Show cover of La Potion

La Potion

Dans La Potion, Jeanne Lacaille explore les mondes invisibles de ses invité.e.s. Une expérience initiatique, sensorielle et mystique pour découvrir une nouvelle facette de vos artistes préféré.e.s tous les samedis à 12H. Au programme de cette formule désormais hebdomadaire et augmentée : spiritualité et magie, musiques rituelles, musiques du vivant et musiques sorcières, rythmes thérapeutiques, transes traditionnelles ou contemporaines, ancestralités, ésotérisme, transmission et pharmacopées alternatives. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Titres

"Le silence en musique est hautement spirituel pour moi" (Arooj Aftab)
Standing ovation pour la chanteuse pakistanaise Arooj Aftab et ses musiciens, en live lundi soir à Paris, dans une Église St Eustache pleine à craquer pour la soirée de clôture de la 11e édition du Pitchfork Music Festival dont Nova était, cette année encore, l’heureuse partenaire. Sous l’orgue monumental de l'Église St Eustache, à la lueur des bougies qui éclairaient la scène, Arooj Aftab a littéralement suspendu le temps avec un live aussi contemplatif que transcendantal, pour la plus grande joie du public.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
47:46 25/11/2022
"Le tambour ka est un levier de décolonisation des croyances aujourd'hui en Guadeloupe" (Marie-Héléna Laumuno)
Afrodescendante, rituelle, identitaire et contestataire, la culture gwoka est née parmi les esclaves importé.e.s d’Afrique. Après avoir été longtemps réprimée par les maîtres blancs et les colons, la culture ka est revenue sur le devant de la scène dans les années 60 en Guadeloupe grâce aux syndicats agricoles et au mouvement nationaliste. Aujourd’hui, elle continue de vibrer très fort dans tout l’archipel.  L'épine dorsale du gwoka, c'est d’abord le tambour ka et ses sept rythmes, l'apprentissage de toute une vie qui traditionnellement commence toujours avec une initiation auprès des anciens, des grands maîtres comme Vélo, Kristen Aigle ou Mira Délos. Le gwoka se joue, se chante et se danse, et il est indissociable de la vie des guadeloupéens quasiment à chaque instant, d’autant qu’il les soutient aussi dans leurs luttes sociales et politiques, en étant quasi systématiquement la bande-son des grèves, des révoltes et des manifestations depuis le début du 20e siècle. Mais comme la musique de la nuit guadeloupéenne, la culture gwoka a aussi une dimension mystique.  Secret d’initiés, pouvoir transcendantal du tambour, cultes aux ancêtres, langages codés, réminiscence des rites yoruba ou arme de décolonisation des croyances… De quoi parle-t-on exactement ? Pour en savoir plus, j’ai mené l’enquête, de la Grande-Terre à la Basse-Terre, auprès d’artistes guadeloupéen.ne.s qui vivent le gwoka comme un sacerdoce : le groupe Indestwas Ka, Sadi Sainton du groupe 7 Son @ To, Bled Miki, Marie-Héléna Laumuno de l'ensemble Fanm Ki Ka et Lukuber Séjor. https://youtu.be/FSrEHtmGDKM Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
51:17 18/11/2022
"Paris est traversée de légendes et de mystères que nous ignorons encore" (Pacôme Thiellement)
Cette semaine dans La Potion, Jeanne Lacaille s'invite dans l’univers de l'écrivain et cinéaste parisien Pacôme Thiellement, à l'occasion de la sortie de "Paris des Profondeurs" aux éditions Seuil. Un épisode à la découverte du Paris légendaire, païen et mythologique, au fil duquel nous croisons aussi David Bowie, une vision chamanique, des codex mystérieux et même... un dragon !  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
50:06 28/10/2022
Rites afro-descendants : une exploration en trois regards dans La Potion
Aujourd’hui dans La Potion, je vous propose donc d’étudier d’un peu plus près trois rites afro-descendants que nous n’avons pas encore explorés ensemble. L’umbanda pour commencer. Assez proche du candomblé, l’umbanda est une religion afro-brésilienne et donc afro-descendante. Il descend des croyances yorubas, et repose sur le culte des orishas comme le candomblé, le vaudou ou la santeria — les orishas dont le culte est fondé sur l’équilibre voire l’alliance des hommes et des esprits de la nature. L'umbanda est une pratique rituelle née dans les années 30 à Sao Paulo et Rio qui vénère à la fois l’Immaculée Conception et Iemanja, l’orisha des eaux salées. Et aujourd'hui, on estime que l’umbanda est pratiqué par environ 500 000 brésiliens et brésiliennes. Pour La Potion, le réalisateur Hadrien La Vapeur — à réécouter ici dans La Potion — revient sur sa découverte de l'umbanda. De colère, Angel Bat Dawid se nourrit pour écrire aujourd’hui le renouveau de la scène jazz de Chicago qui s'articule notamment autour du label International Anthem. En France, nous découvrions l'univers de cette improvisatrice bouillonnante en 2019 avec la sortie de son premier album, The Oracle, un oracle jazz spirituel, politique, collectif et psychédélique dont la ferveur évoque à la fois les transes de Sun Ra et la transcendance du gospel. Pas de hasard, puisque 7 générations de pasteurs ont précédé Angel Bat Dawid qui orchestre chacun de ses lives comme une cérémonie, expérimentale et incandescente, destinée, de son propre aveu, à déranger son public plus qu'à le soigner. De passage à Paris en septembre dernier pour un concert sur la scène du festival Jazz à la Villette, Angel Bat Dawid revient sur l'histoire des hush harbors, ces lieux de culte secrets où se rendaient les esclaves pour pratiquer leurs rites africains loin des regards et des fouets. Des lieux auxquels la compositrice, clarinettiste et multi-instrumentiste afro-américaine consacrait en 2021 une mixtape intitulée Hush Harbor Mixtape Vol.1 Doxology, dédiée à Saint Escrava Anastacia. Enfin, La Potion vous emmène au cœur de l'exposition Black Indians de la Nouvelle-Orléans, à découvrir jusqu’au 15 janvier 2023 au musée du Quai Branly à Paris. Les Black Indians sont des groupes d’Africains-Américains organisés en «tribes», des tribus hiérarchisées aux rites très codifiés, qui défilent chaque année au carnaval du Mardi gras de La Nouvelle-Orléans avec des costumes faits de plumes et de perles aux couleurs éblouissantes, inspirés des tenues de cérémonies des amérindiens. Cette tradition remonte à la deuxième moitié du 19e siècle, née de la résistance aux interdits ségrégationnistes, parallèlement au carnaval officiel de La Nouvelle-Orléans dominé par la communauté blanche — et dont les Africain.e.s-Américain.e.s étaient largement exclu.e.s. Portés par les percussions et les chants des Big Chiefs, ces défilés célèbrent donc la mémoire de deux peuples opprimés, amérindiens et descendants d’esclaves, dont les croyances et les rites ont beaucoup en commun. Pour en savoir plus, La Potion tend le micro à Victor Harris, Big Chief de la tribu de l'esprit de Fa Ya Ya et des Mandingo Warriors.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
