte Elfe consiste en un suivi dans le temps d’enfants nés en 2011. C’est ainsi que près de 18 000 enfants nés en 2011 ont été inclus dans cette très grande enquête nationale, le suivi est d'une durée de 20 ans (soit jusqu'en 2031)."« C’est pô juste » : La construction (socialement différenciée) du sens de la justice chez les enfants de 5 à 11 ans", projet soutenu dans le cadre de l’appel à projets PANELS 2022 en lien avec les enfants de la cohorte ELFE (2023-2026), coordination scientifique du projet Romain Delès, Kevin Diter et Julie Pagis.Sophie Richardot, "Le(s) sens de la justice distributive chez les enfants : revue de la littérature et perspective psycho-sociale", Les cahiers internationaux de psychologie sociale, 2014Sophie Richardot et al. "Chapitre 14. Théories naïves du juste pour soi et du juste pour autrui chez les collégiens". Les sentiments de justice à et sur l'école, De Boeck Supérieur, 2009. p.213-228.Sophie Richardot et al. "Faut-il toujours obéir à la maîtresse ? Soumission à l’autorité et autonomie de jugement chez les élèves de maternelle et d’élémentaire". Revue française de pédagogie, 2021/4 n° 213, p.41-60.Pour des précisions méthodologiques relatives aux questions sur le sens de la justice dans ELFE:  voir Jérôme Camus J., Bertrand Geay, Julie Pagis,"Des serious games sociologiques dans la cohorte d'enfants ELFE : faire jouer les enfants pour accéder à leurs visions du monde", Bulletin of Sociological Methodology/Bulletin de Méthodologie Sociologique, 2020, vol. 146, n°1, p. 99‑123.Claude Martin et Kevin Diter, "Children's Well-being at School. A social problem", London, Wiley, collection Education (à paraître fin 2024).Kevin Diter, "Les amitiés d’enfance : une éducation sentimentale décryptée par la sociologie",The Conversation, 15 mai 2024Kevin Diter, thèse de doctorat "L'enfance des sentiments. La construction et l'intériorisation des règles des sentiments affectifs et amoureux chez les enfants de 6 à 11 ans", 13 février 2019 Sur la philosophie sociale et les questions de justice : voir  Nancy Fraser, "Qu’est-ce que la justice sociale ? Reconnaissance et redistribution", Paris, La Découverte, coll. « Textes à l’appui/Politique et sociétés », 2005,178 pages.  Sur le concept de violence symbolique : voir le texte de Gérard Mauger, "Sur la violence symbolique. In : Pierre Bourdieu, théorie et pratique.", Paris, La Découverte. Recherches, p.84-100.Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 27 juin 2024)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titre : Récréation maternelle N°7), musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr - Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

16/09/2024 • 32:10

Entretien avec Julien Gradoz, économiste. Il a soutenu sa thèse de doctorat en économie au Clersé UMR8019 en septembre 2023 et est actuellement ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) à l’Université de Lille où il enseigne l’économie. Il est également chercheur associé au Clersé. Il est en particulier spécialiste de « l’économie de la qualité », ainsi que des marchés économiques. Nous allons aborder avec lui le concept de qualité et discuter des marchés économiques et en particulier des marchés dits « répugnants ».Julien Gradoz nous décrit dans cet épisode son travail de thèse sur l’introduction du concept de qualité des produits dans la théorie économique au cours du 20ème siècle, ce qui lui permet de définir trois sens à la qualité, l’ensemble étant illustré d’exemples. On découvre dans cet épisode de FRESQUES en quoi les débats des économistes autour de ce concept éclairent le fonctionnement des marchés économiques et du monde économique plus généralement.La mise en place de standards de qualité minimale préserve les consommateurs quant à la qualité de certains produits, et contribue au développement ou non de certains marchés, voire participe à leur interdiction. Dès lors tout peut-il se vendre et tout peut-il s’acheter ? Que peut-on vendre et sous quelles conditions ? Julien Gradoz aborde le concept de marché dit « répugnant », de leur interdiction à des règlementations très encadrées (comme pour l’alcool, le sang ou encore le don d’organes). Ce sont en général des marchés où des personnes souhaitent réaliser des transactions comme acheteurs ou vendeurs et où certaines tierces parties s’y opposent sur la base de considérations morales. Il nous explique également comment la prise de conscience écologique devient centrale pour les marchés existants et dans la construction de nouveaux marchés économiques. Il aborde la question des labels de certification écologique et l’idée d’un standard d’écologie minimale, ce qui revient à penser autrement le rapport à la qualité et le monde économique.Mots clefs : marché répugnant, théorie économique, qualité, marchés économiques, produitRéférence :Note de Julien Gradoz à propos de l’ouvrage collectif “The Routledge Handbook of Commodification” coordonné par Elodie Bertrand et Vida Panitch (eds.) (Routledge, 2024, 458 pages, ISBN 9781032037370), note parue dans Oeconomia, rubrique Revues des livres – comptes rendus, Varia 14-1 2024Pour en savoir plus :Dekker E, Gradoz J., « Managing repugnance : how core-stigma shapes firm behavior ». Journal of Institutionnal Economics. 2023 ; 19(6) : 903-917. Doi10.1017/S1744137422000455« Quand la science économique sauve des vies, conversation avec Alvin Roth, prix Nobel d’économie 2012 », The Conversation, 23 septembre 2019Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 20 février 2024)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titre : Battements de coeur), musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr - Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

