Show cover of Le goût du monde

Le goût du monde

L'oignon est-il vraiment de toutes les marmites du monde ? Les ancêtres sont-ils gourmands ? Et la pomme de terre une déesse ? Vous saurez tout dans le Goût du Monde, l'émission qui parle de saveurs, d’histoires, de partage, de goûts : d’ici ou d’ailleurs. Ces goûts qui rappellent les souvenirs, les émotions, et nourrissent l’imaginaire. À vous ensuite de partager vos souvenirs et de faire chauffer les marmites ! Comme nous ne pourrons pas goûter, racontez-nous ! En mots, en photos, en recettes, en histoires, parlez-nous de vous ! Réalisation : Guillaume Munier. *** À écouter, podcaster, à partager, à déguster le samedi en temps universel à 16h30 (vers Afrique luso), à 21h30 vers toutes cibles. Le dimanche en temps universel à 11h30 vers toutes cibles, à 20h30 (vers Afrique haoussa).

Titres

Histoires de pots en terre, de ceux qui les font, de plats dans les plats, et de recettes partagées
Est-ce le plat qui a donné le plat ? L’objet à l’origine des tajines, des gratins, des cassoulets à partager ? En quelle matière était donc le premier couscoussier ? La terre accompagne le quotidien des hommes, à leurs pieds la ressource était facilement accessible, nous avons appris à l’apprivoiser, la façonner, à la modeler. De ces savoir-faire artisanaux sont nés des plats, les repas, le partage et la transmission d’un art bien vivant, sobre et beau : la poterie, et ses iconiques marmites, cassoles, jattes, bols et tasses en terre cuite. Au Togo, il est dit que la marmite fait la maison. Au Japon, en Corée, le riz et le soja fermentent dans des jarres en terre, comme la pâte de maïs au Bénin. L’artisan, la terre, le pot, les générations de sauces, ces formes ont une histoire, comme les plats qui s’y préparent.Avec Harmonie Begon, designeuse, dessinatrice et autrice, elle a publié aux éditions Ulmer « Cuisinier autour du pot, objets en terre et recettes partagées ». Harmonie Begon est aussi sur Instagram. Pour suivre et découvrir d’avantage son travail.Des ateliers mentionnés dans l’émission :- La poterie Ernewein-Haas à Soufflenheim- la poterie Ludwig à Soufflenheim- Les grès de Remmy à BertschdorfTerre de femmes : association créée par Agnès Goffard.William Morris : « L’art et l’artisanat » Payot & Rivages 2011 ; « Comment nous vivons, comment nous pourrions vivre ? » Payot & Rivages 2013 ; « Nouvelles de nulle part ou ère de repos ».Pour faire de la poterie chez soi : faire sa poterie dans son jardin de Coralie Lesage, éd. Ulmer Collection résiliences.Des ustensiles et des marmites dans Le goût du monde avec Sayouba Traoré. En imagesProgrammation musicale : Flaws, des Amazones d’Afrique et Mamani Keïta, titre de l’album Musow Danse. Recette : Des lentilles à la marocaine, une recette tirée du livre «Cuisiner autour du pot» de Harmonie Begon, éditions Ülmer.   
29:00 18/05/2024
Double je, de nuoc-mâm et sirop d’érable
Si vous étiez un goût ? À cette question, Kim Thuy parle d’une marinade faite de Nuoc Man et de sirop d’érable, des ingrédients doubles pour une saveur unique. L’écrivaine a fui le Vietnam avec sa famille après la chute de Saïgon, pour le Canada où ils ont trouvé refuge. Question autour du goût de la terre natale, du regard porté sur le Vietnam, des traits du visage qui racontent une autre identité, un double je. « Em », son dernier livre joue sur la sonorité et les sens : EM petite sœur, petit frère en vietnamien, et Em, aimer en français, comme une injonction, une exhortation à aimer. Peut-être le plus personnel et intime des livres de Kim Thuy. Il y est question de vérité, au pluriel, du sort des enfants, des orphelins, de la guerre, des enfants de soldats américains, et d'amoureuses vietnamiennes, de sang mêlés, eux et puis tous les autres qui, comme Kim Thuy, ont fui le Vietnam en guerre.Le goût des cuisines métissesComment fait-on découvrir la cuisine et les goûts de ses racines ? « En mangeant tout le temps et dans la cuisine viet, c’est facile parce qu’on ne reçoit jamais sans offrir à manger. Parfois je reçois des journalistes à la maison, Vous savez, mes parents habitent à côté, on a des fenêtres donc la famille nous voit, dès qu’elle voit quelqu’un, elle nous glisse des plats par la fenêtre. »Avec Kim Thuy, autrice vietnamo-canadienne, son dernier livre « EM » est publié aux éditions Liana Levi, tout comme Vi, Man et Ru porté à l’écran à l’automne 2023. Kim Thuy a aussi écrit un livre de récits et cuisine : Le secret des vietnamiennes publié aux éditions Marabout. Son instagram.« Son visage n’allait pas avec son identité, au Vietnam, alors qu’elle était maltraitée, qu’elle vivait dans la rue, elle était encore vietnamienne. Elle n’était que vietnamienne. » Kim Thuy.  Autour de l’opération Babylift, lancée en 1975 par les États-Unis, soutenue par l’Australie, le Canada, la France pour évacuer des centaines d’enfants vietnamiens. Pendant l’émission, Kim Thuy évoque le témoignage d’une journaliste australienne d’origine vietnamienne adoptée à l’âge de 5 mois. Cath Turner raconte dans cette conférence.La photo à l’origine de l’écriture du livre « Em ».- Pho , Le goût du monde- Reporter: la nourriture élan de vie et pour lien- Le secret des Vietnamiennes- Côté musique, Muniu, un titre de l’album Métisse, de Manu Cissoko.