47:47 21/10/2022
"Les chants du peuple quechua sont profondément liés aux esprits du Vivant" (Collectif Humazapas)
Au programme de ce nouvel épisode de La Potion : polyphonies chamaniques du peuple aborigène Bunun de Taïwan ; les chants quechua, masques rituels et autres petites flûtes trop cute du collectif Humazapas, et les danses mystiques du maître coréen Yi Chul-Jin. Depuis 25 ans, le Festival de l’Imaginaire s’attache à transmettre des « témoignages du génie des peuples » selon Chérif Khaznadar, créateur du festival et cofondateur de la Maison des Cultures du Monde en 1982. Musique, théâtre, danses, rituels, expositions et conférences : en bref, le Festival de l’Imaginaire joue le rôle de porte-voix des cultures du monde actuel. Dans cet épisode, La Potion rencontre d'abord un groupe de musiciens Bunun, un des seize peuples aborigènes reconnus par l'Etat de Taïwan. Les Bunun vivent dans les montagnes du sud-est de l'île et leurs rites s'articulent autour de la chasse et de la culture du millet. Une culture chamanique et animiste aujourd'hui menacée de disparition faute d'intérêt de la part des nouvelles générations.Jeanne Lacaille vous entraîne ensuite à la rencontre du collectif Humazapas, formé il y a une dizaine d'années sur les flancs du volcan Mama Cotacachi, dans le nord de l'Equateur. Le collectif Humazapas se compose de douze musicien.ne.s, chanteur.euse.s et danseur.euse.s qui ont tous.tes entre 20 et 30 ans. Un collectif jeune, passionné et très dynamique qui s’est donné une mission : sauvegarder, transmettre et garder bien vivantes les traditions musicales de son peuple, le peuple quechua d'Equateur. Dans leur village, ces artistes accompagnent la vie de leur communauté, les temps forts du cycle agricole et les rituels qui les accompagnent, les mariages, les veillées funéraires, et autres fêtes populaires. En bref, un rôle social et politique très important. Les chants et les danses du collectif Humazapas témoignent de la très belle relation que les quechuas entretiennent avec leur environnement, une relation éminemment spirituelle car pour eux, la musique fait le lien entre trois mondes : celui des humains, celui des esprits de la nature et celui des dieux.Enfin, La Potion rencontre le danseur coréen Yi Chul-jin, spécialiste des danses taepyeongmu ("danse de la grande paix"), salpuri ("danse pour chasser les mauvais esprits") et seungmu ("danse des moines"). Trois danses issues des traditions bouddhiques et chamaniques, aujourd'hui considérées comme les formes les plus abouties et les plus esthétiques du répertoire chorégraphique coréen.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
51:42 14/10/2022
"J'ai voulu réactiver la mythologie africaine pour écrire une nouvelle histoire : queer, fantastique et décoloniale" (Marlon James)
Pour La Potion, Marlon James revient notamment sur sa thérapie de conversion et la nécessité de réactiver la mythologie africaine via la vie romanesque de ses créatures les plus légendaires. Bonus : l'auteur nous dévoile même quelques sortilèges... !“Je n’avais pas la mythologie africaine, je n’avais pas de folklore africain auquel me référer, je ne connaissais même pas les grandes villes africaines. Donc je pense que c’est une partie entière de mon identité que je n’avais pas en grandissant.”Et c’est précisément pour combler ce manque que Marlon James a un jour pris la plume. Né à Kingston en Jamaïque en 1970, aujourd’hui Marlon James est écrivain et enseigne la littérature à l’université Macalester de St Paul, dans le Minnesota. Après une entrée en littérature en 2005 avec le roman John Crow’s Devil, suivi quatre ans plus tard par The Book of Night Women — soit l’histoire de la révolte d’une femme esclave dans une plantation en Jamaïque au début du 19e siècle — Marlon James était récompensé d’un Booker Price en 2015 pour A Brief History of Seven Killings, un roman génial qui revient notamment sur les conséquences de la tentative d’assassinat de Bob Marley en Jamaïque à la fin des années 70. Aujourd’hui l’écrivain jamaïcain vient de publier le premier tome d’une saga fantastique intitulée The Dark Star Trilogy aux éditions Albin Michel. Ce nouveau roman s’intitule Léopard Noir, Loup Rouge, et il se résume ainsi : “Dans un lointain royaume, Pisteur est connu de tous pour ses extraordinaires talents de chasseur. Ce don lui vaut d’être recruté, aux côtés de 8 autres mercenaires, pour retrouver un mystérieux garçon disparu 3 ans plus tôt. Mais très vite, de cités en forêts légendaires, les obstacles se multiplient, et d’étranges créatures semblent bien décidées à leur barrer la route… Pisteur ne peut alors s’empêcher de s’interroger : qui est vraiment cet enfant qu’il recherche ?” Avec Léopard Noir, Loup Rouge, Marlon James crée un univers fantastique qui ne manque pas d’évoquer le Seigneur des Anneaux ou le Wakanda de Black Panther. Mais la langue de Marlon James est unique : queer, magique et décoloniale, elle invente une Afrique légendaire, antique, dangereuse et hallucinatoire avec des personnages qu’il aurait fallu inventer si l’écrivain ne l’avait pas fait. Sorcières, anti-sorcières, chasseurs métamorphes, oiseaux-foudres, trolls des marais de sang et autres monstres plus ou moins terrifiants…  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
44:53 07/10/2022
"Bob Marley avait vu juste : Babylone est en train de tomber, victime de son arrogance" (Tiken Jah Fakoly)
Pour La Potion, l'icône du reggae ivoirien revient notamment sur son initiation rasta, l'importance des spiritualités traditionnelles pour le continent africain, son pèlerinage en terres jamaïcaines, les conséquences effroyables des extrémismes religieux ou encore l'héritage d'Haïlé Sélassié et Marcus Garvey. One love !Le reggae, Tiken Jah Fakoly l’a au cœur et au corps depuis au moins depuis 1987 : époque à laquelle il découvre tous les grands maîtres — de Bob Marley à Burning Spears — et monte Les Djélys, son premier groupe. Avant de se consacrer à sa carrière solo avec Mangercratie, un premier album sorti en 1996 qui allait contribuer aux belles heures du reggae africain, dans les pas des pionniers Lucky Dubé et Alpha Blondy. Plus de trois décennies après ses débuts, nous retrouvons donc le rasta ivoirien en studio et en pleine répétition avec ses musiciens en vue de la sortie de Braquage de Pouvoir, nouvel et 11e album à paraître le 4 novembre prochain. Un épisode pleeeeein de "yes high", "Jah Bless", "burn Babylon buuurn" et autres peace and one love !  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
43:45 30/09/2022
La Potion célèbre l'équinoxe d'automne !
