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Religions du monde

Religions du monde traite de l’actualité des religions et croyances autour du monde, de sujets de société, la recherche spirituelle, la religion sur Internet, les pratiques religieuses... Des portraits nourrissent également cette émission présentée par Véronique Gaymard, diffusée le dimanche à 10h10 TU. Réalisation : Ludivine Amado.

Titres

À l’occasion de la visite apostolique du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre 2026, Religions du Monde vous propose une rediffusion du reportage à Lourdes, ville de pèlerinage marial, où le chef de l’Église catholique se rendra le dimanche 27 septembre 2026. Située dans le sud-ouest de la France, cette petite ville des Hautes-Pyrénées de 13 500 habitants reçoit plus de 3 millions de visiteurs par an, dont quelque 60 000 malades, et constitue le lieu de pèlerinage marial le plus important du pays. Cette piété populaire naît à Lourdes en 1858, lorsqu’une jeune bergère de 14 ans, Bernadette Soubirous, aurait vu à 18 reprises la Vierge Marie dans la grotte de Massabielle, d’où une source d’eau miraculeuse aurait jailli. Ces apparitions de la Vierge reconnues par l’Église catholique ont suscité un engouement et ont largement contribué au développement de la ville. Cette histoire est à l’origine des pèlerinages qui ont transformé la petite bourgade en un centre d’attractions mondial. Depuis 1858, l’Église catholique a reconnu 72 miracles, le dernier datant de mai 2025. Ces miracles de Lourdes sont une attraction pour beaucoup de croyants. Un Bureau des constatations médicales existe depuis 1883, renforcé par un comité médical international de Lourdes, depuis 1947, qui regroupe une trentaine de médecins du monde entier, chargés de déterminer si une guérison est inexpliquée et soudaine, parmi les millions de demandes déposées par des visiteurs et pèlerins. Quête intérieure, demandes d’intersession, de guérisons, tourisme de pèlerinage… Religions du Monde vous emmène en reportage au cœur du Sanctuaire de Lourdes, dont la Grotte de Massabielle constitue le cœur, et qui a été reproduite à différentes échelles dans de nombreux endroits du monde, sur tous les continents.   En images

16/08/2026 • 48:30

Comment les religions peuvent-elles aider à affronter la migration ? Dans les parcours migratoires, d’Afrique vers l’Europe ou d’un pays africain à un autre, les pratiques religieuses, les objets comme des amulettes et les croyances dans les ancêtres accompagnent les personnes sur ces chemins dangereux et peuvent leur permettre de surmonter les peurs, les angoisses et les incertitudes. Comme le souligne l’un de nos invités dans cette émission, « Dieu ne suffit pas » pour affronter les difficultés, l’accompagnement est donc multiple. On utilise aussi sur ce parcours ce qu’on appelle des « kits religieux », des « kits traditionnels » ou encore des « kits de fétiches », à la confluence des christianismes africains, des religions traditionnelles et de l’islam. À l’occasion des 9è Rencontres des Études Africaines en France à Paris (du 30 juin au 2 juillet 2026), Religions du Monde a pu rencontrer plusieurs chercheurs socio-anthropologues d’Afrique et d’Europe, réunis au Campus Condorcet à Aubervilliers, au nord de Paris, autour de leur atelier intitulé : « Se déplacer, croire, pratiquer : matérialités et immatérialités religieuses dans la mobilité ». Invités : - Yassin Dia, anthropologue d’origine sénégalaise qui a fait son doctorat à l’Université de Milan-Bicocca en Italie, travaille sur les migrations africaines en Italie en particulier sur le cas du Sénégal et sur la « quête de soutien spirituel » des Sénégalais en Italie, mais aussi sur la circulation des objets comme les amulettes islamiques - Sophie Bava, socio-anthropologue à l’IRD, l’Institut pour la Recherche et le Développement, au Laboratoire Population Environnement Développement, co-rédactrice en chef de la revue « Afrique(s) en Mouvement ». Elle s’intéresse en particulier aux migrations africaines et aux parcours des croyants : comment se recomposent les paysages religieux sur les parcours migratoire. Sophie Bava a notamment travaillé sur le Maroc et avait publié en 2022 (avec l’anthropologue Bernard Coyault et le photographe Malik Nejmi) le livre « Dieu va ouvrir la mer -  christianismes africains au Maroc », (Éd. Kulte) une plongée dans le quotidien des « Églises de maison » fondées par les migrants subsahariens dans les quartiers périphériques de Rabat - Jean-Fidèle Simba, docteur en sociologie, chargé d’enseignement vacataire à l’université Paris 8, originaire du Congo-Brazzaville, travaille notamment sur le « merveilleux religieux » congolais en contexte migratoire, les pratiques et ses objets, ces « kits religieux » souvent marqués par le secret. Des recherches marquées par son propre parcours migratoire en 2005, qu’il a vécue avec ses propres « kits » en traversant le Sahara et la Méditerranée - Ndeye Aida Dia, doctorante à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal (Unité de Recherche en Ingénierie Culturelle et Anthropologie IFAN/UCAD), travaille sur la façon dont la spiritualité, la religion, peut aider au quotidien, dans toutes les épreuves des personnes qui ont fait un parcours migratoire, lorsqu’elles sont loin de chez elles, comment elles recréent des espaces spirituels – à travers l’expérience de Sénégalais qui ont émigré aux États-Unis disciples du guide spirituel Cheikh Sayid Omar Kébé.

