Revivez les moments marquants de l’histoire avec Brice Depasse ! Chaque épisode de ce podcast vous transporte dans une date précise où un événement a laissé une empreinte indélébile dans nos souvenirs. Brice Depasse, avec son talent de conteur, vous fait revivre ces journées mémorables à travers des anecdotes captivantes et des actualités qui ont marqué les esprits. Que ce soit le jour où Martin Luther King a prononcé le célèbre "I Have a Dream", la sortie du film "Les dents de la mer" ou le premier vol dans escale entre New-York et Paris, ce podcast vous propose un voyage dans le temps au cœur des événements qui ont façonné notre monde et notre Belgique. Plongez dans l’atmosphère de ces époques et redécouvrez les actualités qui ont fait la une des journaux, tout en partageant des anecdotes peu connues qui donnent un nouvel éclairage sur ces instants décisifs. Brice Depasse vous invite à vous souvenir des événements qui ont rythmé votre vie, à travers le prisme des souvenirs collectifs. Chaque épisode est une occasion unique de revivre ces moments historiques, de ressentir à nouveau l’émotion de ces journées spéciales et de plonger dans les actualités qui ont marqué la Belgique et le monde. Qu’il s’agisse de grands événements mondiaux ou de petites histoires qui ont touché le cœur des Belges, ce podcast est une véritable capsule temporelle, un retour aux sources pour ceux qui ont vécu ces années d’effervescence. Redécouvrez ces moments forts sous un nouveau jour, et laissez-vous emporter par la nostalgie des années passées. Rejoignez-nous pour un voyage dans le temps, où chaque épisode vous ramène à une époque révolue mais toujours vivante dans nos cœurs. C'est votre rendez-vous pour replonger dans les souvenirs, revisiter les événements marquants et redécouvrir les actualités qui ont forgé notre histoire collective.
Ce 15 décembre, je vous emmène en 1970, à une époque où on croyait qu’en l’an 2000, on irait passer nos week-ends sur la Lune et les grandes vacances sur Mars. C’est vrai que des mecs nous vendent ça sérieusement, au Journal Télévisé. Et ce n’était pas si fou que ça ! Premièrement parce que l’an 2000, ça nous paraît tellement loin que tout est possible, et deuxièmement parce qu’on est en train de faire le plus gros du boulot.C’est vrai, les Américains ont déjà envoyé deux missions sur la Lune et ce 15 décembre 1970, ce sont les Soviétiques qui atterrissent sur Vénus. Et oui ! Bon, le vol n’est pas habité, hein. Faudrait être con d’ailleurs parce qu’ils ont déjà envoyé deux sondes sur cette planète et que, même si son nom est trèès beau, Vénus, c’est aussi la planète la plus inhospitalière qui soit. Jugez plutôt les données qu’elles ont envoyées avant de se désintégrer : une température de plusieurs centaines de degrés centigrade. C’est pas un coup de soleil qu’ils risquent, les Cosmonautes ! Avec en plus une pression identique à celle de 800 mètres sous l’océan. Je pense qu’après le premier pas sur Vénus, on a la tête bien rentrée dans les épaules, … au niveau des genoux !Et donc, c’est un exploit qu’ils tentent là, les Soviétiques, avec leur sonde Venera 7 qui s’approche de la planète par sa fache cachée, probablement pour la surprendre, en faisant semblant de rien, puis en déployant un parachute, qui va se déchirer pour ne pas dire disparaître plus tôt que prévu. La sonde percute le sol à 60 km/h mais elle ne se fracasse pas car c’est une sorte de chaudron de plus d’une tonne de métal blindé, pour résister à une pression 180 fois supérieure à la nôtre. Bon elle est tombée de travers donc elle va émettre difficilement mais quand même : température de 475 degrés, à 20° près, hein, ça devait être l’été, je suppose, pression d’une centaine d’atmosphères terrestres, transmission réalisée ce 15 décembre 1970, les Américains sont sur la Lune, les Soviétiques sur Vénus, et nous on y croyait, à nos vacances dans l’espace comme dans les livres de Science-Fiction, devant notre téléviseur en noir et blanc.
15/12/2025 • 03:23
On connaît tous la date du 20 juillet 1969 : Neil Armstrong est le premier homme sur la Lune avec Apollo XI.Mais on ne connaît pas le 14 décembre 1972, Gene Cernan est le dernier homme sur la Lune avec Apollo XVII.Vous connaîtriez peut-être son nom s’il n’avait pas dû abandonner son appareil photo personnel avec lequel il a photographié la dernière empreinte de pas sur la Lune (et aussi les initiales des prénoms de sa fille qu’il a tracées).C’est fou mais le monde a oublié le nom de Gene Cernan. Déjà quelques années plus tôt, il ratait un premier rendez-vous avec Gemini en étant le second astronaute à sortir dans l’espace puis il était le premier à survoler la Lune à 15.000 mètres d’altitude, durant 8 heures, avec Apollo X dans le module Snoopy.Et donc on a oublié que Eugène est l’homme, avec son coéquipier, à avoir séjourné le plus longtemps sur la Lune : Apollo XVII, c’est plus de trois jours, un week-end prolongé. Il est aussi celui qui a marché et roulé le plus longtemps sur son sol : plus de 22 heures. Et aussi à avoir ramené le plus d’échantillons, 110 kilos, raison pour laquelle il a abandonné à regret son fameux appareil photographique.Heureusement, il y avait l’appareil de la Nasa avec lequel il a pris le magnifique cliché de la terre si bleue depuis la Lune que vous connaissez tous, et aussi celui de son coéquipier en train de se raser dans l’espace, et enfin cette incroyable image filmée en couleurs et si pure, du LEM décollant pour la dernière fois de la Lune, c’est aussi à lui qu’on la doit.Eugene Cernan est un vrai héros de l’espace, le genre d’homme qui nous a fait rêver et qui mérite, je ne sais pas ce que vous en pensez, que je cite son nom et que nous lui dédions cette chanson de Sting avec The Police car oui, il nous a vraiment fait voler jusqu’à la Lune et en couleurs, et depuis son départ, le 14 décembre 1972, plus aucun homme n’en a foulé le sol.
14/12/2025 • 07:43
Vendredi 13 décembre … 1903, que va-t-il se passer ? C’est un jour important pour un certain Pietro Italo Marchioni. Cela fait quelques années qu’il est parti d’Italie pour trouver du travail, et il est arrivé comme beaucoup, à New York où il a ouvert un ? Restaurant.Et au dessert, il propose un truc typiquement italien : les gelati. Alors on le sait, la crème glacée n’est pas une invention italienne, à l’époque Gréco-Romaine, dans l’Antiquité, on en servait déjà aux gens riches. C’était d’ailleurs un exploit de le faire, même en été, les empereurs romains avaient droit à leur crème glacée jusqu’en juillet.Plus tard, un autre Italien, Marco Polo, a découvert au Moyen-Âge, qu’on sert aussi des crèmes glacées en Chine, il avait même ramené des recettes chinoises à Venise. Décidément, le café, les pâtes et les gelati, les Italiens doivent tout à ce type, il ne manque que la pizza.Et donc, dès 1896, Marchioni sert ses gelati dans son restaurant mais dans un cornet en biscuit ou un fin biscuit gaufré qu’il a inventé. Mais alors que fait-il sept ans plus tard, ce 13 décembre 1903 ? Et bien il dépose à Washington le brevet d’une machine à fabriquer ces gaufres et cornets. Il a inventé un moule pour en produire dix à la fois dans une usine qu’il a montée à Hoboken, une ville qui fait partie du Grand New York.Ce 13 décembre 1903 est donc un jour historique pour tous les amateurs de glace au lait car grâce à ça, on peut les emporter. Enfin, dix ans plus tard, Italo sera attaqué en justice par son cousin qui dira héla, c’est moi qui ai inventé le fameux moule à cornets un an plus tôt, cousin avec qui Pietro était alors associé. Mais n’empêche, c’est lui qui avait créé le cornet six ans plus tôt et donc il reste un génial inventeur pour tous les bouffeurs de glaces que nous sommes.