Cela ne vous aura pas échappé : nous sommes entrés dans l’automne et qui dit automne, dit équinoxe d’automne ! Vous avez sans doute déjà entendu parler des solstices, le solstice d’été et le solstice d’hiver, célébrant respectivement le jour le plus long de l’année, le 21 juin, et le jour le plus court, le 21 décembre. Et puis il y a les équinoxes. Un peu moins fêtés de nos jours car un peu moins documentés, les équinoxes se répondent en écho au printemps et à l’automne, deux périodes très courtes pendant lesquelles le Soleil, la Lune et la Terre sont parfaitement alignées, où le Soleil se retrouve pile poil dans l’alignement de l’Équateur et où de fait, le jour et la nuit font exactement la même durée, à l’équilibre, pour un moment suspendu où l’ombre et la lumière sont à parfaite égalité partout sur Terre pendant quelques heures. Cet automne, l’équinoxe a eu le vendredi 23 septembre et comme chaque année, il amène avec lui son lot de célébrations et de rituels, son lot de mythes aussi, de Perséphone et Déméter au culte de Mabon, le sabbat de la 2e récolte. Dans ce nouvel épisode de La Potion, je vous propose de fêter l’équinoxe d’automne à notre façon : en musique et en bonne compagnie, avec une selekta de saison augmentée par les éclairages, les rituels, recettes et autres incantations de quelques ami.e.s de La Potion. Mélissa Laveaux, Anne Paceo, Rodrigo Cuevas, Julián Herreros, Priscilla Telmon et même le Grand Druide de Bretagne en personne… Tous.tes ont accepté de se prêter au jeu de cette cérémonie magico-radiophonique.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
55:24 23/09/2022
"Filmer l'invisible, c'est épouser la pensée magique congolaise" (Hadrien La Vapeur)
Cette semaine dans La Potion, Jeanne Lacaille rencontre ce réalisateur passionné par les pratiques magiques traditionnelles du Congo. A l'occasion de la sortie de son nouveau documentaire, "Ordalies, le tribunal de l'invisible", diffusé le 21 septembre sur France 2, Hadrien La Vapeur nous initie notamment aux rituels de la confrérie Ngunza au Congo. Dans cet épisode, nous croisons aussi quelques génies de la nature, un mortier magico-meurtrier ; Achille, un sapeur congolais fou d’amour pour une sirène nommée Raïssa ou encore des juges d’instruction réconciliateurs de familles et médecins ésotériques. Pendant dix ans, Hadrien La Vapeur a travaillé aux côtés du cinéaste Philippe Garrel mais bientôt, l’assistant allait prendre son envol pour tourner ses propres films en super 8, option expérimentations. Fasciné par la transe, le monde des esprits et l’ayahuasca – dont il possède une grande bouteille dans un placard de son appartement – Hadrien La Vapeur a trouvé un complice, l’anthropologue Corto Vaclav. Le tandem met alors le cap sur Brazzaville pour filmer les pratiques magiques traditionnelles du Congo – celles-là même qui ont été diabolisées par les colonisateurs français ou belges – une (en)quête aux frontières de l’invisible qui a donné naissance à deux documentaires remarquables. “Kongo” en 2019, soutenu par de nombreux prix dont une sélection Acid au Festival de Cannes, puis “Ordalies, le tribunal de l’invisible”, un nouveau documentaire à découvrir le mercredi 21 septembre à minuit sur France 2.Il en est question dans ce nouvel épisode de La Potion. Hadrien La Vapeur nous raconte notamment comment lui et Corto Vaclav sont parvenus à filmer l’invisible. Par le son et le pouvoir de l’imagination, le réalisateur nous emmène aussi à la découverte des rituels de la confrérie Ngunza au Congo. En route, nous rencontrons quelques génies de la nature, un mortier magico-meurtrier ; Achille, un sapeur congolais fou d’amour pour une sirène nommée Raïssa ou encore des juges d’instruction réconciliateurs de familles et médecins ésotériques.Pour découvrir tous les films d'Hadrien La Vapeur et Corto Vaclav : www.expedition-invisible.org ! Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
48:27 16/09/2022
"Les plantes chantent, soignent et ont beaucoup à nous apprendre" (Priscilla Telmon)
Priscilla Telmon est cinéaste, photographe, documentariste, écrivaine-voyageuse de la trempe d’aventurières pionnières comme Ella Maillart ou Alexandra David-Néel, membre de la Société des explorateurs français, diplômée d’ethno-médecine et apprentie chamane. Depuis dix ans, Priscilla Telmon se consacre à l'exploration de la musique sacrée, des rites contemporains et de l'art comme soin à travers la collection discographique Petites Planètes (co-dirigée avec Vincent Moon de la Blogothèque). En 2022, Priscilla Telmon publie le récit de son initiation chamanique auprès du peuple Shipibo Conibo au Pérou dans « Femmes d’Aventures » (ed. Points), un recueil très inspirant préfacé par Isabelle Autissier qui compile les récits de sept aventurières modernes.Dans cet épisode, nous revenons sur l’importance à ses yeux de la sauvegarde des médecines traditionnelles, sur sa traversée à pied et en solo de l’Himalaya et de la dimension spirituelle de la marche, nous écoutons des chants sacrés enregistrés au Brésil, en Géorgie, et dans le monde entier, et puis Priscilla nous raconte aussi son initiation chamanique dans la communauté Shipibo-Conibo au Pérou… En bref, il est question, dans notre conversation, de l’exploration du monde comme exploration de soi.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
38:14 09/09/2022
En matière d'écologie, nous devons prendre la philosophie chamanique au sérieux" (Bruce Albert)
Ces chants, enregistrés en 2015 pour la collection Petites Planètes, sont ceux qu’on peut entendre en ouverture des cérémonies chamaniques du peuple Huni Kuin, une communauté autochtone qui vit au Brésil, dans l'État de l’Acre au nord-ouest du pays. Tout comme le peuple Yanomami ou le peuple Makuxi, les Huni Kuin vivent dans la forêt et considèrent que tout ce qui la compose est vivant. Animaux - humains ou non-humains - végétaux, minéraux, rivières, soleil, vent ou pluie… Tous cohabitent, en interdépendance, en respect et sans aucune hiérarchie. Ne plus penser “la nature” mais “le vivant”, considérer la philosophie et la culture chamanique comme de grandes alliées pour transformer notre manière d’être au monde et répondre aux enjeux écologiques du temps présent… C’est ce qui a guidé l’anthropologue Bruce Albert, la commissaire d’exposition Juliette Lecorne et la Fondation Cartier pour concevoir l’exposition “Les Vivants”, à découvrir au Tripostal à Lille jusqu’au 2 octobre. L’exposition réunit plus de 250 œuvres signées par de grands noms de l’art contemporain, de la brésilienne Solange Pessoa au bioacousticien américain Bernie Krause en passant par les travaux du botaniste français Francis Hallé. Mais surtout, et c’est tout l’intérêt des Vivants, les deux tiers des œuvres ont été réalisées par des artistes amérindiens contemporains. Jaider Esbell, Joseca ou encore Bane : tous ont à cœur de témoigner de la cosmologie de leur peuple, d'interpeller le monde des modernes et de valoriser leur culture sur le marché de l’art - et tout court - grâce à des œuvres, politiques, porteuses d’espoir et franchement, éblouissantes de beauté. “Les Vivants” vous transforment et nous y allons ensemble, en compagnie de Juliette Lecorne et avec les éclairages de l’anthropologue Bruce Albert depuis Montevideo en Uruguay. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
46:20 02/09/2022
$afia Bahmed-Schwartz et les sœur-cières
Sourcils décolorés, ongles stiletto option serpent sacré en 3D, longs cheveux teints au henné rassemblés en un chignon parfait et crocs militaires bien rangées dans un coin de son atelier… $afia Bahmed-Schwartz est une artiste totale, totalement habitée. Peintre, photographe, éditrice, écrivaine, tatoueuse tatouée et musicienne, en habile métamorphe, $afia Bahmed-Schwartz multiplie les champs d’expression pour dire la beauté sacrée de l’intime, l’importance vitale de la sororité, la libération des corps, le refus des injonctions. Après une série de 4 EP - un pour chaque saison - parue en 2018, puis l’album Passé / Présent / Futur en 2020 - sur la pochette duquel $afia Bahmed-Schwartz apparaît sous les traits d’une méduse gorgone aux cheveux bleus - la voici aujourd’hui de retour avec EMO ICON. Un nouvel opus à l’énergie punk, 8 titres à mi-chemin entre rap, gabber poétique, chansons libertaires et mantras féministes distordus à l’autotune. Retrouvez $afia Bahmed-Schwartz en concert le 1er octobre 2023 au Point Ephémère à Paris.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
