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Revue de presse internationale

Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour, du lundi au vendredi à 07h15 TU et samedi 07h12 TU (Heure de Paris = TU+1 en hiver)

Titres

À la Une: les risques de conflit ouvert au Moyen-Orient
Les réactions et analyses sont nombreuses, après les frappes d'Israël contre l'Iran. Frappes limitées, mais les commentaires abondent.Celui de l'Orient le Jour, par exemple. Pour le quotidien francophone libanais, « la guerre n'est pas évitée, elle est reportée... comme si les trajectoires des deux puissances devaient forcément finir par se heurter ». Et cela pourrait passer par le Hezbollah. « Du point de vue israélien, estime le journal, le Hezbollah constitue aujourd’hui la principale menace à sa sécurité. L’Iran se situe à plus de 1 000 kilomètres et n’est pas (encore) une puissance nucléaire. Malgré sa relative retenue depuis le 7 octobre, le parti chiite libanais est l’instrument iranien pouvant causer le plus de dégâts à Israël... ». Conclusion du quotidien libanais. « S’il n’y a pas d’accord dans les prochains mois impliquant une zone tampon à la frontière libano-israélienne, dont la milice chiite se retirerait, la guerre paraît inévitable ».De son côté, Haaretz privilégie l'ironie. « Il y avait quelque chose de presque timide dans le silence du gouvernement israélien vendredi matin après la frappe sur une base aérienne iranienne près d'Ispahan qui, selon les responsables américains, a été menée par Israël. C’est presque comme si quelqu’un à Jérusalem espérait que les événements des 19 derniers jours pouvaient être annulés – comme si le fait que l’Iran et Israël étaient en conflit direct pouvait être commodément oublié ». Aux yeux du quotidien israélien, Netanyahu ne sait pas où il va. « Tout comme sa résistance à présenter un plan du jour au lendemain pour Gaza, il n’a aucun plan pour l’Iran maintenant que Téhéran a changé de stratégie ».Conflit ouvert« Pendant des années avant l’attaque du 7 octobre », explique pour sa part le Wall Street Journal,  « Israël et l’Iran ont gardé leur conflit dans l’ombre. La stratégie iranienne reposait sur l’utilisation de son réseau de milices comprenant des groupes armés irakiens et syriens, le mouvement du Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen, pour tenter de chasser les États-Unis de la région et de faire pression sur Israël tout en restant à distance des combats ». Mais cette « guerre fantôme » est finalement devenue un « conflit ouvert », estime le quotidien américain, qui cite des spécialistes de la sécurité, selon lesquels « L’animosité qui a poussé les deux pays à mener une longue guerre fantôme n’a pas diminué. Mais cela se déroulera désormais dans un contexte dans lequel les deux parties ont démontré leur volonté de sortir de l’ombre et de passer aux bombardements directs ».Retrait américain du NigerC'est le Washington Post qui s'en fait l'écho, rappelant que « la région du Sahel est devenue ces dernières années un point culminant de l'extrémisme islamiste ». « L’accord signifie la fin d’une présence de plus de 1 000 soldats américains au Niger », poursuit le quotidien américain, « C’est le point culminant du coup d’État militaire de l’année dernière qui a renversé le gouvernement démocratiquement élu du pays et installé une junte qui a déclaré « illégale » la présence militaire américaine dans ce pays ».  « Avant que le Niger ne cherche à évincer l’armée américaine » ajoute le Washington Post, « il a forcé le retrait des troupes françaises qui avaient mené des opérations antiterroristes contre les groupes extrémistes dans la région au cours de la dernière décennie, mais qui étaient devenues une puissance postcoloniale impopulaire ». Un responsable du département d'État américain assure toutefois : « Ils ne veulent pas nous traiter comme les Français, et ils ne veulent pas faire exploser les relations comme ils l'ont fait avec les Français ». Que va-t-il se passer désormais ? « La semaine dernière, nous dit le Washington Post, au moins 100 instructeurs militaires russes sont arrivés à Niamey, marquant une escalade des relations en matière de sécurité entre le Niger et Moscou qui, selon les analystes, pourrait rendre difficile, voire impossible, la poursuite par les États-Unis de leur propre coopération en matière de sécurité ».
03:13 20/04/2024
À la Une: la riposte d'Israël contre l'Iran
« Israël attaque l'Iran en représailles à l'offensive de missiles et de drones sur son territoire », titre Haaretz. « L'impact s'est produit dans la province d'Ispahan », poursuit le quotidien israélien, Ispahan, où se trouve « Natanz, la région où est située l'une des installations nucléaires iraniennes ». « Une source militaire a déclaré à la chaîne de télévision américaine Fox que l'attaque était toutefois "limitée" ». Et Haaretz précise : « L'attaque a eu lieu peu de temps après que le ministre iranien des Affaires étrangères, Hosein Amir Abdolahian, a averti Israël, dans une interview accordée à CNN, de ne pas entreprendre d'action militaire contre son pays sous peine de réponse sévère. »En Suisse, le journal le Temps fait état des premières déclarations : « Nous n'avons pas de commentaires pour le moment », déclare un porte-parole de l'armée israélienne. Pas de commentaires officiels non plus côté américain. Washington a toutefois été prévenu de l'attaque israélienne, « mais ne l'a pas approuvée et n'a joué aucun rôle dans son exécution, selon des responsables cités par les médias américains », ajoute le Temps. À lire aussi[En direct] Iran: «Aucun dégât» sur les sites nucléaires après des explosions dans la région d'IspahanÉlections en IndeLe Times of India, qui affiche tout de même en Une des photos illustrant la riposte israélienne contre l'Iran, fait état « de files d'attente dans de nombreux états et d'affrontements sporadiques au Bengale, alors que commence la phase 1 du plus grand scrutin au monde ». Le quotidien indien dévoile aussi les noms des personnalités au fur et à mesure qu'elles se présentent dans les bureaux de vote.Des politiques, des candidats, mais aussi « la plus petite femme du monde », Jyoti Amge, on la voit en photo. Photos également, d'électeurs en fauteuils roulants, « aidés par des bénévoles, dans un isoloir ». Un peu plus loin, le Times of India relate les propos de Narendra Modi lors d'un rassemblement dans l'Uttar Pradesh. Le Premier ministre a parlé d'un « grand jour pour la fête de la démocratie. Il appelle tous les électeurs à user de leurs droits et à voter ​​​​​​​». Signal d'alarmeLes élections en Inde intéressent aussi la presse américaine. C'est le cas du New York Times, qui titre : « Le pouvoir de Modi ne cesse de croître et l'Inde semble certaine lui en donner davantage ​​​​​​​». « Rares sont ceux qui doutent que le populaire premier ministre remportera un troisième mandat ​​​​​​​», ajoute le quotidien américain, « une main ferme, c'est exactement ce que semblent vouloir beaucoup d'Indiens ​​​​​​​». Le Premier ministre qui fait à la fois le bilan de son action et des promesses pour l'avenir. Le New York Times raconte : en campagne, « M. Modi lit le menu de ce qu'il appelle le "développement" abondant qu'il a fourni aux pauvres de l'Inde. Mais il ne s'arrête pas là. "Ce que Modi a fait jusqu'à présent n'est qu'un apéritif", a-t-il déclaré, se référant à lui-même à la troisième personne, comme il le fait souvent. "Le plat principal reste à venir" ​​​​​​​».Mais pour ses détracteurs, poursuit le journal américain, les propos de M. Modi sur le« plat principal » sont « un signal d'alarme pour l'avenir de la plus grande démocratie du monde ​​​​​​​». Car « même si sa place de leader incontesté de l'Inde semble assurée, il a mené une répression contre la dissidence qui n'a fait que s'intensifier ​​​​​​​». Dernier exemple en date : « le gel des comptes bancaires du plus grand parti d'opposition ​​​​​​​». « Narendra Modi dirige l'Inde d'une main très ferme, et de nombreux indiens semblent prêts à l'accepter ​​​​​​​», nous dit le New York Times ce matin. « Le Premier ministre indien est resté très populaire même s’il est devenu plus autocratique. Il a même trouvé du soutien pour ses efforts visant à transformer l’Inde en ce que les analystes appellent une démocratie anti-libérale ​​​​​​​».À écouter aussiInde: coup d’envoi des élections générales XXL, Narendra Modi favori
02:54 19/04/2024
À la Une: le risque d’embrasement au Proche-Orient
« Depuis l’attaque inédite, dans la nuit de samedi à dimanche, de l’Iran contre Israël, en riposte au bombardement du consulat iranien à Damas, le Hezbollah intensifie la bataille sur le front sud ». C’est ce que relève L’Orient Le Jour à Beyrouth. « Ainsi, poursuit le journal, aux côtés des opérations routinières qu’elle mène depuis le 8 octobre, la milice chiite lance désormais des opérations plus qualitatives. Certaines consistent à miner la région frontalière […]. D’autres reposent sur les drones d’attaque, de plus en utilisés par la formation pro-iranienne. »De leur côté, les israéliens ne restent pas les bras croisés, pointe encore le quotidien libanais : « tout comme le Hezbollah, Israël adopte une politique d’escalade militaire progressive, qui a culminé avant-hier avec l’élimination de trois commandants du parti chiite dont le rôle était lié aux missiles et à leur mode opératoire. »Et L’Orient Le Jour de poursuivre : « cette escalade intervient à l’heure où les Iraniens affirment que toute attaque contre leur pays vaudra aux Israéliens une riposte vigoureuse et rapide, impliquant également les alliés de Téhéran, en particulier le Hezbollah. En intensifiant ses opérations militaires, ce dernier envoie donc un message à Tel-Aviv selon lequel il est prêt à infliger des pertes directes. »Israël prêt à riposterD’autant, souligne encore L’Orient Le Jour, qui cite une source diplomatique occidentale, d’autant qu’Israël « s’apprête indubitablement à une riposte contre l’Iran. »En effet, complète Le Figaro à Paris, « l’attaque iranienne a replacé la question de la sécurité d’Israël avant les considérations humanitaires. Netanyahu, qui a fait depuis des années de la menace iranienne le centre de sa politique, se voit de nouveau en position de décideur. "Je tiens à être clair : nous prendrons nos propres décisions et l’État d’Israël fera tout le nécessaire pour se défendre", a répété hier le premier ministre israélien. »Le risque d’un conflit généralisé est donc à craindre, sur le double front iranien et libanais… « Après l’attaque iranienne, le sud du Liban frémit », s’alarme Le Temps à Genève. Le Temps qui s’interroge : « alors que le gouvernement israélien met la dernière main à ce qui semble être une riposte imminente après l’attaque iranienne, le "front nord", comme l’appellent les Israéliens, menace-t-il à son tour de s’embraser ? La "riposte" israélienne s’étendra-t-elle au Liban, comme le craignent avant tout les Libanais eux-mêmes ? »Réponse dans le quotidien suisse de Daniel Meier, enseignant à l’Université de Genève et spécialiste de la région : « Je m’attends à ce que les violences s’intensifient, affirme-t-il. Le Liban, vu sa quasi-vacuité en termes de souveraineté, est un terrain idéal pour tous les débordements. De nouvelles frappes ciblées israéliennes sont sans doute à craindre, même à Beyrouth. »Pourtant, souligne Le Temps, « le Hezbollah est conscient de ce qu’il en coûterait d’une confrontation générale contre Israël dans un Liban déjà au bord du gouffre. De leur côté, les militaires israéliens savent aussi combien les centaines de missiles balistiques dont dispose la milice chiite inspirent forcément le respect. […] Le prix à payer d’un éventuel durcissement du conflit serait (donc) particulièrement élevé. »Grave erreur ?Malgré tout, la question n’est plus de savoir si Israël va riposter après l’attaque iranienne du week-end dernier, la question est : quand ? Le Jerusalem Post croit avoir la réponse : « Israël ne devrait pas attaquer l’Iran avant la Pâque juive (qui se déroulera du 22 au 30 avril) ». Quelle forme prendrait cette réplique ? Pour l’instant, mystère…En tout cas, multiplier les fronts serait une grave erreur pour Israël, prévient Haaretz. « Comment le cabinet de guerre, qui a décidé dès le départ de concentrer ses efforts sur Gaza, envisagerait-il de vaincre une organisation terroriste (le Hamas) qu’il combat depuis six mois tout en s’engageant dans une guerre avec une superpuissance régionale (l’Iran) ? », s’interroge le quotidien israélien de gauche.