15/07/2024 • 16:30

Entretien avec Oriane Lanseman, doctorante en économie au Clersé UMR8019, en 4ème année de thèse sous la direction de l’économiste François-Xavier Devetter, elle est spécialiste en socio-économie du travail et de l’emploi. Son travail de thèse de doctorat porte sur Les mères seules, travailleuses pauvres et le rapport au travail et aux politiques publiques. Sa thèse a été financée par la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) et l'Iresp (Institut pour la recherche en santé publique). Elle s’intéresse en particulier à la monoparentalité, à la qualité de l'emploi, l’organisation du travail, la pauvreté, aux politiques publiques et aux services à la personne.Oriane Lanseman a obtenu en 2019 le premier prix de la CNAF (Caisse nationale des allocations familiales) pour son mémoire de master 2 intitulé « Une analyse socioéconomique de la pauvreté laborieuse des mères seules. Définitions et précisions des catégories mobilisées ». Elle a contribué à l’ouvrage collectif paru en 2023 à La Documentation française « Les familles monoparentales, conditions de vie, vécu et action publique ». Elle participe à l’ouvrage collectif « Idées reçues sur les familles monoparentales » publié aux Editions Cavalier bleu en 2024.Dans cet épisode spécial de FRESQUES, Oriane Lanseman nous explique, à partir de ses travaux de recherche très en phase avec l’actualité et les travaux parlementaires en cours, le lien entre pauvreté et emploi dans les familles monoparentales et en particulier pour les mères seules. Les familles monoparentales représentent en France en 2024, une famille sur quatre, ce qui a plus que doublé depuis les années 1970. Plus de 80 pourcent de ces familles sont composées de mères seules avec leurs enfants et plus de 40 pourcent d’entre elles sont pauvres.Dans ses travaux, Oriane Lanseman étudie plus particulièrement les situations de précarité et de pauvreté de ces mères, situations souvent liées aux emplois qu’elles occupent et peuvent occuper. Les politiques « d’activation » (aides de l’Etat soumises à des contreparties de recherche active d’un emploi), dans la lutte contre la pauvreté, ne semblent pas selon ses analyses permettre à ces femmes de s’en sortir.Elles font faces à des obstacles à l’emploi car elles sont souvent moins diplômées que les autres parents (donc certains emplois leurs sont inaccessibles) et ont plus de difficultés à concilier vie familiale (garde d’enfant par exemple) et vie professionnelle (parfois horaires décalés). Leurs horaires souvent atypiques sont incompatibles avec une vie de famille monoparentale.Les emplois qu’elles occupent, souvent à temps partiel, ne sont pas suffisamment rémunérés pour couvrir les charges familiales, ce qui rend ces femmes dépendantes des aides versées par l’Etat et les exposent à la pauvreté.Oriane Lanseman détaille dans cet épisode les différentes aides auxquelles ces familles ont droit. Elle précise les secteurs concernés, et nous explique sur la base de ses travaux de recherche comment il pourrait être possible d’améliorer leurs conditions de vie et la qualité de leur emploi pour les sortir de la précarité et de la pauvreté.Mots Clefs : emploi - famille monoparentale - mère seule - pauvreté - précaritéRéférence :Oriane Lanseman dans l’ouvrage collectif coordonné par Marie-Clémence Le Pape et Clémence Helfter (dir.), 2023, Les familles monoparentales. Conditions de vie, vécu et action publique, Paris, La Documentation française, 306 pages.Chapitre "Le travail et l’emploi dans les familles monoparentales : politiques d’activation et pauvreté laborieuse" avec François-Xavier DevetterPour en savoir plus :Marie-Clémence Le Pape et Clémence Helfter (dir.), 2024, Idées reçues sur les familles monoparentales, Paris, éditions Le Cavalier Bleu, 164 pages. voir notamment le Chapitre d’Oriane Lanseman : "Les mères seules sont pauvres car elles ne travaillent pas""Clémence Helfter et Oriane Lanseman, article "Sortir les mères seules de la pauvreté grâce à l'emploi : mais quel emploi? ", The Conversation, 12 mai 2024« Les mères seules dans le piège de la pauvreté : "J'ai eu un ami mais ce n'était pas jouable"», Le Monde, 8 mai 2024« Précarité Familles monoparentales : les mères solo sous l’eau », Libération, 13 mars 2024 « Les familles monoparentales : Adeline, maman solo, vit dans la crainte de la paupérisation », Public Sénat, 28 mars 2024«  Vers une carte « famille monoparentale »? », Le nouvel Obs, 28 mars 2024Avec la participation de Oriane Lanseman, voir le reportage « Parents solo des familles oubliées », Public Sénat, 30 mars 2024Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 3 avril 2024)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titre : Récréation maternelle #8), musique : The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr -Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