52:16 04/07/2022
Djé Balèti : "revenir aux mystiques locales, c'est lutter contre le capitalisme"
Depuis 2012, le trio Djé Balèti envoûte Toulouse et ses alentours, formé par Antoine Perdriolle (batterie), Menad Moussaoui (basse) et son fondateur Jérémy Couraut, au chant et à l’espina, un instrument traditionnel hautement chamanique de la région niçoise à mi-chemin entre la guitare, le saz, le guembri et la mandole. En 2020, Djé Balèti publiait Pantaï sur le label Sirventès, un troisième opus conçu comme une galerie de portraits des divinités et autres grandes figures de la mythologie occitane, toutes pourvues de noms savoureux, de Catarina Segurana à Ratapignata. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
46:13 28/06/2022
Urban Village : "en Afrique du Sud, nos chants de lutte sonnent comme des prières"
Cette semaine, La Potion met le cap sur l'Afrique du Sud en compagnie du quartet Urban Village qui, depuis Soweto, porte la voix de ses ancêtres zulu, xhosa ou sotho à la faveur d’une folk très habitée. En janvier 2021, Urban Village sortait Udondolo (sur le label NoFørmat), un premier album dont le titre fait référence au bâton des voyageurs ou des pèlerins, symbole de la transmission d’une sagesse ancestrale dont le groupe de Soweto se fait à son tour le passeur.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
45:55 24/05/2022
Labelle : "À La Réunion, les esprits nous visitent et c'est normal, la vie et la mort se côtoient très librement"
Cette semaine, La Potion vous envoûte en compagnie du compositeur réunionnais Labelle ! Un épisode dans les hautes sphères du maloya, à l'écoute des vibrations cosmiques de l'île intense. C’est en perpétuant le nom et la mémoire de ses ancêtres que Labelle, Jérémie Labelle, a choisi de se présenter au monde en tant qu’artiste. Avec une mère mayennaise et un père réunionnais, la porosité entre les mondes, l’entre-deux, les allers-retours sont au cœur de l’ADN du compositeur qui, après avoir grandi en Bretagne, s’envole pour la Réunion en 2011 pour amorcer une quête, une enquête identitaire et spirituelle qui lui inspire Ensemble, un premier album paru deux ans plus tard. Depuis ses débuts, technosphère et maloya sont au cœur des expérimentations de cet alchimiste du son qui a réussi à bâtir un univers original et qui déjoue, à tous les coups, la tentation d’une fusion cheap et folklorisante. En bref, Labelle ne revendique rien et s’autorise tout : distordre le maloya de ses racines dans un magma électro-archipélique dans l’excellent Univers-île en 2017, réinventer ce même blues ternaire emblématique de la créolité réunionnaise en le conjuguant au futur antérieur avec Post-Maloya dans la foulée, et l’emmener vers les marges au gré d’un brassage minimaliste férocement percussif dans Orchestre-Univers en 2018.Cette année, Labelle est de retour avec de nouvelles partitions aux multiples horizons. Début avril, le réunionnais dévoilait notamment l’album African Prayers, revisitant aux côtés du piano préparé du musicien marocain Amine Mesnaoui le rituel du lila, ces cérémonies de transe et de guérison pratiquées par les gnawas. Par ailleurs, et nous en parlerons, Labelle a récemment collaboré avec la pianiste virtuose Vanessa Wagner sur une création intitulée Ennéade, en référence aux neuf divinités de la mythologie égyptienne qui incarnent chacune un élément. Cela ne fait aucun doute, Labelle est clairement tombé dans La Potion à un moment donné, quand il était petit peut-être, reste à savoir comment, pourquoi, avec qui et de quelle manière il la boit aujourd’hui. Spoiler : dans cet épisode, il sera question de culte aux ancêtres, d’animisme, de bain cosmique, de transe et de musique bien sûr. Labelle sera avec nous dans un instant mais d’abord, je vous propose de l’écouter dans La Potion avec un extrait d’Éclat, un nouvel album paru en janvier 2022 sur le label InFiné pour lequel le compositeur a convié le quatuor Métavers à mêler ses cordes avec ses arrangements électroniques et un maloya de plus en plus moléculaire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
46:10 17/05/2022
Les sacrées soirées du Collectif Souffle
Cette semaine encore, un vent de magie souffle sur La Potion avec le Collectif Souffle qui réactive les notions de sacré, de rituel et de cérémonie au cœur des soirées qu'il organise au Consulat Voltaire à Paris, son QG. À l’Antiquité, les Grecs - les stoïciens surtout - aimaient parler du pneuma pour désigner ce principe philosophique de nature spirituelle considéré comme le cinquième élément, le souffle vital qui anime l’âme, un esprit magique, voire une divinité. Depuis 2012, le Collectif Souffle donne vie à des soirées, des cérémonies auxquelles sont invitées toutes les formes d’art et surtout la musique, live et bien souvent improvisée par des artistes aux horizons très variés, cependant tous et toutes reliées par une sensibilité exacerbée aux vibrations qui circulent entre les mondes visibles et invisibles. Et voilà comment, depuis dix ans, Souffle donne le tempo de son propre calendrier, païen sans aucun doute, célébrant tour à tour les équinoxes, les solstices, les pleines lunes ou encore la fête des morts pour la plus grande joie des vivants. À l'occasion d'une nouvelle soirée Souffle au Consulat Voltaire à Paris, avec la chanteuse marocaine OUM à l'affiche, La Potion vous emmène à la rencontre de ce collectif hors norme.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
49:39 09/05/2022
Muriel Jolivet : "Au Japon, les chamanes fascinent autant qu'elles font peur"
Cette semaine, La Potion vous entraîne au Japon, sur les traces des dernières chamanes de l’archipel en compagnie de la sociologue Muriel Jolivet. Muriel Jolivet vit à Tokyo, au Japon, depuis de longues années. Auteure d’une dizaine d’ouvrages sur la société nippone, la sociologue s’est lancée dans une enquête très approfondie sur les dernières chamanes du Japon, héritières de traditions ancestrales plus ou moins en voie de disparition. Pour cela, Muriel Jolivet a parcouru des centaines de kilomètres à la rencontre de ces chamanes qui ont la capacité de faire descendre sur elles l’esprit des morts, de les faire parler par leur bouche, de cultiver les liens entre les mondes visibles et invisibles. Des guérisseuses qui apaisent les âmes en déroute auxquelles des médecins ont parfois recours pour affiner leur diagnostic, des oracles que les hommes politiques n’hésitent pas à consulter avant une élection par exemple. Cette enquête de Muriel Jolivet donne lieu à un ouvrage passionnant et très bien documenté : Les Dernières Chamanes du Japon - Rencontre avec l’invisible au pays du Soleil Levant paru aux éditions Véga en 2021. D’un chapitre à l’autre, la sociologue dresse le portrait des itakos, les chamanes malvoyantes du Tohoku au nord, des noros d’Okinawa, ces chamanes animistes qui ont pour mission de protéger la région, l’environnement et les esprits du vivants, mais aussi des yutas, plus populaires et encore nombreuses, dont les plus jeunes d’entre elles se présentent plutôt comme des conseillères qui s'appuient sur la voyance. Muriel Jolivet a aussi rencontré la toute dernière chamane aïnoue d'Hokkaido, Rera Ashiri, qui a passé sa vie à lutter pour la restitution ou la protection des lieux de culte sacrés de ses ancêtres. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
45:57 26/04/2022
Oumou Sangaré : "J'encourage les malien.ne.s à renouer avec les croyances ancestrales".