28:59 11/05/2024
Question de goûts !
Les uns adorent, les autres détestent, une question de goût ? Vraiment ? L’occasion de nous interroger sur ce goût : Comment se crée-t-il, de quoi est-il fait ? Est-ce l’odorat qui fait le goût ? Comment le décrire, le reconnaitre, le nommer, le partager ? Quelle différence entre une odeur, un arôme, une saveur ? Comment déguster ? Le goût enfin en question avec peut-être une idée du « Goût du monde » ! Avec- Viva Lenoir, directrice du Pôle arôme des éditions Jean Lenoir, à l’origine des livres et coffrets Le nez du vin, le nez du café, le nez du whiskey- Antoine Viollette, co-directeur des éditions BPI – Best Practice Inside, éditeur des livres de « La cuisine de référence » , la pâtisserie de référence ou encore la cuisine végétale de référence disponibles également en version digitale- Laurent Aron, sémiologue du goût, consultant, formateur, conférencier, son thème de prédilection : « Le goût, le sens des autres ».Pour aller plus loin- L’Atlas des saveurs, de Thierry Marx et Raphaël Haumont, éditions Dunod – nov 2023- Le répertoire des saveurs, de Nikki Segnit, aux éditions Marabout. Un répertoire des saveurs végétales a été publié au printemps 2024- Foodpairing, la science du goût, de Peter Coucquyt, Bernard Lahousse, Johann Langenbick – First 2021- L’appel des odeurs, de Ryoko Sekiguchi, éditions P.O.L- Ateliers saveurs – Si vous êtes à Paris, la MAIF social club propose avec la cheffe cuisinière et autrice Lila Djeddi des ateliers de découvertes et reconnaissances des saveurs, ainsi que d’inspirantes balades gustatives - pour suivre Lila Djeddi.Sur un air de :  Commas de Ayra Starr. En images
29:00 04/05/2024
Cuisine juive à New York
New York : à Ellis Island, dans la baie de l’Hudson, sur les terres de ce qui était, lors de la Nouvelle Amsterdam, les immigrés sont arrivés avec leurs cuisines, leurs spécialités, leur histoire, et leurs histoires. Les traditions séculaires ont perduré, d’autres saveurs et parfums se sont ajoutés sans supplanter les initiales, chose rare. New York est à la fois devenu spontanément un conservatoire culinaire historique juif et un exemple de mixité ! L’autre image qu’elle suggère est celle d’un mariage réussi au sein duquel chacun, dans le couple, garde son identité et ses racines, l’enfant né de leur union donne lui une suite nouvelle à leur histoire sans oublier d’où il vient.Il fallait une ville nouvelle, une page blanche, et libre pour s’affranchir, créer sans renier, faire perdurer les traditions séculaires avec une singularité nouvelle, la mixité et le grand bouillon de culture : New York.Avec Annabelle Schachmes, journaliste, social media addict, autrice, entre la cuisine juive, les petits plats mijotés ou encore cuisine italienne et street food, son dernier livre « Cuisine juive à New York » est publié aux éditions Hachette Cuisine. Pour la suivre sur les réseaux, Instagram.  Reportage chez Janet by Homer, avenue Victor Hugo à Paris, New York sans prendre l’avion et le meilleur pastrami de la ville ! Tout est fait maison, le pain, les sauces, les saumures, le pastrami coupé minute, juteux, fondant, savoureux ! Moïse Sfez est le fondateur de Janet, ce deli prénommé comme sa grand-mère pour respecter la tradition new-yorkaise, et de Homer Lobster, son aîné pourvoyeur de somptueux sandwichs au homard, comme à Boston. Pour aller plus loin- Isaac Bashevis Singer. Ombres sur l’Hudson, éditions Mercure de France, Au tribunal de mon père, éditions Livre de poche, Zlateh la chèvre et autres contes, éditions Larousse.- The bialy eaters, the story of a bread and a lost world, de Mimi Sheraton- Le livre de la cuisine juive, de Claudia Roden, Flammarion- Le livre de la cuisine juive, de Leah Koenig, éditions Phaïdon- La cuisine américaine, de Constance Bordes et Sheila Malovany-Chevalier. Hermé. Sur un air de : - Rhapsody in blue, de Gerschwin- La première minute de Manhattan, de Woody Allen (1979)- Laga, de Sahra Algan chez Danaya Music, 2024. En images  
29:00 27/04/2024
« Tiens, goûte l’Algérie, celle des mères, la tienne aussi »
Mama Nissa a pour logo une feuille octogonale, aux nervures blanches un peu floues, fidèle aux goûts de l’Algérie dont elle raconte le soleil et le parfum, la générosité, saine et savoureuse ; floues parce que libre de s’adapter aux endroits, aux palais, aux habitudes. (Rediffusion) Le restaurant s’est implanté rue Mandar, dans le centre de Paris, une rue pavée, orientée d’Est en Ouest, elle relie la rue Montorgueil à la rue Montmartre. Des immeubles construits à la fin du 18ème. Certains disent cantine, d’autres fast-food, allez savoir pourquoi ? Mama Nissa est un restaurant où il fait bon s’attabler, découvrir dès les premières bouchées (ou cuillerées, le répertoire des soupes est aussi vaste qu’il est réconfortant). On comprend aisément le sourire dans les regards des Algériens d’ici goûtant bouchées et y voyager. Oui, voyager : sincèrement, qui connait en France la cuisine algérienne ? En dehors des couscous – parmi les plats préférés des Français dans lequel toutes les « Afrique du Nord » se confondent ?Qui pour nous faire goûter cet immense pays, de la mer au Sahara, ses histoires ottomanes, espagnoles, italiennes, berbères, kabyles, multiconfessionnelles ? Il fallait l’envie d’une tout juste quarantenaire, bercée par les jeux dans les ruines romaines de Tipasa, pour mitonner haut et fort ses racines, celles de son autre pays, et la fierté, la confiance et l’amour d’une mère, accessoirement dotée elle aussi de la fameuse main magique.Avec Hanane Abdelli Tancrede, fondatrice du restaurant Mama Nissa, et sa mère Anissa, bras droit, indispensable caution du goût de Mama Nissa. Sur les réseaux Instagram et Linktree.Mama Nissa propose également un service traiteur.Avec Anissa et Hanane Abdelli, autrices du livre « Goûts d’Algérie », paru aux éditions Mango. Les portraits et les photographies sont d'Aline Princet.En écoutant cette émission, vous entendrez un extrait de « Noces à Tipasa » d'Albert Camus, vous sentirez le soleil avant de goûter à l’un des souvenirs gustatifs de trois frères de retour à Alger, une Calentica savourée dans le si beau et émouvant documentaire de Sarah Sahin « Un jour on reviendra à Alger ». Vous reconnaitrez la voix du chef Akrame Benallale parler d’épices, de la main un peu magique de sa mère.De cuisine et d’Algérie- Faire son pain, de Farah Keram, éditions Ulmer- Algérie Gourmande, de Ourida Nekkache, Claire et Reno Marca, éd. La Martinière 2016- La cuisine algérienne, de Fatima Zohra Bouayed - La cuisine algérienne, de Josette Badache-Dellidji, éd. Bachari.- À écouter sur RFI, le podcast La France mon bled. Musiques- Babylone de Zina- Ya Rayah de Rachid Taha. En imagesRecettes issues de Goûts d’Algérie, de Anissa et Hanade Abdelli, publié aux éditions Mango.Si vous voulez du bonus, écoutez la version longue ci-dessous.
29:00 20/04/2024
Voyager, mitonner, transmettre : la tête dans les livres de cuisine
Un voyage immobile, un monde et sa culture à portée de bouche, des plats de l'arrière arrière-grand-mère cuisinés à l'heure du robot à tout faire, un témoignage de vie, une mémoire, un cadeau. Voilà tout ce à quoi sert un livre de cuisine : c'est dire ! Pourtant, à l’heure des réseaux sociaux, des recettes minutes en vidéo, de la cuisine à tout va, de la cuisine livrée à domicile, le livre de cuisine aurait-il fait de vieux os ? Quelle place lui reste-t-il ? D’autant qu’en ce début de XXIème siècle, la pièce « cuisine » semble disparaître progressivement des plans des architectes pour ne rester qu’un coin dans un espace commun.Objets de collection, voyage par procuration, trésors en héritage ? En plein Salon du livre à Paris, dans Le goût du monde nous hissons le livre de cuisine sur le devant de la scène, depuis l’un des temples du livre de cuisine à Paris : la librairie gourmande. Avec sa propriétaire Deborah Dupont Daguet, autrice également, son dernier livre « Le petit manuel pour savoir cuisiner » a paru aux éditions First. La librairie gourmande est située au 92/96 rue Montmartre à Paris, 2ème. Sur Facebook et X et sa complice Estérelle Payany, journaliste, critique gastronomique au magazine Télérama, chercheuse et autrice, son dernier livre « Midi Moins cher » a paru aux éditions alternatives. Dans cette émission, nous avons parlé de bien des livres, parmi lesquels :- « Cotonou » de Georgiana Viou de Ducasse 2019.- « Good Afrique » de la cheffe Anto Cocagne et Aline Princet – Mango 2018.- « Goûts d’Algérie » de Anissa et Hanane Abdelli – Éditions Mango 2023.- « Mafé, gombo Yassa » de Alexandre Bella Ola – First 2019.- « La cuisine c’est plus que des recettes » de Alain Chapel – Éditions Robert Laffont- « Simple » de Ottolenghi  – Hachette cuisine.- « The essentials, New york Times » de Amanda Hesser.- « Le grand livre de la cuisine juive » de Claudia Rodden.- « Le grand livre des livres de cuisine : 50 livres de gastronomie à lire au moins une fois dans sa vie » de Yves Camdeborde et Laurent Séminel, éditions Hoebecke 2023.- « Tiens, manges ! Tu aimes » de Koula Panagiota, Panagiot Kophidou, Marie Bescond Kophides et Cypris Kophides, aux éditions de l’Épure.- « La ferme de la Ruchotte » de Jacky Durand et Fred Ménager. Éditions Épure 2024.- « Ginette Mathiot je sais cuisiner – La cuisine » de Françoise Bernard.- Musique Buyelele de Freddy Massamba. Album Trancestral. En images :  
29:00 13/04/2024
La cuisine de la consolation