13/12/2025 • 02:53
Ce 12 décembre, on devrait le fêter dans toutes les radios du monde. Pourquoi ? Parce que ce jour-là, en 1901, un certain Guglielmo Marconi réalise un exploit historique : il envoie pour la première fois un signal radio à travers l’Atlantique.Petit rappel pour les distraits : Marconi, c’est un jeune physicien italien de Bologne, passionné par les travaux de Heinrich Hertz sur les ondes électromagnétiques. En 1895, à 21 ans à peine, il met au point un système de télégraphie sans fil, une révolution à l’époque. Mais l’Italie n’y croit pas. “C’est du pipeau, vot’ truc”, lui dit-on à la Régie des Télégraphes.Pas grave. Marconi file en Angleterre, où la Royal Navy, toujours à l’affût des nouvelles technologies, comprend immédiatement l’intérêt : pouvoir communiquer entre les navires sans câbles. En 1899, il établit une transmission au-dessus de la Manche, 40 km, une prouesse pour l’époque.Mais ce 12 décembre 1901, il vise beaucoup plus loin : 3400 kilomètres, entre les Cornouailles anglaises et St John, à Terre-Neuve, tout à l’est du Canada. Personne ne le croit. On lui dit que la courbure de la Terre va empêcher le signal d’arriver. Marconi s’en fiche. Il tente le coup.Et… le miracle a lieu. Trois clics nets, la lettre “S” en morse, sont reçus à Terre-Neuve. L’Atlantique est traversé par les ondes. C’est la naissance de la radiocommunication mondiale. Marconi est euphorique.Six ans plus tard, il fait envoyer un message du roi Édouard VII au président Roosevelt, devant témoins. Et hop, Prix Nobel de physique. À partir de là, plus besoin de milliers de kilomètres de câbles pour relier les continents. La radio est née.Et oui, sans ce 12 décembre 1901, pas de radio, pas de musique dans la voiture, pas d’animateurs du matin, pas de “Bonjour à tous, vous êtes bien sur…” – alors franchement, on le fête quand, ce Marconi Day ?
12/12/2025 • 03:42
Ce matin on va célébrer une femme, une Belge en plus, elle se nomme Hélène Dutrieu. Est-ce que ce nom vous dit quelque chose ?Et ben, Hélène Dutrieu est la première femme belge à avoir obtenu son brevet de pilote. Mais ce n’est pas tout, elle est la 4ème au monde car nous sommes en 1910. Les avions alors, ce sont des biplans à ciel ouvert, au mieux, un peu de toile sur les flancs, et puis les freins à l’atterrissage, s’actionnent avec les mollets. Il faut des jambes de cyclistes pour piloter et c’est le cas pour Hélène, qui est une cycliste professionnelle, originaire de Tournai, et championne de vitesse sur piste. Et à l’âge de 34 ans, ce 11 décembre 1911, elle s’apprête à s’attaquer à un record, celui de la vitesse. Mais attention pas un record féminin mais un record absolu. Elle va parcourir 254 km en moins de trois heures, c’est non seulement le vol le plus rapide mais aussi le plus long sans escale.On va la surnommer la Fille de l’air, la femme-oiseau, femme épervier, il faut dire qu’elle ne passe pas inaperçue sur les photos ou reproductions dessinées dans la presse car elle voyage en tenue masculine, ce qui à l’époque est inenvisageable, elle est en pantalons, et de plus elle porte une toque, sans lunettes. Alors vous imaginez dans les airs à une altitude de 300 mètres, environ 90 km/h, un 11 décembre, voilà une femme qui n’a pas froid aux yeux, c’est le cas de le dire.Hélène Dutrieu a pris la nationalité française peu de temps après, c’est d’ailleurs, je pense, la première femme à être devenue officier de la Légion d’Honneur. C’est non seulement la plus grande aviatrice de son temps mais surtout plus grande pilote, un mot qui se décline aussi bien au masculin qu’au féminin.
11/12/2025 • 02:52
Hier à 8.15, je vous emmenais au cinéma Le Normandie sur les Champs Elysées pour le premier jour du Distrait avec Pierre Richard, et bien ce matin, je vous emmène à New York le 10 décembre 1985, à la première séance du nouveau film de Sydney Pollack.Qu’il y ait du monde, ce n’est pas surprenant. Le précédent film de Pollack, Tootsie, avec Dustin Hoffman, a fait un triomphe dans le monde entier trois ans auparavant. Le héros de ce nouveau film est d’ailleurs incarné par son autre acteur fétiche, Robert Redford, qu’il a dirigé il y a plus de dix ans dans deux autres de ses grands succès : Les trois jours du condor et Nos plus belles années. Et pour terminer le tableau, l’actrice principale n’est autre que Meryl Streep qui il y a cinq ans a remporté l’Oscar tout comme son partenaire Dustin Hoffman avec Kramer contre Kramer. Rarissime ! Et donc, ce premier jour qui fait suite à l’avant-première, vous le devinez, la veille au soir en présence des acteurs et du réalisateur, au Ziegfeld Theater, va être suivi de près par Pollack qui en est aussi le producteur. Il faut dire qu’il a pris le pari de ne donner l’exclusivité qu’à deux salles pour tout le territoire des Etats-Unis. Celle-ci et le fameux Chinese Theater à Los Angeles, Hollywood. Pourquoi fait-il ça ? Ce n’est pas rare quand on croit que son film à toutes ses chances aux Oscars de le sortir quelques semaines auparavant dans peu de salles : on crée ainsi un bouche-à-oreille non seulement sur la qualité du film mais aussi sur le fait que toutes les séances affichent complets. Puis quand la pression est maximale, vous sortez le film en national et ça faisait boum dès les premières séances.Pari déjà gagné dès le matin de ce 10 décembre 1985 car parmi les critiques parues dans la presse, presque tous les grands titres qualifient ce film de chef d'œuvre. Out of Africa va battre un record sur ces deux salles puis dans le monde et remporter 7 Oscars sur 11 nominations.
10/12/2025 • 02:54
Ce 9 décembre 1970, je vous emmène sur les Champs Elysées. A l'époque, c’est là et à Montparnasse qu’on va au cinéma car c’est là qu’il y a le plus de salles proposant les nouveautés en exclusivité. C’est comme ça que ça marchait. D’ailleurs la veille au soir a eu lieu au Normandie, les anciens connaissent probablement ce fameux cinéma des Champs, l’avant-première du premier film d’un nouveau réalisateur qui en est aussi le personnage principal. Et donc le voilà ce 9 décembre, arrivant pour la première séance de la journée, celle qui va donner l’indice de fréquentation : succès ou bide. Et il y a du monde. Ça le soulage un peu, cet inconnu qui répond au nom de Pierre Richard. Enfin inconnu … pas tout-à-fait. Ça fait une dizaine d’années qu’il est apparu pour la première fois au cabaret dans un duo comique avec Victor Lanoux. Et ce qui fait rire les gens aux larmes, c’est le sketch où Lanoux lui file des beignes, mais vraiment ! Et lui, il encaisse, impassible. Mais voilà, c’est visuel, ça ne passe pas sur disque et donc, ils ne sont pas médiatisés. Le duo se sépare mais le réalisateur Yves Robert, celui de La guerre des boutons, a remarqué Pierre Richard et lui donne sa chance en lui écrivant un rôle sur mesure dans Alexandre le bienheureux. Et en tournant, il lui dit qu’il est plus qu’un acteur, il est un personnage, il doit voir plus loin. Et donc Yves Robert produit ce premier film écrit, joué et réalisé par Pierre Richard, qui a dû mettre la main à la poche, il a hypothéqué sa maison pour boucler le budget. Le film, boosté par Bernard Blier en patron de boîte de pub, Jericho sert illico, Maria Pacôme en maman légère mais dévouée, et Paul Préboist en client distrait, est un des plus gros succès de l’année. Suivi en moins de deux ans par Les Malheurs d’Alfred, Je sais rien mais je dirai tout et Le grand blond avec une chaussure noire, réalisé par Yves Robert, Pierre Richard va devenir un temps la plus grande star du cinéma français et ça commence, ce 9 décembre 1970.