« Une riposte israélienne imminente et vigoureuse contre l’Iran – sur laquelle, selon certaines sources, le cabinet de guerre est unanime – pourrait permettre au chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, de réaliser son rêve "d’unir les fronts" ». Conséquence, pointe Haaretz : « il passerait alors du statut de djihadiste dévoyé – un sadique dont les actes barbares sont également condamnés dans le monde arabe – à celui de membre d’une coalition organisée et bien entraînée qui ferait pleuvoir le feu et le soufre sur Israël, avec le soutien (probable) de la Russie. »À lire aussiAu Liban, l'inquiétude face à de possibles ripostes d'Israël contre l'Iran
04:16 18/04/2024
À la Une: l’Ukraine et Israël, deux poids deux mesures
« "Si les alliés (occidentaux) peuvent abattre des drones iraniens en direction d’Israël, pourquoi ne peuvent-ils faire la même chose pour l’Ukraine ?". La question, posée par une journaliste américaine à John Kirby lundi [15 avril], a visiblement embarrassé le porte-parole du Conseil de sécurité nationale à la Maison-Blanche », constate Le Figaro à Paris. « "Différents conflits, différents espaces aériens, différentes menaces", a éludé le responsable américain. » De fait, pointe le quotidien français, « lorsque l’Iran a envoyé ses drones et ses missiles contre Israël le 13 avril, l’État hébreu a bénéficié de l’assistance immédiate et directe des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France pour intercepter les projectiles. »Et « pendant ce temps, poursuit Le Figaro, l’Ukraine continue d’être harcelée par les bombes, missiles et drones russes. Ces derniers sont pour certains des drones Shahed de fabrication iranienne, identiques à ceux utilisés le 13 avril par Téhéran. Mais pour les intercepter, l’armée ukrainienne ne peut compter sur l’aide directe de ses alliés. Elle doit se satisfaire de livraisons d’aides militaires occidentales qui sont en baisse ces derniers mois, sur fond de blocage politique aux États-Unis et plus largement de tensions sur les stocks en Occident. La pénurie en matière de munitions et de systèmes anti-aériens se fait déjà ressentir en Ukraine, alors que les Russes, ces dernières semaines, sont parvenus à frapper et endommager gravement plusieurs centrales de production d’électricité. »À lire aussiÉtats-Unis: les députés devraient voter séparément les projets d'aide à l'Ukraine et IsraëlQui pour financer la défense de l’Ukraine ?Mardi, le président ukrainien a encore exprimé toute son amertume, rapporte Le Monde, toujours à Paris. « Après avoir exprimé la veille le sentiment de frustration de son pays vis-à-vis de la différence, selon lui, entre l’aide directe que plusieurs pays alliés ont apportée à Israël pour contrer l’attaque aérienne de l’Iran ce week-end, et celle dont bénéficie l’Ukraine, Volodymyr Zelensky a de nouveau évoqué le sujet dans sa vidéo quotidienne, appelant ses alliés à augmenter leur aide à Kiev et à "accorder la même valeur à chaque vie". »Le Guardian à Londres s’interroge : « qui va financer la défense de l’Ukraine ? […] Le Congrès américain a finalement annoncé son intention de soumettre au vote du Parlement un programme d’aide militaire à l’Ukraine – qui est bloqué depuis des mois en raison du scepticisme des Républicains. » En attendant un feu vert encore hypothétique, « l’aide occidentale est au point mort », constate le Guardian. Et « depuis des mois, l’Ukraine est aux prises avec trois défis urgents : l’insuffisance de munitions et de missiles de défense aérienne ainsi que le manque de troupes expérimentées. »J-100 avant les JO : ambiance plombée ?À la Une également : 100 jours avant les Jeux olympiques de Paris. Avec ce dessin publié dans le quotidien belge Le Soir, dessin qui nous montre des Français râleurs : « c’est nul, ça va nous ruiner », affirme l’un. « On ne pourra plus circuler », peste un autre. « Y’aura des attentats, ça va péter partout », s’inquiète un troisième. « De toute façon, on n’aura pas une seule médaille », fulmine encore ce quidam coiffé d’un béret.Des Français râleurs, donc, et un président qui « a plombé l’ambiance avant-hier », rapporte Libération. En effet, Emmanuel Macron « a douché son monde en évoquant les plans B et C de repli, si d’aventure la cérémonie d’ouverture ne pouvait pas se tenir sur la Seine comme prévu, pour des raisons de sécurité […]. Le message essentiel retenu aura donc été celui de la sécurité », déplore le journal. Certes, pointe Libération, « risques terroristes, guerres en Ukraine et au Proche-Orient, c’est peu dire que les idéaux olympiques de paix et de fraternité ont du mal à se frayer une petite place parmi ces actualités plus dramatiques les unes que les autres. Elles expliquent peut-être que les Français n’ont manifestement pas encore les JO dans la tête. Un récent sondage d’Ipsos pour la Tribune du dimanche les décrit inquiets ou indifférents. Il reste cent jours, conclut le journal, pour tordre le bras à cette réputation qui veut que les Français, forcément râleurs, laissent depuis des années leur sens de la fête au vestiaire. »Enfin, question essentielle posée par le New York Times : « l’équipe olympique française sera-t-elle la mieux habillée lors de la cérémonie d’ouverture ? » En effet, la ligne de vêtements des athlètes tricolores a été dévoilée hier. Un smoking bleu revisité par la maison Berluti qui appartient au français LVMH, « le plus grand conglomérat de luxe au monde », précise le quotidien américain. Une ligne qui offre, selon le journal, une « version allégée » du fameux triptyque « luxe, calme et volupté. »À lire aussiParis 2024: à J-100, comment le Stade de France se pare de sa belle piste violette
04:32 17/04/2024
À la Une: Israël se dit prêt à la riposte
« L’Iran a voulu cibler nos capacités stratégiques, les représailles sont inévitables » : cette petite phrase prononcée hier soir par le général Herzi Halevi, chef d’état-major de l’armée israélienne, est reprise dans nombre de quotidiens ce matin.Oui, il faut réagir, s’exclame le Jerusalem Post, quotidien proche du pouvoir : « Dans un moment aussi décisif, Israël doit réaffirmer sa force en ripostant […]. On ne saurait trop insister sur les attentes de la population israélienne en matière de sécurité et sur la responsabilité du gouvernement à cet égard. »Et le Jerusalem Post d’évoquer « l’utilisation potentielle par l’armée israélienne de chasseurs furtifs F-35 pour pénétrer profondément dans le territoire iranien et cibler des sites nucléaires clés. »En effet, pointe le journal, « le coût de l’inaction pourrait être élevé, compte tenu de l’agression continue de l’Iran et des progrès de son programme nucléaire. La réticence passée d’Israël à l’égard de toute escalade pourrait changer, compte tenu des menaces actuelles qui s’étendent au-delà de ses frontières […]. »Sagesse et patienceNon, rétorque le quotidien d’opposition Haaretz : « Israël a déjà commis des erreurs à Gaza. Il a encore plus à perdre avec l’Iran […]. Nous devons espérer que le Premier ministre Benyamin Netanyahu, le ministre de la Défense Yoav Gallant et le chef d’état-major de Tsahal Herzi Halevi feront preuve de sagesse cette fois-ci et ne se laisseront pas entraîner dans une aventure dangereuse. Ils ont échoué le 7 octobre, s’exclame Haaretz, ils n’ont pas provoqué l’effondrement du Hamas, ils n’ont pas ramené les otages à la maison, ils n’ont pas fait preuve de retenue en assassinant le général iranien Zahedi à Damas et ils nous ont fait subir la terrible nuit de samedi à dimanche. »Quoi qu’il en soit, les israéliens ne doivent pas prendre de décision hâtive, estime le New York Times : « L’attaque aux missiles de samedi est le dernier exemple en date d’un long et vilain palmarès de la part de l’Iran. Mais au moment de décider comment réagir, les Israéliens serviraient mieux leurs intérêts en se rappelant l’adage utile selon lequel la vengeance est un plat qui se mange froid. »La solution de la diplomatieComment sortir de cette escalade ? Pour nombre de commentateurs, la solution ne peut être que diplomatique.Exemple, El Pais, à Madrid, pour qui « la communauté internationale, dont les principales démocraties ont condamné l’agression, doit actionner tous les leviers nécessaires pour arrêter la spirale action-réaction dans laquelle Israël et l’Iran se sont engagés et dont le résultat sera inévitablement une guerre aux conséquences mondiales. La diplomatie doit prévaloir sur la rhétorique belliciste des deux nations, qui n’apporte manifestement aucune solution et ne fait qu’accroître la peur, la destruction et la mort. »Comment faire concrètement ? Pour Le Figaro à Paris, « les Occidentaux, à commencer par la France, devraient proposer à l’Iran une grande négociation sur tous les sujets sécuritaires, à l’image de ce que Téhéran avait proposé en vain à l’Occident en 2003, après les invasions américaines de l’Afghanistan et de l’Irak […]. Le fait que nous n’apprécions pas le caractère théocratique du régime des ayatollahs, ne devrait pas nous empêcher de parler avec les Iraniens, affirme encore Le Figaro. Dialoguer ne signifie pas se courber. Souvenons-nous qu’en géopolitique, la valeur suprême ce n’est pas la démocratie, c’est la paix. »Arrêter les frais à GazaEn attendant, pour Le Monde, toujours à Paris, « la meilleure désescalade, par ailleurs, serait assurément obtenue si elle s’accompagnait d’un cessez-le-feu durable là où tout a commencé, à Gaza, et si Israël renonçait enfin à une ligne maximaliste qui passe par une offensive contre Rafah, la dernière agglomération palestinienne relativement épargnée par des bombardements de son armée. »Enfin, estime encore Le Monde, « Benyamin Netanyahu aurait tort de vouloir voir dans le soutien sans réserve apporté le 13 avril par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni la preuve que ses alliés le suivront toujours et en toutes circonstances. Cette aide donne au contraire du poids à leurs demandes répétées de rouvrir une perspective politique pour les Palestiniens. Un tel horizon constituerait pourtant une défaite cinglante pour le Hamas, comme pour l’Iran. »
04:19 16/04/2024
À la Une: jusqu’où ira l’escalade au Proche-Orient ?