05/07/2026 • 48:30

Qui sont les Ismaéliens ? Cette branche très minoritaire du chiisme à l’origine du califat fatimide – seul califat chiite - est apparue au VIIIè siècle, à l’époque du sixième imam et descendant d’Ali. Leur califat fatimide a étendu sa puissance aux Xè et XIè siècles en Afrique du Nord, en Sicile et jusqu’à la Syrie. Ils ont fondé Le Caire, devenu capitale politique et centre intellectuel et religieux important. Les Ismaéliens sont aussi à l’origine des célébrations du Mawlid, l’anniversaire du Prophète. Dès le IXè siècle, ils s’établissent dans différentes régions, dont le sous-continent indien, en se fondant parmi les hindous et les bouddhistes, à qui ils proposent d’être initiés, sans pour autant renier leurs croyances.   Pour les Ismaéliens, l’imam est toujours vivant et présent, contrairement aux chiites duodécimains, pour lesquels le 12è imam est entré en occultation et ne reviendra qu’à la fin des temps. Au XIè siècle, Hassan Sabbah fonde un ordre ismaélien, nizarite, et s’installe dans des forts et châteaux, dont la fameuse forteresse d’Alamût (située au sud de la mer Caspienne en Iran), semant la terreur par des assassinats ciblés contre des Turcs seldjoukides, les Croisés la surnomment même la « secte des Assassins ». Défaits par Saladin, puis écrasés par Gengis Khan, les Ismaéliens nizarites entrent en semi-clandestinité pendant plusieurs siècles et se fondent dans la population. Depuis le XIXè siècle, l’Aga Khan est désormais le chef spirituel reconnu des ismaéliens nizarites (qui sont majoritaires). Depuis la mort de son père en 2025, c’est l’Aga Khan V, âgé de 53 ans en 2026, qui est reconnu comme le 50è imam par la plupart des Ismaéliens, et qui dirige l’Aga Khan Development Trust, une entité caritative très présente dans le monde musulman.   Décryptage avec Daniel De Smet, invité en studio : spécialiste de l’ismaélisme, directeur de recherches au CNRS, membre statutaire du Laboratoire d’études sur les monothéismes, enseigne la philosophie arabe à l’université de Louvain en Belgique, auteur de Les Fatimides, De l’ésotérisme en islam, aux éditions du Cerf (2022) Reportage au nord du Pakistan : Notre correspondante Ondine De Gaulle a pu se rendre dans la vallée de Hunza au nord du Pakistan où l’Aga Khan V s’est rendu en visite fin mai 2026. Éclairages de Michel Boivin, directeur de recherche émérite au CNRS, et au centre d’études sud-asiatiques et himalayennes, le CESAH. Rencontre avec Salim, Malgache d’origine indienne vivant en France, ismaélien, chante des ginans, chants dévotionnels ismaéliens.

28/06/2026 • 48:30

Les guerres sèment la destruction, des vies humaines sont brisées, effacées, mais aussi des lieux de culte, des cités anciennes qui sont la mémoire historique des populations, leurs liens culturels et cultuels ancestraux : des églises, des mosquées, des temples, des musées, des sites archéologiques, des cimetières sont même parfois délibérément ciblés pour effacer cette mémoire, comme ce fut le cas lors de la destruction des mausolées à Tombouctou, au Mali, en 2012 par le groupe Ansar Dine, des sites antiques en Syrie et en Irak par l’organisation de l’État islamique en 2014 et 2015, ou les bouddhas géants de Bamiyan en Afghanistan par les Talibans en 2001. Certaines de ces guerres se déroulent en ce moment même, à Gaza, au Liban, en Ukraine, … parfois depuis de très nombreuses années. Tout récemment, des frappes russes à Kiev en Ukraine ont provoqué des morts dans la capitale et dans d’autres villes ciblées, un incendie a gravement endommagé le toit de la fameuse cathédrale de la Dormition, qui date du XIè siècle, dans le complexe orthodoxe de la Laure des Grottes, un site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Au sud du Liban, c’est la ville de Tyr qui a été ciblée récemment par des frappes israéliennes. Inscrits eux aussi au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1984, ces sites archéologiques antiques qui remontent au IIè ou IIIè siècle, ont subi des dommages dus aux bombardements. L’Unesco a d’ailleurs placé une quarantaine de biens culturels au Liban sous protection renforcée, un plan d’urgence a été présenté le 8 juin 2026, un signal envoyé à la communauté internationale sur la nécessité de protéger ces sites. En revanche, certains patrimoines sont ainsi définitivement perdus.  C’est le patrimoine au sens large qui est en péril dans les guerres : des bâtiments mais aussi des objets, des terres, contaminées par des produits chimiques, ou encore des ressources naturelles pillées qui continuent de nourrir les conflits.   Comment protéger, comment résister ? Les deux commissaires Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup ainsi que le commissaire associé Yves Ubelmann d’ICONEM ont proposé un parcours en trois thématiques dans cette exposition à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris: effacer, résister, réparer (et transmettre). Dans cette émission, nous parcourons ces trois espaces, avec des illustrations de lieux détruits parfois reconstitués en films grâce à Iconem, fondée en 2013, spécialisée en numérisation 3D de sites patrimoniaux, qui a travaillé avec l’Unesco. Reportage avec les commissaires Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup, et le commissaire associé Yves Ubelmann, à l’exposition « Patrimoines en résistance. De Tombouctou à Odessa », à la Cité de l’architecture et du patrimoine, au Trocadéro à Paris (jusqu’au 3/01/2027).   Avec : - Elisabeth Essaïan, architecte, maîtresse de conférences en Théorie et pratique de la conception architecturale urbaine (TPCAU) à l’École nationale supérieure de Paris-Belleville, commissaire de l’exposition « Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa » - Mathilde Leloup, politiste, maîtresse de conférences en Science politique à l’Institut d’Études Européennes (IEE) de l’université Paris 8 et directrice adjointe du laboratoire CRESPPA, commissaire de l’exposition « Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa » - Yves Ubelmann, président et fondateur d’ICONEM (Imaging and Computation for Environmental and Monumental Heritage), commissaire associé de l’exposition « Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa » - Julien Bargeton, président de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine. Extraits de reportages / RFI.   En images