Est-ce la cuisine ou le fait d’être ensemble, de partager, de laisser les gestes faire, les mains caresser, les larmes couler, les vivants entourer et nourrir les endeuillés. Parce qu’elle est rituelle, culturelle, qu’elle se passe de mots quand la douleur et le chagrin submergent les cœurs, parce qu’elle est la vie, même dans la mort. Elle accompagne cette nouvelle vie sans lui, sans elle, et ouvre un monde nouveau avec nos morts. La cuisine permet de faire un pont entre les mondes, dans bien des cultures, la frontière s’efface, les vivants vivent avec leurs morts, dans le souvenir, parfois même sans penser à la mort comme une fin, mais comme une étape.   En cuisinant, les mains font, les esprits parfois entrent dans une sorte de méditation, pour d’autres la parole se libère, les bouches racontent. On parle aux enfants des grands-parents, des ancêtres qu’ils n’ont pas forcément connus mais dont le souvenir ravive la présence. On se rappelle les plats préférés, les habitudes, les manies, des anecdotes, le dialogue se poursuit, par-delà la mort.Avec Stéphanie Schwartzbrod, comédienne, biographe, écrivain, auteure de « La cuisine de la consolation » chez Actes Sud, des récits, et des recettes, de la cuisine de l’exil et de saveurs sacrées.« On goûte un plat, et d’une saveur avoir l’impression que la personne disparue avec qui on partageait ce plat est avec nous, qu’elle est là ».Pour aller plus loin- « Manger fantômes » de Ryoko Sekiguchi, éditions L’Atelier de l’Argol- « Sacre » de Lorraine de Sagazan- Vinciane Despret, « Les morts à l’œuvre », éditions La Découverte 2023- « Soigner les morts pour guérir les vivants », de Magali Molinié 2006- Dis à mes amis que je suis mort, film documentaire de Nino Kirtadzé- Dia de los muertos, Le goût du monde sur RFI- Cuisine et spiritualité avec Luna Kyung et Judith Baumann dans Le goût du monde- « The wandering chef », de Hye Ryong Park autour et à propos du chef coréen Lim Ji Ho- Le travail de Doriane Albert et Anna Gianferrari - « Leurres et lueurs » de Birago DiopSur un air de Llorona de La Mana. Notre adresse pour nous écrire : lgdm@rfi.fr
29:00 06/04/2024
L’appel des odeurs, comme une introduction au monde
Comme une mise en bouche sensorielle, l’odeur entrouvre la porte d’un monde sur le point d’être découvert, antichambre des sens, éclaireuse de la vue, du toucher, du goût. L’odeur annonce les saveurs, les saisons, les lieux, ravive les souvenirs. Elle fait vagabonder l’esprit, met en appétit, fait monter l’eau à la bouche, et les larmes aux yeux.   Chacun en a sa propre traduction, elle est aussi personnelle qu’universelle. Faut-il qu’on soit privé de ce sens pour prendre conscience de son importance ? Que serait le goût sans l’odorat, l'imagination sans déclinaison olfactive ? Existe-t-il une cuisine pour ceux qui ont perdu l’odorat ? La senteur agit comme une présence, vivante et active, elle change nos perspectives, notre regard, par là même : tout notre rapport au monde s’en trouve bouleversé et redéfini.  Avec Ryoko Sekiguchi, poétesse, traductrice, écrivain. L’appel des odeurs est publié aux éditions P.O.L tout comme Nagori, et 961h à Beyrouth (et 321 plats qui les accompagnent). Ryoko Sekiguchi dirige également la collection Le Banquet des éditions Picquier. Pour aller plus loin :  - Sentir de Ryoko Sekiguchi - Éditions JBE Books  - Goûter le monde – Éditions JBE Books - Le nuage, 10 façons de le préparer, de Ryoko Sekiguchi et Sugio Yamaguchi, aux éditions de l’Epure - Lieux de Georges Perec  - W et le souvenir d’enfance - Le goût du jardin, de Sébastien et Michel Bras – Éditions Poil de Carotte - Le parfum, de Patrick Suskind.  Sur un air de Loba, de Blick Bassy.  En images
29:00 30/03/2024
Fleurer, abaisser, clarifier : la langue au menu, festin de mots culinaires
Comment la cuisine se traduit-elle en mots ? Est-ce le geste ou l’action qui fait le mot ? Les noms traduisent-ils des formes, des ustensiles, des textures souhaitées ? Le lexique culinaire puise-t-il sa source dans d’autres langues, d’autres cultures ? Peut-on se passer des mots pour enseigner et transmettre ? Penchez-vous, ne serait-ce qu’un instant sur le lexique de la cuisine, vous serez émerveillé par la richesse et la précision de ce pan de la langue française, dense, précis, imaginé ; une langue magique, parfois confidentielle, gourmande, et addictive.Avec- Jean Mathat-Christol, professeur au Lycée Albert de Mun à Paris, auteur avec le linguiste Mathieu Avanzi de « Comment on dîne chez nous, le grand livre des mots et des recettes de nos régions »- Antoine Viollette, éditeur et co-directeur des éditions BPI- Yvan Amar, maître des mots à RFI, « Les mots de l’actu », « la danse des mots », auteur notamment de « Les mots de l’actualité », aux éditions Larousse- Florian Barbarot, chef propriétaire du restaurant « Quelque part » au 1 rue Ambroise Thomas dans le 10ème arrondissement de Paris. Ancien quart de finaliste de l’émission « Top Chef » saison 10, Florian transmet et partage les bases de la cuisine française à travers des vidéos informatives et pétillantes, en s’appuyant sur le livre « La cuisine de référence » des éditions BPI sur son compte instagram.  Pour aller plus loin- Menus de Tristan Hordé, éd. L’atelier d’Argol- Bibliothèque idéale des mots et des mets : parler, boire et manger dans l’Antiquité, d’Homère à Fortunat, évêque de Poitiers de Catherine Schneider, éd. Les Belles Lettres- Un festin en paroles : Histoire littéraire de la sensibilité gastronomique de l'Antiquité à nos jours : Jean-François Revel- Mots de table, mots de bouche : Dictionnaire du vocabulaire classique de la cuisine et de la gastronomie, Claudine Brécourt-Villars, éd. de la Table ronde- La France gastronome, comment le restaurant est entré dans notre histoire, d'Antoine de Baecque, éd. Payot.- Sur un air de Cosmic love, de Jain.