Question posée par la plupart des éditorialistes ce lundi matin après l’attaque menée dans la nuit de samedi à dimanche par l’Iran contre Israël.Pour le Jerusalem Post, il faut temporiser : « bien sûr, Israël pourrait lancer des centaines de missiles sur l’Iran, relève le quotidien proche du pouvoir. Mais doit-il le faire ? Telle est la question à laquelle est confronté Benyamin Netanyahou, alors qu’il évalue les coûts et les avantages d’une telle initiative. Israël a besoin des Américains, cela ne fait aucun doute. » Mais ceux-ci ont affirmé « qu’ils ne voulaient pas d’une guerre avec l’Iran. (…) Israël a besoin d’une stratégie appropriée, affirme donc le Jerusalem Post. Nous avons le temps, et ce n’est pas le moment d'être irréfléchi. »Pour Haaretz, pas question de répondre à Téhéran par la force : « attaquer l’Iran sans le soutien des alliés d’Israël, en particulier des États-Unis, serait irresponsable et imprudent. Israël risquerait d’entraîner la région et même le monde dans une guerre totale. »Vers un embrasement ?Toutefois, soupire Le Figaro à Paris, « s’ouvre maintenant une période incertaine des représailles aux représailles. L’État hébreu peut voir dans l’attaque directe menée par Téhéran une occasion et une légitimité renforcée pour frapper à son tour le territoire iranien, en particulier les installations du programme nucléaire militaire, que la communauté internationale n’a pas su endiguer. »Et Le Figaro de s’interroger : « Israël en est-il capable sans assistance américaine ? Le ratio risques/efficacité a-t-il changé au point de convaincre Netanyahou de céder à cette vieille tentation ? L’embrasement de la région est dans la balance. »Libération, toujours à Paris, n’est pas très optimiste… On assiste, écrit-il, à « une dynamique d’emballement que rien ne semble pouvoir arrêter. (…) Israël n’a pas d’autre choix – et d’ailleurs pas d’autre volonté – que de réagir de la même manière +proportionnée+, autrement dit d’approfondir la crise. »En effet, précise Libération, « aussi dangereuse soit-elle, cette perspective a peu d’obstacles qui pourraient troubler sa réalisation dans le champ géopolitique d’aujourd’hui. Les deux pays en confrontation sont gouvernés par leurs politiques intérieures respectives. Benyamin Nétanyahou, enlisé dans son offensive à Gaza, est ravi de la diversion que constitue l’offensive iranienne. Elle lui offre l’opportunité de redorer son blason sécuritaire, après sa lourde responsabilité dans l’aveuglement menant aux terribles attaques du 7 octobre. Les mollahs (iraniens), eux, offrent au peuple une réponse nationaliste à la crise économique et à la contestation sociétale et politique de 2022. »Mauvais calcul…Alors, « la décision appartient maintenant à Netanyahu et au cabinet de guerre israélien, pointe leWashington Post. Israël serait pleinement justifié, moralement et légalement, d’ordonner des frappes aériennes sur l’Iran. Mais ce ne serait pas très judicieux d’un point de vue stratégique », estime le quotidien américain. « L’Iran est une nation de 88 millions d’habitants, tandis qu’Israël n’en compte que 9 millions et demi. L’Iran dispose de plus d’un demi-million de militaires en service actif, d’une industrie de défense sophistiquée et d’un vaste réseau de puissants mandataires dans toute la région. » Certes, « Israël peut blesser l’Iran, pointe encore le Washington Post, mais il ne peut pas le vaincre, ni même détruire son programme nucléaire bien caché et bien fortifié. »Une solution diplomatique ?Comment sortir de cette spirale guerrière ? Il faut accentuer la pression sur l’Iran, estime le New York Times : mettre en place « une initiative mondiale menée par les États-Unis pour imposer des sanctions à Téhéran et l’isoler davantage sur la scène mondiale », sinon « Israël pourrait riposter et nous nous acheminerions vers une guerre majeure au Moyen-Orient et un pétrole à 250 dollars le baril. »Analyse similaire pour le Guardian à Londres : il faut « une action internationale urgente et concertée pour mettre un terme à la poursuite des combats et empêcher une escalade qui s’étendrait à la Syrie, au Liban, aux pays du Moyen-Orient et aux régions du Golfe et de la Mer Rouge. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir aujourd’hui en session d’urgence. Au lieu des querelles habituelles, implore le quotidien britannique, ses membres permanents, en particulier la Chine et la Russie, devraient travailler ensemble de manière constructive pour désamorcer une crise qui nous menace tous. »
04:07 15/04/2024
À la Une: attaque de drones et de missiles iraniens contre Israël
L'offensive iranienne, annoncée depuis plusieurs jours, est bien sûr en Une de tous les journaux, européens, américains, ou encore du Proche-Orient. Avec à l'appui photos et vidéos. Le Washington Post donne ainsi à entendre des explosions et les sirènes d'alerte à Jérusalem, alors que le Wall Street Journal nous montre les drones iraniens survolant Bethléem. Le Wall Street Journal qui fait part de son inquiétude : « L’Iran a lancé une vague de plus de 300 drones et missiles de croisière et missiles balistiques vers Israël, déclenchant une confrontation militaire directe entre les deux nations et augmentant les risques d’une guerre régionale plus large ». En Israël, le quotidien Haaretz  le souligne aussi : « C’est la première fois que l’Iran lance une attaque directe contre Israël, malgré des décennies d'inimitié remontant à la révolution islamique en 1979 ». Et bien sûr, l'heure n'est pas à l'accalmie : les responsables iraniens mettent en garde contre une « réponse plus sévère si Israël réplique à l'attaque », nous dit Haaretz, alors que de son côté, l'un des porte-parole de l'armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari, interrogé sur une éventuelle réplique d'Israël répond : « l'armée fait et fera tout ce qui est nécessaire pour protéger la sécurité de l'état d'Israël ».Hostilité au long cours« Assassinats ciblés, frappes militaires, cyberattaques et injures publiques ». « Depuis 1979, souligne aussi le Monde, un conflit larvé entre l’Iran et Israël ponctuait les crises au Moyen-Orient. Depuis hier, les deux puissances sont entrées dans une confrontation directe ». Cette opération, baptisée « Promesse honnête », a été « lancée avec l’approbation du Conseil suprême de sécurité nationale et sous la supervision de l’état-major général des forces armées, a précisé la télévision d’État iranienne », poursuit le quotidien français, qui ajoute : « les alliés de l’Iran, le Hezbollah libanais et les rebelles yéménites houthistes ont également mené des attaques anti-israéliennes, le premier en tirant des roquettes sur le Golan occupé par Israël, et les seconds en lançant des drones en direction du territoire israélien ». De son côté, l'Orient le Jour s'interroge : « Comment lire, à chaud, ce qui s’est passé ces dernières heures ? Quelles conséquences cette opération aura-t-elle sur la suite des évènements dans la région ? » La guerre israélo-iranienne sort officiellement de l’ombre sans que l’on sache pour l’instant avec quelle intensité elle sera menée à visage découvert », estime le quotidien francophone libanais, selon lequel « l’escalade de grande ampleur semble pour l’instant avoir été évitée ». Mais cela n'engage pas à l'optimisme, selon l'Orient le Jour, qui se demande, « à quel point Washington va pouvoir contrôler son allié israélien qui peut être tenté de faire le pari de la guerre régionale ».Soutien américain et britanniqueLe Guardian le rappelle : « les forces américaines et britanniques ont aidé à abattre les drones iraniens au-dessus de la Jordanie, de la Syrie et de l'Irak ». Le quotidien britannique souligne que « la Royal Air Force est impliquée dans ces opérations régionales ». En Allemagne, die Welt ajoute que le président américain Joe Biden  « s'est entretenu au téléphone avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. La Maison Blanche a ensuite déclaré que Biden avait condamné l’attaque iranienne dans les termes les plus forts possibles » et a réaffirmé « l’engagement sans faille » des États-Unis envers la sécurité d’Israël ». Certains journaux asiatiques donnent aussi une bonne place à l'attaque iranienne. C'est le cas du Japan Times, selon lequel « Les premiers signes suggèrent que les défenses aériennes tant vantées par Israël ont réussi leur plus grand test à ce jour, repoussant un barrage sans précédent de l'Iran ». Enfin, l'Hindustan Times, publie la réaction officielle de l'Inde, qui se dit « sérieusement préoccupée » et appelle à une « désescalade immédiate ».« Épuration ethnique »Côté hebdomadaires, on retiendra l'interview d'Elias Sanbar, au Nouvel Obs. L'écrivain et poète palestinien est très pessimiste. « Israël va vers le gouffre », nous dit-il. À la question : « en tant que militant de la paix, vous sentez-vous trahi par le bombardement massif de Gaza depuis le mois d'octobre ? » Il répond : « C'est Israël qui s'est trahi lui-même, par sa réaction à l'attaque du 7 octobre. Il n'a pas trouvé autre chose à faire que de se venger sur un peuple entier. Cela l'a conduit à mener une épuration ethnique, il n'y a pas d'autre mot ». Quant aux États-Unis, Elias Sanbar les accuse « d'escroquerie », « D'un côté, ils se désolent des massacres », dit-il, « de l'autre, ils multiplient l'aide militaire, sans laquelle Israël ne pourrait continuer ces massacres ». L'écrivain palestinien ne voit aucune raison d'être optimiste. « L'absence d'actes dure depuis 40 ans, dit-il. Qui a forcé la main des acteurs et en particulier d'Israël, pour faire avancer la paix ? Personne... » conclut-il. 
05:04 14/04/2024
À la Une: la bataille pour le droit à l'avortement aux Etats-Unis
Le débat a été relancé cette semaine, par une décision de la Cour suprême de l'État de l'Arizona, interdisant tout avortement, sauf si la mère est en danger. L'Arizona où la vice-présidente Kamala Harris était hier, vendredi 12 avril, pour un meeting électoral. Le New York Times, qui était aussi sur place, nous raconte qu'elle « a critiqué l'ancien président Donald Trump, au sujet du droit à l'avortement, l'accusant d'être directement responsable de la décision de justice rendue cette semaine en Arizona », car c'est en 2022, lors de son mandat, que la Cour suprême américaine a annulé la protection constitutionnelle de l'avortement. « Trump veut ramener l'Amérique aux années 1800 », a également fustigé Kamala Harris, précise le quotidien canadien Le Devoir. « Voilà à quoi ressemblerait un 2ᵉ mandat de Trump » a ajouté la vice-présidente américaine : « plus d'interdictions, plus de souffrances et moins de liberté ». Mais le cas de l'Arizona met Donald Trump dans l'embarras, remarque Le Devoir. « Cette victoire idéologique s’est transformée en boulet électoral pour les républicains. Les sondages montrent que la majorité des Américains soutiennent l’avortement, ce qui fragilise le parti conservateur dans les urnes ». Donald Trump a même fait volte-face, assurant hier que « la Cour suprême de l'Arizona, est allée trop loin dans ses décisions ».Du Bangladesh à l'IndonésieIl s'appelle Hamid, il a entre 11 et 13 ans, et il est Rohingya, une minorité musulmane de Birmanie. On le voit en photo, petit garçon à l'air sage. « Hamid a passé plus de la moitié de sa vie dans le plus grand camp de réfugiés du monde, un endroit en proie à la criminalité et à un sentiment de désespoir écrasant. Il n’a pas pu aller à l'école et n’aurait eu aucun droit de travailler une fois adulte », explique le Wall Street Journal. Cet immense camp de réfugiés, se trouve « au sud est du Bangladesh. C’est un endroit largement oublié alors que l’attention mondiale et les dollars humanitaires se sont tournés vers Gaza, l’Ukraine et ailleurs », poursuit le quotidien américain. Le « désespoir » y est tel, « qu'il pousse des centaines de jeunes Rohingyas à monter sur des bateaux pour échapper aux camps de réfugiés ». « Mais c'est un voyage cauchemardesque qui pour beaucoup se termine par la mort ». Hamid reconnaît  « qu'il a eu peur et qu'il a beaucoup pleuré » pendant ce voyage en mer, après être parti de chez lui, « sans dire au revoir à ses parents, parce qu'il savait qu'ils tenteraient de l'arrêter ». Finalement, le jeune garçon est arrivé en Indonésie, avec son oncle, il vit là encore dans un camp de réfugiés. « Ce n'est pas beaucoup mieux ici, dit-il, mais il y a de bons côtés, comme l'espoir d'aller à l'école ». Son rêve de toujours…Inflation en ArgentineIl faut avoir le cœur bien accroché, pour suivre les hauts et les bas, de l'économie argentine. C'est la Nacion qui décrypte pour nous la situation. En mars, l'inflation dans le pays « était de 11 %, c'est-à-dire beaucoup, mais moins que ce que prévoyaient les marchés »... Toutefois, le chiffre le plus impressionnant est celui de l'inflation sur douze mois en Argentine : 287,9 %.   « Pour trouver un chiffre annuel aussi élevé, il faut remonter à mars 1991 », précise la Nacion. Comment cela se traduit-il, au quotidien, pour les argentins ? La liste est longue :  en mars, la plus forte hausse est celle « de l'éducation, près de 58 %," en raison de l'augmentation des frais de scolarité ». Il faut aussi compter avec l'augmentation du prix « du téléphone et d'internet, 15,9 % ou encore celle de l'eau, de l'électricité, du gaz, plus 13, 3 % ». Malgré tout, les analystes argentins sont relativement optimistes.  Certains tablent sur une augmentation de l'inflation de seulement… 140 % pour l'année 2024 !