21/06/2026 • 48:30

Au Nicaragua, l’Église catholique a été mise au ban par le régime du président Daniel Ortega et de sa femme, Rosario Murillo, vice-présidente depuis 2017. Depuis la répression sanglante d’avril 2018 contre des manifestants, de nombreux prêtres, des évêques, des religieux, des religieuses ont eux aussi été sévèrement réprimés, arrêtés, torturés, emprisonnés puis, pour certains, expulsés, car trop critiques envers régime Ortega-Murillo.  Le nonce apostolique, représentant du Vatican à Managua la capitale, a même été expulsé en 2022, et la nonciature fermée en mars 2023. Depuis mars 2026, le gouvernement Ortega-Murillo interdit les ordinations de prêtres et de diacres dans quatre diocèses. Des processions lors de la Semaine Sainte sont interdites. Un rapport de 2025 publié par l’avocate nicaraguayenne Martha Patricia Molina parle même d’une église persécutée. Daniel Ortega, ce révolutionnaire du FSLN, le Front Sandiniste de Libération Nationale qui, en juillet 1979 avec ses guérilleros, était venu à bout de la dictature dynastique sanglante du général Somoza, par une révolution populaire, est lui-même devenu un dictateur contre sa propre population. Le Nicaragua est un pays de l’isthme centraméricain, situé entre la mer des Caraïbes à l’est et l’océan Pacifique à l’ouest, bordé au nord par le Honduras et au sud par le Costa Rica, où vivent aujourd’hui plus d’un million de réfugiés et de travailleurs nicaraguayens. En avril 2018, un mouvement de contestation contre des réformes de la sécurité sociale s’est étendu aux revendications des étudiants et de toute l’opposition contre le régime dictatorial de Daniel Ortega et de sa femme Rosario Murillo. Mais la répression très violente du régime Ortega a fait des centaines de morts et des milliers de blessés, et de nombreux prisonniers politiques, dont des membres de l’Église catholique qui s’étaient rangés du côté des manifestants. C’est la liberté religieuse qui est directement menacée au Nicaragua, dénoncent ces prêtres. Parfois des arrestations se déroulent même à l’intérieur des églises. Certains comme Mgr Rolando Alvarez, évêque de Matagalpa, ont été emprisonnés, puis expulsés, en exil forcé (à Rome pour lui), et parfois déchus de leur nationalité. Parmi eux, Rafael Aragón, frère dominicain espagnol qui vivait depuis plus de 40 ans au Nicaragua, depuis les débuts du sandinisme à la fin des années 1970, jusqu’à 2022, lorsque les portes du pays lui ont été fermées. Depuis le Costa Rica, il continue d’animer la Radio Veritas avec un message pour les Nicaraguayens. Gabriel Putoy, enseignant dans une école catholique salésienne à Masaya et Monimbó au Nicaragua, syndicaliste, avait pris part aux manifestations en 2018. Emprisonné, puis expulsé de son pays, lui aussi a été déchu de sa nationalité et vit en exil au Costa Rica. Tous deux, invités dans Religions du Monde, sont venus en Europe en mai-juin 2026 accompagnés par des associations, pour faire entendre leur voix sur la situation au Nicaragua, en espérant que l’Église catholique les écoute : « Nous voulons briser le cercle du silence autour du Nicaragua et en particulier avec l'Église du Nicaragua, qui est une Église persécutée, les dirigeants du Nicaragua veulent mettre fin au leadership de l'Église ». « Nous, en tant que catholiques, nous avons dit que l'Église ne peut pas être l'Église du silence ! Silencieuse face à l'injustice, face à la violence des violations des droits de l'homme, face aux crimes contre l'humanité, face aux déplacements forcés. »

14/06/2026 • 48:30

Aux États-Unis, des courants pentecôtistes et charismatiques sont de plus en plus présents à la Maison Blanche. Le président Donald Trump les utilise à des fins politiques, même si l’ensemble de ces mouvements ne représente pas uniquement des nationalistes chrétiens. Comment ces mouvements pentecôtistes et charismatiques contemporains façonnent-ils le paysage religieux et politique mondial ? Dans son livre Chrétiens en quête de puissance, présence globale et politique des pentecôtismes (Éd. Labor et Fides – 2026), André Gagné, professeur à l’université Concordia à Montréal, au Canada, ancien pasteur évangélique, décrypte de l’intérieur ces courants et leur portée.  « Lorsque je parle du pentecôtisme, du fondamentalisme ou de la droite chrétienne, je le fais non seulement en tant que chercheur, mais aussi comme quelqu’un qui a vécu au cœur de ces univers. Je sais à quel point ces croyances peuvent sembler cohérentes et fascinantes de l’intérieur, comment on y trouve une logique interne indubitable lorsqu’on sélectionne une clef unique de lecture pour unifier le sens de nos existences, aussi chaotiques soient-elles… et d’autant plus lorsqu’elles sont chaotiques, précisément !... » André Gagné interroge cette relation entre foi, pouvoir et société dans ce mouvement pentecôtiste et charismatique qui s’est développé aux États-Unis et dans d’autres pays du monde, des imbrications qui peuvent entraîner des conséquences géopolitiques, notamment avec le conflit au Moyen-Orient. Invités : - André Gagné, professeur à l’université Concordia à Montréal, au Canada, ancien pasteur évangélique, auteur de Chrétiens en quête de puissance, présence globale et politique des pentecôtismes (Éd. Labor et Fides – 2026), et de Ces évangéliques derrière Trump (Éd. Labor et Fides – 2023) - Marion Muller-Colard, théologienne protestante, écrivaine et directrice des éditions Labor et Fides.

07/06/2026 • 48:30

Le grand pèlerinage à La Mecque est l’un des cinq piliers de l’islam, avec la profession de foi, la prière, l’aumône et le jeûne du mois de ramadan. Chaque année, près de deux millions de musulmans qui en ont les moyens financiers et les capacités physiques se rendent dans la ville sainte, lieu de naissance du Prophète Mahomet, pour accomplir le hajj, le grand pèlerinage sacré. Cette année 2026, le hajj s’est déroulé du 25 au 30 mai. La Mecque, cité devenue sacrée pour les musulmans, représente le lieu où est né le Prophète Mahomet autour de l’année 570. C’est aussi non loin de La Mecque, dans une grotte où le Prophète avait l’habitude de se retirer, que lui serait apparu l’ange Gabriel et que le Coran lui aurait été révélé. La Mecque est aussi la ville d’où Mahomet a été forcé de s’exiler avec ses partisans, pour se réfugier à Médine, alors que les Mecquois, gardiens de la Kaaba, étaient à l’époque hostiles à son message de rompre avec le polythéisme. Cette période, la fuite de Mahomet à Médine marquera le début de l’Hégire et du calendrier lunaire musulman. C’est finalement en 630 que Mahomet conquiert la ville de La Mecque. Et en mars 632, son pèlerinage d’adieu serait le premier et le dernier hajj du Prophète à La Mecque. On dit qu’il aurait détruit les 360 idoles autour de la Kaaba, cet immense cube haut de 14 mètres, considéré comme la « maison de Dieu » et qui renferme la pierre noire, désormais devenu le lieu le plus sacré de l’islam. Tout au long de l’année, on fait aussi la Omra, le petit pèlerinage. Dans cette émission, nous entendrons le témoignage d’une femme qui a effectué la Omra à La Mecque : Lilia Bensedrine, Franco-Tunisienne, nous fait part de son pèlerinage et de son chemin intérieur, elle décrypte pour nous toute la symbolique des lieux et des gestes effectués.   Invitée : Lilia Bensedrine, juriste, titulaire d’un Master en islamologie, co-présidente du Comité pour le dialogue interreligieux et interconvictionnel – O.I.N.G du Conseil de l’Europe et directrice du Festival Sacrées Journées de Strasbourg.