29:00 23/03/2024
Après l’athlétisme, la cuisine pour renaissance
Dawn Burrell est athlète spécialiste de saut en longueur, médaillée d’or à Lisbonne aux championnats du monde, et concurrente pour les États-Unis aux Jeux Olympiques de Sydney. L’athlétisme, comme la médecine, l’écriture, ou la justice vous colle à la peau et imprègne tous les aspects de votre vie, rien n’y échappe. Vous dormez, mangez, méditez, courez, pensez sport, athlétisme, performance, compétition. La vie de Dawn Burrell évoluait toute entière autour de sa carrière d’athlète jusqu’à ce qu’une blessure y mette un terme. Elle a dû se réinventer, chercher au plus profond d’elle-même ce qui lui apportait au moins autant que le sport et la cuisine fut sa réponse. La cheffe, afro-américaine, est restée à Houston au Texas, s’est formée jusqu’à entrer une nouvelle fois dans l’arène en disputant le concours de cuisine Top Chef aux États-Unis, finaliste dès sa première participation.Dawn Burrell a également été nominée pour le prix James Beard, qui récompense chaque année aux États-Unis une figure de la restauration mettant en lumière des communautés.Pour suivre Dawn Burrell sur les réseaux et son site.Merci à Nathalie Laporte pour la traduction française, Cécile Bonici pour la mise en ondes et le travail d’orfèvre, Victor Uhl pour la prise de son, Sophie Roy Sultan pour avoir rendu cette interview possible.► Pour aller plus loin- James Beard Fundation Award- La fête nationale de Juneteenth - High on the Hog, de Jessica B Harris, et tous les autres livres de cette auteure, historienne et professeure aux États-Unis, spécialiste de l’alimentation.- High on the hog sur Netflix- Les racines noires de la cuisine afro-américaine.
29:00 16/03/2024
Pour qui mangent les femmes ?
Oui au juste, pour qui les femmes mangent-elles ? Dans quelle culture les femmes se nourrissent et savourent sans arrière-pensée, en toute liberté, pour elles ? De quel poids, de quelle figure leur faut-il s’émanciper ? De quelles contradictions et injonctions leur faut-il se libérer ? Des questions récurrentes, transversales et universelles pour interroger sur le rapport des femmes à la nourriture, au corps, sur leur place dans la société. AvecLauren Malka, journaliste, autrice de « Mangeuses, histoire de celle qui dévorent, savourent ou se privent à l’excès », aux éditions Les Pérégrineset Kpenahi Traoré, journaliste à RFI, autrice du podcast «Bas les pattes», et productrice de l’émission «Afrique, mémoires d’un continent» sur RFI.Lauren Malka est également l’autrice de « Ceci est mon corps », paru aux éditions Librio, « Elles ne sont pas celles que vous croyez, un regard féministe sur l’histoire », aux éditions Rageot/Causette 2023, et des podcasts : Assez parlé et Les voix du livre.« Je n’ai pas du tout la prétention de faire une cuisine extrêmement raffinée... je fais une très bonne cuisine c’est tout, ça s’arrête là. C’est une cuisine que je rédige aussi, j’écris des recettes, j’invente des titres suivant l’origine du plat. Des boulettes à la russe pour une promenade en mer, Il y a aussi les boulettes sans nom et les boulettes « soi-disant » qui sont sans doute les plus mystérieuses… ». Extrait de La cuisine de Marguerite de Marguerite, de Marguerite Duras, éditions Benoit Jacob. Quelques pistes – non exhaustives ! -  pour lire, aller plus loin- Prisons et paradis, de Colette- De bouche à oreille, Alphabet comestible, de Renée Elkaïm-Bollinger, éd. Menu Fretin- Faim, de Delphine de Vigan- 961 heures à Beyrouth (et 321 plats qui les accompagnent), de Ryoko Sekiguchi- Nagori, de Ryoko Sekiguchi- Ru, de Kim Thuy - Cotonou, de Georgiana Viou- Délices d’Afrique, de Marguerite Abouet.Programmation musicale- Les Amazones d’Afrique, avec Mamani Keita et Ruffelo- Plate prière, d'Anne Sylvestre. 