13/06/2024 • 14:05

Entretien avec  Frédéric Héran, économiste des transports et urbaniste, enseignant-chercheur émérite au Clersé UMR 8019 depuis septembre 2023. Il travaille sur la mobilité des personnes et plus particulièrement sur les nuisances des modes de transports motorisés et sur les modes de déplacements alternatifs à l’automobile. Il a notamment publié en 2011 "La ville morcelée. Effets de coupure en milieu urbain", chez Economica et en 2015 "Le retour de la bicyclette. Une histoire des déplacements urbains en Europe, de 1817 à 2050", aux Editions La découverte.Nous allons aborder avec lui la question des véhicules intermédiaires, sujet qui le mobilise depuis peu.Après avoir défini ces véhicules intermédiaires entre vélo et voiture et fourni des exemples, il nous expose en quoi ces véhicules électriques légers sont plus écologiques que les véhicules traditionnels. Les voitures actuelles sont lourdes et surdimensionnées. Elles consomment beaucoup d’énergie et de matières premières à tous les stades de la fabrication. Les véhicules intermédiaires sont 2 à 20 fois moins lourds et leur empreinte carbone comme leur empreinte matières bien moindres.Ils représentent une solution d’avenir pour la mobilité individuelle tant en ville qu’en zone rurale. Le principal obstacle à leur déploiement concerne le verrouillage des imaginaires de la mobilité par la publicité automobile.Frédéric Héran nous informe d'ailleurs que l'ADEME (Agence de la transition écologique) s'intéresse à ces véhicules intermédiaires et a lancé un eXtrême Défi (XD) visant à concevoir, prototyper et industrialiser de nouveaux véhicules plus légers et moins chers.Ces véhicules intermédiaires, également appelés LEV (light electric vehicule), ont certainement un bel avenir devant eux. Une affaire à suivre…Mots clefs : environnement - transition écologique - transport - véhicule intermédiaireRéférence :Frédéric Héran, " Quel avenir pour les véhicules intermédiaires? ", Transports Urbains N°141, sept. 2022 Pour en savoir plus :"Comment l’État et l’ADEME soutiennent l’essor des véhicules intermédiaires?" voir par exemple la Vidéo - 12ème épisode de La « Nouvelle Aventure Mobile » de Jérôme Zindy vélo-reporter. Tous les épisodes sont réalisés avec des véhicules intermédiaires (voir tous les épisodes de février à mars 2024)France Bleu, " Et si l'on se déplaçait ... en véhicules intermédiaires? ", 17 mars 2024Frédéric Héran, " Stationnement des SUV: Nos voitures sont-elles devenues obèses ? ", The Conversation, 2 février 2024Frédéric Héran, " Les nouvelles formes de la mobilité : trottinettes électriques, hoverboards, bicyclettes électriques … ", Annales des Mines – Réalités industrielles 2018/2Frédéric Héran, " Le retour de la bicyclette. Une histoire des déplacements urbains en Europe, de 1817 à 2050 ", La Découverte, 2015Frédéric Héran, " La ville morcelée. Effets de coupure en milieu urbain ", Economica, 2011Autres informations sur le sujet :L'eXtrême Défi Mobilité de l'ADEME (Agence de la transition écologique)Billet de l’ADEME du 19 avril 2023 sur la création de l’Association des acteurs des véhicules légers intermédiaires (AVELI)Association " Innovation véhicules doux " (In’VD) pour les mobilités alternatives en milieu rural de moyenne montagne, au service de la transition écologique.SPEZI - Le salon international des vélos spéciauxADEME, Extrême Défi ADEME Mobilité -  article " Vous avez dit véhicule intermédiaire, comme c’est bizarre ", 10 décembre 2021Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 27 février 2024)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titres : Rue joyeuse, Frein de vélo 1, Sonnette de vélo 5), musique : The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr -Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