09/12/2025 • 03:29
Ce 8 décembre, il est difficile de ne pas évoquer l’assassinat de John Lennon, son meurtrier est toujours en prison. Je vous en ai parlé tôt ce matin. Mais ce qui me frappe c’est que John Lennon n’est pas le seul des Beatles à avoir été victime d’un fou meurtrier et ça, c’est une histoire qui n’est pas restée dans les mémoires, c’est curieux, et pourtant !Nous sommes, non pas le 8 décembre, mais le 30 décembre 1999, dans le fabuleux Manoir gothique de Friar Park. Une légende prétend qu’il y a 120 pièces et même si ce n’est pas le cas, c’est le genre d’endroit où vous perdez dans les couloirs, et qui a été acheté par l’ex-Beatle, George Harrison, en 1970. Domaine de 15 hectares, il a tout retapé lui-même au cours des années, on le voit sur plusieurs pochettes célèbres de ses disques solos.Et donc, cette nuit du 30 décembre 1999, un bris de verre au rez-de-chaussée réveille George Harrison et sa femme Olivia, vers 3.30 du matin. George regarde son réveil, c’est l’heure des voleurs. Il demande à Olivia d’appeler la police mais au lieu de s’enfermer et d’attendre, il descend voir.En arrivant au bas des escaliers, que voit-il dans le Grand Hall ? Un type avec une épée de pierre dans une main, arrachée à une statue, et dans l’autre un grand couteau de cuisine. Mais au lieu de fuir, George essaie de le désarmer car il a bien compris que ce n’était pas un voleur, le type est là pour tuer. La bagarre s’engage, les deux gars finissent par terre, et là, Harrison prend des coups de couteau, un après l’autre. Jusqu’à ce que sa femme arrive avec un tisonnier et frappe l’agresseur qui tombe. Mais enragé, il se relève, course poursuite, Olivia saisit alors une lampe et est en train de frapper son agresseur quand la police arrive.Miraculé, un des 40 coups de couteau est passé à un doigt du cœur, un poumon perforé quand même, George fera un communiqué de presse le lendemain depuis l'hôpital, disant que c’était un gars qui n’avait pas été auditionné pour les Traveling Wilburys, le super groupe qu’il formait alors avec Bob Dylan, Jeff Lynne et Tom Petty.
08/12/2025 • 03:08
On va se plonger dans le monde de la soul américaine avec Otis Redding, oui, un des chanteurs disparus trop vite dont Jane Birkin parle dans sa chanson ex-fan des sixties.Le 7 décembre 1967, Otis Redding est une des nouvelles stars de la chanson noire américaine, il ne touche qu’une partie du public dans son pays qui est encore cloisonné. Ca ne l’empêche pas de vendre beaucoup de disques dans sa communauté et surtout de faire salles pleines.Et donc après une série de concerts à San Francisco, il prend quelques jours de congé, il loue un bateau amarré dans la grande baie de Californie et c’est un matin que sur le quai, regardant les bateaux passer alors que le soleil se lève, qu’il imagine le début de cette nouvelle chanson : Sitting on the dock of the bay. Et oui, il ne fait que raconter ce qu’il a fait, le gars, c’est pas génial ?Il y travaille en studio ce 7 décembre avec le guitariste Steve Cropper qui dix ans plus tard, sera celui des Blues Brothers. A la fin de la journée, le morceau n’est pas terminé, Otis sèche encore sur les paroles de la fin de la chanson, c’est pour cette raison qu’il siffle. Ça donne plutôt bien d’ailleurs mais bon, il va trouver, cette fin de chanson. A la prochaine session, le morceau sera terminé. Le lendemain, les concerts reprennent à travers les Etats-Unis, et pour éviter de se farcir les routes enneigées du nord du pays, il utilise un petit avion privé dans lequel il embarque quelques musiciens.Voilà qui n’est pas sans rappeler l’accident mortel de Buddy Holly et Ritchie Valens en 1959 et malheureusement, quatre jours après cette fameuse journée d’enregistrement, le 11 décembre 1967, l’avion d’Otis Redding s’écrase non pas dans un champ enneigé, comme Buddy Holly, mais sur un lac gelé.C’est Steve Cropper qui va terminer le morceau en ajoutant des bruitages maritimes et quelques arrangements, laissant le sifflet d’Otis Redding qui ignore que sa chanson, posthume, sera son premier N°1 en Amérique et dans le monde.
07/12/2025 • 05:04
Tôt ce matin, je vous ai expliqué la légende de St Nicolas, au X° siècle, avec le vilain boucher aubergiste, Pierre Lenoir. Mais je vous l’ai dit, il y a eu un autre St Nicolas bien avant lui. C’est le tout premier, nous sommes dans les années 300, en Lycie. La Lycie c’est une région côtière de l’ancienne Grèce qui était devenue entre-temps l’empire romain et qui est aujourd’hui la côte turque connue, de nombreux touristes, nous sommes entre Bodrum et Antalya. Ah oui ! , j’entends d’ici.Et c’est là qu’au début du IV° siècle, nous retrouvons ce bon Nicolas qui a hérité de l’évêché de Myre de son oncle. Et c’est un bon gars, l’évêque Nicolas, tout le monde l’aime. Sauf l’empereur romain Dioclétien, qui poursuit les chrétiens : il le fait arrêter, prison, exil. Heureusement, ce vilain bonhomme trépasse, arrive l’empereur Constantin qui dit “vous allez arrêter les conneries, chacun est libre d’avoir les dieux qu’il veut” et Nicolas revient reprendre ses fonctions dans la bonne ville de Myre, aujourd’hui Demre si vous voulez visiter, les vestiges sont fabuleux.Mais ça ne va empêcher de méchants romains d’en faire un martyr et 700 ans plus tard, quand des marchands vénitiens vont ramener ses reliques en Italie, puis en Lorraine, des miracles vont avoir lieu avec les restes de ce Nicolas de Myre dont on disait qu’il était tellement bienveillant et généreux avec les veuves, les orphelins et les gens en détresse. C’est ainsi qu’avec les années, St Nicolas deviendra le patron des écoliers, des navigateurs, des avocats, des prisonniers et même des célibataires. Sans oublier les Nicole, Nikos, Nicky et tous ceux qui portent ce prénom qui en grec signifie la victoire du peuple.
06/12/2025 • 02:29
Comment un 6 décembre, ne pas parler de St Nicolas. Mais attention, le vrai ! Parce que, vous le savez, il y a beaucoup de St Nicolas qui ont aidé le vrai, le Grand Saint Nicolas, cette nuit et les jours précédents. Saint Nicolas, c’était l’évêque de Mire, au sud de l’actuelle Turquie, dans les années 300, c’est pas hier, hein, mais sa notoriété connaît un grand boum, 800 ans plus tard, quand des marchands rapportent ses reliques en Europe. C’est l’époque de la première croisade, des marchands Vénitiens arrivent à Mire, l’église St Nicolas, s’il vous plaît, première à droite, euh non, à gauche. Ils piquent quelques os et hop ! Pourquoi St Nicolas intéresse-t-il les Croisés ? Parce qu’au départ, il est le St Patron des voyageurs et des prisonniers. Et de fait, une fois ses reliques installées en Lorraine, donc dans le Nord-Est de la France, il exauce des vœux : des chevaliers retenus en otage en orient sont libérés, leurs chaînes tombent toutes seules, mais il y a aussi une histoire qu’on raconte sur lui.En effet, de son vivant, St Nicolas passe devant la maison d’un boucher et s’y arrête. Un boucher qui en a gros sur la patate car la nuit précédente, il a trucidé trois voyageurs qu’il a découpés et mis à saler dans un tonneau. Et quand St Nicolas demande à manger un petit salé, le boucher craque et avoue tout au grand saint, qui ressuscite les trois hommes. Puis, il enchaîne le vilain derrière son âne et c’est cette image que nous gardons de St Nicolas barbe blanche et du méchant homme avec une cagoule et la barbe noire, qui va devenir le Zwarte Piet, Pierre Lenoir, puis père Fouettard. Le fait que ses reliques soient en Lorraine explique la célébrité de St Nicolas dans toute notre région Hollande, Allemagne, Belgique, Luxembourg, Nord de la France où, on ne sait pas pourquoi, les trois voyageurs deviennent avec les siècles trois enfants, Saint Nicolas a donc sauvé trois enfants et devient le Patron des écoliers.Mais ce n’est pas fini car avec les colons en Amérique au XVIII° siècle, Sinter Klaas en flamand, Klaus en allemand, va devenir Santa Claus et revenir chez nous sous les traits du Père Noël que chante Frank Sinatra. C’est pas une belle histoire, ça.