31/05/2026 • 48:30

Qu’est-ce que le chiisme ou plutôt que sont les chiismes, dont les fidèles représentent environ 10% des musulmans à travers le monde ? À partir de quand se constitue cette branche de l’islam ? Pour quelles raisons ? Quelles sont les particularités du chiisme ? Ses principales branches ? Les différences avec le sunnisme ? Les principaux centres religieux ? Dans cette émission, nous allons beaucoup insister sur le chiisme duodécimain, majoritaire jusqu’à aujourd’hui, notamment en Iran, en Irak, au Liban ou encore à Bahrein. Le chiisme duodécimain qui, à partir du XVIè siècle, devient religion d’État en Iran.   Invités : - Mohammad Ali Amir-Moezzi, directeur d’études émérite à l’École pratique des Hautes études (EPHE) et président du Conseil scientifique de l’Institut français d’islamologie, islamologue et iranologue spécialiste du chiisme, auteur de nombreux ouvrages dont « Le Coran silencieux et le Coran parlant » (CNRS éditions 2020), «  La preuve de Dieu. La mystique shi’ite à travers l’œuvre de Kulaynî, IXe-Xe siècle » (Éd. du Cerf, 2019), il a co-dirigé en 2019 « Le Coran des historiens » (Éd. du Cerf) et en 2025 « Le Mahomet des historiens » (Éd. du Cerf) - Sabrina Mervin, spécialiste du chiisme contemporain, directrice de recherches émérites au Centre National de Recherches Scientifiques (CNRS), auteure de « Histoire de l’islam, fondements et doctrines » (Éd. Flammarion, 2016), « Najaf, portrait of a holy city » (Éd. ITHACA, 2017) avec Robert Gleave et Géraldine Chatelard. Reportage au centre culturel chiite imam Al Khoei près de Paris.

24/05/2026 • 48:30

Le 8 mai 2025, l’Église catholique élit un pape américain qui prend le nom de Léon XIV. Alors que le président Donald Trump et ses soutiens remodèlent la politique internationale, élire un pape américain n’est pas neutre. Dans son livre Géopolitique d’un conclave, Mikael Corre correspondant de La Croix au Vatican, décrypte le contexte de cette élection. Un livre sur la fabrique du pouvoir, dans cet interstice des 18 jours entre la mort du pape François le 21 avril 2025 et l’élection de Léon XIV : l’Église catholique « à l’écart du monde mais jamais séparée du monde », souligne Mikael Corre, avec un « sens aigu de l’histoire : le choix d’un pape polonais en pleine guerre froide, et cette fois un pape des États-Unis en plein trumpisme qui recompose la scène politique mondiale ». Retour sur le moment de l’élection d’un pape états-unien dans la configuration géopolitique actuelle et sur sa première année à la tête de l’Église catholique. Invité : Mikael Corre, correspondant du journal catholique La Croix au Vatican à Rome depuis 2024.

17/05/2026 • 48:30

Que sait-on du Prophète de l’islam Muhammad, Mahomet dans sa forme francisée ? Sa biographie factuelle pourrait tenir en une page, mais la profusion des écrits sur sa vie rend impossible une seule histoire. Le Mahomet des historiens, un ouvrage colossal de 2 000 pages, présente une grande pluralité des récits sur Mahomet, avec toutes ses contradictions.   Qui était le Prophète Mahomet ? Comment dresser un portrait du prophète de l’islam tant les sources sont nombreuses et contradictoires ou complémentaires ? C’est une enquête passionnante que nous propose un ouvrage colossal de plus de 2 000 pages, Le Mahomet des historiens, paru aux éditions du Cerf, qui réunit 50 spécialistes de l’islam dans le monde et offre des regards croisés sur le fondateur de l’islam. Un ouvrage qui présente la très grande diversité de l’islam dans sa manière de représenter le Prophète. Religions du Monde reçoit les deux historiens qui ont supervisé cet ouvrage : Invité en studio : Mohammad Ali Amir-Moezzi, directeur d’études émérite à l’EPHE où il a occupé la chaire en islamologie, président du Conseil scientifique de l’Institut français d’islamologie, islamologue et iranologue spécialiste du chiisme, qui travaille depuis plus de 40 ans sur les origines de l’islam, a publié de nombreux ouvrages dont Le Coran silencieux et le Coran parlant (CNRS Éditions 2020), La Preuve de Dieu. La mystique shi’ite à travers l’œuvre de Kulaynî, IXᵉ-Xᵉ siècle (Éditions du Cerf, 2019) et avait déjà codirigé en 2019 Le Coran des historiens (Éditions du Cerf). En duplex depuis ICI Nantes : John Tolan, historien franco-américain spécialiste des contacts culturels et religieux entre les mondes arabe et latin au Moyen Âge, professeur d’histoire à l’université de Nantes. Ses travaux portent en particulier sur la manière dont les chrétiens européens ont perçu et représenté l'islam et son prophète à travers les siècles. Il a publié Mahomet l’Européen ou encore Nouvelle histoire de l’islam. Il dirige également le programme européen The European Qur'an, qui étudie l'influence du texte sacré de l'islam dans l'histoire européenne entre 1150 et 1850. Ce programme a abouti à la publication du Coran européen (Hermann, 2025).

10/05/2026 • 48:30

Faouzia Farida Charfi s’interroge sur l’évolution de la pensée islamique, sur le rapport des jeunes à la religion musulmane dans le monde actuel face aux prédicateurs 2.0. Tunisienne, femme de culture musulmane, physicienne et professeure à l’Université de Tunis, Faouzia Charfi  publie ce livre, Lettre à mon petit-fils sur l’islam d’aujourd’hui, une façon de répondre aux questions que lui pose le jeune homme de 15 ans sur son identité et sa foi, sur des sujets sensibles à propos du statut des femmes, de la liberté de conscience… un livre dans lequel elle l’invite à découvrir les grands penseurs modernes musulmans pour s’en nourrir.   Invitée : Faouzia Farida Charfi, physicienne, professeure à l’Université de Tunis, fondatrice de la première équipe de recherche tunisienne en physique des semi-conducteurs, auteure de La Science voilée (2013, Éd. Odile Jacob), Sacrées questions… pour un islam d’aujourd’hui (2017, Éd. Odile Jacob) ; Lettre à mon petit-fils sur l’islam d’aujourd’hui  (2026, Éd. Odile Jacob).