15/05/2024 • 20:44

Entretien avec Clotilde Lemarchant, professeure en sociologie et vice-doyenne Recherche de la Faculté des sciences économiques, sociales et des territoires (FaSEST) à l'Université de Lille, elle est aussi directrice adjointe de la revue «  Travail, genre et Société ».Spécialiste en sociologie de l’éducation, sociologie du genre et sociologie rurale, elle conduit ses recherches au  Clersé UMR8019. Elle s’intéresse aux problématiques de mixité hommes/femmes au travail et dans les formations et en particulier aux liens entre métier, formation et genre. Elle étudie notamment la dynamique de ces liens entre l’agriculture et d’autres professions, entre ville et campagne, entre agriculture conventionnelle et agroécologie. Elle a publié en 2017 l’ouvrage « Unique en son genre » aux Presses Universitaires de France et a coordonné avec Pauline Sellier en 2021 le dossier « Agricultrices » paru dans la revue Travail, genre et société.A partir de son expertise scientifique sur le genre et de ses travaux de recherche, Clotilde Lemarchant nous apporte un éclairage dans cet épisode de FRESQUES sur la place des femmes aujourd’hui dans les mondes agricoles en France. Les femmes y sont en effet désormais plus visibles et représentent actuellement plus de 30% des actifs permanents agricoles.Trois statuts juridiques permettent à ces femmes aujourd’hui d’être reconnues pour leurs activités professionnelles : cheffe d’exploitation, collaboratrice d’exploitation, ou encore salariée. Leurs activités sont très variées, leurs situations hétérogènes, mais on les retrouve un peu plus dans le maraîchage et l’élevage d’animaux de petite taille, ou encore dans l’agriculture biologique (plutôt sur de petites exploitations).Elles participent de plus en plus aux aspects techniques des métiers agricoles, sont plus présentes aussi dans les formations agricoles jusqu’ici statistiquement masculines, prennent des responsabilités de grande ampleur dans le syndicalisme agricole (ex. Fédération Nationale des Syndicats Exploitants Agricoles (FNSEA), Confédération paysanne, ou dans les organismes agricoles tels que la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB)), et se mobilisent aussi lors des mouvements de contestation lors des récentes crises agricoles.On assiste ainsi à une transformation des représentations du métier, au masculin comme au féminin, avec, selon les cas, revendication de l’idée de complémentarité de rôles naturalisés - ou pas ; et/ou revendication de nouvelles formes d’égalité professionnelle dans l’organisation du travail - ou pas …Ces recompositions participent d’un mouvement de fond qui bouscule l’ordre genré à la ville comme à la campagne, et qui signe une nouvelle façon d’occuper les territoires et, plus généralement, la société.Mots clefs : agricultrice - formation - genre - technique - travailRéférence :Clotilde Lemarchant et Pauline Sellier, coordination du dossier « Agricultrices », Revue Travail, genre et sociétés, 2021/1 (n° 45), p. 25-30. DOI : 10.3917/tgs.045.0025. URL, Editions La DécouvertePour en savoir plus :Ministère de l’agriculture : L’égalité femmes-hommes et la mixité dans l’enseignement agricole | Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (5 mars 2024)Clotilde Lemarchant, article « Comment améliorer la mixité dans les formations initiales ? », Observatoire des inégalités, 4 mars 2024webinaire en replay – « Poli(cri)tique – Mondes agricoles : les raisons de la colère. Qui se mobilise et pourquoi ? » avec la participation de Clotilde Lemarchant, AFSP (Association française de science politique), 27 février 2024Clotilde Lemarchant, « Dynamiques des mondes ruraux : la part des femmes », in Madeline Philippe, Sylvain Skora, Les campagnes dans l’histoire. Études réunies en l’honneur de Jean-Marc Moriceau, collection « Bibliothèque d’Histoire Rurale », 2023, p.665-674Clotilde Lemarchant, « La mise en œuvre de la mixité dans les formations », in Brunner Anne, Maurin Louis, (dir.) Réduire les inégalités, c’est possible ! 30 experts présentent leurs solutions, Observatoire des inégalités, 2021Clotilde Lemarchant, Pauline Seiller, « Agricultrices », Revue Travail, genre et sociétés, 2021, n°45, p.25-30Alexandre Guérillot, « Le métier d’agricultrice bio. Un nouveau rapport au travail ? », Revue Travail, genre et sociétés, 2021/1 (n° 45), p. 39-55. DOI : 10.3917/tgs.045.0039.Clotilde Lemarchant, ouvrage « Unique en son genre. Filles et garçons atypiques dans les formations techniques et professionnelles », PUF, 2017Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 27 mars 2024)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titres : Troupeau de 300 moutons #2), musique : The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr -Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

23/04/2024 • 17:04

Entretien avec Mathilde Guergoat-Larivière, professeure d’économie, et Mathis Bachelot, doctorant en économie. Tous les deux réalisent leur recherche au Clersé à l’Université de Lille. Mathilde Guergoat-Larivière s’intéresse à la qualité de l’emploi et aux inégalités de genre et en particulier avec Mathis Bachelot aux emplois verts et aux effets de la transition écologique sur ces emplois. Transition écologique qui propose un nouveau modèle économique et social, un modèle de développement durable qui transformerait par exemple nos façons de consommer, de produire, de travailler, pour faire face aux enjeux environnementaux, au changement climatique, à la raréfaction des matières premières, préserver la biodiversité, etc. On peut donc s’attendre à de profonds bouleversements dans le travail et dans la manière de travailler. Pour extrapoler, dès lors que tout un chacun s’emploie à intégrer des fonctionnements pour réduire l’empreinte carbone, ne sommes-nous pas tous en train de transformer nos emplois en emplois verts ?Mais qu’est-ce qu’un emploi vert justement, existe-t-il une définition ? S’il y a plusieurs nuances d’emplois verts, on distingue aussi les emplois verts des emplois verdissants. L’observatoire national des emplois et des métiers de l’économie verte (ONEMEV) est chargé en France de définir ce que seraient les emplois verts en France. Mais y a t-il un consensus à l’échelle mondiale dans la définition des emplois verts? Seraient-ils plus attractifs puisqu’ils entrent dans le cercle vertueux de la transition écologique ? Sont-ils accessibles aux femmes comme aux hommes ? Les emplois verts offrent-ils de meilleures conditions de travail, sont-ils mieux payés ? Comment s’y retrouver ? C’est ce que tentent de nous expliquer nos deux économistes sur la base de leurs travaux de recherche, d’autant plus qu’il y a des conceptions politiques qui s’affrontent dans la définition des emplois verts et donc de forts enjeux.Pour conclure, Mathis Bachelot, présente son travail de doctorat et Mathilde Guergoat Larivière son projet de recherche ANR intitulé ETEWI qu’elle pilote depuis le 1er janvier 2024 sur les emplois verts et verdissants. Ce projet vise à analyser la manière dont la transition écologique peut avoir un impact sur l’emploi, la qualité des emplois et les inégalités dans l'emploi, en prenant en compte la perspective des travailleur.se.s et des entreprises, ainsi que le rôle des politiques publiques.  Mots clefs : emploi vert - inégalités - politiques publiques - qualité de l'emploi - transition écologique Référence :Mathilde Guergoat-Larivière et Mathis Bachelot, Quelle est la qualité des emplois verts en France ?, AOC, 9 octobre 2023Pour en savoir plus et approfondir :France Stratégie/Dares (Hentzgen C., Orand M.) : « Les incidences économiques de l’action pour le climat, rapport thématique : Marché du travail », mai 2023ONEMEV : L’observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte | Ministères Écologie Énergie Territoires (ecologie.gouv.fr)Rapport du Conseil d’analyse économique: "Transition énergétique: faut-il craindre pour l'emploi?", novembre 2023Rapport de la recherche coordonnée par le CEREQ : « Répondre aux besoins en compétences à l’heure de la transition écologique : représentations et réalités », appel à projets La formation des personnes en recherche d’emploi », lancé par le comité scientifique de l’évaluation du Plan d’Investissement dans les compétences, octobre 2023Concept et réalisation de "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 12 décembre 2023)Sources du montage audio :bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin : Rouge-gorge 3), musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr -Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