06/12/2025 • 05:49
Vous avez déjà entendu parler du smog de Londres ? On ne reverra plus jamais ça car aujourd’hui la pollution des usines a disparu avec elles et la circulation automobile a vachement diminué en centre-ville. Mais ce 5 décembre 1953, c’est encore un de ces smogs dans lequel même les bus à étage se perdent, un jour un chauffeur a tourné pendant trois heures autour de Marble Arch en pensant faire sa tournée.Ah oui, c’est à ce point, le smog, on raconte qu’un pickpocket s’est rendu compte en plein forfait qu’il avait mis la main dans la veste d’un policier. Il aurait dit en se faisant arrêter : de toute façon, je ne pouvais plus travailler dans de telles conditions. Ça vous fait rire mais un Bobby aurait demandé à un type de circuler. Voyant que c’était un réverbère, un piéton lui a dit “Laissez tomber, il est en état d’arrestation depuis 1904”. L’humour anglais.Et si il y a alors un Anglais qui manie on ne peut mieux l’humour, c’est Winston Churchill, 78 ans, et en 1953, toujours premier ministre de sa Majesté, comme vous l’avez probablement vu dans la série The Crown. Ce soir, le smog est si dense qu’il entre au 10, Downing Street. Et c’est vrai, hein, il entre partout, il arrive même qu’on doive interrompre une séance de cinéma car on ne voit plus l’écran, c’est de la pollution doublée de brouillard. A l’opéra l’année précédente on a dû interrompre une représentation de la Traviata car les chanteurs ne voyaient plus le chef d’orchestre.Et donc Churchill est à son bureau, bien tassé au whisky comme tous les jours, quand il dépose son cigare non pas sur le cendrier mais carrément à côté de son bureau, et qui tombe sur son pantalon. Et il ne voit ni ne sent pas la fumée, il ne remarque sa gaffe qu’avec la douleur dans l’entrejambe. Trop tard, le pantalon est brûlé. Le lendemain, un diplomate américain remarque le pantalon sur une chaise. Churchill devance sa question en disant : un dragon a craché sur mon siège mais vous voyez, l’Empire résiste encore ! Et donc, si le smog n’existe plus, heureusement, l’humour anglais lui a survécu.
05/12/2025 • 03:09
Vous savez qu’il y a deux semaines j’ai été pendant six jours sur les traces de la chanson française. Et bien, ça m’a rappelé bien des souvenirs de l'époque où je bossais à Paris et particulièrement de ce que je faisais il y a pile 30 ans, jour pour jour. Je pense même que cela a été un moment unique dans l’Histoire de Paris puisque ce 4 décembre 1995, on était dans la deuxième semaine de grève totale : les syndicats et le gouvernement sont en plein bras de fer à cause du plan Juppé qui porte sur les … devinez ? Retraites, et oui ! Mais là, je travaille dans le monde du spectacle, c’est un drame puisque les transports en commun parisiens sont à l’arrêt, les salles sont vides le soir car il faut attendre 23 heures avant que les rues se vident. Plus de 4 millions d’utilisateurs se battent pour monter dans moins de 5% de bus, métro, RER qui circulent. Je vous laisse imaginer les bus qui passent, remplis comme des boîtes à sardines. Le télétravail n’existe pas, y a pas internet. Et même : si cela avait duré deux, trois jours mais deux semaines !Une infirmière dit au JT marcher trois heures de chez elle, à Nanterre, donc La défense, jusque Notre-Dame pour rejoindre l'hôpital. Mais vous allez me dire, pourquoi pas le covoiturage ? Parce qu’il y en a déjà plein qui le font et donc ça bloque complètement le centre toute la journée. Ce qui fait que vous pouvez rester bloqué dans votre voiture une heure sans même avancer d’un tour de roue. Donc, les taxis même problème, pas de site propre à l’époque. Plus moyen de trouver une moto, un vélo, ils sont tous utilisés et dans quelles conditions. Paris est tellement à l’arrêt que le maire a réquisitionné les bateaux mouches pour en faire des bus, oui, la Seine est la seule voie qui fonctionne. Mais là encore, y a du monde dans les files sur les quais : 400.000 personnes chaque jour dont beaucoup de gars avec des attachés-cases. Mais bon, depuis Nanterre jusqu'à Châtelet, ça fait 1 heure 30 de bateau à 10 km/h. Et si vous êtes sur le toit par 2°C au-dessus de zéro, à trois mètres au-dessus de l’eau, vous ne le faites pas tous les jours car vous arrivez à destination gelé comme Hibernatus, comme ce jour du 4 décembre 1995. Et ça va encore durer 11 jours.
04/12/2025 • 03:10
Ce 3 décembre 1989, je vous emmène à Malte en Méditerranée. On n’est jamais allé à Malte ! Enfin on n’y est pas tout à fait, on est au large du port où stationnent des navires de guerre américains et soviétiques. Il fait 15 degrés ce qui paraît plutôt sympa pour nous en décembre mais la mer est grosse, les vagues claquent contre les coques qui tanguent bien de bâbord à tribord. Et ça se voit d’ailleurs sur le visage du président américain, George Bush Père, accueilli par le leader soviétique Mikhaïl Gorbatchev qui lui dit en lui serrant la main chaleureusement : “Espérons que la mer nous portera chance aujourd’hui”.Pour nous, c’est une image incroyable de plus. Ca fait même pas un mois que le mur de Berlin est tombé et voilà que les chefs des deux pays qui s’affrontent depuis 45 ans sont tout sourire, ensemble depuis hier. Mais pas un sourire diplomatique, il est sincère, c’est les deux gars qu’on n’espérait plus.Alors vous imaginez tous les mecs derrière avec leurs dossiers qui se mettent autour d’une table dans une salle de réunion improvisée en eaux internationales. La table qui bouge avec le roulis, les dossiers et les bouteilles avec, on rigole, bref l’atmosphère est déjà détendue quand Gorbatchev dit : “On doit mettre fin à la méfiance mutuelle, l’Europe a changé, on ne doit plus interférer.” Et Bush continue en disant : “limitons l’armement”, Gorbatchev veut aussi parler écologie, le trou dans la couche d’ozone dont on parle tout le temps à l'époque. “Et Tchernobyl, et l’Afghanistan”, renchérit Bush. Là, le sourire de Gorbatchev se fige, c’est quand même à cause de ça que les Soviétiques sont par terre. Mais Bush parle d’une aide d’un milliard de dollars et là, on positive.Et donc à 18 heures, cela se passe sous nos yeux à la télé, ils sont tous les deux à se serrer la main presque fraternellement : il est question de la fin définitive de la guerre froide, de collaboration économique, nous tournons la page, disent-ils. Et croyez-moi, on n’avait jamais été aussi heureux et optimistes. Quelle meilleure fin pour ces incroyables années 80, que ce sommet du mal de mer, comme on l’a surnommé, le 3 décembre 1989 !