03/05/2026 • 48:30

Qui sont les évangéliques, qu’on estime aujourd’hui à environ 700 millions dans le monde (sur environ 2,6 milliards de chrétiens), et dont le nombre a connu un essor fulgurant à partir des années 1950 ? Comment les différents courants évangéliques nés à partir du XVIè siècle se sont-ils propagés à travers le monde pour devenir visibles et influents ? Pourquoi attirent-ils de nouveaux fidèles ? Comment leurs idées morales influencent la politique ? Faut-il craindre ce protestantisme de conversion, ceux qu’on appelle les « born-again » (nés de nouveau), qui s’attachent à une lecture littérale de la Bible ? Peut-on parler de « nouveau pouvoir évangélique » ? Autant de questions auxquelles l’historien et spécialiste du protestantisme Sébastien Fath tente de répondre dans son ouvrage très complet de 500 pages intitulé « Le nouveau pouvoir évangélique », paru aux éditions Grasset en janvier 2026.   Invité en studio : Sébastien Fath, historien, spécialiste du protestantisme, en particulier des évangéliques, membre du Groupe Sociétés Religions Laïcités (Laboratoire de recherches du CNRS et de l’École Pratique des Hautes Études), auteur de nombreux articles et ouvrages dont « Dieu bénisse l’Amérique – la religion de la Maison Blanche » (2004, Éd. Seuil) ; « Du ghetto au réseau – Le protestantisme évangélique en France (1800 – 2005) » (2018, Éd. Labor et Fides) ; « Gospel & francophonie – une alliance sans frontières » (2016, Éd. Empreinte) ;  « Le nouveau pouvoir évangélique » (2026, éditions Grasset). Entretien : Jean-Raymond Stauffacher, secrétaire général de la Fédération protestante de France.

26/04/2026 • 48:30

Après l’Algérie, le pape Léon XIV a poursuivi son voyage sur le continent africain au Cameroun du 15 au 18 avril 2026, qui a déjà connu trois visites pontificales. Le pape Léon XIV a placé son voyage au Cameroun sous le signe de la paix et de la réconciliation, à Yaoundé et à Douala mais surtout à Bamenda, au cœur d'une des régions anglophones où le conflit dure depuis 10 ans.   Léon XIV est venu avec sa double casquette : celle du chef spirituel, pour renforcer la foi de ses fidèles en l’Église catholique, concurrencée par les églises évangéliques ou de réveil. Mais il est aussi venu en tant que chef d’État du Vatican et diplomate, pour écouter tous les Camerounais dans un pays fracturé par la crise économique, les inégalités, les tensions liées à la réélection du président en octobre 2025 et surtout le conflit dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Religions du Monde vous fait revivre en reportage les préparatifs et la visite pontificale de Léon XIV, notamment à Bamenda, point d’orgue de sa visite qui suscite beaucoup d’attentes et d’espoir pour une résolution du conflit.

19/04/2026 • 48:30

Le pape Léon XIV se rend en visite apostolique du 13 au 23 avril 2026 en Algérie, au Cameroun, en  Angola et en Guinée équatoriale. Pourquoi le pape Léon XIV a-t-il choisi l’Afrique pour son premier grand voyage apostolique (après la Turquie et le Liban, puis Monaco) ? C’est le continent où la progression des catholiques est la plus grande, avec plus de 280 millions de fidèles (sur 1,4 milliard dans le monde), et une forte dynamique spirituelle, mais où les églises pentecôtistes et de réveil se développent en concurrence avec l’Église catholique. Un continent riche en ressources naturelles, source de conflits et d'inégalités, qui encaisse les conséquences des changements climatiques, les migrations, où les tensions politiques et économiques sont fortes, un thème qui tient Léon XIV à cœur, très attaché à la justice sociale. Le Vatican mise sur sa diplomatie de neutralité pour dialoguer avec des régimes autoritaires tout en apportant aux populations un soutien moral et spirituel, en évitant toute récupération politique. Quels sont les enjeux du voyage de Léon XIV en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale ? Léon XIV va parcourir 18 000 km en onze jours, prononcer onze discours et célébrer sept messes. D’abord, l’Algérie, pays à 99% musulman, sera pour la première fois visitée par un pape. Dans ce pays ouvert sur la Méditerranée et porte de l’Afrique, Léon XIV ira soutenir la petite communauté catholique, rencontrer les Algériens, créer des ponts entre chrétiens et musulmans. Il marchera à Annaba sur les traces de Saint-Augustin, son père spirituel et père fondateur du christianisme. Il rendra hommage aux 19 martyrs catholiques, dont les moines de Tibhirine, tués il y a tout juste 30 ans pendant la guerre civile. Au Cameroun, qui a déjà connu trois visites pontificales, le pape Léon XIV place son voyage sous le signe de la paix et de la réconciliation, à Yaoundé et à Douala, mais surtout à Bamenda, au cœur d'une des régions anglophones où le conflit dure depuis dix ans. Le pape Léon XIV apportera son soutien à la population fragilisée par une situation économique et politique tendue et à une Église catholique dynamique dans la région. En Angola, pays lusophone riche en pétrole et en diamants où le catholicisme est très ancré, Léon XIV se rendra au sanctuaire marial de Muxima, mais aussi à Saurimo au cœur de la région diamantifère et auprès des populations qui subissent les tensions sociales et politiques, à un an des élections générales. Une visite avec un enjeu diplomatique aussi : l’implication de l’Angola comme médiateur dans des conflits en Afrique, notamment l’est de la République démocratique du Congo, une démarche que soutient le Vatican. Enfin en Guinée équatoriale à près de 90% catholiques, gouvernée depuis 1979 par le même président autoritaire, le pape entend soutenir les fidèles sans pour autant cautionner le régime, un exercice d’équilibriste que pourrait permettre la diplomatie vaticane.   Invités : Pierre Diarra, théologien, d’origine malienne, docteur en Histoire des religions et anthropologie religieuse, membre du dicastère au Vatican sur le dialogue interreligieux Jean-Claude Angoula, prêtre spiritain, originaire du Cameroun, docteur en sociologie et en théologie, professeur à l'Institut catholique de Paris et directeur de publication de la revue Spiritus François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux, chercheur associé à l’IRIS, l’Institut de relations internationales et stratégiques, chercheur au CNRS – GRSL (Groupe sociétés religions laïcités) à l’EPHE (École pratique des hautes études). Entretiens : Cardinal Jean-Paul Vesco, franco-algérien, archevêque d’Alger Louis Sémé Nkolo, prêtre camerounais fidei donum au diocèse de Nanterre, rattaché pour quelques années en France, professeur de Théologie à l’université catholique de Paris Nadeige Ngo Nlend, professeure d’Histoire à l’université de Douala, spécialiste en Histoire des civilisations et religions contemporaines, auteure de Dynamique de transculturation du christianisme : l'expérience du missionnaire protestant Jean-René Brutsch au Cameroun (1946-1960) aux Éditions Karthala (2019). Correspondance d’Eric Sénanque au Vatican à Rome. Éclairage sur l’Angola avec Cristiana Soares, journaliste au service lusophone de RFI.