04:06 13/04/2024
À la Une: la menace iranienne se précise
« Israël se prépare à une attaque iranienne dans les prochaines 48 heures », titre Haaretz, qui cite le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, et son homologue américain Lloyd Austin. « Ils ont, nous dit le quotidien israélien, discuté de l'engagement à toute épreuve des États-Unis envers la sécurité d'Israël, contre les menaces iraniennes ». Le Wall Street Journal titre lui aussi sur cette « attaque iranienne attendue contre Israël dans les deux jours ». Toutefois, selon des sources proches des dirigeants iraniens citées par le quotidien américain,  « des plans d'attaque sont en cours de discussion, mais aucune décision finale n'a été prise ».Le Wall Street Journal rappelle que l'Iran a publiquement « menacé de riposter à une attaque la semaine dernière contre un bâtiment diplomatique à Damas ». Selon des sources israéliennes, cette riposte pourrait avoir lieu « à l'intérieur des frontières israéliennes ». Ces dernières heures, poursuit le Wall Street Journal, « des comptes de réseaux sociaux proches des Gardiens de la révolution ont publié des vidéos montrant des simulations d'attaques de missiles contre l'aéroport israélien de Haïfa et son installation nucléaire de Dimona. Un responsable iranien a également déclaré que l'Iran frapperait les usines électriques et de dessalement d'eau d'Israël en cas d'attaque ».La mort d'OJ Simpson à l'âge de 76 ans« Ce qu'OJ Simpson signifiait pour l'Amérique Noire », titre le Washington Post qui ajoute : « Près de 30 ans plus tard, l'arrestation et le procès pour meurtre d'OJ Simpson à Los Angeles évoquent encore des souvenirs forts. Et, pour de nombreux Américains, le cas de Simpson restera également dans les mémoires pour la façon dont il a révélé les profondes divisions entre les Américains noirs et blancs ». En effet, explique le Washington Post, citant un professeur d'université, « le traitement infligé à Simpson par la police et les médias a été vu par de nombreux acteurs de la communauté noire comme preuve que même les célébrités fortunées ne peuvent pas échapper au racisme en Amérique ». Pour rappel, OJ Simpson, ex-star du football américain, avait finalement été acquitté, d'un double meurtre dont celui de son épouse. De son côté, le New York Times, parle de ce procès, comme d'un « point d'inflexion sur la question raciale en Amérique. « Au fil des années », ajoute le quotidien américain, l'histoire d'OJ Simpson a généré une marée de livres, de films, d'études et de débats révélateurs sur les questions de justice, de relations raciales et de célébrité dans une nation qui adore ses héros, en particulier ceux enfermés dans les stéréotypes de la misère à la richesse ».Découverte chinoiseLe South China Morning Post, nous parle du « projet Babel », ou « comment des scientifiques chinois ont construit le premier satellite au monde permettant d'appeler sur un smartphone ». « Désormais, explique le journal, les utilisateurs chinois peuvent composer n'importe quel numéro via le satellite Tiantong, dans des endroits sans couverture de signal, comme les déserts ou les îles isolées, en payant 10 yuans, soit 1 dollar 40, chaque mois ». Alors, comment les Chinois en sont-ils venus à cette performance technologique ? Tout remonte à 2008, lorsque plus de 80 000 personnes ont « perdu la vie dans un tremblement de terre de magnitude 8. Une catastrophe aggravée par des perturbations des communications dans de nombreuses villes, entravant les efforts des secours ». C'est alors, explique le South China Morning Post, « que le gouvernement chinois a discrètement lancé le projet Tian Tong, visant à mettre en place "un système de communication par satellite, accessible à tous, Quelle que soit la situation économique de l'utilisateur ». Et la Chine a été prudente, conclut le quotidien : « elle a déposé un grand nombre de brevets, pour le satellite Tiantong, ce qui signifie que les entreprises chinoises de haute technologie n'ont pas à s'inquiéter d'éventuels obstacles à ces brevets ou des sanctions de l'Occident lorsqu'elles utiliseront cette technologie révolutionnaire ».
04:25 12/04/2024
À la Une: le pacte migratoire signé au Parlement européen
« L'Europe durcit son droit d'asile », titre le Süddeutsche Zeitung, qui égrène ces nouvelles règles, notamment une sorte de filtrage « aux frontières extérieures de l'UE afin d'endiguer l'immigration illégale ». « Pour la première fois depuis la crise de 2015-2016, abonde Le Figaro, l'Union européenne se dote de règles communes, la solidarité prévalant avec les pays qui enregistrent les arrivées les plus massives de migrants ». « Une refonte de la loi sur l'immigration, dans l'espoir de priver l'extrême-droite de vote », à deux mois des européennes, souligne le journal grec The National Herald. Le scrutin européen est « particulièrement menacé par les ingérences étrangères », avertit Le Monde. « La participation y est historiquement faible et, dans les pays les moins peuplés de l'UE, des campagnes d'influence peuvent [...] avoir des répercussions importantes ». Ce sera donc « un test grandeur nature pour le Digital Services Act, le nouveau règlement européen sur la modération des plateformes », analyse le journal français. Ces campagnes de désinformation servent pour la plupart un argumentaire prorusse.À Gaza, toujours aucun accord de trêveLes médias internationaux publient les images d’un Aïd bien morose dans l’enclave palestinienne. Le journal israélo-palestinien +972 publie le témoignage d'une de ses journalistes gazaouies, contrainte à une fuite permanente : « six mois, trois villes et d'innombrables lieux de refuge », écrit-elle. « Mes efforts journalistiques sont devenus presque impossibles, déplore-t-elle. Des amis ont fermé leur porte à ma famille parce qu'ils ne voulaient pas qu'un journaliste reste avec eux, pensant que nous étions une cible ».Les journaux israéliens, eux, se désespèrent d'un nouvel accord pour libérer des otages du Hamas et accusent Benyamin Netanyahou. Le Premier ministre « fait traîner la guerre pour éviter l'effondrement de sa fragile coalition de droite », pense Haaretz qui prévient : « Ne vous attendez pas à un accord sur les otages de la part de Netanyahou ». « Il est temps de dire au revoir à Bibi », s'impatiente le Jérusalem Post qui considère que le dirigeant israélien « est lui-même otage, prisonnier des partenaires de coalition d'extrême-droite qu'il a accueilli dans son gouvernement  ».Football : le PSG « condamné à une remontada »Après la victoire du FC Barcelone 3-2 sur le PSG en quarts de finale aller de la Ligue des champions, l’Espagne, forcément, se réjouit.  C’était « une soirée magique », s’émerveille El Periodico. « Brutal », « jeu spectaculaire », tranche le quotidien sportif espagnol. « Quelle belle nuit », s'exclame Marca qui signale aussi la victoire d'un autre club espagnol, l'Athletico Madrid, contre Dortmund.En France, la presse est forcément plus mesurée. « Remonter la pente » titre L'Équipe en Une, faisant allusion à la fameuse remontada. « Paris trop naïf », regrette Le Parisien. Les journaux en veulent surtout à Kylian Mbappé : So Foot lui reproche une « prestation cauchemardesque, fantomatique », « il a joué comme il joue depuis un petit mois », c'est-à-dire avec bien peu de résultats.
04:13 11/04/2024
À la Une: les ravages de six mois de guerre à Gaza
Le quotidien français Libération fait sa Une sur Gaza, avec la photographie d’une famille : une mère, un père et un frère, visages déformés par la douleur, par les larmes. La mère tient dans ses bras un enfant, son fils, enroulé dans un drap blanc, mort dans un bombardement israélien. Le quotidien français partage les clichés de 14 photographes palestiniens, qui sont « nos yeux et nos oreilles dans l'enfer de Gaza ». Sur ces images, beaucoup d'enfants, le visage ensanglanté, blanchi par la poussière des gravats, accompagnés des commentaires des photographes sur « six mois de tragédie et de survie ».El Pais publie de son côté des images satellites, qui attestent de la destruction de l'enclave, avec des avant/après. « Près de 6 bâtiments sur 10 sont endommagés ou détruits », précise le journal espagnol.L'Orient-le-Jour, dans sa Une, espère une trêve pour l'Aïd, la fin du ramadan mais le Jerusalem Post n'est pas optimiste et considère que le Hamas « traîn[e] les pieds » en refusant les propositions israéliennes de cessez-le-feu. Pour le journal israélien, « le comportement du Hamas est celui d'une organisation qui croit être aux commandes ».Scrutin morose en Corée du SudPour les législatives, « nous avons le choix entre un escroc à gauche et un idiot à droite », s'énerve un électeur dans le journal français La Croix.Pour L'Humanité, l'antiféminisme est « au cœur des législatives ». Le dirigeant de droite « cherche à séduire les jeunes masculinistes », explique le journal, qui interviewe une militante féministe. « Beaucoup de femmes se sont dressées contre le système patriarcal. Chez les jeunes hommes, l'idée d'injustice s'est propagée. [Ils] insultent les femmes et leur reprochent leurs difficultés à draguer, à se marier, ou la baisse de la natalité », déplore-t-elle.La Cour suprême de l’Arizona confirme l’interdiction de l’avortementCette décision « renverse la stratégie de Trump » sur le sujet, explique le Washington Post. Lundi 8 avril 2024, le candidat des républicains pour la présidentielle « a refusé de soutenir toute nouvelle loi nationale fixant des limites » à l'IVG, allant ainsi « à l'encontre des opinions » de nombreux de ses collègues conservateurs. Ce dernier fait tout pour éviter le sujet dans la campagne : « un débat sur une loi nationale sur l'avortement réduirait ses chances en novembre », pointe encore le Washington Post.« L'homme qui a supprimé le droit à l'avortement est là pour vous dire qu'il est modéré », raille de son côté le New York Times qui y voit une position opportuniste. « S'il parvient à persuader les électeurs sceptiques qu'il n'est pas un Mike Pence ou un Ron DeSantis, il aura fait un pas de plus vers un second mandat », analyse l'éditorialiste.Première condamnation de la Suisse pour inaction climatique« La discrète Suisse n'a tellement pas l'habitude d'être au centre de l'attention internationale que cette condamnation sonne comme un coup de tonnerre », lâche Le Temps. La Weltwoche, journal de Suisse allemande, est vexée de la condamnation de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) et rappelle que les Helvètes n'émettent que « 0,18 % des émissions mondiales de CO2 ». La presse romande semble plus humble, comme La Liberté, qui admet que les Suisses, « en adeptes des petits pas, privilégiant le consensus mou, prennent souvent des mesurettes ».
04:03 10/04/2024
À la Une: une tribune signée par les présidents français et égyptien avec le roi de Jordanie
Un appel dans le journal Le Monde pour « un cessez-le-feu immédiat à Gaza » signé par Emmanuel Macron, Abdel Fatah al-Sissi et le roi Abdallah II. « Aucune paix au Moyen-Orient ne pourra procéder du terrorisme, de la violence ou de la guerre, écrivent-ils. Elle résultera de la solution des deux États. » Ils mettent en garde, « contre les conséquences dangereuses d'une offensive israélienne à Rafah ». Offensive toujours en préparation dans cette ville du sud de l'enclave. Également dans le sud de Gaza, le retour des habitants à Khan Younès. Une ville « méconnaissable » pour ce Gazaoui interrogé par le New York Times. Au lendemain du retrait israélien, il a découvert sa maison rasée : « J'ai travaillé pendant 20 ans pour la construire. [...] Coin par coin, pierre par pierre. Et il suffit d'appuyer sur un bouton pour la réduire à l'état de ruines. » Des « bâtiments détruits », décrit The Guardian, et « une odeur de mort sous les décombres », où de nombreux corps sont restés ensevelis des jours et des jours.Accord en HaïtiPrès d'un mois après la démission du Premier ministre, un accord politique a été trouvé pour former un conseil de transition. L'objectif est de mettre en place une transition de 22 mois, rapporte leMiami Herald, pour une « prestation de serment d'un nouveau président dans deux ans, le 7 février 2026 ». Haïti est rongé par la violence des gangs, qui contrôlent 80% de la capitale, selon Port-au-Prince. Et qui arme ces bandits ? « Les États-Unis sont leur magasin », pointe le Washington Post. Elles arrivent notamment par la mer, « démontées et cachées parmi des marchandises légitimes, enveloppées dans du papier d'aluminium ou des sacs poubelles ». L'article précise aussi que « certaines autorités haïtiennes sont de mèche avec les passeurs ».Lutte contre le trafic de drogue en FranceEn France, Libération dresse un premier bilan de l'opération « place nette XXL » contre le trafic de drogue. « Le gouvernement fait son festival de came », raille le quotidien de gauche, qui parle d'une « campagne de com controversée ». Il détaille des « saisies et interpellations [...] insignifiant[e]s » et même ce « joli fiasco à Strasbourg », où le ministre de l'Intérieur annonce par erreur, sur X, une opération de police qui ne devait avoir lieu que le lendemain. Libé interroge aussi des habitants de la Castellane, à Marseille, l'une des « places fortes du trafic ». Ils déplorent des contrôles permanents, « cinq fois d'affilée dans la journée », avec parfois des amendes « aux mamans qui n'ont pas leur contrôle technique ». Donc, rien à voir avec la lutte anti-drogue. « Ça tue plus les habitants que le trafic. [...] Même si la police occupait toutes les cités, les trafiquants iraient sur la Lune », ironise un jeune homme. Tollé de l'oignon vert en Corée du SudLors d'une visite sur un marché, le président Yoon Suk-yeol a estimé que cette plante, l'un des aliments de base dans le pays, avait un prix raisonnable. Or, les maraîchers avaient baissé ce prix exprès, le temps de sa visite. Cet épisode « a fini par alimenter les soupçons selon lesquels le dirigeant est déconnecté de la réalité », déclare The Guardian. Ce simple légume est alors devenu « un symbole puissant de la colère des électeurs face à la hausse des prix dans la 4e économie d'Asie ». Éclipse solaire totaleCe lundi 8 avril, la Lune est venue bloquer les rayons du soleil. Un phénomène qui a passionné les foules. Le Boston Globe par exemple, partage des photos de badauds, avec les traditionnelles lunettes protectrices. « Une obscurité étrange », raconte le journal, avec des badauds qui rivalisent de qualificatifs et superlatifs : « impressionnant », « époustouflant », « sublime ».« Rien ne peut battre ça, pas même les aurores boréales », s'émerveille-t-on dans Le Devoir, journal québécois. À Montréal, la prochaine éclipse solaire totale aura lieu en 2205. C'était donc bien l'expérience d'une vie.