03/12/2025 • 03:45
Je pense qu’on est très nombreux à avoir regardé la série Narcos, une des séries qui a fait le succès fulgurant de Netflix, il y a une dizaine d’années. Mais bon, avant de découvrir l’acteur Pedro Pascal qui est depuis devenu une star, le type qu’il incarne a vraiment existé. Et Pablo Escobar, c’était surtout un type qui faisait les gros titres des JT et la Une des journaux.Et donc ce 2 décembre 1993, il fait chaud et humide dans la ville de Medellin en Colombie, et pour cause, on est juste au-dessus de l’équateur. L’atmosphère est pesante, on a l’impression de respirer le rouge de la terre, avec la silhouette des Andes qui bouche l’horizon, alors qu’on est déjà à 1500 mètres d’altitude. Et d’autant plus qu’on se trouve en plein quartier populaire. C’est bruyant, chaotique, Medellin c’est 2.500.000 habitants, une chatte n’y retrouverait pas ses jeunes, donc la cachette idéale pour Pablo Escobar qui est traqué par la CIA et l’armée colombienne.En 15 ans, son trafic international de cocaïne a fait de lui la septième fortune mondiale, il a créé un État dans l'État avec une armée de trois mille hommes. Mais en 1990, l’armée colombienne a pris d’assaut sa forteresse, et depuis son histoire est devenue chaotique : il finit par se rendre, prison dorée mais il s’évade en juillet 1992 et depuis, c’est la cavale. Il vit dans un petit deux pièces qui ne paie pas de mine avec sa garde rapprochée.Mais voilà, la veille, pour son 44ème anniversaire, il a appelé sa femme et ses deux enfants depuis une cabine dans la rue et a été repéré par les services d’écoute américains. Ce matin, il a appelé son avocat, et là il est repéré précisément. A 15.15, 500 hommes armés débarquent, Escobar et son lieutenant El Lemon s’enfuient par les toits, leurs pieds nus glissent sur les tuiles, ils se font tirer par des soldats d’élite. La plus incroyable affaire criminelle qui aura duré vingt ans se termine sous nos yeux, une fois de plus au JT, un 2 décembre 1993. Des millions de dollars et une demi-tonne de coke sont découverts dans le plancher de la planque. On n’a pas pleuré même si ça n’a rien résolu.
02/12/2025 • 03:18
Je vais vous raconter une histoire très touchante ce matin. Nous sommes aux Galápagos, un groupe d’une quarantaine d’îles en plein Océan Pacifique. On est à mille kilomètres de l'Équateur et de la Colombie, faut pas les faire à la nage. Et justement, cela en fait une terre idéale pour découvrir des espèces très anciennes, à l’abri de tout.C’est ainsi que ce matin du 1er décembre 1971, sur la Pinta, une des petites îles inhabitées de l’archipel, Josef Valgovgi, un scientifique hongrois, part à la recherche d’espèces rares d’escargot. Et là, il rencontre une tortue géante, un animal typique des Galápagos. L’animal est imposant, 1 mètre 50 de long quand même, mais moins massif que les autres. Il est différent. Valgovgi alerte ses confrères et très vite on va découvrir que cette brave tortue mâle qui doit avoir une soixantaine d’années est non seulement célibataire, mais aussi seul sur son île. Les scientifiques vont d’ailleurs le surnommer : “Georges le solitaire”.Il est seul, le pauvre. Ses congénères ont en effet été depuis le siècle précédent chassés par les marins pour leur viande. De plus, des pêcheurs avaient débarqué en 1959 trois chèvres sur l’île, histoire de trouver de la viande quand ils passent par là. Mais voilà leur population a explosé et elles ont mangé toute la nourriture des tortues. Entre parenthèses, elles sont 40.000 aujourd’hui.On emporte donc Georges dans un parc naturel sur une autre île où on va le nourrir. Et en cherchant une ou plusieurs femelles, on découvre qu’aucune autre ne lui ressemble, Georges est le dernier d’une race qu’on nomme Chelonoidis abingdoni. Georges a coulé des jours paisibles durant plus de 40 ans, on lui a trouvé des femelles qui lui ressemblaient mais les œufs n’ont pas éclos. Il est mort d’une crise cardiaque en 2012, âgé de plus de cent ans. Il est aujourd’hui un des symboles de la diminution de la biodiversité à cause de l’Homme.
01/12/2025 • 03:42
Vous l’avez dit, ce 30 novembre, c’est la fête nationale en Ecosse. Et pour y vivre une partie de l’année, je peux vous dire que les Ecossais adorent les Belges, il y ad’ailleurs beaucoup de fans des Diables Rouges, ça m’étonne toujours quand ils m’en parlent. Alors, on va leur souhaiter une bonne St Andrews !Et oui, les Irlandais ont la St Patrick, eux, c’est la St André et ce, depuis leur première et spectaculaire déclaration d’indépendance en 1320, avec le fameux William Wallace, alias Braveheart.Mais figurez-vous que cela remonte à bien plus loin : 500 ans plus tôt. En effet, en l’an 832, les Pictes, tribu écossaise sont poursuivis par les troupes de Aethelstan, le roi d’Angleterre, de l’Anglie, que vous avez vu dans la fameuse série Le dernier royaume. Arrivé à l’est d’Edimbourg, Angus, le chef des Pictes, sait qu’il va devoir se battre. Il ne fait pas le poids, il a beaucoup moins d’hommes. Alors la veille du combat, il prie et levant les yeux au ciel, il voit une croix blanche, dessinée par deux nuages. C’est la croix de Saint André, un des 12 apôtres de Jésus qui a refusé d’être crucifié comme lui, sa croix a donc été plantée de travers. C’est un signe du ciel, se dit Angus.Vous le devinez, le lendemain, il remporte la victoire et adopte donc la croix de Saint André comme drapeau. Repris par William Wallace puis par tous les Ecossais, c’est toujours la croix blanche sur un ciel bleu, ce qui en fait le drapeau le plus ancien au monde toujours flottant au vent de tous les établissements et des maisons. Les Ecossais sont terriblement, mais pacifiquement nationalistes.Si vous allez à Edimbourg, passez par Aethelstaneford, un village a été bâti sur le champ de bataille mythique. Il y aura sûrement beaucoup d’ambiance ce soir, jusqu’à toutes les heures, les Ecossais seront d’ailleurs en congé demain. Si St Andrews tombe un samedi, ils ont congé la veille, si c’est un dimanche, le lendemain. Ce soir, on va manger du cullen skink et du haggis avec des neeps et des tatties, en buvant des pintes de ale et du whisky.
30/11/2025 • 03:32
Ce matin, une date très importante pour tous les amoureux de musique que nous sommes, puisque ce 29 novembre 1877, c’est la naissance du phonographe de Thomas Edison.C’est la première fois dans l’histoire qu’on peut enregistrer des sons et les rejouer. Et ce qui est fou, c’est que cette invention a lieu la même année des deux côtés de l’Atlantique sans que les deux inventeurs se concertent. En France, c’est Charles Cros qui appelle son invention le Paléophone.Je ne sais pas vous mais moi quand je regardais les disques tourner, je me demandais comment une foule de sons aussi précis pouvaient sortir de là. C’est quand même magique ! Et surtout : comment avait-on fait pour les mettre dans cette tranche de vinyle. C’est électrique, je me disais.Et bien, pas du tout : c’est mécanique, il n’y pas besoin d’électricité. Le système est simple : en 1877, le téléphone existe déjà depuis quelque temps. Comment ça marche : on fait vibrer une membrane dans un cornet et cette vibration, on l’a fait passer par un fil jusqu’au bout. Et bien ils concilient les deux : la vibration de la membrane actionne une pointe qui grave un rouleau de cire. Pour écouter l’enregistrement, il suffit de remonter un ressort, poser une pointe et un cornet sur le rouleau pour amplifier le son ou la musique. C’est un triomphe commercial, Edison dépose le brevet en décembre de la même année et écrase Charles Cros par sa publicité.Seul problème, le cylindre ne se grave qu’une fois. Si on voulait en produire cent, il fallait enregistrer cent fois. Le problème sera résolu quelques années plus tard par un Allemand qui va graver sur un disque, ce sera le gramophone. Et donc depuis le 29 novembre 1877, la musique tourne, les amis, et on ne va pas s’en plaindre. On en fait tourner une ?