14/03/2024 • 21:16

Entretien avec Grégory Salle, sociologue au Clersé UMR8019  et Directeur de recherche au CNRS. Grégory Salle est spécialiste des normes et déviances et en particulier du système pénal, de la sociologie des élites et des classes sociales. Ses travaux scientifiques l'ont ainsi conduit de l'étude de la prison à celle de la plage, du système pénal aux inégalités socio-environnementales. Ses travaux actuels portent plus particulièrement sur la criminalité environnementale, ou la délinquance écologique, son objet de recherche est la plage et ses usages, avec ses contradictions et ses conflits à l'ère de la transition écologique.  Il a publié en 2021 un essai intitulé "Superyacht : luxe, calme et écocide" aux Editions Amsterdam, et en 2022 un livre issu de ses recherches "Qu'est-ce que le crime environnemental" aux éditions Seuil.Analyser par la sociologie la plage, comme espace social, politique et économique, montre que celle-ci est un lieu de reproduction des inégalités sociales où les fractures sociales sont de plus en plus visibles. Cela permet aussi de pointer des injonctions contradictoires : c'est à dire d'un côté la nécessité de préserver les espaces naturels littoraux (plage, fonds marins, nature), et de l'autre favoriser son développement à des fins résidentielles et/ou commerciales et/ou de loisirs. A cela s’ajoutent les enjeux écologiques, comme par exemple la montée des eaux, l’érosion du littoral... Finalement tout cela risque de réduire l'espace des accès publics des plages à moins d’adopter pour la préservation du littoral un accès responsable « eco-friendly » comme on dit, aujourd’hui, ouvert à tous, restreint ou pas, respectueux de l’environnement et de la nature. La plage est-elle en sursis face à tous ces enjeux ? Quelle plage pour demain et quel accès ? Qu’en est-il en France, et dans d’autres endroits du monde (Brésil, Etats-Unis)? Grégory Salle nous rappelle que la plage a une histoire sociale mais est aussi un écosystème vivant. Il partage dans ce podcast son regard de sociologue et nous éclaire sur les multiples facettes et enjeux de la plage à travers des exemples et face aux crises sociales et écologique qu’elle traverse et va continuer de traverser. La plage finalement analysée comme un milieu vivant associant homme et nature, c’est aussi ce que propose le réseau de recherche qu’il coordonne avec Isabelle Bruno, politiste au CERAPS « Le “désir de rivage” sous contrainte écologique : l’accès aux plages entre inégalités environnementales et protection du littoral » (BeachAccess, 2024-2026) soutenu par la FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme) dans le cadre de l’appel « Climat et environnement », réseau de recherche récent dont il nous parle aussi dans ce podcast.Mots clefs : conflits d'usages - inégalités sociales - littoral - plage - sociologieRéférence :Carnet de recherche "Des lignes sur le sable. Les plages sous le regard des sciences sociales" proposé par Isabelle Bruno, politiste au CERAPS UMR8026 et Grégory Salle, sociologue au Clersé UMR8019.  Billet introductif : "Tout.es à la plage ! ". Ce carnet de recherche a pour objectif de mettre en avant les activités du réseau de recherche Beach Access qu’ils coordonnent à partir de 2024 et soutenu par la FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme) dans le cadre de l’appel 2023 « Climat et environnement ».Pour en savoir plus et approfondir :Bidet Jennifer et Devienne Elsa, « Plages de la discorde », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 218, 2017, p. 4-9.Bruno Isabelle et Salle Grégory, « "État ne touche pas à mon matelas !" Conflits d’usage et luttes d’appropriation sur la plage de Pampelonne », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 218, 2017, p. 26-45.Bruno Isabelle et Salle Grégory, « Les plages sont des zones à défendre », Socialter, coll. « Bascules », hors-série n° 3, octobre 2023, p. 74-85.Corbin Alain, Le territoire du vide. L’Occident et le désir du rivage, Flammarion, 2018 [1988].Devienne Elsa, La ruée vers le sable. Une histoire environnementale des plages de Los Angeles au XXe siècle, éd. de la Sorbonne, 2020.Granger Christophe, La saison des apparences. Naissance des corps d’été, Anamosa, 2023 [2017].Urbain Jean-Didier, Sur la plage. Mœurs et coutumes balnéaires (XIXe-XXe siècles), Payot, 2016 [1994].Tous à la plage ! Villes balnéaires du XVIIIe siècle à nos jours, Lienart/Cité de l'architecture & du patrimoine, 2016.Ferrucci Jean-Dominique, Erde Tamara (réal.), "Faire l'histoire - Le parasol, les territoires de l’été”, ARTE France/Les Films d’Ici, 2020.Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 11 décembre 2023)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titre : Petites vagues, écume et plage), musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr -Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