03:54 09/04/2024
À la Une: une «nouvelle phase» israélienne à Gaza et à la frontière libanaise
« Israël nous prépare au pire », redoute L'Orient-Le-Jour dans sa Une, après l’annonce d’une nouvelle phase israélienne dans sa préparation à « la guerre » à sa frontière avec le Liban. « L'État hébreu agite de nouveau le spectre d'une guerre totale au Liban », puisque les échanges de tirs meurtriers avec le Hezbollah s'intensifient ces derniers jours.Dans le même temps, l'armée israélienne a retiré ses troupes du sud de Gaza. Et cela suscite « un sentiment de malaise » pour les Israéliens, commente le Jerusalem Post. Ces deniers « considèrent que l'opération à Gaza est incomplète et craignent que les troupes soient retirées de l'enclave parce que la vraie guerre est sur le point d'éclater dans le nord ».Six mois après le début de la guerre, « Israël n'a plus de marge de manœuvre », considère The Guardian qui remarque que même ses alliés « prennent leurs distances », notamment depuis la mort de travailleurs humanitaires à Gaza. « Israël est devenu un voyou », assène le journal britannique, un État qui « enfreint tous les protocoles, insult[e] ses alliés [...], ignore et défie les décisions et les avertissements émis par les organisations de ce monde démocratique ».Le génocide des Tutsis au Rwanda, 30 ans après« C'est comme si c'était hier », commente Rwanda Today qui s'inquiète d'une désinformation qui se propage, notamment en ligne, sur le génocide.« Cela revient à tuer les victimes et les survivants une seconde fois », s'inquiète l'auteur, qui propose ainsi d'élaborer « un programme d'études obligatoire pour tous les élèves. »Pour le burkinabè Le Pays, « ce 30e anniversaire sera peut-être l'occasion de tourner la page de l'acrimonie entre le Rwanda et la France ». L'éditorial pointe les positions du président français qui a admis, en 2021, la « responsabilité accablante » de Paris dans le génocide, avant d'estimer, il y a quelques jours, que son pays « aurait pu arrêter le génocide » mais « n'en a pas eu la volonté ». Pour Le Pays, « ce mea culpa [...] pourrait servir de catharsis à ce passé douloureux ».La nuit en plein jour en Amérique« Et maintenant, place au spectacle de l'éclipse totale, s'impatiente le québécois Le Devoir. Pour la première fois en 92 ans, il fera nuit en plein jour à Montréal », explique le journal avant de donner les lieux de rassemblements pour assister à ce phénomène. « A once in a life-time event », un événement unique dans une vie, souligne la presse anglophone comme le Boston Globe.Cela laisse rêveur le New York Times qui devient un peu lyrique : cette éclipse, dit-il, « nous rappelle l'expérience collective de la vie, la danse entre la spiritualité et la science et l'étonnement pur et simple de faire partie de la grande histoire des choses ».
04:02 08/04/2024
À la Une: Israël sur le banc des accusés, après la mort de 7 humanitaires
C'est particulièrement l'enquête menée par Israël qui est mise en cause. Certes, Israël a reconnu de « graves erreurs », mais les conclusions de cette enquête « manquent de crédibilité » estime WCK, World Central Kitchen, l'ONG américaine dont les volontaires ont été tués lundi. Le Guardian s'en fait l'écho, et précise que l'ONG réclame une « enquête complète et indépendante », estimant que « L'armée israélienne ne peut pas enquêter de manière crédible sur son propre échec à Gaza ». « Erin Gore, La directrice générale de l'association », poursuit le quotidien britannique, a déclaré : « Les excuses d'Israël pour le meurtre scandaleux de nos collègues, ne représentent qu'un maigre réconfort. Israël doit prendre des mesures concrètes pour assurer la sécurité des travailleurs humanitaires ». Le Washington Post affirme de son côté que « Pendant des mois, les ONG à Gaza ont prévenu que le système utilisé pour coordonner leurs livraisons avec l'armée israélienne était défectueux, mettant en danger la vie des secouristes ». « Au cours des 6 derniers mois », précise le quotidien américain, « des organisations humanitaires, dont Médecins sans frontières et l'agence de secours des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), ont rendu publics au moins 9 incidents de convois humanitaires ou de bâtiments attaqués, bien que leurs itinéraires ou leurs coordonnées aient été partagés, à l'avance, avec les autorités israéliennes ». Le 30ème anniversaire du génocide au Rwanda.Le journal le Temps, en Suisse, nous parle du « délicat cheminement » du Rwanda. Le quotidien s'est rendu à Nyundo, dans l'ouest du pays, où il a rencontré John, professeur d'histoire né en 1994, l'année du génocide. « Dans la salle des profs », raconte le Temps, « il feuillette les manuels qui abordent cette période douloureuse de l’histoire du pays. C’est d’autant plus sensible que les ethnies hutues comme tutsies ont été officiellement proscrites depuis la fin du génocide. Il n’y a plus que des Rwandais, censés oublier les divisions du passé. « Mais », explique John, « On est obligé d’en parler, de dire qui sont les victimes et les coupables. Et on insiste toujours sur le fait que ça appartient au passé ». Un autre jeune professeur, Bruno, qui lui non plus n'a pas vécu le génocide, souligne que l'inquiétude est tout de même à l'ordre du jour. Car de l'autre côté de la frontière avec la RDC, tout près, les combats font rage. « Fin 2021, après huit ans de sommeil », précise le Temps, « la rébellion congolaise du M23, qui revendique la protection d’une minorité tutsie également présente de ce côté-là de la frontière, a repris les armes ». Avec notamment « le soutien de l’armée rwandaise ». « Ça fait peur », murmure Justin, un élève qui s'interroge « En finira-t-on jamais avec cette histoire, cette stigmatisation ? »Fine poussièreLa France va-t-elle devoir affronter ce week-end une tempête de sable ? La réponse est non, mais il n'est pas complètement incongru de poser la question. C'est Libération qui nous l'explique : « d’importantes quantités de poussières orangées du Sahara vont teinter le ciel sur l’intégralité du territoire métropolitain entre samedi et lundi. Sans pour autant subir une tempête de sable ». Techniquement, poursuit le journal, « Lorsque les vents sont suffisamment forts dans le Sahara, la plus grande étendue désertique du monde, ils réussissent à soulever les grains de sable, qui, en retombant, se fracturent en poussière, beaucoup plus fine ». Et cette poussière voyage, elle peut même aller « jusqu'en Scandinavie », précise un météorologue. Mais ce n'est pas tout... poursuit Libération : « Ce flux d’air venant du Sahara ne va pas se contenter d’apporter uniquement du sable. D’après Météo-France, un épisode de douceur « remarquable » est attendu ce week-end, avec des températures avoisinant les 30 °C ». Exceptionnel pour un mois d'avril, alors que l'adage nous dit : « En avril, ne te découvre pas d'un fil ».
04:09 06/04/2024
À la Une: la situation à Gaza et le 30e anniversaire du génocide au Rwanda
« Israël va rouvrir le passage d'Erez vers Gaza », titre le Guardian, « une annonce faite quelques heures après avertissement du président américain Joe Biden selon lequel le futur soutien américain à Israël dépendrait de la prise de mesures concrètes par Israël pour protéger les civils et les travailleurs humanitaires ». Néanmoins, dans son communiqué, le gouvernement israélien explique bien que cela n'est en rien une forme d'apaisement. Selon ce communiqué, en effet, « Cette aide accrue permettra d'éviter une crise humanitaire et elle est nécessaire pour assurer la poursuite des combats et atteindre les objectifs de la guerre ». Le Wall Street Journal, de son côté, s'intéresse aux « erreurs mortelles de l'armée israélienne à Gaza », sous la photo d'un linceul porté par « les parents et amis », de l'un des travailleurs humanitaires tués lundi par une frappe israélienne. L'armée israélienne « a reconnu avoir identifié par erreur les véhicules comme des cibles ennemies ». « Ce n'est pas un incident isolé, a déclaré Joe Biden, estimant qu'Israël ne fait pas assez pour protéger les travailleurs humanitaires qui tentent d’apporter l’aide dont les civils ont désespérément besoin ». Selon les informations du Wall Street Journal, « plus de 20 000 personnes qui n'auraient pas dû être des cibles auraient été tuées par l'armée – pour la plupart des civils palestiniens, mais aussi des otages israéliens captifs, des travailleurs humanitaires et des journalistes, selon les responsables palestiniens de la santé, l'ONU et les organisations qui documentent la guerre ».« Un pas en avant »À l'approche du 30ᵉ anniversaire du génocide, Emmanuel Macron a estimé hier que la France « aurait pu arrêter le génocide, mais qu'elle n'en a pas eu la volonté politique ». Des propos repris par le journal Libération, qui publie aussi la réaction de l'historien Vincent Duclerc, lequel parle « d'un pas en avant, incontestablement », il parle également « d'une reconnaissance extrêmement forte de toutes les fautes que la France a commises à partir du début des années 90 au Rwanda ». En France encore, le quotidien l'Humanité publie un numéro spécial de 6 pages, consacré au Rwanda, avec en Une, la photo d'une femme portant un bébé dans le dos, et regardant un mémorial sur lequel sont inscrits les noms de nombreuses victimes. Pour le quotidien français, Emmanuel Macron n'est pas allé assez loin, hier, dans ses propos. L'Humanité regrette que « l'Élysée nie toujours toute complicité avec les génocidaires ». « Au mépris de la vérité », ajoute le quotidien, qui publie également un portrait du président rwandais, « l'indétrônable Paul Kagamé, qui précise-t-il, entame sa quatrième décennie à la tête du pays ». « Sa longévité politique, estime le journal, il la doit certainement à sa capacité d'analyse et à sa compréhension des enjeux et des rouages politico-économiques, qui lui permettent de coopérer avec la Russie, tout en ouvrant une ambassade ukrainienne ». Eclipse dangereuseCette éclipse aura lieu lundi prochain, mais elle ne sera visible que depuis une partie de l'Amérique du Nord. Et c'est à l'intention des chanceux qui pourront l'observer, que le quotidien canadien le Devoir s'adresse et répond à cette question : « Peut-on photographier une éclipse solaire avec son téléphone portable ? » Eh bien la réponse est non. En tout cas, « pas sans filtre adéquat, la NASA prévient qu’il ne faut pas regarder le soleil dans le viseur de son appareil photo, même avec des lunettes de protection, car il peut concentrer les rayons du Soleil à la manière d’un télescope : ces rayons risqueraient alors de traverser les lunettes et de brûler la rétine ». Prudence donc... Le Devoir précise tout de même que « l'on peut prendre des photos sans filtre pendant la période d'obscurité totale de l'éclipse ». Évidemment, c'est moins excitant, mais certainement plus prudent !