12/04/2026 • 48:30

Cette année, les fêtes de Pâques catholique et Pessah, la Pâque juive, tombent la même semaine. Qu’on soit en France, loin des conflits, ou dans un pays du Proche-Orient au plus près de la guerre, comment célébrer ces fêtes importantes pour les croyants alors que le fracas des armes rend la paix impossible à atteindre ? Vous entendrez dans cette émission de nombreux témoignages, Laurent Berros, le Grand rabbin de Sarcelles (« Pessah, c’est revenir à l’essentiel et essayer de voir la lumière qui est autour de nous »), ainsi que des fidèles de la synagogue ; des fidèles chrétiens maronites à la cathédrale Notre-Dame du Liban Paris (« Il ne nous reste plus que la prière »), mais aussi un long entretien avec Mgr Maroun Ghafari, curé de la paroisse d’Aalma el Chaab au sud Liban (« En tant que chrétiens du sud, nous passons en ce moment par le tunnel de la mort, nous portons actuellement notre croix, nous espérons la fin de cette terrible guerre ») et le témoignage sur la longueur du curé de Gaza, le père Gabriel Romanelli (« Je vis dans l’un des pires endroits du monde et pourtant je ne peux pas rester silencieux »).   Entretien avec le père Gabriel Romanelli, curé de la paroisse catholique de la Sainte-Famille à Gaza, qui témoigne du quotidien de Gaza dans le livre Les ruines et la Lumière (Éd. du Rocher, avril 2026) avec le journaliste au Figaro, ancien correspondant à Jérusalem, Guillaume de Dieuleveult. Entretien avec Mgr Maroun Ghafari, chorévêque maronite et curé d’Aalma el Chaab, village chrétien près de la frontière sud qui a été forcé à évacuer par l’armée israélienne le 10 mars 2026. Reportage à Paris lors de la célébration des Rameaux à la cathédrale Notre-Dame du Liban  Reportage à Sarcelles, au nord de Paris, auprès de fidèles de la Grande synagogue et de Laurent Berros, Grand rabbin de Sarcelles et du Val-d’Oise Témoignages recueillis par Clémentine Méténier « Une histoire juive, 2000 ans de liens entre Rhône et Alpes » au musée dauphinois.

05/04/2026 • 48:30

L’islam après l’exil : une histoire religieuse de l’immigration, c’est le titre du dernier ouvrage de Hamza Esmili, socio-anthropologue du religieux, qui s’est plongé pendant plusieurs années au cœur des banlieues de Paris, notamment Clichy-sous-Bois où, en octobre 2005, deux jeunes, Zyed et Bouna, sont morts électrocutés après une poursuite de la police, un événement dramatique qui avait déclenché des émeutes dans plusieurs villes de France.  Hamza Esmili a enquêté auprès des jeunes générations nées en France pour comprendre comment depuis les années 1980, elles se sont réapproprié la religion musulmane, héritée de leurs parents ou de leurs grands-parents venus du Maghreb. Loin des clichés, et de façon dépassionnée, Hamza Esmili nous offre une plongée dans ces cités reléguées à la marge, où la piété individuelle l’emporte sur le collectif.   Invité : Hamza Esmili, socio-anthropologue du religieux, maître-assistant à l’Université de Lausanne en Suisse, auteur de La cité des musulmans – une piété indésirable (éditions Amsterdam, 2025) ; L’islam après l’exil – une histoire religieuse de l’immigration (éditions du Seuil, 2026).

29/03/2026 • 48:30

« On doit sortir de ce silence qui nous est imposé, à nous, les femmes ». Écouter l’autre, ses rêves mais surtout ses blessures, ses souffrances, ses appels à l’aide, c’est le quotidien d’Isabelle Le Bourgeois, religieuse et psychanalyste, qui a longtemps été aumônier de prison. Ancienne femme d’affaires, engagée en religion depuis 1981 à l’âge de 36 ans, Isabelle Le Bourgeois nous reçoit dans sa congrégation des Sœurs Auxiliatrices à Paris. Depuis plusieurs années, Isabelle Le Bourgeois a publié de nombreux ouvrages centrés sur l’écoute de l’autre, une écoute des personnes « dans les marginalités de l’humanité », au cœur de son métier de psychanalyste, mais aussi de son rôle en tant qu’aumônier de prison pendant 14 ans à Fleury-Mérogis en banlieue de Paris où elle a accompagné des détenus dont certains ont commis des crimes très graves (viols, crimes de sang). « Je suis passionnée par l’humain » nous dit Isabelle Le Bourgeois, qui pose cette question : « Pourquoi sommes-nous capables d’un bien infini et d’une horreur absolue ? » Écouter les bourreaux dans des lieux de privation de liberté, comme Ryan en prison, cité dans son dernier livre « J’aurais tant voulu… » (Éd. Albin Michel, 2026), qui « aurait tant voulu être un type bien ». Écouter les victimes, notamment celles qui ont subi des agressions sexuelles ou des abus spirituels, des phénomènes d’emprise dans l’Église catholique contre lesquels elle s’insurge de façon virulente en tant que femme, religieuse, investie dans l’Église catholique. Des abus qu’elle évoque en profondeur dans tous ses ouvrages dont « Vivre avec l’irréparé » (Éd. Albin Michel, 2024), qui fait référence à ces traces des souffrances et blessures intérieures. « La source ne s’est pas tarie, qu’est-ce qui fait que ces abus continuent ? » demande-t-elle. Et sur la répartition des rôles au sein de l’Église catholique entre les hommes et les femmes, Isabelle Le Bourgeois insiste : « on doit sortir de ce silence qui nous est imposé, à nous, les femmes ». Malgré tout, Isabelle Le Bourgeois conclue toujours ses livres sur l’espérance, cet interstice qui fait tenir l’humain même dans les moments les plus sombres.   Invitée : Isabelle Le Bourgeois, religieuse auxiliatrice et psychanalyste, ancien aumônier de prison, autrice de « J’aurais tant voulu… » (Éd. Albin Michel, 2026) ; « Vivre avec l’irréparé » (Éd. Albin Michel, 2024) ; « Le Dieu des abîmes » (Éd. Albin Michel, 2020) ; « Espérer encore » (Éd. Desclée de Brouwer, 2006). Reportage en Irlande sur « Saint Brigitte » / Clémence Pénard.