29:00 09/03/2024
Grâce au levain, du bon pain à portée de tous
Chapeau vissé sur la tête, le regard franc et doux, Beesham Soogrim sait qu’il a entre les mains un savoir-trésor, qu’il partage depuis qu’il a lui-même découvert : le levain. À l’origine, un simple mélange de farine et d’eau, auquel le temps rend la vie : née, cette pâte vivante et 100% naturelle se substitue à la levure dans la confection du pain. Le levain permet à la pâte de lever et garantit un pain goût « maison », qui nourrit réellement, et que vous digérerez sans le moindre souci. Un pain au levain, accessible à tous, où que vous soyez. Vous n’aurez besoin que de farine, d’eau et de temps.Beesham the baker, le boulanger est l’une des stars du web. Mauricien d’origine, il s’est installé en Suède où il a créé un cours en ligne pour apprendre à faire du pain au levain, du pain sans gluten et de la pâtisserie sans gluten. Nous l’avons rencontré dans les allées du salon Euro pain, avec l’ami Jean-Paul Congy qui nous l’a présenté. Un sourire plus tard, et son accent mauricien dans les oreilles, il acceptait notre invitation.Beesham Soogrim, alias beesham the Baker, cuisinier, boulanger, et formateur en boulangerie au levain. Son site et sa page Instagram.La bibliothèque des levains en Belgique, et son veilleur conservateur : Karl de Smedt.Puratos, la bibliothèque des levains, une collection unique de levains du monde entier. En images► Pour aller plus loin- Vilain levain, de Valérie Zanon, éd. Alternative- Pour vous lancer dans la confection de pains du monde, en ligne avec une équipe de passionnés : Le monde à portée de pain, l’association- Le Dictionnaire Universel du Pain, livre collectif sous la direction de Jean-Philippe De Tonnac- Sur RFI, Pains nord-africains : l’autre culture du pain- Autour du levain du pain - Sur un air de Li tourner, d'Alain Ramanisum, choisi.
29:00 02/03/2024
À l’origine: les abeilles, le miel !
Les abeilles et le miel existent depuis la nuit des temps et auraient même précédé et accompagné les débuts de l’humanité. De l’hydromel, découvert incidemment il y a des millions d’années, aux yaourts sucrés et gâteaux de fête, le miel nourrit, soigne, régale. Yannick Zeblah est apiculteur en Provence « gardien des abeilles, un agriculteur », donc plus que conscient des soubresauts de la nature, et de son mal-être d’autant qu’il travaille avec ses vigiles : les abeilles, et le miel, témoins de l’état de la planète et des changements environnementaux. (Rediffusion) Les conséquences des changements climatiques sur la biodiversité sont immédiates, et sans appel sur les récoltes : la canicule et la sécheresse qui se sont abattues sur l’Europe, cet été 2022, ont laissé des pieds de lavandes grillés et une biodiversité assoiffée.Avec humilité, émerveillement et ferveur, Yannick nous a conduits près de ses ruches non loin du plateau de Valensole, dans les Alpes de Haute-Provence, pour découvrir son travail, à l’origine du miel.- Avec Yannick Zeblah, apiculteur à Corbière dans les Alpes de Haute-Provence. Son miel, IGP et Label rouge est disponible au Rucher de Lea et Loan sur Facebook Le rucher de lea et loan | Facebook et sur Instagram.- Alexis Bertucat, responsable de la Communication et RSE de la confiserie du Roy René à Aix-en-Provence. Pour aller plus loinL’association Act for Planet Act For Planet | Agir pour le climat et la biodiversité et sur FacebookLes calissons et les nougats du Roy René. « Le miel, une autre histoire de l’humanité », de Marie-Claire Frédéric ed. Albin Michel  2022.« Le miel, guide d’usage », de Marie-Claire Frédéric, éd. Alternatives.« Les merveilles du miel », de Julien Henry et Camille Labro. éd Tana.Le miel est aussi un bon antiseptique et un excellent accélérateur de levain. Programmation musicaleAround the world, de Daft PunkWay to hell, d'ACDC. En images
29:00 24/02/2024
La cuisine des réseaux sociaux
La cuisine se mitonne à toutes les sauces sur les réseaux sociaux : de recettes en photos en vidéos, de plats appétissants, en street food du bout du monde, elle se goûte virtuellement et presque sans frontières depuis 15 ans, et l’arrivée des émissions de cuisine à la télé. En quoi Tiktok, Instagram, Facebook, Youtube ont-ils changé notre approche de la cuisine ? L’amateur sait-il mieux cuisiner aujourd’hui grâce aux réseaux ? Les réseaux sont-ils des rampes de lancement pour les jeunes ou les futurs chef(fe)s ? Quel est le public ? Quand et pourquoi lance-t-on sa chaîne ou son compte ? Avec- Khahn Ly Huynh, cheffe, co-fondatrice des restaurants The Hood et Nonette à Paris, gagnante de la 1ère saison de Master Chef et Chefmalaya sur TikTok et sur IG- Cheikh Niang, cuisinier amateur, auteur du compte Niangcook sur Tiktok, et du livre NiangCook, paru aux éditions Solar- Emilie Fléchaire, fondatrice et directrice de l’Agence de communication Neroli spécialisée dans la gastronomie. Elle accompagne notamment les chefs Mory Sacko, Omar Dhiab, Jean Covillaut, Alessandra Montagne… et son IG.Le goût du monde se mitonne aussi sur le web et les réseaux sociaux : sur instagram : et sur Facebook.Programmation musicale- Time Time de Squeezie- Love’s in need of love today de Stevie Wonder.La recetteUne recette originale de NiangCook, Niang Cook issue de son livre Cuisine d’Afrique et d’ailleurs.