04:15 05/04/2024
À la Une: Israël sur le banc des accusés…
L’indignation ne retombe pas après la mort des sept humanitaires en début de semaine à Gaza, tués par une frappe israélienne. Les condamnations sont unanimes et les accusations se précisent…Certes, pointe Libération à Paris, « face au tollé provoqué par cet énième incident impliquant des acteurs humanitaires (près de 200 ont été tués depuis le 7 Octobre), l’armée israélienne a reconnu avoir commis une "grave erreur" tandis que le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, a assuré que la frappe n’était pas "intentionnelle" ». Mais, poursuit Libération, « les organisations humanitaires ne sont pas du même avis et dénoncent une attaque ciblée. Selon World Central Kitchen, le convoi, dont les véhicules étaient identifiables puisque le logo de l’ONG était inscrit sur leur toit, se déplaçait sur un itinéraire pré-approuvé et coordonné avec les forces de défense israéliennes. »Pour Isabelle Defourny, présidente de Médecins sans frontières, interrogée par Libération, « Israël tente clairement de limiter l’aide humanitaire aux Gazaouis, soit en imposant des restrictions, soit en menant des attaques délibérées sur ceux qui essayent de la fournir ».Une stratégie délibérée ?Pour le Guardian à Londres, il s’agit en effet d’une stratégie voulue par Israël, une sorte de « politique de la terre brûlée » : « les forces israéliennes tuent des travailleurs humanitaires et par là même accentuent la famine », dénonce le quotidien britannique qui rappelle les propos tenus par le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, au lendemain de la tragédie du 7 octobre : « nous allons imposer un siège complet à Gaza. Il n’y aura ni électricité, ni nourriture, ni carburant. (…) Il n’y aura plus de Hamas. Nous éliminerons tout ».Et le Guardian d’appeler le Premier ministre britannique Rishi Sunak à « prendre des sanctions » contre Israël, notamment un « embargo immédiat sur les armes ».Semer le chaos et l’anarchie à Gaza ? Est-ce le but d’Israël ? Question posée par le New York Times. « Les ONG semblent être le dernier fil qui empêche Gaza de s’effondrer. Sans aide alimentaire ni institution capable de maintenir l’ordre, qu’adviendra-t-il des deux millions d’habitants de Gaza ? Une fois que l’infrastructure humaine d’un lieu a disparu, ce lieu risque de sombrer dans le chaos ».Justement, poursuit le New York Times, « une Israélienne de droite, Daniella Weiss, chef de file des colons, a prédit que si les habitants de Gaza ne recevaient pas d’aide humanitaire, d’autres pays auraient pitié d’eux et les accueilleraient en tant que réfugiés, laissant Gaza aux Israéliens pour qu’ils s’y réinstallent. Ce serait, commente le quotidien américain, un crime contre l’humanité, et nous espérons que ce n’est pas la stratégie qu’utilise Israël ».Les États-Unis attentistes…Alors, s’interroge Haaretz à Tel Aviv, « l’assassinat par Israël des travailleurs humanitaires du World Central Kitchen à Gaza sera-t-il le point de bascule pour Joe Biden ? »Apparemment, non… Les responsables américains restent attentistes…En effet, note le Washington Post, « la politique des États-Unis à l’égard d’Israël n’a pas changé. Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, John Kirby, a affirmé que les États-Unis laisseraient Israël terminer son enquête avant de tirer des conclusions ».Et le Washington Post de s’interroger : « où est la ligne rouge à ne pas dépasser pour Joe Biden ? »Pour Le Temps à Genève, « le grand écart de l’administration Biden, entre son soutien sans faille à Israël et son rôle de gardien contre un embrasement régional, est de plus en plus instable. La guerre au Moyen-Orient fragilise aussi les chances de réélection de Joe Biden en novembre prochain. Le président pousse pour un cessez-le-feu à Gaza mais rechigne à conditionner l’aide militaire à Israël pour y parvenir. »La faute au Hamas…Enfin, le Jerusalem Post dédouane Israël de toute responsabilité : « toutes les victimes civiles à Gaza, même celles causées par erreur par Israël, doivent être imputées au Hamas, écrit-il. Si le Hamas n’avait pas attaqué le 7 octobre, ou s’il avait libéré les otages peu de temps après et s’il s'était rendu, rien de tout cela ne se serait produit. Israël enquêtera et tirera les leçons de cette tragédie, affirme encore le Jerusalem Post. La communauté internationale doit mettre un frein à son hypocrisie et cesser de traiter les zones de combat comme des scènes de crime, ce qu’elle ne fait apparemment que, de manière inexplicable, lorsque l’État juif est impliqué. »
04:08 04/04/2024
À la Une: l’indignation après la mort de 7 humanitaires à Gaza
« Impardonnable » : le Jerusalem Post reprend en titre le terme utilisé par Erin Gore, le président de l’ONG World Central Kitchen, après la mort hier, mardi matin, de sept humanitaires dans la bande de Gaza, victimes d’une frappe de l’armée israélienne. Le Jerusalem Post qui relaye les messages de condoléances et d’excuses lancés par les autorités israéliennes.Le quotidien israélien d’opposition Haaretz pointe le « contraste saisissant » entre la réaction de contrition d’Israël et ses précédentes réactions aux tragédies humanitaires survenues au cours du conflit à Gaza. « Cette fois, il n’y a eu aucune hésitation, aucune accusation contre le Hamas qui aurait causé la mort d’innocents, relève Haaretz. Il n’y a eu aucun blâme des victimes, aucune insinuation selon laquelle les travailleurs humanitaires se seraient trouvés au mauvais endroit au mauvais moment, ou auraient été associés à des éléments hostiles qui auraient fait d’eux une cible légitime. Les Forces de défense israéliennes ne pouvaient en aucun cas prétendre que l’ONG World Central Kitchen avait commis un quelconque acte répréhensible. L’organisation travaillait en étroite coordination avec l’armée israélienne. »Et Haaretz de poursuivre : « la mort de ces travailleurs humanitaires polonais, australiens, canadiens, britanniques, méritait absolument les paroles humbles et humaines de pardon prononcées par les Israéliens. Mais, s’exclame encore le journal, il en va de même pour les milliers de vies palestiniennes perdues. On espère que la réaction à cette tragédie sera plus qu’une réponse ponctuelle et qu’elle servira de leçon qui sera appliquée à l’avenir à toutes les victimes innocentes des actions d’Israël. »« Où sont les limites ? »La presse internationale exprime son indignation ce matin…« Des bombes contre l’aide humanitaire », s’insurge El Pais à Madrid. El Pais qui rejette les excuses de Benyamin Netanyahu : « elles ne servent à rien » et qui pointe le « cynisme » du Premier ministre israélien lorsqu’il a déclaré : « cela arrive en temps de guerre… »Et pourtant, soupire le Guardian à Londres, « les employés de World Central Kitchen se trouvaient dans des voitures clairement siglées, dans une zone "sans conflit". Ils s’éloignaient d’un entrepôt d’aide alimentaire, après avoir coordonné leurs mouvements avec Tsahal. Le convoi a été touché non pas une mais trois fois, tuant les survivants en fuite. »Et le Guardian de hausser le ton : « Netanyahu considère son meilleur espoir de survie dans une guerre éternelle. Les alliés d’Israël sont de plus en plus réticents à défendre ses actions, mais ils ne les arrêteront pas. Que faudrait-il pour transformer les lamentations américaines en actions et empêcher Joe Biden de donner son feu vert à la fourniture d’avions de combat F-15 à Israël ? Où sont les limites maintenant ? Que faudra-t-il pour que les alliés d’Israël disent : stop, pas plus. »Trois enseignementsPour le New York Times, ce drame démontre trois faits majeurs :Premièrement, l’armée israélienne frappe trop souvent à l’aveugle : « Selon les Nations unies, au moins 196 travailleurs humanitaires ont été tués à Gaza et en Cisjordanie depuis le début de la guerre en octobre. »Deuxièmement : « cette tragédie va entraver l’aide humanitaire à Gaza et donc aggraver les risques de famine. »Et troisièmement, « la crédibilité d’Israël en a pris un nouveau coup, et celle de l’Amérique aussi. (…) Le président Biden ne semble toujours pas disposé à user de son influence pour inciter Israël à relâcher la pression. »Israël de plus en plus isolé…Résultat, constate Le Figaro à Paris : « seul sur le banc des accusés, Israël risque plus que jamais l’isolement international. (…) Les images des cadavres ensanglantés des travailleurs humanitaires, leurs passeports britanniques, australiens et polonais déposés sur leurs gilets pare-balles, ont été largement partagées. Elles sont désastreuses pour Israël. (…) Un tonnerre de protestations s’est élevé dans le monde entier et particulièrement dans les pays dont des ressortissants ont été tués », relève encore Le Figaro, « mais la charge la plus rude est venue d’un ancien président d’Israël, Reuven Rivlin. Dans une interview à la radio militaire, très écoutée en Israël, il s’est inquiété de voir son pays "à deux pas de l’ostracisation internationale. Nous sommes en train de perdre, a-t-il déploré, les fantastiques valeurs morales que tous les gouvernements d’Israël ont défendues pendant des générations". »
04:10 03/04/2024
À la Une: est-ce le début de la fin pour Erdogan?
48 heures après la défaite historique aux municipales de l’AKP, le parti du président turc, la presse internationale continue de s’interroger : la Turquie est-elle en plein virage ? Est-ce le début de la fin pour Recep Tayyip Erdogan ? Le leader de l’opposition Ekrem Imamoglu pourrait-il s’imposer en 2028 ?Réponse avec ce dessin publié par Le Soir à Bruxelles : « Ne vendez jamais la peau de l’ours trop vite… », affirme un Erdogan déguisé en plantigrade devant une urne…Certes, précise Die Welt à Berlin, « le déclin de l’AKP est évident ; ça n’est plus un parti, mais une agence corrompue de distribution des bénéfices de l’État, dont la cohésion et le pouvoir sont assurés uniquement par Erdogan. » Mais malgré la défaite, « Erdogan pourrait rester en place au-delà de la présidentielle de 2028, même si la Constitution turque n’autorise pas de troisième mandat. Si sa santé le permet, Erdogan pourrait trouver une astuce pour contourner l’obstacle. (…) Toutefois, ce qu’il ne peut éviter, pointe encore Die Welt, c’est le message de cette élection qui dépasse la Turquie : aucun régime autoritaire ne dure aussi longtemps que les autocrates aiment le croire. »Un signal d’espoir…Toujours en Allemagne, le Süddeutsche Zeitung veut y croire. « C’est le début d’une longue fin », affirme le quotidien bavarois. « Dimanche soir, une Turquie, sans l’actuel président, semblait envisageable. Pas pour tout de suite, Erdogan a été élu pour quatre années supplémentaires. Mais son pouvoir, qui apparaissait dernièrement comme un fait inébranlable, est désormais remis en question. (…) Son parti, l’AKP, a perdu plusieurs millions d’électeurs depuis la présidentielle de l’année dernière (…). Erdogan dirige donc désormais un pays dans lequel des majorités se forment contre lui. Et dans lequel un nouveau mouvement politique a vu le jour, autour d’Ekrem Imamoglu, que beaucoup voient déjà comme le prochain président. »« Espoir en Turquie », renchérit Le Devoir à Montréal. « La Turquie autoritaire — avec, depuis dix ans, l’inféodation de l’armée, de la justice et d’une bonne partie des médias au gouvernement AKP, lui-même vassalisé par un président tout-puissant — la Turquie reste un pays où l’on peut tenir des élections, compter les votes sans les triturer et aboutir à un résultat défavorable au régime. Même s’il ne s’agit que d’élections municipales, la Turquie, avec sa société civile, ses partis politiques d’opposition toujours vivants, envoie un signal d’espoir face à la vague mondiale de l’autoritarisme. »Un chemin encore long…Le quotidien La Croix à Paris reste prudent : « si l’on peut se réjouir de la vitalité de la démocratie de cette puissance régionale, il est sans doute encore trop tôt pour parler de printemps démocratique. La Turquie reste un pays autoritaire où associations, ONG et presse, sans parler des fonctionnaires, sont étroitement surveillés et limités dans leurs actions. Mais au moins, preuve est faite que la poussée nationaliste et populiste n’est pas une fatalité. »Prudence également pour Le Figaro, toujours à Paris : « bien qu’affecté par ce scrutin, Erdogan garde la main sur les principaux leviers du pays en vertu d’une Constitution taillée sur mesure et d’un pouvoir qui s’est renforcé depuis le putsch raté, sur fond de purges et de contrôle renforcé des médias. S’il lui est arrivé d’évoquer la possibilité de tirer sa révérence, il ne faut pas sous-estimer, estime Le Figaro, sa capacité à tourner les crises à son avantage. Des noms circulent déjà pour la prochaine présidentielle de 2028 : Selçuk Bayraktar, gendre d’Erdogan et fabricant des fameux drones turcs, ou encore l’actuel chef de la diplomatie, Hakan Fidan. » Deux personnalités qui pourraient « faire face aux potentiels rivaux que représenteraient les maires d’Istanbul et d’Ankara. Reste que l’opposition doit lui aussi prouver sa capacité à surmonter sa récente crise interne. »Et Le Figaro de conclure avec ce commentaire de la politologue turque Selin Senocak : « s’il est indéniable que la Turquie se prépare à l’après-Erdogan, il est prématuré de parler de victoire de l’opposition. Je prédis l’émergence de nouveaux blocs et des changements possibles dans les mois à venir. »