29/11/2025 • 03:11
Que s’est-il passé un 28 novembre, bonne question. Et bien, comme vous le savez, je compulse les archives des plus grandes et vieilles bibliothèques d’Europe, à la recherche de faits à vous raconter, il y a quelques jours, j’ai eu un coup de mou. Je ne trouvais rien d’intéressant. Et là, dans une édition du Petit farceur, je vois le nom des saints du jour : Saint Jacques de la Marche et Catherine Labouré. Je me dis mais qui peut bien s’appeler comme ça ? Qu’ont-ils bien pu faire pour retrouver leur nom sur un calendrier aussi prosaïque et répandu ?Catherine Labouré, ce n’était pas une danseuse, mais une religieuse, extrêmement populaire, des millions de médailles de l’apparition de la Vierge Marie ont été vendues au XIX° siècle. Elle a consacré sa vie à s’occuper des malades et des vieillards, c’est quelque part, une star du catholicisme français.Quant à Saint Jacques de la Marche ne s’appelle pas comme ça, il se nomme … on ne sait pas comment il se nommait. C’est à Assise en 1415, quand il est devenu Franciscain, l’ordre de Saint François d’Assises, qu’on lui a donné le nom de Jacques et comme il est originaire d’une région d’Italie nommée la Marche d’Ancône, ce sera Jacques de la Marche. Et il est nommé juge inquisiteur par le Pape. Juge inquisiteur franciscain, ça ne vous rappelle rien ? Guillaume de Baskerville incarné par Sean Connery dans le film Le nom de la Rose.Et comme son nom l’indique, Jacques marche, voyage à gauche et à droite, on le retrouve partout à prêcher, et il y va, hein ! Un jour il boit du poison pour prouver sa foi à des hérétiques et ça ne lui fait rien, Miracoloooo ! Un autre jour, il traverse un fleuve bouillonnant, le Pô, sur sa cape, inventant ainsi le ski nautique. Et puis, surtout, on dit qu’il a jeûné toute sa vie à partir de ses treize ans, soit durant 70 années. Allez-y, hein, prendre un repas par jour : un broc d’eau, du pain sec, des légumes crus et puis c’est tout. Ce serait d’ailleurs de cela, la malnutrition, qu’il serait décédé à l’âge de 83 ans, un 28 novembre 1476.
28/11/2025 • 03:47
Ce 27 novembre, je vous invite dans une ville où vous êtes peut-être déjà allé en vacances, San Francisco et que j’ai bien connue dans les années 80, mais là, nous sommes en 1940. Pour nous, c’est le début de la guerre mais aux Etats-Unis, rien de tout ça, encore moins en Californie, de l’autre côté.C’est ainsi qu’une troupe de l’opéra chinois de Canton y séjourne. San Francisco a été le principal port de l’immigration chinoise aux Etats-Unis lors de la ruée vers l’or, la communauté y est très importante. Et de plus, en Chine, c’est la guerre contre le Japon, terrible, depuis les années 30. Et ben justement, ce 27 novembre 1940, une des stars de cet opéra, Lee Hoi-Chuen vit un grand moment avec la naissance de son deuxième fils à l’hôpital chinois de San Francisco. Comment allez-vous l’appeler ?, demande le médecin qui remplit le document.Lee Jun-Fan, répond le père. Mais vous savez que né aux Etats-Unis, il est aussi Américain, vous n’ajouteriez pas un prénom plus local ? Ce sera Bruce, qui aurait été, d’après la légende, suggéré par l’infirmière.Oui, Bruce Lee, l’homme qui a révolutionné le cinéma d’action, est né à San Francisco le 27 novembre 1940, l’année du dragon. A 7.12, l’heure du dragon (de 7 à 9 heures). On ne s’étonnera pas que sa mère le surnomme Le petit dragon. Ses parents vont repartir à Hong Kong quelques mois plus tard, ils ne sont pas sans rien, son grand oncle maternel était un homme d’affaires hollandais. Mais Bruce Lee va revenir aux Etats-Unis à l’âge de 19 ans pour faire valoir sa nationalité américaine et surtout, suivre des études supérieures. En effet, sa mère est inquiète de la tournure que prend son fils : il se bat contre des gangs dans les rues mal famées de la ville. Et elle veut qu’il devienne quelqu’un.
27/11/2025 • 02:56
Hier à la même heure, je vous parlais de l’entrée spectaculaire du premier album de David Bowie dans le classement britannique, trois ans après sa sortie, nous étions le 25 novembre 1972. Et ben quatre ans plus tard, le monde de la musique bascule à nouveau puisque ce 26 novembre 1976, sort le premier single d’un groupe qui va changer le visage de la musique populaire.Le 45 Tours publié par EMI, LA grande firme britannique, celle qui a ses studios sur Abbey Road, est présenté dans une pochette rouge, avec le rond du label apparent. Pas de photo, juste le nom du groupe, The Sex Pistols, et le titre Anarchy in the UK.Alors évidemment, une chanson qui commence par Je suis un antéchrist, je suis un anarchiste, ne passe pas inaperçue. C’est du moins ce qu’espère le manager du groupe qui est un gars très loin de l’idéal punk, lui, il est là pour le pognon. Et ben justement, ça ne va pas marcher car le disque ne passe pas à la radio et donc ne va pas faire un carton. Les Sex Pistols vont même finir par se faire virer de leur firme de disques, EMI.Il faudra attendre la sortie de God Save the Queen quelques mois plus tard, encore plus outrancier, pour que la formule fonctionne. Les Sex Pistols vont devenir la partie émergée de l’iceberg du punk britannique en 1977, à coup de journaux télévisés et de “unes” des journaux dont on ne va retenir qu’une chose : des sales gamins pas fréquentables, dangereux, qui cultivent la violence et la haine.Et bon, c’est quand même ce qu’on entend dans leurs chansons, au premier degré. Mais en fait, ils ne sont qu’un groupe parmi tous les autres avec les Clash, Damned, Police, ce sont les enfants d’une classe ouvrière qui n’a plus de boulot et se sentent abandonnés par un gouvernement qui est de gauche, devrait être de leur côté. Alors ils crient logiquement, on n’a pas d’avenir, no future, et leur musique est radicale comme leurs textes. Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’ils vont tous ou presque, devenir des stars du rock et emmener vers les sommets cet incroyable courant musical qu’on appelle cette année-là, en 1976, la New Wave.
26/11/2025 • 03:53
Ce 25 novembre 1972, un disque fait une entrée remarquée dans le Top 40 britannique : l’album Space Oddity de David Bowie. Rien d’extraordinaire, vous me direz ? Sauf que… cet album est sorti trois ans plus tôt, en 1969, et qu’il n’avait pas du tout marché à l’époque. C’est ce qu’on appelle une résurrection, et pas n’importe laquelle.Car entre-temps, David Bowie est devenu une icône, grâce à The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, sorti au début de 1972. C’est plus qu’un carton : les jeunes deviennent fous de Bowie, s’habillent, se maquillent et pensent comme lui. Il incarne le glam rock et surtout, une liberté d’être soi, entre excentricité, androgynie et poésie spatiale. Alors forcément, sa maison de disques, RCA, qui n’est rien de moins que le label d’Elvis Presley, flaire le bon coup.Ni une ni deux, on ressort tout ce qu’on peut, et notamment cet album passé inaperçu. On lui colle le nom de son seul petit tube de 1969 : Space Oddity. Changement de pochette, nouveau clip pour la BBC, et hop, le disque rentre à la 24e place, et va y rester longtemps.Bon, musicalement, c’est pas Ziggy Stardust, hein. Plutôt du folk un peu naïf, loin des guitares électriques et du maquillage pailleté. Mais les fans achètent tout, c’est Bowie, point. Et c’est là que le phénomène devient massif : chaque nouveau succès de Bowie relance les anciens disques, un effet boule de neige qui fera sa fortune… ou presque.Car ce succès historique va surtout remplir les poches de son investisseur de l’époque, pas du chanteur lui-même. L’histoire finira en bagarre, mais à ce moment-là, en novembre 1972, David Bowie règne sur les classements aux côtés d’un autre phénomène : Elton John.Une chose est sûre : le 25 novembre 1972, Space Oddity n’est plus une bizarrerie dans l’espace… c’est une légende qui décolle.