29:00 17/02/2024
Une recette pour dire Je t’aime, une histoire qui te ressemble
Il manquait à Grace Ly, enfant, des livres et des histoires auxquels elle aurait pu s’identifier : des histoires de petite fille française aux racines asiatiques, riche de la culture de ses parents et de ses ancêtres, forte de ses cultures mêlées, une histoire contemporaine, actuelle. Avec ce premier livre « Est-ce que tu as faim, une recette d’amour » espère apporter cette histoire dont les enfants et leurs parents ont besoin pour se raconter et réaliser que nombre d’enfants grandissent avec d’autres goûts, d’autres manières de faire, des richesses dont chacun peut être fier, un support pour se reconnaître et s’identifier. Avec Grace Ly, écrivaine, militante féministe, productrice du podcast « Kiffe ta race » avec Rokhaya Diallo, et de la websérie « Ça reste entre nous »Elle publie « Est-ce que tu as faim ? Une recette d’amour », aux éditions On ne compte pas pour du beurre, illustré par Melody UNG, à destination des enfants de 3 à 6 ans.Sur un air de Four Barang In A Tuktuk (Remix) Astronomy Class ft. Kak Channthy, RuthKo & Vin Vitou du label indépendant cambodgien KLAPYAHANDZ.Pour aller plus loin : - Vivre le nouvel an lunaire célébré un peu partout dans le monde, y compris en France à Belleville, dans le 13ème arrondissement, à Marseille ou Lyon. Pour des adresses et des tours culturels ? Chloé Vasselin, autrice du blog et du livre « Le guide des boui boui » en propose, et d’autres passionnés de culture asiatique.- Le musée de l’histoire et de l’immigration à Paris accueille, jusqu’en mars 2024, une passionnante exposition autour des migrations du Sud et du Sud-Est asiatique depuis 1860- La Chine par le menu, Cuisine, culture culinaire et traditions alimentaires chinoises, de Françoise Sabban, aux éditions Les belles Lettres.- À la table d’une famille chinoise, recettes de mes parents, d'Eliane Cheung, paru chez Alternatives- La cuisine chinoise illustrée, de Margot Zheng, illustrée par Zhao En Yang, éditions Mango. - Pour cuisiner, plusieurs livres sont sortis ces dernières années sur la cuisine chinoise, certaines techniques et plats particuliers :* Chiffan, de Handa Cheng* Bao et Dim Sum, de Orathay Souksivananh, aux éditions Marabout* Mamahuhu, d'André et Lucas, éditions Webedia. Diaporama 
29:00 10/02/2024
Cuisiniers, voyageurs, à l’écoute de la terre de ceux qui la travaillent et en prennent soin
Un an de voyages en Europe, des cartes postales sonores pour raconter leur périple et leurs rencontres : c’était l’idée quand Maxime Bonnabry Duval et Margaux Brochier sont partis en février 2023 à la rencontre d’agriculteurs, d’éleveurs, d’artisans et de cuisiniers en Europe. Un voyage d’une année pour comprendre et découvrir des savoir-faire, les hommes et les philosophies. Et s’ils avaient trouvé en chemin une réponse à la question : qu’est-ce que la sobriété heureuse ? Avec Margaux Brochier et Maxime Bonnabry Duval, cuisiniers voyageurs à suivre sur instagram.Les sons diffusés au fil de cette émission sont extraits des vidéos tournées par Maxime et Margaux, lors de leur voyage. Ils travaillent à faire des images tournées, des rencontres un documentaireLes salines de Anana, Le séchoir de congre de Xavier et Sandra, Jeanne et Mathéo en Slovénie, Massimo Bottura et Lara Gilmore (Instagram Refettorio gastromotiva), et bien d’autres rencontres à découvrir sur leur page IG.« J’ai été marqué par le changement de paysages au fil des pays. Là où en France, on voit des supermarchés partout, on va dans des pays comme la Bosnie, la Grèce ou la Turquie, il n’y en a pas, ou bien moins en tout cas ! Du coup, on a un rapport à l’agriculture, aux producteurs aux circuits courts beaucoup plus importants et donc forcément, on cuisine plus. Le temps aussi qu’on y accorde dans sa journée, c’est lié aussi à son environnement, et en revenant dans des pays plus occidentaux, on voyait que ce temps était moins accordé », explique Maxime Bonnabry Duval, cuisinier. À découvrir et/ou suivre pour aller plus loin - Le réseau slow food créé par Carlo Pietrini, en opposition aux fast-foods. Slow food invite à réfléchir et défendre la biodiversité, une alimentation propose une approche globale du système alimentaire- La ferme des Bertrand, de Gillet Perret- Le pain est OR, Massimo Bottura et ses amis, éditions Phaïdon. En replay :Margaux et Maxime sont deux jeunes cuisiniers, quel rapport à notre alimentation ont-ils pu observer, l’assiette est-elle engagée politique ? Quelle place pour les réseaux sociaux ? Des questions au cœur du 13ème colloque de la chaire alimentation du monde à Montpellier, le 2 février 2023, intitulée : Mangez Jeunesse. Pourquoi ce thème ? Les explications du directeur de la chaire Damien Conaré.                Cela n’a échappé à personne, la cuisine est un des sujets de prédilection des plateformes TikTok ou Instagram, elles offrent un accès à un nouveau public, une autre façon d’échanger aussi pour les restaurateurs, professionnels ou amateurs. La cheffe Kahn Ly a lancé sa chaîne sur Tiktok France en décembre 2023, impressions :                 Sur un air de Feu Chatterton, Un monde nouveau.Côté recette ? et pourquoi pas des pâtes ?    