22/03/2026 • 48:30

À quoi se réfère le néochamanisme ? Ce qu’on appelle aussi les nouvelles spiritualités suscite un engouement particulier dans les sociétés occidentales depuis les années 1960 - 1980, avec une offre qui a explosé ces dernières années notamment après le Covid. (Rediffusion) Certains se réfèrent à des «pratiques spirituelles à visée thérapeutique» en utilisant des croyances de populations autochtones (chamanisme de Mongolie ou amérindien), pour répondre à un besoin de spiritualité, de sacré, de purification, pour réenchanter son existence, dans des sociétés de plus en plus sécularisées. Entretiens : Denise Lombardi, anthropologue, chargée de conférences à l’EPHE-PSL (École Pratique des Hautes Études), docteure associée au Laboratoire GSRL (Groupe Sociétés Religions et Laïcités), autrice de «Le néo-chamanisme. Une religion qui monte ?» (Éd. Cerf 2023) – Denis Lombardi dirige un séminaire sur le néochamanisme en tant que pratique thérapeutique et spirituelle dans l’Occident contemporain Laetitia Merli, anthropologue (docteure de l’EHESS - École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris), a mené des recherches de terrain pendant de longues années auprès de chamans mongols et sibériens, réalisatrice de documentaires, auteure et thérapeute transpersonnel Eric Marchal propose un accompagnement thérapeutique et psychologique, pratique le chamanisme contemporain avec des stages et des initiations depuis plus de 20 ans.

15/03/2026 • 48:30

Nous célébrons ce 8 mars la journée internationale pour les droits des femmes. Religions du Monde reçoit Victoria Kamondji, Sierra-Léonaise, naturalisée française, femme pasteure évangélique, présidente de la Communauté des Églises d’expression africaines et professeure d’anglais à l’Université de Bourgogne, un parcours riche et passionnant. Née en Sierra Leone d’un père anglican et d’une mère catholique (qu’elle a perdue à l’âge de 5 ans), Victoria Kamondji – née Johnston - a baigné dans l’œcuménisme (unité des chrétiens) et a fini par choisir l’église méthodiste (protestante) pour sa confirmation. Elle a grandi dans l’est de la Sierra Leone près de la Guinée, dans une zone diamantifère où travaillait son père, cadre dans une entreprise minière, et vivait dans une zone ultrasécurisée entourée d’expatriés anglais, éloignée de la culture africaine. Après le lycée, Victoria Kamondji se lance dans des études de littérature africaine francophone à Freetown, la capitale, une façon pour elle de partir à la découverte de sa propre identité en tant qu’Africaine. Puis à la faveur d’une bourse d’études proposée par la France, elle s’installe à Lille en 1987 dans le nord du pays pour faire sa thèse en littérature. La terrible guerre qui éclate en Sierra Leone entre 1991 jusqu’en 2002 qui a fait entre 50 000 et 200 000 morts et des milliers de blessés, d’amputés, notamment dans la zone diamantifère qui attire toutes les convoitises, où elle a grandi, l’empêche de retourner dans son pays et éparpille sa famille. C’est en France où elle s’établit dorénavant qu’elle est séduite par l’église évangélique, et qu’elle entreprend des études de théologie à la Faculté évangélique de Vaux-sur-Seine. Elle devient pasteure, comme son mari, Emmanuel Kamondji, originaire de la République Démocratique du Congo, dans l’église Assemblée évangélique nouvelle alliance à Villeneuve d’Ascq (près de Lille). Son travail est remarqué par la Fédération Protestante de France qui la nomme vice-présidente de 2007 à 2013, devenant ainsi la première femme africaine évangélique à ce poste. Une de ses missions a consisté à s’impliquer au sein de la commission des églises auprès des migrants en Europe dont elle sera la présidente pendant deux mandats. Depuis 2022, Victoria Kamondji est présidente de la CEAF - Communauté des églises d’expression africaine et francophone - , un réseau d’églises chrétiennes qui essaime en Europe et, en particulier, en France à la faveur des migrations et des diasporas. En mai 2025, Victoria Kamondji qui est naturalisée française, a été élevée au rang de chevalier de l'Ordre national du mérite pour son travail en tant que pasteure évangélique, et présidente de la CEAF, elle qui construit des ponts entre les communautés et pour qui le plus important est la formation et la transmission.  Le portrait de Victoria Kamondji à écouter ici, dans Religions du Monde.

08/03/2026 • 48:30

Lourdes, ville de pèlerinage marial : située dans le sud-ouest de la France, cette petite ville des Hautes-Pyrénées de 13 500 habitants reçoit plus de 3 millions de visiteurs par an dont quelque 60 000 malades, et constitue le lieu de pèlerinage marial le plus important du pays. Cette piété populaire naît à Lourdes en 1858, lorsqu’une jeune bergère de 14 ans, Bernadette Soubirous, aurait vu à 18 reprises la Vierge Marie dans la grotte de Massabielle, d’où une source d’eau miraculeuse aurait jailli. Ces apparitions de la Vierge reconnues par l’Église catholique ont suscité un engouement et ont largement contribué au développement de la ville. Cette histoire est à l’origine des pèlerinages qui ont transformé la petite bourgade en un centre d’attraction mondial. Depuis 1858, l’Église catholique a reconnu 72 miracles, le dernier datant de mai 2025. Ces miracles de Lourdes sont une attraction pour beaucoup de croyants. Un Bureau des constatations médicales existe depuis 1883, renforcé par un comité médical international de Lourdes depuis 1947 qui regroupe une trentaine de médecins du monde entier, chargés de déterminer si une guérison est inexpliquée et soudaine suite à un séjour à Lourdes, parmi les millions de demandes déposées par des visiteurs et pèlerins. Quête intérieure, demandes d’intersession, de guérison, tourisme de pèlerinage… Religions du Monde vous propose un reportage au cœur du Sanctuaire de Lourdes. En images

01/03/2026 • 48:30

En cette année 2026, le début du ramadan a coïncidé avec le début du carême. Les musulmans qui pratiquent le jeûne se retrouvent en famille ou avec des proches, les chrétiens partagent aussi des moments de recueillement. Mais en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, les quelque 3 millions de Palestiniens, musulmans et chrétiens, sont de plus en plus entravés dans leurs mouvements et dans leur pratique religieuse. La circulation des personnes est rendue de plus en plus difficile par de nombreuses restrictions et barrages mis en place par l’armée israélienne et des opérations d’occupation de terres par des colons violents se multiplient, notamment depuis les attaques sanglantes du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, et la riposte dévastatrice de l’armée israélienne à Gaza. Face à ces situations, musulmans et chrétiens s’organisent en solidarité. Entretien avec Bashar Fawadleh, le curé de Taybeh (dernier village chrétien de Cisjordanie) et avec Suhail Daïbes, directeur de l’École latine de Beit Jala, lors de leur venue en France fin janvier 2026, avec l’association « Une fleur pour la Palestine » Entretien avec Bashar Fawadleh le 18 février 2026, date de début du carême et du ramadan Reportage en Cisjordanie « un ramadan sous occupation » / Alice Froussard Entretien avec le Cheikh Ekrima Sa'id Sabri, l'imam de la mosquée al Aqsa à Jérusalem / Alice Froussard.