“Je ne voulais même pas enregistrer un disque” dira Oumou Sangaré au sujet de Moussolou, son premier enregistrement studio en 1989. Pourtant, trois décennies et douze albums plus tard, la chanteuse rayonne comme une voix cardinale du Mali et du continent africain, une star internationale, une femme d’affaires accomplie et une sœur de luttes dont l’intégrité, la constance et la liberté de ton demeurent éminemment respectées. En deux mots comme en mille : Oumou Sangaré, une artiste majeure qui inspire aujourd’hui Aya Nakamura, Beyoncé ou encore Alicia Keys avec laquelle elle a chanté en duo pour la télé américaine. True story ! Amazone d’Afrique, Oumou Sangaré est aussi une véritable ambassadrice pour le Wassoulou, poumon forestier du sud-ouest du Mali, dont elle soutient l’économie en y orchestrant notamment l’ambitieux FIWA Festival depuis 2017. Le Wassoulou, c’est aussi la région de sa mère, “une battante” à laquelle elle rend hommage en s’exprimant en wassoulou n’ke et en chantant les rythmes de la région, hérités pour partie des rituels ancestraux des chasseurs donso. Si elle ne trahit jamais ses fondations ni ses racines, Oumou Sangaré est une femme de son temps, en témoignent sa collaboration afro-house avec le duo Synapson en 2017 ou le disque Mogoya paru la même année, dont les synthés pop et les guitares psychédéliques croisent le beat avec les rythmes du regretté Tony Allen - réédité en version acoustique il y a deux ans.Et puis il y a eu la pandémie, pendant laquelle Oumou Sangaré s’est retrouvée coincée, en exil, aux Etats-Unis. Là, la diva malienne s’est arrêtée et s’est retrouvée seule pour la première fois depuis 30 ans. Le résultat de cette introspection un peu contrainte, c'est un nouvel album intitulé Timbuktu, en hommage à la ville aux 333 saints, ville du nord du Mali malmenée par les attaques djihadistes depuis quelques années. Timbuktu, c’est donc un disque introspectif, féministe, militant comme toujours et résolument blues, qui met en dialogue les instruments traditionnels du Mali avec les guitares du blues américain, petites filles des instruments d’Afrique de l’Ouest qui ont suivi comme des milliers de personnes les routes de l’esclavage.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
46:37 15/04/2022
Philippe Charlier : "Les morts sont utiles aux vivants, ils nous guident et nous protègent"
D’invisible, il est 100% question dans La Potion cette semaine, à l’occasion du retour de “L’Ethnologie va vous surprendre” au Musée du Quai Branly Jacques Chirac les 9 & 10 avril à Paris, une cinquième édition dédiée à l’invisible. Durant ce long week-end de conférences, expositions, films et rencontres, le Musée du Quai Branly a fait la part belle aux revenants, esprits, zombies, démons et autres fantômes issus de tous les continents, de l’Afrique sub-saharienne à Haïti en passant par l’Extrême-Orient. Quels rapport les vivants entretiennent-ils avec les "non-morts" ? Comment se parlent-ils ? Comment interagissent-ils encore avec nous ? Se manifestent-ils pour nous guider ou pour nous corriger ? Comment les honorer et comment franchir la frontière bien souvent poreuse entre les mondes visibles et invisibles ? Autant de questions passionnantes auxquelles conservateurs, historiens de l’art, anthropologues, ethnologues, philosophes et autres chercheurs ont tâché de répondre, histoire de comprendre en quoi, pourquoi, les morts sont utiles aux vivants.Pour nous initier à la question, La Potion vous emmène à la rencontre d’un spécialiste de l’au-delà : Philippe Charlier, ancien médecin légiste aujourd’hui archéologue, anthropologue et, depuis 2018, directeur du département de la Recherche et de l’Enseignement au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac. Chercheur inclassable et soucieux de partager ses découvertes avec le plus grand nombre, notamment sur Twitter où il opère sous le pseudo Docteur Trop Tard, Philippe Charlier est par ailleurs l’auteur de très nombreux ouvrages consacrés à l’invisible et aux entités qui le peuplent, à l’image de sa dernière publication Autopsie des fantômes : une histoire du surnaturel (ed. Tallandier, 2021). A cela il faut ajouter une ligne supplémentaire au CV du quarantenaire : Sherlock Holmes des cimetières, puisque Philippe Charlier a souvent été missionné pour examiner les corps de saintes, de rois ou de leurs illustres maîtresses dans le cas de morts suspectes. Pour La Potion, Philippe Charlier nous accueille donc au Quai Branly à Paris et, qui sait, peut-être croiserons quelques fantômes célèbres ou anonymes dans les couloirs du musée.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
51:39 11/04/2022
Mauro Durante : "Le tarentisme est mort car les gens n'y croient plus"
Au programme : transe thérapeutique et rituel mystico-social du sud de l'Italie avec la tarentelle. Héritées des rites dionysiaques grecs, les tarentelles sont des danses paysannes qui ont émergé dans le sud de l’Italie vers le 14e siècle mais plus que des danses festives, les tarentelles sont aussi des rituels thérapeutiques. Cette danse extrêmement vive sert à exorciser le mal provoqué par les morsures de tarentules, et plus précisément à venir à bout des symptômes névrotiques causés par la morsure de l’araignée. En dansant jusqu’à la transe, en transpirant tellement, que celui qui a été mordu finit par suer tout le venin de l’araignée ou, plus symboliquement, la douleur psychique ou existentielle qui le ronge. Une danse thérapeuthique donc, qui s’est un peu perdue au fil des générations, comme de nombreuses traditions paysannes. Heureusement, l’anthropologue italien Ernesto De Martino commence à s’intéresser à la tarentelle à la fin des années 50, un rituel musical que l’ethnomusicologue français Gilbert Rouget désigne carrément comme un culte de possession, un exorcisme musical que l’on peut rapprocher du gnaoua, du zar égyptien, du stambali tunisien ou du maloya réunionnais.Aujourd’hui le répertoire de la tarentelle est très vivant, largement renouvelé grâce à des groupes locaux et à La Notte della Taranta, un festival qui anime chaque année depuis 1998 les nuits estivales de Salento au Sud de l’Italie. Pour nous initier à cette tradition mystique fascinante, un enfant du pays : le percussionniste et violoniste italien Mauro Durante. Fervent défenseur de la tarentelle au sein de l'ensemble Canzionere Grecanico Salentino, Mauro Durante a de l’horizon, lui qui a joué avec Piers Faccini, le percussionniste indien Trilok Gurtu, le maître de la kora Ballaké Sissoko ou encore, plus récemment, le guitariste Justin Adams pour le disque Still Moving. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
47:58 05/04/2022
Mélissa Laveaux : "J'aime penser que je suis la mère de tous les monstres"