14/02/2024 • 27:08

Entretien avec Anne Bustreel et Martine Pernod-Lemattre, maîtresses de conférences en économie au Clersé à l’Université de Lille. Spécialistes en économie du travail, elles s’intéressent en particulier aux inégalités professionnelles entre les hommes et les femmes et aux politiques menées par les entreprises pour lutter contre ces inégalités.Suite à des enquêtes quantitatives et qualitatives qu’elles ont menées et à leurs analyses dans le cadre d’un projet de recherche scientifique financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) intitulé WOMAN (WOman in MANagement) maintenant achevé, elles vont discuter dans ce podcast des femmes cadres dans le milieu bancaire et des freins ou pas qu’elles rencontrent pour accéder à des postes de très haut niveau.S’il existe des accords d’entreprises sur l’égalité professionnelle et sur les luttes contre la discrimination à l’emploi entre homme et femme, on constate qu’il y a encore du chemin à parcourir pour tendre vers une égalité des hommes et des femmes dans l’accès aux postes à responsabilité. A compétence égale, le travail des femmes aurait-il moins de valeur que celui des hommes ?  Quelles sont les barrières pour accéder à ces postes prestigieux ?Ainsi, si aujourd’hui les jeunes femmes sont plus diplômées que les jeunes hommes, elles restent au cours de leur carrière professionnelle moins nombreuses à accéder à des postes hiérarchiques ou encore à des postes à responsabilités stratégiques pour l’entreprise. Mais comment font-elles pour dépasser le plafond de verre et accéder à ces postes de haut niveau ? Sont-elles des superwomen ? Sont-elles aidées pour y parvenir ?Mots clefs : cadre de haut niveau - entreprise - hommes/femmes - inégalités - plafond de verreRéférence :BUSTREEL A. et PERNOD-LEMATTRE M., Le régime temporel du «travailleur idéal» dans les professions hautement qualifiées. Socio-économie du travail, Genre et politiques de l’emploi et du travail, 2020 – 2 (n° 8), p. 91-125. 〈10.48611/isbn.978-2-406-12361-3.p.0091〉. 〈hal-03474261〉Pour en savoir plus et approfondir :Anne Bustreel et Martine Pernod-Lemattre, « Pourquoi l’Index égalité professionnelle n’améliorera pas la rémunération des femmes », The Conversation, 23 avril 2023"Femmes managers entre la Suède et la France, un gouffre culturel", un entretien avec Anne Bustreel en lien avec le projet ANR Woman, ID. Inspirons demain N°1 (2023), le magazine Transitions de l'Université de Lille (p.28-29). Retour sur le projet de recherche ANR WOMAN (WOman in MANagement. Quel genre de managers avant 40 ans ? Faits et discours dans 4 pays européens) terminé en 2022 et coordonné par Vanesssa di Paola au LEST (Laboratoire d’économie et de sociologie du travail) en collaboration avec le Clersé et le Céreq : WOman in MANagement.Concept et réalisation de "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 6 décembre 2023)Sources du montage audio :bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin : Verre qui éclate )musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr -Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