25/11/2025 • 03:48
Vous connaissez le film Les mariés de l’an II avec Belmondo ? Et bien cet An II, c’est pas juste pour faire joli, c’est le vrai calendrier révolutionnaire, mis en place ce 24 novembre 1793. Fini le calendrier grégorien, trop chrétien, trop royaliste ! La Révolution, elle veut même réécrire le temps.D’abord, on recommence à zéro : l’An I démarre le 22 septembre 1792, jour de l’équinoxe d’automne. Logique, naturel, la lumière est égale à l’obscurité, c’est l’équilibre. Et à partir de là, 12 mois de 30 jours chacun. Ah, égalité jusque dans le calendrier ! Problème : 12 x 30 = 360. Il manque 5 jours. Pas grave : on invente les “sans-culottides”, 5 jours festifs hors calendrier. Et si c’est une année bissextile ? Allez hop, un 6e jour : le jour de la Révolution.Ensuite, on supprime la semaine de 7 jours et le dimanche, jour du Seigneur. A la place, des décades : des semaines de 10 jours, avec un seul jour de repos, le décadi. Autant dire que les ouvriers ne crient pas bravo.Et pour les noms des mois ? On les reconnecte aux saisons :Automne en -aire : Vendémiaire (vendanges), Brumaire (brouillards), Frimaire (givre)Hiver en -ôse : Nivôse, Pluviôse, VentôsePrintemps en -al : Germinal, Floréal, PrairialÉté en -or : Messidor, Thermidor, FructidorEt les jours ? Primidi, Duodi, Tridi… jusqu’à Décadi, avec des noms de plantes, d’outils ou d’animaux pour chaque jour. Le 4 brumaire an II, par exemple ? C’est le quartidi, jour de la nèfle.Ça fait sourire aujourd’hui, mais les révolutionnaires voulaient tout changer, jusqu’à notre façon de voir le temps. Un beau rêve, un peu compliqué, que Napoléon abolira en 1805, le 22 fructidor an XIII. Franchement, la nèfle, c’était un peu trop.
24/11/2025 • 03:54
Cette semaine, le 11 novembre, on a fêté l’armistice de 1918, fin de la Première Guerre mondiale. Mais les choses ne sont jamais aussi simples : le 11 novembre, tout ne s’arrête pas d’un bloc et l’occupant ne disparaît pas dans la journée. Et vous le savez, l’armée belge ne s’est jamais rendue depuis l’invasion en 1914, elle a tenu, avec ses alliés, pendant 4 ans, 100 km2 de la Belgique, à l’intérieur de l’Yser, avec le Roi Albert qui dirige les troupes depuis son QG à La Panne.Mais ce qu’on ne raconte quasiment jamais c’est que depuis le mois de septembre, fini les tranchées, on avait douze divisions belges qui avaient enfin percé les lignes allemandes avec les fameux Tank Renault, les premiers chars d’assaut de l’histoire. Et donc, ce 14 novembre, les voilà à Ostende.C’est la libération d’Ostende, trois jours après l’armistice. Ostende est important parce que c’est un port, c’est là que les Allemands stationnent leurs fameux U-Boot, leurs sous-marins ils étaient encore 30.000 quelques jours plus tôt. Mais les derniers sont partis la veille, 2000 hommes avec 500 canons et 200 wagons de munitions, donc pas de combats. Ils ont miné le port mais ils n’ont rien fait sauter. Je vous laisse imaginer la joie des habitants d’Ostende qui chantent et qui crient, ils ne sont plus que 20.000 sur les 50.000 que la ville comptait au début de la guerre. L’occupation a été brutale, je ne sais pas si vos grands-parents ou arrière-grands-parents vous en ont parlé. C’est un soulagement indescriptible, on imagine les orchestres improvisés et les bouteilles de Bols qui sortent des caves. Tout de suite, la Croix-Rouge arrive, les repas, la solidarité, les démineurs aussi, mais il va quand même falloir 20 ans avant que la reine des plages qui a accueilli Victor Hugo, James Ensor, ne soit totalement reconstruite. Et ça a commencé un 14 novembre 1918, trois jours plus tard, le Roi Albert, le roi soldat, viendra en visite, ce sera la fête ; la Malle Ostende - Douvres ne va pas tarder à reprendre ses traversées.
14/11/2025 • 03:04
Ce matin, on va se rendre à un truc sympa, une inauguration. D’autant plus que c’est une œuvre incroyable, un chantier qu’on pensait impossible et pourtant, ce 13 novembre 1927, les New Yorkais l’ont fait ! Quoi ?Le tunnel Holland. Ça fait plus de vingt ans qu’on parle de relier le sud de Manhattan à Jersey City. Pourquoi ? Parce qu’on est au bout de la presqu’île la plus peuplée au monde, sa population explose, et ce qui n’arrange rien, la voiture du peuple, la fameuse Ford T est maintenant dans tous les ménages. Et donc ça fait des bouchons de tous les diables avec ces voitures qui, pour quitter Manhattan, doivent remonter toutes les avenues de la ville puis redescendre.Et si on faisait un pont ? Une évidence. Sauf qu’il devrait faire plus de deux kilomètres de long, on est du grand côté du fleuve, l’Hudson. Mais ce n’est pas tout, la route devrait être suspendue à plus de 60 mètres de hauteur pour laisser passer les bateaux, New York est un port, un grand port. Si vous ajoutez à cela les marées, le risque des tempêtes et les expropriations qu’il faudrait faire, c’est risqué et hors de prix. Alors, reste la solution du tunnel. Mais on est au début du XX° siècle. On n’a pas encore des tunneliers comme on a utilisé sous la manche. De plus, les ouvriers doivent travailler sous très haute pression pour éviter que l’eau ne s’infiltre dans le chantier souterrain. Ils doivent passer par des sas à l’aller et au retour. Et donc, 21 ans après la première réunion, ça y est, les gouverneurs des deux états sont au milieu de ce tunnel pour se donner la main, à 28 mètres de profondeur. Ils ont été malins, ils ont fait non pas un grand mais deux petits tunnels, un par sens de circulation. Le gouverneur de New York est un certain Franklin Roosevelt, le futur président des Etats-Unis, celui de la seconde guerre mondiale, et ce 13 novembre 1927, 51.694 véhicules vont passer par là. Et 70 ans plus tard, Sylvester Stallone va y tourner un film intitulé Daylight.
13/11/2025 • 03:20
Je me vois toujours comme ceux qui étaient en âge, je suppose, ce 9 novembre 1989, debout devant un poste de télévision. J’étais à la mer, en train de regarder un truc improbable : des gens, des civils, debout sur le mur de Berlin. On n’y croit pas, hein, et on se dit : ils sont fous, le pire va arriver. Car on est né avec ce Mur, on sait qu’il est gardé par des centaines de soldats qui ont depuis 30 ans tué ceux qui essayaient de le traverser.Bowie a même écrit une chanson pour ceux qui sont morts en voulant trouver la liberté, elle s’appelle Heroes. Ce mur, c’est la terreur, avec ses tours et ses tireurs.Et donc à tout moment, on s’attend à entendre un coup de feu, une rafale de mitraillette, puis une scène de panique, ils sont maintenant des dizaines dessus, sous les projecteurs. Il y en a même qui se laissent glisser de l’autre côté du mur et sont rattrapés par des gens à l’ouest. Ces gens s’embrassent, on lit l’expression de joie intense sur leur visage, comment est-ce possible ? Que se passe-t-il ? C’est de la folie.Et puis, encore plus impensable, un type monte sur le mur avec une masse et commence à faire voler des morceaux de béton sous les cris de joie. De la joie, oui, car si pour nous le Mur de Berlin, on sait qu’il existe, qu’il est terrifiant, on l’a vu au JT et dans des films, pour les Berlinois, c’est une réalité au-delà des mots.Imaginez que comme eux, le treize août 1961, vous vous levez et que vous voyez qu’on construit un immense mur au milieu de votre rue, dans votre jardin et que vous soyez pour toujours séparés de vos amis, d’une partie de votre famille sans aucune nouvelle d’eux. Et puis là, tout-à-coup, le miracle auquel on avait fini par croire ne jamais voir de nos yeux. C’était un 9 novembre 1989 et je peux vous dire qu’on était plein d’espoir, vers un monde nouveau : comme disait la chanson : On prend Manhattan pour commencer, puis Berlin.