Au programme de cet épisode : tarot, vodou haïtien, sortilèges d'amour et de sororité. À ses débuts en 2008, Mélissa Laveaux se faisait déjà alchimiste de la chanson avec Camphor & Copper, un premier album qui dévoilait les premiers ingrédients de sa potion sonique : une guitare offerte par son père à 13 ans, des textes poétiques en anglais et en créole, une folk-blues hantée, une voix féline. Puis celle qui a fait ses armes de militante dans le milieu punk-fém d’Ottawa poursuivra son chemin de musique en traversant l’Atlantique pour s’installer à Paris où elle vit désormais. Le déracinement fait partie intégrante de l’ADN musical de Mélissa Laveaux : avant elle, ses parents ont fui Haïti pour Montréal au Canada. Et c’est en partie pour restaurer ce lien perdu avec Haïti, pour guérir l’exil, qu’avec Radyo Siwèl en 2018, Mélissa Laveaux puisait en ethnomusicologue dans ses traditions musicales pour en exhumer comptines et chants perdus, nous rappelant aussi combien la musique peut être un instrument de résistance politique.Avec Mama Forgot Her Name Was Miracle, la guitariste, chanteuse et poétesse explore aujourd’hui la dimension thérapeutique et spirituelle de la musique en créant une toute nouvelle mythologie : alternative, moderne, subversive et féministe. Car si les rituels et les modèles dont on hérite sont parfois défaillants, dépassés voire rétrogrades, libre à nous d’innover ! Alors ici Mélissa Laveaux fait appel à une communauté d’héroïnes que l’Histoire a oubliées ou volontairement mises à la marge. De James Baldwin à la déesse Lilith, les membres de ce chœur-courage se sont affirmé.e.s en refusant de se contenter de survivre, de se soumettre à des normes assignées ou de subir un destin qu’elles n’avaient pas choisi. A l’image de Ching Shih, travailleuse du sexe chinoise qui préféra devenir la pirate la plus respectée des Mers du Sud au début du XIXe siècle. A l’image aussi d’Harriet Tubman, ancienne esclave afro-américaine qui a aidé des centaines d'autres opprimé.e.s à retrouver les routes de la liberté.Tour à tour guérisseuse et guerrière, Mélissa Laveaux réactive ainsi, pour nous et pour elle-même, en formidable conteuse des eaux profondes, une force vitale miraculeuse qui contrairement aux apparences n’est jamais totalement anéantie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
46:38 18/03/2022
Rodrigo Cuevas : "Un tambourin pour une nuit de fête, c'est LA magie des musiques traditionnelles"
Au programme : sortilèges électroniques, danses traditionnelles, esprits des Asturies et bruxas en pagaille. Bel hidalgo à la fine moustache originaire du cœur rural des Asturies, Rodrigo Cuevas, 36 ans, ne monte jamais sur scène sans sa pandereta (tambourin en peau de chèvre), ses sabots à talons dorés, sans oublier sa montera picona, un couvre-chef traditionnel de laine noire porté par les hommes en Asturie. Ceci dit, côté cabaret - où Rodrigo a fait ses armes de performer - celui que certains appellent le Freddy Mercury des Asturies peut aussi s’afficher en robe à crinoline, jupe ou dentelles... En bref, Rodrigo Cuevas étonne et ses performances détonnent, la preuve encore le 2 mars dernier au Café de la Danse à Paris, donnant à son tour de chant électrisant des airs de cabaret queer à grand renfort de poésie, satire burlesque, hurlements à la lune en hommage à sa grand-mère et autres incantations magiques.Ce soir-là, Rodrigo Cuevas présentait au public parisien Manuel de Cortejo, un premier album paru en 2019 pour lequel Rodrigo Cuevas a fait appel à un sorcier des vibrations électroniques, le catalan Raul Refree, producteur incontournable derrière Rocío Márquez et Rosalía pour le flamenco, Lina Rodrigues pour le fado. Ensemble, Raul et Rodrigo sont partis en mission de collectage dans les villages des Asturies, à la rencontre des grands-mères pour recueillir dans leurs cuisines ces chansons traditionnelles transmises oralement depuis des siècles. La démarche n’est pas nouvelle pour Rodrigo Cuevas qui s’attache à transmettre à son tour et à vivifier le répertoire traditionnel des Asturies et de Galice depuis ses débuts en 2012 avec Yo Soy La Maga (traduction : je suis la magicienne). Puis s’en est suivi un autre EP en 2017, intitulé Embrujada (traduction : ensorcelée). Un tropisme assumé donc pour la sorcellerie et les choses du magique chez Rodrigo Cuevas qui, après s’être formé au piano, au tuba et à la cornemuse à Oviedo puis à Barcelone, est rentré s’installer au pays, dans un petit village de 15 habitants du côté de Piloña avec son compagnon, deux ânes, un chien, cinq chats, cinq poules et un canard femelle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
48:59 12/03/2022
Vimala Pons à Ikea : “J'ai une relation animiste avec les objets"
Actrice, musicienne et circassienne, c'est mon invitée dans La Potion cette semaine. Au programme de cet épisode : animisme, réincarnation, fakirisme, magie des détails et hot-dog suédois. La foi peut-elle déplacer des montagnes ? Aucune idée. Vimala Pons les porte sur le sommet de son crâne, elle, les montagnes, des montagnes d’objets, tour de force et d’équilibre dont elle a fait une spécialité. Par exemple, dans Le Périmètre de Denver, son nouveau spectacle en solo, Vimala Pons s’en donne à cœur joie en portant sur sa tête un mur de briques, une Fiat Panda, une carrière, un escalier et 12 cartons empilés dont le poids plume ne rend pas le défi plus aisé. Sinon dans la vie, Vimala porte aussi dans ses bottes des montagnes de questions, dans ses poches un jeu de cartes divinatoire nommé Oblic Strategy inventé par Brian Eno pour injecter à la manière du Yi King de la magie dans la création, et un joli prénom d’origine indienne qui signifie "celle qui triomphe".En quête constante d’hybridation, au théâtre comme au cinéma, Vimala Pons est une métamorphe hors-pair qui varie à l’infini les identités, les récits, les corps, les accents ou les genres, à grand renfort d’accessoires, de techniques et d’imagination, pour opérer sous les yeux du public des transformations époustouflantes. Comme lorsqu’elle ouvre Le Périmètre de Denver en Angela Merkel sous 16 kilos de vêtements et un masque en latex particulièrement réaliste, dont elle finit par se débarrasser avec la fougue d’un Fantômas au terme d’un strip-tease avec l’accent allemand. Ce goût pour les glissements entre les terrains de jeux artistiques a toujours été là chez Vimala Pons qui a d’abord appris simultanément le tennis, le karaté et la guitare classique avant de se tourner vers les arts de la scène et de s’illustrer dans GRANDE, en duo avec son alter ego circassien Tsirihaka Harrivel. Ou sur grand écran dans des films d’Antonin Peretjatko, Christophe Honoré, Alain Resnais, Bruno Podalydès ou encore chez Bertrand Mandico. En 2020, Vimala s’est aussi essayée au livre audio avec La Mémoire de l’Homme Fente, quand plus récemment, avec un EP nommé Eusapia Klane, on la retrouve alliée sonique du collectif et label WarrioRecords, piloté par sa grande amie RBK Warrior. Prestidigitatrice du réel enchaînant les numéros de cirque comme les tours de magie à la scène comme à la vie, troublante, magnétique et facétieuse aussi… Vimala Pons est toujours là où on ne l’attend pas. Genre quoi ? Genre chez Ikéa. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
42:13 05/03/2022
Naïssam Jalal, méditer c'est résister