16/01/2024 • 12:43

Entretien avec Alice Olivier, sociologue au Clersé UMR8019 et maîtresse de conférences à l’INSPE de l'académie de Lille Hauts-de-France à l’Université de Lille. Ses domaines d’expertise pour n’en citer que quelques-uns portent sur la sociologie de l’éducation, la sociologie du genre, les masculinités, les socialisations, les parcours atypiques. Elle a publié en 2023 l’ouvrage « Se distinguer des femmes » : sociologie des hommes en formations « féminines » de l’enseignement supérieur, aux Editions La documentation française.Alice Olivier nous partage dans ce podcast son regard de sociologue suite à l'enquête qu’elle a menée auprès d’hommes en études de sage-femme et d’assistance de service social. Comme dans la société, plus généralement, le masculin est plus souvent valorisé à quelques nuances près que le féminin. A formation identique des hommes et des femmes, dans ces formations dites "féminines" et même lorsque les résultats sont moins bons pour les hommes, ceux qui s’adaptent le mieux dans ces parcours bénéficient d’un jugement genré en leur faveur sur leurs compétences. Ils bénéficient de privilèges.L’examen de ces trajectoires atypiques permet d’étudier le genre et nous éclaire sur les représentations de celui-ci, la hiérarchie entre les sexes, tout cela dans une société en quête à la fois d’égalité et de mixité de genre. Le masculin l'emporterait-il encore une fois sur le féminin ?Mots clefs : assistance de service social - enseignement supérieur - féminin - formation - genre - masculin - sage-femme Référence : Alice Olivier, « Se distinguer des femmes » : sociologie des hommes en formations « féminines » de l’enseignement supérieur, Chez La documentation française avec l’Observatoire National de la vie étudiante (2023) - ISBN : 978-2-11-157667-4Pour en savoir plus et approfondir :Alice Olivier, 2023, « Les hommes qui choisissent un métier féminin, l’étude d’Alice Olivier, Maître de conférences à Lille », dans l’émission Hauts féminin France3 Hauts-de-France, 8 novembreAlice Olivier, 2023, entretien pour le podcast de Thomas Messias, "Les étudiants sages-femmes, la bonne place pour les hommes ? ", de la série podcast Mansplaining, publié sur Slate (22 mn), 27 septembreAlice Olivier, 2023, entretien "Même rares, les étudiants hommes restent « très visibles » dans les formations dites féminines", Ouest France,  2 septembreAlice Olivier, 2023, entretien "Au sein des études de sage-femme, les hommes maintiennent leurs privilèges de genre", n°2 - 293 de la revue "Profession sage-femme"Alice Olivier, 2020, « Des hommes en formation "féminine" : le poids du genre dans l’enseignement supérieur », OVE Infos, maiConcept et réalisation de "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 8 novembre 2023)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin : Discussions extérieures 2, maternité couloir); musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr - Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

14/12/2023 • 23:07

Entretien avec Florence Jany-Catrice, économiste au Clersé UMR8019. Experte dans le domaine de l’emploi dans les services, elle s’intéresse aussi depuis plusieurs années à la construction des indicateurs macroéconomiques, et plus récemment ses recherches portent sur les indicateurs de mesure de l’utilité sociale en particulier dans le domaine de l’économie sociale et solidaire. Elle a publié en 2019 l’ouvrage « L’indice des prix à la consommation » aux éditions La découverte et « A political economy of the measurement of inflation » aux éditions Palgrave Mcmillan .  L’inflation, ce terme que l’on entend régulièrement ces dernières années et qui impacte la vie des ménages, des entreprises, des systèmes productifs …. Une réalité liée à plusieurs facteurs, raréfaction des matières premières, crise de l’énergie, course aux profits ….  Florence Jany-Catrice nous partage dans ce deuxième podcast « FRESQUES – Les Rendez-vous socio-éco du Clersé » son regard d’économiste sur le sujet de l’inflation et nous explique comment elle se mesure statistiquement. Sa mesure repose sur un indicateur « L’indice des prix à la consommation » qui se base lui-même sur un panier de référence de biens et de services qui se recompose en permanence et qui rend compte de la complexité de la consommation, du changement des habitudes de consommation et des stratégies d’innovation des entreprises au fil des époques et des bouleversements technologiques.Autre questionnement, dans un avenir proche comment la transition écologique va-t-elle impacter l’inflation et le mode de consommation des ménages ?. Si les indicateurs ne font pas tous l’unanimité, ils ont au moins pour mérite de lancer les débats et de contribuer aux analyses et réflexions pour favoriser les prises de décisions et passer à l’action.Ce podcast discute d’une complexité, celle de l’inflation à la fois comme phénomène et comme mesure du phénomène et tente de la rendre plus claire.Mots clefs : économie - indicateur - indice des prix à la consommation - inflationRéférence : Florence Jany-Catrice, « L’indice des prix à la consommation », Chez Ed. La Découverte (2019) – ISBN :  978-2-707-19931-7Pour en savoir plus et approfondir :Florence Jany-Catrice, 2023, article « L’inflation sens dessus-dessous », Revue projet, à paraître Voir ses interventions en économie sur France Culture ici voir aussi ses interventions dans le livre issu des podcasts de France Culture « Le pourquoi du comment », Chroniques critiques de l’économie, chez Breal, janvier 2023Florence Jany-Catrice, Episode 3/3 : Il était une fois le pouvoir d’achat dans l’émission Entendez-vous l’écho ?, France Culture, 31 août 2022Sous la direction de Florence Jany-Catrice et Dominique Méda, « L’économie au service de la société », Chez Les Petits Matins, 14 mars 2019Jean-Gadrey et Florence Jany-Catrice, « Les nouveaux indicateurs de richesse », 4ème édition, Ed. La Découverte (2012)« Qui décide de ce qui compte ? », Revue Projet (N°331), décembre 2012Concept et réalisation de "FRESQUES - Les Rendez-vous socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 7 novembre 2023).Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin - Titre : Brocante 2); musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr-Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523 )