09/11/2025 • 06:27
Ca fait des mois qu’on parle des élections américaines, et bien justement, ce 8 novembre 1960 est élu un président que l’histoire n’est pas près d’oublier : John Fitzgerald Kennedy.Une campagne électorale très serrée. Il y a eu 4 débats télévisés, vous vous rendez compte ? Et finalement, un vote qui l’es tout autant. Durant toute la soirée électorale, impossible de dire qui va gagner car Nixon semble remporter plus d’états que Kennedy mais Kennedy remporte des Etats plus peuplés. Ce n’est qu’à deux heures du matin que les supporters de Nixon se disent, aïe, ça ne se présente pas bien. Et ce n’est qu’au petit matin que Kennedy reçoit l’appel comme quoi il est élu président des Etats-Unis.49,7% des voix pour le Démocrate John Kennedy, et 49,5% pour Richard Nixon. Et oui, c’est déjà lui, le candidat des Républicains. Ca s’est joué, en fait, à 112.000 voix sur près sur 68 millions d’électeurs. Les partisans de Nixon le poussent à contester les élections. Mais Nixon, en pleine guerre froide, dit : « non, notre pays ne survivrait pas à une crise de ce genre » et il reconnaît sa défaite publiquement. Il va même demander à un journaliste d’arrêter d’écrire des articles sur des suspicions de fraude électorale. Et oui, on a dit beaucoup de choses sur lui mais Nixon est un type responsable. Qui a parmi ses supporters, en Californie, un homme très influent qui jusque-là avait toujours supporté le clan démocrate mais qui à présent qu’il est sponsorisé par une grande compagnie d’électricité adhère au même parti qu’elle : il se nomme Ronald Reagan et élu gouverneur six ans plus tard, jour pour jour.Car le programme de Nixon est très différent de Kennedy qui est pour le désarmement, la détente avec l’URSS, la lutte contre la mafia et le premier homme sur la Lune. C’est cet homme-là qui est élu président des Etats-Unis ce 8 novembre 1960.
08/11/2025 • 02:46
Je ne vous demande pas si vous étiez né le 7 novembre 2000 ? Ni si vous vous souvenez de l’élection du président des Etats-Unis ? On en a parlé pendant des semaines, c’était du jamais vu, quel suspense !C’est vrai que vu de chez nous, les Ricains se disputaient un État pour 537 voix d'écart. Et si on voit aujourd’hui à la télé qu’ils se bourrent dedans comme des coqs de combat entre républicains et démocrates, en 2000, c'est déjà le clash entre George W. Bush, Junior, le fils du père qui a déjà été président, et Al Gore, le vice-président de Clinton, le sortant.Et aux États-Unis, vous le savez, l'élection présidentielle ne se joue pas sur une simple majorité nationale, mais sur un système de "grands électeurs" par État : 538 en tout, donc il en faut 270 pour gagner. Et donc l’état de Floride, avec ses 25 électeurs, est souvent la clé du scrutin car il balance régulièrement une fois démocrate, une fois républicain.Les premiers résultats tombent dans la soirée du 7 novembre, et là, ça va être le chaos télévisé : vers 20h, NBC annonce que la Floride va être pour Gore, puis à cause d'écarts minuscules, elle dit que c’est Bush, avant de se changer encore deux heures plus tard. Au final, Gore gagne le vote populaire de justesse (48,4% contre 47,9%, 543 000 voix d'avance sur tout le pays), mais en Floride, c'est les 537 voix d'écart entre les deux candidats sur 6 millions d’électeurs qui coincent. Car ça veut dire que tout se joue sur ces 537 voix. Donc on compte et on recompte, à la main, on conteste à chaque fois, jusqu’à ce que la Cour suprême le 12 décembre, arrête tout et couronne Bush.Un George Bush qui sera le président du 11 septembre un an plus tard, on y pense tout de suite, mais surtout un Al Gore qui n’a pas passé son temps à crier qu’on lui avait volé l’élection et hurlé au complot. On a vraiment beaucoup perdu en classe, honnêteté et crédibilité, en moins de 20 ans.
07/11/2025 • 03:43
Vous avez déjà regardé un journal télévisé ! Vous avez déjà entendu parler du Pacte Scolaire ! Alors, les mecs au Journal, ils sont marrants mais le pacte scolaire, c’est quoi ? On nous cache tout, on nous dit rien !Et ben déjà, ce fameux pacte a été conclu un 6 novembre 1958. Ah quand on dit 1958, on voit tout de suite les boules de l’Atomium sous un ciel bleu, et l’exposition universelle. Mais croyez-moi, on n’a pas parlé que de ça dans les journaux en 1958, non. On a beaucoup parlé de la guerre scolaire qui dure depuis maintenant huit ans.Ah je peux vous dire que ça rigole pas. Le premier juin, en pleine expo universelle, le CDLD, le Comité pour la défense de la Liberté et de la Démocratie, z’avez jamais entendu parler, hein, et ben, il réunit 200.000 manifestants dans les rues. On n’a pas vu ça souvent dans notre Histoire !Que se passe-t-il ? Et bien en Belgique, grâce au roi hollandais Guillaume d’Orange, y a deux réseaux : un officiel, gratuit, financé par l’Etat et un financé par l’Eglise, qu’on a appelé du coup « libre ». Et donc les Libéraux et les Socialistes qui soutiennent l’officiel disent : pas un sou de l’Etat pour le Libre. Sauf que ça ne tient pas, vous ne pouvez pas dire “Liberté, égalité, fraternité” et son contraire.Et sauf qu’en 1950, le Parti Catholique remporte tellement de voix aux élections qu’il gouverne seul et instaure notamment que les subsides sont proportionnels au nombre d’élèves et d’étudiants. Et ça, c’est le début de la guerre car le libre en compte beaucoup plus que l’officiel.Alors, en juin 1958, le nouveau premier ministre dit : “vous allez arrêter, oui ! Allez, tous autour de la table et on se met d’accord sur, grosso modo : le mêmepactole pour les deux réseaux, l’école est gratuite et la liberté de choix du réseau pour les parents. Maintenant quand un mec dira encore « pacte scolaire », vous aurez une petite idée, vous pourrez même lui dire qu’il a été signé un 6 novembre 1958.
06/11/2025 • 02:52
Vous connaissez mai 68, on en a tellement parlé, c’est un grand mythe français. Et on a beaucoup dit qu’en Belgique, y avait rien eu de pareil.C’est vrai. Faut dire que chez nous, en 1968, l’ambiance dans l’enseignement est tendue comme un string depuis des années déjà. En effet, depuis 1962, nos brillants responsables ont commis cette aberration de tracer une frontière linguistique dans notre pays. C’est magnifique et intelligent, ça ! Dire : bon, à partir d’ici on parle français, hein ? Et là flamand ! C’est une évidence pour nous tous qui sommes nés avec ça mais regardez le bordel que ça a mis dans notre pays, depuis.Bref, en traçant cette ligne, la plus grande université du pays, celle de Louvain, Leuven, se retrouve en territoire linguistique flamande. Mais les évêques, flamands comme wallons, pas fous, se disent : couper en deux l’Université de Louvain, c’est non seulement la condamner à ne plus être la plus grande, mais surtout quel appauvrissement au niveau du savoir. Donc, c’est non. Du coup, y a des mecs qui gueulent, alors ils disent OK, on divise les cours en deux groupes linguistiques, ça vous va ? Ouaiis, enfin, yaaa.Sauf que dans les années 60, les jeunes commencent massivement à faire de plus longues études et le nombre d’étudiants à Louvain explose. Et voilà un nombre incroyable de francophones dans la ville, et ça, les défenseurs de la cause flamande refusent d’entendre parler français partout. Les bagarres commencent entre étudiants francophones et provocateurs flamands, des voix issues de milieux pas fréquentables commencent à se faire entendre, et donc, ce 5 novembre 1967, elles organisent à Anvers une manifestation pour exiger que l’université de Leuven soit uniquement flamande. Ils sont entre 25 et 30.000, il n’y aura pas de grabuge, mais ils sont agressifs et surtout sur leurs panneaux, on va lire une expression qui va faire le tour du pays et qui va rester : Walen buiten. C’était un 5 novembre.
05/11/2025 • 03:26