Rituels animistes, transe gnawa ou ragas indiens : comme toujours, La Potion vous répare. Femme de lutte(s) et flûtiste de combat, en 2011, Naïssam Jalal réunit autour d’elle l’excellent quartet Rhythms of Resistance pour donner corps à sa révolte alors qu’éclate la révolution syrienne, réprimée dans le sang dès ses premières heures. Ensemble, ils publient le remarqué Osloob Hayati, puis Almot Wala Almazala en 2016, dont la fureur sensible traduit parfaitement le mot d’ordre : la mort plutôt que l’humiliation. Si Naïssam Jalal compose alors avec sa douleur, en 2018, elle se tourne vers un registre beaucoup plus spirituel, intime et transcendantal pour Quest Of The Invisible, un double-album composé d’espace, d’air, de silence et de transe : l’essence même des musiques méditatives, dénominateur commun en tous cas de nombreux répertoires de musiques sacrées qui tendent vers l’extase et une communion avec le divin. Nouveau mot d’ordre pour la flûtiste désormais en quête de paix et d’élévation ? Méditer, c’est résister. Alors, après la publication d’Om Al Aagayeb en 2019 – ode à l’âme égyptienne enregistrée au Caire mêlant musique classique, populaire et répertoire mystique –l’année suivante la compositrice retrouve son quintet Rhythms of Resistance et l'Orchestre National de Bretagne pour Un Autre Monde, cri d’alarme symphonique pour dire les catastrophes sociales et écologiques, mais aussi l’amour et l’empathie nécessaires à la construction d’une société plus juste. A l’occasion de la 31e édition du festival Sons d’Hiver dont Nova était cette année encore l’heureuse partenaire, Naïssam Jalal présentait son tout nouveau répertoire : Healing Rituals, des rituels de guérison chambristes, contemporains et animistes soutenus par son complice de longue date Claude Tchamitchian à la contrebasse, Clément Petit au violoncelle, Zaza Desiderio à la batterie et aux percussions, et bien sûr le souffle habité de la flûtiste.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
39:35 25/02/2022
Jacques : la tonsure fait-elle le bonze ?
Au programme : retraite spirituelle, méditation vipassana, rêves lucides, dialogue cosmique et musique sorcière. L’Alsacien le plus cosmique du grand Est est de retour avec « L’Importance du Vide », un nouvel et 2e album dont le titre évocateur semble avoir été choisi pour (ou par) La Potion. Ce disque, Jacques a pris le temps de le composer au Maroc où il s’est installé, près d’Agadir mais loin de tout. Victime de son succès suite à la sortie très remarquée de son premier EP en 2015, « Tout Est Magnifique », puis deux ans plus tard de « A Lot Of Jacques », premier album de techno bruitiste fabriqué lui-aussi avec des objets du quotidien - loquet de porte, scies à métaux, pompe à vélo, canard qui fait coin-coin, samplé en boucle jusqu’à l’accident sonique... Jacques a tourné non-stop autour du monde pendant 4 ans, jusqu’à s’en vider les batteries. Alors le musicien a eu besoin de se calmer, de se retrouver et de faire le point sur sa vie, loin du tumulte. Tant et si bien qu'on ne pensait pas le revoir de sitôt, puisqu’il avait laissé entendre - via quelques messages sur les réseaux sociaux - qu’il se retirait forever de la vie publique et de l’industrie musicale… Couic définitif. Et puis, peut-être parce que la tonsure ne fait pas nécessairement ni le bonze, ni le moine, ni le frère Jacques, le revoici finalement, 3 ans plus tard, sorti de sa retraite avec « L’Importance du Vide ». Sous des allures pop’, « L’Importance du Vide » est un disque profondément spirituel, treize titres poétiques, souvent drôles et toujours métaphysiques.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
34:31 19/02/2022
Rebeka Warrior, sur les chemins du zen
Au programme de cet épisode : méditation, qi gong, divination, sorcellerie, poésie, amour, mort et thé vert.Tour à tour solaire, punk, sorcière, morbide ou dérangeante, Rebeka Warrior m’a toujours fait l’effet d’un mystère polymorphe. Voilà près de 15 ans que l’on suit la carrière et les métamorphoses de la musicienne, qui semble beaucoup s’amuser à brouiller les pistes, multipliant les projets depuis le début des années 2000 mais s’en tenant à la même formule magique : le duo, option électro. Trash, avec Mitch Silver dans Sexy Sushi, romantique poétique baroque et savante avec la violoniste classique Carla Pallone dans Mansfield.TYA, ou carrément transcendantale en compagnie du cador de la techno Vitalic dans Kompromat. Véritable bête de scène à la poésie brute et au cœur militant, Rebeka Warrior sait donc que l’union fait l’uppercut alors en 2020, Maman Wa - c’est son surnom de guru - réunissait autour d’elle une armée arc-en-ciel en créant Warrior Records, qui, au-delà d’un label, se définit comme un collectif d’artistes et d’activistes culturels, queers et transféministes.Le yin n’étant rien sans son yang, je vous propose aujourd’hui de découvrir Rebeka Warrior sous un jour tout à fait inédit. Car sous l’armure de guerrière, la fureur des BPM et des combats militants se trouve en réalité un être profondément mystique, en quête d’éveil et de sagesse. Rencontre chez elle, sur les hauteurs de Belleville à Paris.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
47:01 12/02/2022
Claude Saturne : "Le vodou haïtien, c'est plus qu'une religion, c'est un mode de vie"
De retour pour une nouvelle et 31e édition, le festival Sons d’Hiver invitait, le 31 janvier dernier, le percussionniste haïtien Claude Saturne à mener, tambours battants, une cérémonie vodou traditionnelle sur la scène de la salle Jacques Brel à Fontenay-sous-Bois. Mais le vodou, c’est quoi au juste ? Avant le vodou, on parle d’abord de la religion yoruba qui réunit les croyances et les pratiques rituelles du peuple yoruba, originellement implanté au sud-ouest du Nigéria, au Bénin et au Togo, c’est-à-dire l’ancien royaume du Dahomey. Mais parce qu’elle emprunte les routes de l’esclavage dès le 17e siècle, la religion yoruba se déploie dans les Caraïbes et sur le continent américain où elle syncrétise avec les cultes locaux pour réapparaître sous de nouvelles formes : le candomblé au Brésil, la santería à Cuba et le vaudou à Haïti. Les croyances vodous reposent sur l’équilibre, voire l’alliance, des hommes et de la nature, chaque élément étant incarné par un lwa, une divinité célébrée au cours de cérémonies rituelles, souvent honorée en musique : danses, chants et tambours accompagnent les prières. Jati Bwa, Maman Brigitte, Erzuli Dantor, Papa Legba, Simbi, ou encore Kouzin Azaka… Le panthéon vodou se compose d’une multitude de lwas, qui sont invoqués pour soigner une personne ou la communauté, résoudre un problème, prévenir un fléau, apporter richesse et prospérité, mais aussi cultiver le lien avec les ancêtres. Dans une cérémonie, danses et chants sont donc incontournables, mais la véritable clé de voûte des rites vodous, c’est le tambour dont les rythmes experts poussent les initié.e.s à la transe, point d’orgue de la cérémonie.Claude Saturne, mon invité cette semaine, est un maître percussionniste haïtien, spécialisé dans l’art des tambours des cérémonies vodou. Le vodou, c’est toute sa vie, de sa petite enfance dans un temple vodou à ses récentes collaborations avec des pointures du jazz, de Jacques Schwarz Bart à Omar Sosa – pas de hasard d’ailleurs, si Claude Saturne ouvre aujourd’hui la cérémonie vodou dans laquelle je vous emmène au batteur de jazz américain Ches Smith et à l’inclassable guitariste Marc Ribot.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
49:50 05/02/2022
Arthur H : "les religions veulent nous faire croire qu'elles ont l'exclusivité du sacré, c'est faux."