04:01 02/04/2024
À la Une: un revers pour Recep Tayyip Erdogan
« En Turquie : le parti d’Erdogan est en net recul aux élections municipales, constate Le Figaro à Paris. Le parti d’opposition CHP, (le Parti républicain du peuple) garde le contrôle des deux villes "phares" remportées en 2019, Ankara, la capitale, et Istanbul, que le "reis" voulait à tout prix reconquérir. (…) Malgré la fatigue politique, poursuit Le Figaro, [les Turcs en sont à leur neuvième élection en dix ans] et le manque d’enthousiasme dans un contexte de dérive autoritaire et de récession économique, l’importante participation (76%) des électeurs a finalement prouvé leur envie d’exprimer leur mécontentement croissant. »Commentaire du Temps à Genève : « L’espoir est sauf. C’est ce qu’ont dû ressentir, hier, bon nombre d’opposants à Recep Tayyip Erdogan en découvrant les résultats des élections municipales. Eux qui gardent en mémoire l’amère défaite de l’an dernier à la présidentielle se consolent et constatent que tout n’est pas perdu, puisque l’opposition conserve les grandes villes : Ankara, la capitale, et surtout Istanbul, ville aux 16 millions d’habitants, qui concentre 20% de la population de la Turquie et un tiers de sa richesse. (…) Les résultats d’hier sont une déception cuisante, mais aussi une source d’inquiétude pour l’avenir de la formation d’Erdogan, l’AKP, note encore Le Temps, dont les scores se dégradent d’une élection à l’autre (moins de 37% des voix au niveau national hier dimanche, contre 44% au scrutin de 2019). »Ekrem Imamoglu, prochain président ?Alors désormais, pointe le quotidien genevois, « plus que n’importe quelle autre figure de l’opposition, le maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu s’impose comme le grand rival du chef de l’État et son plus sérieux adversaire – à ce stade, tout du moins – pour la présidentielle de 2028 (…). Son image d’acteur politique au-dessus des partis, capable de tisser un lien direct avec les électeurs, s’est considérablement renforcée hier. Chez ses plus fidèles partisans, le destin national du maire d’Istanbul ne fait plus aucun doute, affirme encore Le Temps. "Il sera président, c’est certain ! Un très bon président, notre deuxième Atatürk, un leader pour le peuple turc !", s’emballe Ayça, 62 ans. Une référence à Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la République turque, mais aussi du CHP, premier parti d’opposition, dont Ekrem Imamoglu briguera sans doute la présidence dans les prochains mois ».Pour Die Welt à Berlin, la Turquie est en train de connaître « un bouleversement politique. Il y a seulement dix mois, la population élisait son Parlement et son président et confirmait Erdogan au pouvoir. La large alliance de l’opposition s’était alors effondrée. Erdogan et son parti restaient en selle. (…) Mais hier, la carte politique turque a été redessinée – au-delà des espérances du CHP, s’exclame le quotidien allemand. Un changement politique semble à nouveau possible ».Pour le politologue (turc) Berk Esencité par Die Welt, « c’est probablement le début de la fin [pour Erdogan] ».Fractures en IsraëlÀ la Une également : en Israël, des dizaines de milliers de manifestants ce dimanche 31 mars à Jérusalem pour réclamer la démission de Benyamin Netanyahou.« Les rues de Jérusalem ont retrouvé hier une animation oubliée depuis six mois, relève Le Monde à Paris. À l’appel d’opposants au gouvernement de Benyamin Netanyahou, des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis autour de la Knesset, pour appeler à des élections et à un accord avec le Hamas, qui permettrait la libération des otages à Gaza. »Le quotidien israélien de gauche Haaretz se range résolument du côté des manifestants : « Au cours des six mois qui se sont écoulés depuis le 7 octobre, Netanyahou a échoué, écrit-il. Il n’a pas ramené les otages et il n’a pas éliminé le Hamas, il n’a livré que ce qu’il sait livrer : des mensonges et du sang. Si nous voulons aussi un avenir, nous devons retourner dans la rue et la demande doit être claire : une commission d’enquête d’État et des élections. Maintenant, tant qu’il y a une chance de ramener des otages vivants. »Pour sa part, le Jerusalem Post, plutôt proche du pouvoir, s’émeut de l’indifférence internationale, selon lui, à propos des otages israéliens à Gaza. « Où est l’indignation du monde ? s’interroge le journal. Lorsque Boko Haram a enlevé des centaines d’écolières nigérianes, le monde a pris la parole. (…) Lorsque le Kremlin a emprisonné à tort la basketteuse américaine Brittney Griner, son cas est devenu une cause célèbre sur les réseaux sociaux. (…) Mais, affirme encore le Jerusalem Post, le silence sur les otages israéliens à Gaza est assourdissant. »
04:01 01/04/2024
À la Une: climat inquiétant sur la scène internationale
C'est une nouveauté sur la scène internationale : la Russie soutient désormais la Corée du Nord. C'est le New York Times qui raconte : « la Russie a utilisé jeudi son droit de veto au Conseil de Sécurité des Nations unies, pour écarter le groupe d'experts de l'ONU, chargé de surveiller la Corée du Nord et son programme nucléaire ». « Or, poursuit le quotidien américain, il y avait jusqu'à présent un sujet sur lequel Washington et Moscou faisaient cause commune : empêcher la Corée du Nord d'étendre son arsenal d'armes nucléaires ». Et cela, « même au cours des rencontres les plus tendues avec la Russie du président Vladimir Poutine ». Comment expliquer ce revirement ? Selon le New York Times, « le groupe d'experts de l'ONU a fourni la preuve que la Russie maintient la Corée du Nord à flot de carburant, mais aussi d’autres marchandises, vraisemblablement en échange d’obus d’artillerie et de missiles que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un expédie en Russie pour qu’elle les utilise contre l'Ukraine ». Les changements d'alliance et la guerre sont donc en toile de fond, sur une scène internationale très fébrile. On apprend ainsi, par le Washington Post, que « les troupes américaines se préparent actuellement à un conflit sur un champ de bataille, d'île en île, à travers l'Asie », l'ennemi supposé étant la Chine. Ces entraînements se déroulent à Hawaï, alors que, nous dit-on, « la Chine a considérablement étendu sa portée dans le Pacifique, en construisant des îles artificielles pour ses avant-postes militaires dans la mer de Chine méridionale et en cherchant à étendre ses bases dans les océans Indien et Pacifique ». L'armée américaine se prépare donc à affronter « une force ennemie qui a l'avantage du terrain », précise le Washington Post.Question politiqueLe conflit entre Israël et le Hamas met mal à l'aise les écoles anglaises, certaines d'entre elles ont donc décidé qu'on n'en parlerait plus. C'est le Guardian qui s'en fait l'écho, expliquant « que les enseignants se sentent mal outillés » pour aborder la question. Pourtant, selon la militante pour les droits humains Sara Kahn, qui a réalisé une étude sur le sujet, « le conflit, qui a provoqué d'énormes manifestations de centaines de milliers de manifestants pro-palestiniens à Londres et ailleurs, a eu un impact important sur les écoles, où les élèves veulent parler des événements à Gaza ». Mais, ajoute-t-elle, « les enseignants évitent d'aborder les questions controversées par crainte d'être la cible de campagnes d'intimidation et de harcèlement ».Certains enseignants pourtant seraient volontaires. L'un d'entre eux, qui a souhaité rester anonyme, explique : « Dès le départ, on nous a dit qu'il s'agissait d'une question politique et que nous ne pouvions pas en discuter. Si on n’en parle pas, cela ne veut pas dire que les enfants ne s’y intéressent pas. Ils savent ce qui se passe. Ils vont s'informer sur internet, sans aucun contrôle sur ce qu’ils voient ». Un autre enseignant renchérit : « il y a de bonnes raisons pour lesquelles les écoles devraient être le lieu idéal pour enseigner ce genre de choses. Si nous ne le faisons pas dans les écoles, où nos élèves vont-ils trouver l'information ? Que Dieu nous vienne en aide s'il s'agit des réseaux sociaux ».Classe affairesLibération révèle une anecdote concernant le récent voyage d'Emmanuel Macron au Brésil. « Lors du déplacement présidentiel », raconte le quotidien français, « un membre de l’intendance élyséenne a réservé un siège d’avion en classe affaires uniquement pour disposer deux housses contenant les costumes du chef de l’État ».Coût de ce voyage : plus de 3 000 euros, alors que les costumes d'Emmanuel Macron, auraient aussi bien pu voyager dans l'avion présidentiel. De quoi susciter un certain agacement en ces temps de crise. Pour Libération, c'est certain : « L'addition risque de froisser les Français, au moment où Bercy et Matignon préparent les esprits à une cure de rigueur budgétaire, notamment sur les prestations sociales et l’assurance chômage ».À lire aussiAu Brésil, Macron et Lula affichent leur complicité, malgré quelques divergences sur l'Ukraine
04:14 30/03/2024
À la Une: un journaliste américain emprisonné en Russie depuis un an
La photo d'Evan Gershkovich est en Une du Wall Street Journal : il a 32 ans et il a été arrêté il y a tout juste un an en Russie, où il est depuis emprisonné. « Une année d'histoires volées, de joies volées, de souvenirs volés. Son crime : le journalisme », titre le Wall Street Journal, le journal pour lequel il travaillait et qui rappelle qu'il a été arrêté sur « sur la base d'allégations d'espionnage, ce que lui, son employeur et le gouvernement américain nient avec véhémence ».À quoi ressemble sa vie aujourd'hui ? « Il est enfermé 23 heures par jour », « il se rend périodiquement au tribunal où un juge prolonge sa détention provisoire ». Les journalistes tournent autour de lui pour prendre des photos alors qu'il se tient dans un box de salle d'audience, vêtu d'un jean légèrement délavé, affichant parfois un sourire. « Il joue aux échecs par courrier avec son père et fait des commentaires sur sa ligue de basket-ball préférée.  Il dévore les classiques de langue russe et les livres d’histoire de la bibliothèque de la prison », détaille le Wall Street Journal.Une autre photo est en Une du New York Times. Celle de ses parents, Ella et Mikhail. Son père explique : « Nous savons qu’il faut beaucoup de courage, d’efforts et de force pour rester ensemble, faire de l’exercice, méditer, lire des livres, écrire des lettres, nous encourager à rester forts et espérer le meilleur ». « Evan se bat, il garde le moral », assure sa mère.  Donald Tusk et la guerreDonald Tusk, le Premier ministre polonais – qui est aussi ancien président du Conseil européen – a donné une interview à plusieurs journaux européens. Il est en Une du Soir, en Belgique. « Je ne veux effrayer personne, assure-t-il, mais la guerre n'est plus un concept du passé ». Car « si l’Ukraine perd, personne en Europe ne pourra se sentir en sécurité ». À la question « la guerre est-elle inévitable entre la Russie et l'Otan ? », il répond : « j’entends cette question partout. Elle circule parmi les chefs d’État, et lorsque je suis chez moi à Sopot, même mes petits-enfants me questionnent sur l’éventualité d’une guerre ». « Ce qui est le plus inquiétant aujourd'hui », ajoute-t-il, « c’est que tous les scénarios sont possibles. Nous n’avons pas connu une telle situation depuis 1945 ».Donald Tusk est également en Une du quotidien espagnol El País, auquel il déclare : « Notre devoir n'est pas de discuter, mais de nous préparer à nous défendre. (...) Je sais que cela semble dévastateur, surtout pour les jeunes générations, mais nous devons nous habituer psychologiquement à une nouvelle ère. Nous sommes dans une époque d'avant-guerre. Je n'exagère pas. Chaque jour, c’est plus évident ».De son côté, la Repubblica, en Italie, a retenu que selon Donald Tusk, « l'Europe n'est pas prête », et il appelle les pays européens à investir plus dans la défense. « Il n’y a aucune raison, explique-t-il, pour que les européens ne respectent pas un principe fondamental et ne consacrent pas au moins 2% de leur PIB à la défense ».Règles strictesAu Royaume-Uni, « l'armée met fin à l'interdiction de la barbe, sur ordre royal ». C'est le Times qui nous l'apprend, « les soldats et les officiers peuvent enfin se laisser pousser la barbe tout en servant dans l'armée, dans le cadre d'un changement de politique qui nécessitait l'approbation du roi ».Mais le Times précise que des « règles strictes devront être respectées sur la longueur et la forme de cette barbe ». Un message de quatre minutes a été adressé aux troupes. Seule une « barbe complète » est autorisée. La longueur doit être comprise entre 2,5 mm et 25,5 mm et doit être coupée au niveau des pommettes et du cou. Il ne doit y avoir « aucune croissance inégale » et « aucune couleur exagérée ». Autant dire une barbe au garde à vous !À lire aussiSoutien à l'Ukraine: la France, l'Allemagne et la Pologne affichent leur unité