22/02/2026 • 48:30

Qui sont les évangéliques, qu’on estime aujourd’hui à environ 700 millions dans le monde (sur environ 2,6 milliards de chrétiens), et dont le nombre a connu un essor fulgurant à partir des années 1950 ? Comment les différents courants évangéliques nés à partir du XVIè siècle se sont-ils propagés à travers le monde pour devenir visibles et influents ? Pourquoi attirent-ils de nouveaux fidèles ? Comment leurs idées morales influencent la politique ? Faut-il craindre ce protestantisme de conversion, ceux qu’on appelle les « born-again » (nés de nouveau), qui s’attachent à une lecture littérale de la Bible ? Peut-on parler de « nouveau pouvoir évangélique » ? Autant de questions auxquelles l’historien et spécialiste du protestantisme Sébastien Fath tente de répondre dans son ouvrage très complet de 500 pages intitulé « Le nouveau pouvoir évangélique », paru aux éditions Grasset en janvier 2026.   Invité en studio : Sébastien Fath, historien, spécialiste du protestantisme, en particulier des évangéliques, membre du Groupe Sociétés Religions Laïcités (Laboratoire de recherches du CNRS et de l’École Pratique des Hautes Études), auteur de nombreux articles et ouvrages dont « Dieu bénisse l’Amérique – la religion de la Maison Blanche » (2004, Éd. Seuil) ; « Du ghetto au réseau – Le protestantisme évangélique en France (1800 – 2005) » (2018, Éd. Labor et Fides) ; « Gospel & francophonie – une alliance sans frontières » (2016, Éd. Empreinte) ;  « Le nouveau pouvoir évangélique » (2026, éditions Grasset). Entretien : Jean-Raymond Stauffacher, secrétaire général de la Fédération protestante de France.

15/02/2026 • 48:30

Sarah Mullally a pris ses fonctions d’archevêque de Canterbury, le 28 janvier 2026. C’est la première femme à devenir la cheffe spirituelle de l’Église d’Angleterre, siège de la Communion anglicane. Une Église anglicane d’une grande diversité, qui compte aujourd’hui 43 « Provinces », en communion les unes avec les autres et avec le siège de Canterbury, une sorte d’Église-mère que dirige désormais Sarah Mullally qui va résider au Palais de Lambeth, la résidence officielle de l’archevêque de Canterbury. Une Église-mère qui n’est pas hiérarchique comme le pape pour l’Église catholique, mais qui représente une autorité morale et spirituelle. La Communion anglicane très diverse regroupe désormais entre 85 et 100 millions de fidèles dans 165 pays, elle s'est développée aux États-Unis, en Afrique et en Asie avec l’expansion de l’Empire britannique et a essaimé dans plusieurs autres pays comme le Brésil. Aujourd’hui, 80% des Anglicans se situent en Afrique subsaharienne. Et la nomination de Sarah Mullally, le 3 octobre 2025 (qui a pris ses fonctions le 28 janvier), femme mariée, comme primat d’Angleterre, même si elle n’a pas d’autorité directe sur les 43 Provinces, a suscité des remous parmi les plus conservateurs du continent africain, qui ont manifesté leur désapprobation, en prenant leurs distances avec la nouvelle archevêque de Canterbury. Les questions qui cristallisent toutes les crispations « sont celles qui se réfèrent à la sexualité, le mariage pour tous, les bénédictions d’unions de personnes de même sexe », souligne Rémy Bethmont, professeur d’Histoire et Civilisation britanniques à l’Université Paris 8, spécialiste du paysage religieux britannique contemporain, en particulier de l’anglicanisme. Mais c’est aussi un réflexe contre le colonialisme dans certaines provinces anglicanes d’Afrique qui veulent faire leur propre théologie sans suivre celle des pays du Nord, fait remarquer Jack McDonald, chanoine de l’Église d’Angleterre, chef du culte anglican en Belgique, et professeur à la Faculté protestante de Bruxelles ainsi qu’à l’Université catholique de Leuven, qui travaille en particulier sur l’Afrique subsaharienne.    Invité en studio : Rémy Bethmont, professeur d’Histoire et Civilisation britanniques à l’Université Paris 8, spécialiste du paysage religieux britannique contemporain, en particulier de l’anglicanisme. Entretien : Jack McDonald, chanoine de l’Église d’Angleterre, chef du culte anglican en Belgique, et professeur à la faculté protestante de Bruxelles ainsi qu’à l’Université catholique de Leuven, qui travaille sur l’Afrique subsaharienne. Reportages et correspondances (reprises) : Marie Billon, Sarah Tétaud, Lucie Mouillaud.

08/02/2026 • 48:30

Au Liban, pays multiconfessionnel qui a subi la guerre entre 1975 et 1990 et le poids de la domination syrienne, l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes de l’USJ (Université Saint-Joseph de Beyrouth) fait figure d’un véritable laboratoire et d’une petite passerelle qui résiste tant bien que mal à l’instrumentalisation politique du religieux. Créé en 1977, en pleine guerre civile, à l’initiative de six amis, trois chrétiens et trois musulmans, cet institut avait pour but de faire connaître au plus grand nombre le christianisme et l’islam, avec l’idée que « plus on se connaît, moins on se fait la guerre ». Une passerelle indispensable aujourd'hui alors que les tensions se multiplient non seulement au Liban avec les frappes israéliennes malgré le cessez-le-feu en novembre 2024 avec le Hezbollah, mais aussi dans de nombreuses régions du monde. L’Institut a été rattaché à la Faculté des Sciences Religieuses de l’USJ, l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, en 2000. Aujourd’hui, il est dirigé (depuis 2022) par l’anthropologue et théologienne Roula Talhouk et propose un cursus de Master en deux ans.  Un institut ouvert à tous, chrétiens, musulmans, agnostiques, non-croyants, du Liban et de l’étranger, pour comprendre qui est l’autre, basé sur un enseignement rigoureux en arabe et en français des sciences religieuses et des sciences sociales, et comprendre le fait religieux en vue de cultiver la paix, notamment au Liban, entre les différents groupes confessionnels.   Intervenantes : Roula Talhouk, anthropologue et théologienne, directrice de l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes à l’USJ, l’Université Saint-Joseph de Beyrouth au Liban Loubna Haïdar, docteur en Anthropologie religieuse et enseignante à l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth Rita Ayoub, docteur en Sciences religieuses, spécialiste en dialogue islamo-chrétien et en Communication Non Violente, enseignante à l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth Nada Rashwani, étudiante en Master de relations islamo-chrétiennes à l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.

01/02/2026 • 48:30

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