Au programme : psychomagie avec Alejandro Jodorowsky, méditation transcendantale à Brooklyn ou encore initiation à la magie avec une omelette aux champignons hallucinogènes offerte par son pater, Jacques Higelin.Musicien, homme de mots, de sons et de scène, depuis ses débuts Arthur H peuple ses chansons de personnages imaginaires, mythiques, fantastiques, punk ou mélancoliques. Pianiste illusionniste ou chanteur métamorphe, Arthur H semble se transformer un peu à chaque fois pour donner corps et authenticité aux univers qu’il compose - music-hall, transe électro-disco, blues piano-voix, éclats jazz ou encore western pop. Mais surtout, depuis son tout premier album en 1990, le musicien sème des petits cailloux magiques comme autant d’indices à notre attention, quant à ce qui compose son ADN spirituel. En fait, il suffit de remonter le fil d’Ariane de son ample discographie hantée et habitée pour s’en rendre compte. On y croise notamment un fantôme suicidaire, un autre asmathique, un grand marabout, le Général de Gaulle dans la cinquième dimension, une femme-étoile, une sorcière bleue, une hypno-techno-gypsie-queen, Ulysse et Calypso, ou encore une déesse de l’amour. En bref, chez Arthur H, la frontière entre les mondes est poreuse et la magie, partout. Dans La Potion cette semaine, nous retrouvons le musicien à la Maison de la Poésie, temple littéraire de la rue Saint-Martin à Paris.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
40:33 28/01/2022
Thomas de Pourquery : "J'ai pris conscience de la dimension cosmique de la musique avec Sun Ra."
Héritier spirituel de Sun Ra, sa conception cosmique de la musique nous entraîne dans les très hautes sphères de l'Univers. Un épisode placé sous le signe de la mystique sidérale, où se croisent ovnis et constellations jazz. Qu’est-ce que l’univers ? D’où vient la vie ? Sommes-nous seuls ? La vie existe-t-elle ailleurs ? Y’a-t-il un début du temps et de l’espace ? Notre existence a-t-elle un sens ? La contemplation du ciel, de l’observation à la rêverie, soulève depuis toujours son lot de questions, existentielles et universelles, longtemps réservé au champ spirituel avant de devenir au fil des siècles des domaines de recherches scientifiques, mais aussi des terrains d’affrontements géopolitiques à travers la fameuse conquête de l’espace, et, bien sûr, une source d’inspiration infinie pour les artistes, toutes disciplines confondues. Dans cet épisode, nous n’allons pas stricto sensu déchiffrer toute la partition de "la mélodie secrète de l’univers", pour reprendre l’expression de Trinh Xuan Thuan, superstar de l’astrophysique et écrivain. Mais, en sondant un peu la galaxie Nova, voilà qu’est apparu dans mon radar un ovni jazz à même de creuser la question. Son nom ? Thomas de Pourquery, compositeur, chanteur et saxophoniste dingue de transe sidérale et autres explorations stellaires. Son véhicule à présent : un vaisseau amiral nommé Supersonic, réunissant à son bord Laurent Bardainne (saxophones), Frederick Galiay (basse), Fabrice Martinez (trompette), Edward Perraud (batterie) et Arnaud Roulin (claviers), tous recrutés en 2011 autour du répertoire de Sun Ra, astronaute en chef d’un free jazz cosmique et afro-psychédélique qui affirmait débarquer de Saturne. Après “Thomas de Pourquery & Supersonic Play Sun Ra” en 2014 puis “Sons of Love” en 2017, à l’automne, le musicien français et son crew ont embarqué pour une nouvelle sortie spatiale avec “Back To The Moon. Fun fact : quand il a décollé en avril 2021 vers la Station Spatiale Internationale, l'astronaute Thomas Pesquet a embarqué quelques disques dans ses valises, dont "Yes Yes Yes Yes", un extrait de ce nouvel et 3e opus. Retrouvez Thomas de Pourquery en live le 19 février à La Maison Des Arts de Créteil, dans le cadre du Festival Sons d'Hiver. Thomas de Pourquery est invité, aux côtés du grand percussionniste afro-américain Hamid Drake, à rendre hommage à Alice Coltrane avec une création inédite. Plus d'infos ici. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
43:38 22/01/2022
Léonie Pernet : "en studio, j'atteins souvent un état d'extase divine"
Au programme : trips mystiques (avec ou sans LSD), musique liturgique, quête d'élévation, transe club et extases en studio.« Une utopie collective, une terre d’asile consolatoire », voilà, selon ses propres mots, la raison d’être du Cirque de Consolation, un nouvel et deuxième album paru en novembre dernier sur Cry Baby. Un chapiteau dense, habité voire hanté auquel la musicienne donne corps en convoquant le chant des machines qu’elle aime tant depuis ses débuts dans la techno minimale, des transes et des beats échappés du Sahel, et puis quelques échos des liturgies classiques. Le Cirque de Consolation, un territoire éminemment poétique dans lequel Léonie Pernet donne de la voix et pèse bien ses mots, sa prose comme infini trésor pour chanter, en anglais comme en français, ses zones d’ombres, la corporalité, le genre, le racisme, l’amour, le sort des personnes réfugiées, les conflit d’identités ou encore les violences faites aux femmes. Bien sûr, avec ce nouvel opus, Léonie Pernet en appelle aussi à la dimension thérapeutique de la musique qui, dit-elle, lui a clairement sauvé la vie. La vie qui n’est pas un long fleuve tranquille, ça Léonie Pernet le sait, elle qui en 2018 transcendait ses addictions éthyliques, amoureuses, sur son premier album, Crave - le manque en anglais. Elle qui gorge aujourd’hui sa poésie de références à la symbolique aquatique, une eau tour à tour brûlante ou onirique, mais toujours libératrice. Léonie Pernet en live20 janvier 2022 au Havre 18 février 2022 à L’Aéronef à Lille 26 février 2022 à Metz 8 mars 2022 à Saint Ouen13 mars 2022 à Marseille 25 mars 2022 au Trianon à Paris   Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
44:41 15/01/2022