04:01 29/03/2024
À la Une: urgence pour l’Ukraine
« Nous sommes en juillet 2024 et l’armée russe est aux portes de Kiev » : voilà le scénario cauchemardesque décrit par le Times à Londres. Le Times qui poursuit : « Si seulement l’Occident avait écouté et fait davantage lorsque les courageux Ukrainiens appelaient à l’aide, cela aurait pu faire la différence. »Juillet 2024, donc, « tandis que les alliés se chamaillent et que les États-Unis finissent par fournir 60 milliards de dollars supplémentaires d’aide, les troupes de Poutine franchissent les lignes au sud et à l’est. Les forces ukrainiennes en retraite ne peuvent que ralentir leur progression. Les Russes se rapprochent de la capitale et une nouvelle vague de réfugiés fuit l’Ukraine pour se mettre à l’abri des bombardements incessants ».Vers un effondrement des forces ukrainiennes ?C’est une fiction mais « ce scénario est envisagé par les décideurs politiques occidentaux, pointe le Times. En effet, sans une nouvelle assistance militaire américaine, les forces terrestres ukrainiennes pourraient ne pas être en mesure de tenir le coup face à une armée russe implacable ». Et « les événements actuels forcent Londres, Washington, Paris et Bruxelles à planifier l’effondrement catastrophique des forces ukrainiennes privées des armes et des munitions dont elles ont besoin ».Alors, s’interroge le quotidien britannique, « les alliés enverraient-ils des troupes pour défendre Kiev ? Le président Macron a clairement senti le danger et tente d’orienter l’Occident vers une approche plus musclée en évoquant l’envoi de troupes terrestres. D’autres pays, comme l’Allemagne, s’y opposent fermement ».Et le Times de hausser le ton : « Quand comprendra-t-on que la paix pour les populations européennes n’est garantie que par la force ? Quand l’Ukraine tombera et que Poutine se mettra à menacer les pays baltes, la Pologne, la Finlande, la Suède ou la Norvège ? »La Russie monte en puissanceDepuis ces derniers jours, les bombardements russes se sont intensifiés sur l’Ukraine et ciblent en priorité les installations énergétiques. C’est ce que constate notamment Le Temps à Genève : « Hier, le Ministère ukrainien de l’Énergie faisait "tout son possible pour rétablir l’électricité" dans toute l’Ukraine. La situation est "très difficile", reconnaissait-il. (…) La centrale hydroélectrique de Zaporijjia, la plus grande du pays, est à l’arrêt. Au total, les frappes ont privé de courant un million et demi d’habitants dans huit régions. Environ 200 000 personnes connaissent encore des coupures ponctuelles. (…) Ce week-end, des importations d’urgence d’électricité depuis la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie ont permis d’éviter le pire. (…) Le président Volodymyr Zelensky a lancé un appel solennel à ses alliés. » Notamment les États-Unis, où l’aide promise à Kiev est toujours bloquée.Justement, pointe le New York Times, « les Russes intensifient en ce moment leurs opérations d’influence sur internet pour faire dérailler le financement militaire de l’Ukraine ».Et pour favoriser aux États-Unis les discours de ceux qui s’opposent sur les réseaux sociaux à l’aide à l’Ukraine ou qui appellent au retrait des États-Unis de l’Otan et d’autres alliances. Une campagne de désinformation menée par Moscou donc, et dont le but pourrait, à terme, être de soutenir la campagne de Donald Trump, « sceptique à l’égard de l’aide à l’Ukraine ».DurcissementPour Le Figaro à Paris, « la période n’a sans doute jamais été aussi dangereuse et incertaine depuis l’invasion de l’Ukraine. Les signaux d’un durcissement du régime russe, en effet, se multiplient depuis la reconduction entachée de fraudes de Vladimir Poutine au Kremlin, qui donne une énergie nouvelle et décuplée au président russe. (…) Parce qu’elle a basculé rapidement dans l’économie de guerre, l’industrie militaire russe tourne aujourd’hui à plein régime, constate le journal, tandis que les usines européennes ont à peine accéléré les cadences et que les forces ukrainiennes manquent d’hommes et de munitions ».Qui plus est, poursuit Le Figaro, « la manière dont le FSB accuse les Occidentaux d’avoir "facilité" l’attentat de Moscou laisse aussi présager une intensification du conflit avec l’Occident et particulièrement avec l’Europe. À Paris, on craint notamment que les cyberattaques menées par la Russie, jusque-là réalisées par des groupes criminels ou semi-criminels, prennent un caractère militaire et étatique ».Et Le Figaro de conclure : « Dans cette année de tous les dangers, si l’Ukraine joue sa survie, l’Union européenne, qui entend la guerre frapper à ses portes pour la première fois depuis plusieurs décennies, joue son avenir. »
04:04 28/03/2024
À la Une: pas de cessez-le-feu à Gaza
Sur le terrain, aucun effet… « Au lendemain du vote du Conseil de sécurité pour un cessez-le-feu immédiat à Gaza, l’armée israélienne poursuivait hier ses opérations militaires dans l’enclave dévastée », constate Le Monde à Paris. Et « au Qatar, les discussions, même si elles ne sont pas rompues, n’ont pas avancé. (…) Malgré les pressions internationales croissantes, y compris, désormais, des États-Unis, qui se sont abstenus lors du vote de la résolution, Israël compte bien poursuivre ses opérations militaires, donc, constate encore Le Monde, avec les objectifs annoncés de détruire le Hamas et de libérer les 130 otages toujours retenus par le groupe islamiste. »Israël dans une position inconfortable…Pas d’effet sur le terrain mais, pour El Pais à Madrid, « cette résolution est un premier signe d’espoir pour un Conseil de sécurité paralysé depuis le début de l’agression russe contre l’Ukraine, d’abord par l’utilisation du veto par la Russie et la Chine sur les résolutions la condamnant, puis par les États-Unis sur les résolutions appelant à une trêve permanente dans l’invasion israélienne de Gaza. Pour Israël, il s’agit d’une grave défaite diplomatique, affirme encore le quotidien espagnol, qui signe son isolement international et qui marque le point de tension le plus important avec la Maison Blanche. »« Cette résolution place Israël dans une position très inconfortable », renchérit leGuardian à Londres. « Depuis janvier, les États-Unis ont révisé négativement leur évaluation d’Israël sous Netanyahu. Il s’est décrédibilisé et il a intentionnellement échoué à élaborer un plan d’après-guerre pour Gaza, au point qu’il est désormais sérieusement suspecté à Washington de vouloir prolonger la guerre pour sa propre survie politique. La confrontation actuelle autour de la résolution du Conseil de sécurité creuse encore plus le fossé entre les États-Unis et Israël. »Une résolution contre-productive ?Le Wall Street Journal n’est pas d’accord… Cette résolution pour un cessez-le-feu immédiat est contre-productive, affirme-t-il. Elle « accentue la pression sur Israël pour mettre fin à la guerre alors que le Hamas règne encore sur une partie de la bande de Gaza. (…) Dans son discours sur l’état de l’Union, le président Biden, rappelle le Wall Street Journal, avait fait une promesse aux familles des otages américains détenus par le Hamas : “nous ne nous reposerons pas tant que nous n’aurons pas ramené vos proches à la maison“. Lundi, aux Nations unies, Joe Biden a mis à mal cette promesse », estime le journal. Et s’il « pense que l’escalade du conflit avec Israël est sans risque, sur le plan intérieur, il se trompe. Un récent sondage révèle que 63% des électeurs américains seraient favorables à un cessez-le-feu uniquement lorsque le Hamas aura libéré les otages et aura été écarté du pouvoir. Et les deux tiers estiment qu’Israël essaie d’éviter les pertes civiles à Gaza. »Bref, résume le Wall Street Journal, « les Américains ne veulent pas voir le Hamas survivre et répéter le 7 octobre. Joe Biden ne peut pas devenir l’obstacle n°1 à une victoire israélienne sans mettre en danger sa propre victoire à la présidentielle de novembre. »Autre analyse pour le Corriere Della Sera à Rome : justement « en prenant ses distances avec l’actuel gouvernement israélien, Joe Biden devrait pouvoir échapper, au moins partiellement, aux critiques des jeunes militants musulmans de couleur et de la communauté arabe, particulièrement nombreuse dans le Michigan, l’un des États décisifs pour l’issue de la présidentielle de novembre : si ces électeurs, plutôt démocrates, décidaient de déserter les urnes, ils pourraient alors contribuer à la défaite du président sortant. »Ne pas rompre le dialogue !En tout cas, il ne faut surtout pas cesser le dialogue avec les États-Unis, affirme pour sa part le Jerusalem Post. « La décision de Netanyahu d’annuler le voyage d’une délégation israélienne aux États-Unis, en raison de la résolution de l’ONU appelant à un cessez-le-feu, cette décision est un faux-pas diplomatique, avec des conséquences potentielles à long terme sur la résolution de la guerre à Gaza et sur la solidité des relations israélo-américaines. »Et le Jerusalem Post de lancer cette supplique : « Netanyahu, s’il vous plaît, envoyez vos représentants à Washington. C’est la meilleure chose à faire. »
03:58 27/03/2024
À la Une: «Tsunami politique» au Sénégal
« Le tour de force est historique, constate Le Monde à Paris. Dix jours avant l’élection présidentielle, le 14 mars, Bassirou Diomaye Faye était encore un prisonnier du pénitencier du Cap Manuel, situé à l’extrême sud de Dakar. Et aujourd’hui, 25 mars, au lendemain du scrutin et au terme d’un scenario imprévisible, marqué par une crise politique et institutionnelle, une campagne électorale éclair et, pour finir, la reconnaissance de sa victoire par son principal adversaire, le voici en homme libre prêt à s’installer au palais présidentiel sénégalais pour les cinq prochaines années. »« Un tsunami politique vient de balayer le Sénégal », s’exclame Libération. « Le principal candidat de l’opposition a remporté l’élection présidentielle dès le premier tour du scrutin. Du jamais vu, pour un opposant. Et quel opposant ! À 44 ans, le candidat du parti des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité incarne un renouveau radical. L’ancien syndicaliste, pourfendeur de la corruption, souverainiste, antisystème, aux accents parfois populistes, porte un projet de rupture, non seulement avec le parti au pouvoir, mais avec la classe politique sénégalaise dans son ensemble. »De la persécution au pouvoir…« La victoire de l’opposition au Sénégal représente un énorme tournant », renchérit El País à Madrid. « Cette opposition, qui se définit comme panafricaniste de gauche, est passée en quelques jours de la persécution et de l’emprisonnement à l’accession au pouvoir avec l’objectif de changer en profondeur les politiques développées depuis 12 ans par le président Macky Sall, qui ne se présentait pas. Il y a à peine six mois, Diomaye Faye était pratiquement inconnu de la grande majorité des Sénégalais, mais les condamnations judiciaires qui ont empêché la candidature d’Ousmane Sonko l’ont propulsé sur le devant de la scène politique. »« Travailleur acharné »Justement, le New York Times brosse le portrait du nouveau président sénégalais : « Bassirou Diomaye Faye, qui a fêté son 44ᵉ anniversaire hier, deviendra le plus jeune président de l’histoire de ce pays d’Afrique de l’Ouest et le plus jeune président élu actuellement en exercice en Afrique (il existe des dirigeants plus jeunes, mais ils sont arrivés au pouvoir par la force). Contrairement à la grandiloquence de son mentor Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye est doux et sérieux, selon son entourage. C’est un joueur de football passionné qui a grandi dans le village familial près de la ville de Mbour et qui a deux épouses. Il a travaillé pendant 15 ans dans la fonction publique sénégalaise (comme inspecteur des impôts). “De nombreux jeunes Sénégalais s’identifient à lui“, commente l’analyste Babacar Ndiaye, cité par le New York Times. “Il s’est forgé une réputation d’éthique et de travailleur acharné“. »Attentes énormes…Enfin, Le Figaro à Paris, note que « le raz de marée en faveur de Bassirou Diomaye Faye n’a d'égal que les attentes de la population sénégalaise, en particulier les jeunes, dans un pays où plus de 70 % de la population a moins de 30 ans. Le candidat et son mentor, Ousmane Sonko, ont fait campagne sur la promesse d’un changement de système, de plus de justice et d’une meilleure répartition des richesses. (…) Bassirou Diomaye Faye devra donc se montrer à la hauteur des espoirs de ses compatriotes. »
02:58 26/03/2024

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