30/11/2023 • 16:43

Ce podcast est le premier d'une longue série. Il contribue au podcast "FRESQUES – Les rendez-vous socio-éco du Clersé". FRESQUES comme FOUILLER – REFLECHIR – EXPLIQUER - SIMPLEMENT – QUESTIONNER – UTILEMENT – ECONOMIE – SOCIETES.***Entretien avec Manuel Schotté, sociologue au Clersé UMR8019. Il s'intéresse à la construction sociale de la valeur et du talent, notamment à partir de l'objet sportif. Il est l'auteur du livre « La valeur du footballeur » (CNRS Editions).Le football professionnel est un lieu à la fois d’ascension sociale et de fortes inégalités. Son étude permet de comprendre la construction sociale de la valeur dans nos sociétés, comme le démontre Manuel Schotté dans son ouvrage. Il partage dans ce podcast son regard de sociologue sur le sujet et nous explique pourquoi l’analyse de l’univers des footballeurs offre des clefs pour mieux comprendre la construction de la valeur. Rien n'a de valeur dans l'absolu, celle-ci résulte des investissements dont une chose ou une personne est l'objet.Mots clefs : acteur - construction de la valeur - footballeur - genre - société - sociologie - valeurRéférence : Manuel Schotté, La valeur du footballeur « Socio-histoire d’une production collective », Chez CNRS Edition (2022) – ISBN : 978-2-271-13702-9Pour en savoir plus et approfondir :Sébastien Ségas, Notes de lectures, Politix (N°141), pp 208-203, 2023Schotté Manuel, 2023, "Footballeurs: sous les crampons, les millions", entretien dans l'émission podcast "Entendez-vous l'éco?", France Culture, 16 maiSchotté Manuel, 2022, "Football : «l’invention des « grands joueurs »" par Manuel Schotté, AOC (Analyse, opinion, critique), 16 décembreSchotté Manuel, 2022, "A la fois star et marchandise, le paradoxe du footballeur", entretien avec Manuel Schotté, Télérama, 20 novembreSchotté Manuel, 2022, podcast « Socio-histoire du foot » entretien avec Manuel Schotte, Paroles d’histoire, 19 novembreSchotté Manuel, 2022, « Pourquoi les footballeurs sont-ils autant payés ? », entretien avec Manuel Schotté en relation avec la sortie du livre « La valeur du footballeur » de Manuel Schotté (CNRS Editions, 2022), Ouest-France, 7 novembreSchotté Manuel, 2022, « La valeur du footballeur. Socio-histoire d’une production collective. », entretien avec Manuel Schotté,  Politika – le politique à l’épreuve des sciences sociales (EHESS), 2022Concept et réalisation "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 27 septembre 2023)Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titres : Corne brume gaz 2, Manifestation 3); musique (Titre :  The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon ; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr -Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)

16/11/2023 • 16:12

 Cet enregistrement présente le podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé". FRESQUES comme Fouiller - Réfléchir - Expliquer - Simplement - Questionner - Utilement - Economie - SociétéCe podcast du Centre Lillois d'Etudes et de Recherches Sociologiques et Economiques (Clersé) est lancé en octobre 2023. Il mobilise des chercheurs et enseignants-chercheurs y compris des doctorants du laboratoire. FRESQUES est un outil de médiation scientifique par le podcast qui propose d'apporter un éclairage, grâce à la recherche scientifique, sur les problématiques économiques et sociales, du monde dans lequel nous vivons.En savoir plus sur le Clersé UMR 8019 : Le Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé) est une unité mixte de recherche de l’Université de Lille et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) (UMR 8019). Le Clersé poursuit des activités de recherche en sociologie, en économie et en anthropologie en favorisant le dialogue et les échanges entre les disciplines autour d’objets communs (le travail, l’économie sociale, le développement,…).Les recherches du Clersé concernent les sociétés contemporaines, postindustrielles ou en développement. Sans tous les nommer les champs mobilisés sont ceux de la sociologie du travail, de la famille, de l’éducation, des genres, de la culture, de la déviance, de la prison, de la justice sociale, des mouvements sociaux, des rapports sociaux, la sociologie économique et de la quantification, la socio-économie, l’économie du développement, l’économie du travail et de l’emploi, l’économie des conventions, l’économie post-keynésienne, l’économie des services, l’économie de l’innovation, l’économie de la santé, l’économie de l’environnement, l’histoire de la pensée économique ….   Le Clersé analyse et interroge les vulnérabilités sociales, économiques et environnementales et dispose grâce à ses membres d'un large panel d’expertises.Ici : Site internet du Clersé voir aussi les projets de recherche scientifique menés au Clersé et la valorisation de ses membres dans la presse et autres médias.Concept et réalisation du Podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (octobre 2023)Sources du montage audio : musique  voir 1) et 2) ci-dessous1) Titre:  Gaia, Auteur: Nova Noma, Source: https://soundcloud.com/nova-noma, Licence (CC BY): https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr, Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=611 ; 2) Titre :  The Success, Auteur: Keys of Moon, Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr,Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)Durée : 00:02:50

23/10/2023 • 02:50

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