35:25 03/02/2024
La truffe noire, ce mystère
Perle noire, diamant noir, les seuls surnoms donnés à la truffe disent bien combien elle est précieuse ; un cadeau de la nature, dont la rareté l’a longtemps réservée au table de luxe. La truffe noire est un champignon de la variété Tuber Melanosporum, il se développe aux pieds des chênes « truffiers » sur certaines terres particulières, aux sols calcaires, limono argileux, de la mauvaise terre « qui ne donne pas ». La Tuber mélanosporum est la plus parfumée, la plus délicate, la plus appréciée, et prisée ! La truffe noire signe certains plats iconiques la gastronomie française, comme cette soupe « VGE » servie dans un bol scellé par une pâte feuilletée imaginée par Paul Bocuse et servie au président Valéry Giscard D’Estaing, la brioche truffée et soupe d’artichaud de Guy Savoy ou, bien sûr, la truffe telle que la cuisine Bernard Pacaud à l’Ambroisie.Truffe du Périgord ou de Provence, d’Uzès ou de Richerenches, elle a ses marchés – celui de Richerenche se tient depuis plus de 100 ans, elle a ses amoureux, ses chercheurs d’or, ses amoureux. Mythique, elle espère rester ce mystère qui la rend si belle, d’autant que les truffes chinoises et espagnoles imprègnent huiles, sel et poudre à la truffe, faisant presque oublier la finesse du parfum de la tuber melanosporum.  « À l’ongle, si elle se pèle c’est une brumale, si elle ne se pèle pas, c’est une melanosporum. Son parfum est plus fin, le parfum de la brumale est plus fort, plus entêtant.»Reportage dans le Vaucluse, aux pieds du mont Ventoux, des chênes avec Jacques André et ses chiens, puis en cuisine, avec les conseils et les recettes du chef Éric Briffard, directeur de l’Institut Cordon Bleu à Paris, Meilleur ouvrier de France, une cuisine 3 fois distinguée 2 étoiles au Plaza Athénée, au Georges 5, les Elysées du Vernet.Ode à la truffe. Éditions Sutton.Autour de la truffe noire.- De la truffe, de la pomme de terre et de la cuisine : Délicieux, d'Éric Besnard (2021)- Dans le bois de chêne, dans nos oreilles, Dance with me de William Bailey, un titre de la playlist de RFI.
29:00 27/01/2024
Goutez, écoutez la voix des Outre-Mer !
La marmite a besoin de 3 pierres pour tenir sur le feu, il en est de même de la culture : il lui faut la musique, la langue et la cuisine pour vivre, infuser, survivre parfois. Enfant, la cuisinière Babette de Rozières ne parlait pas créole - c’était interdit- mais français, pourtant c’est bien créole que l’on mangeait à table. Les plats portaient en eux les histoires des siècles, des colonies, du sucre et de la canne, des épices, d’une terre et de ses fruits, de ses racines.  Babette parle et cuisine créole, elle a même mis sur pied la plus grande case de métropole qui chaque année, fin janvier, vibre et fait entendre la culture des Outre-mer, c’est le salon de la gastronomie des Outre-mer, le Sagasdom.Les outre-mer, un monde au-delà des mers, trop souvent résumé en France métropolitaine à des températures sur une carte météo du journal télé. Entendez la voix de ces 12 territoires, celles des ancêtres, de la terre, de cultures, goûtez la richesse et les savoir-faire, l’attachement au potager, la voix qui a besoin d’une nuit de 48h de voyages pour aller des premiers rayons du soleil du matin à Nouméa en Nouvelle-Calédonie aux derniers à se fondre dans la mer à Wallis et Futuna.Avec Babette de Rozières, cuisinière, animatrice télé, auteure, icône de la gastronomie des outre-mer, Babette parle haut et franc, a créé en 2013 le Sagasdom, le salon de la gastronomie des Outre-mer, devenu rendez-vous incontournable de la fin janvier, porte de Versailles à Paris.  De la gastronomie à l'endroit même où Victor Schœlcher a signé le traité d'abolition de l'esclavage, le 27 avril 1848, Babette donne des cours de cuisine créole les mercredi à l’hôtel de la Marine.« Enfant je n’avais pas le droit d’entrer en cuisine, c’était le territoire des adultes, mais comme je savais où ma grand-mère mettait ses plats, je trempais mon petit doigt dans la sauce, je goûtais et c'est comme ça que j'ai eu le goût des Antilles. »- La case de Babette à Maule - SAGASDOM à Paris les 26, 27 et 28 janvier 2024. L'écrivain Yann Queffelec est le président d’honneur de la 9ème édition, le chef d’honneur est Eric Briffard, Meilleur ouvrier de France.Quelques pistes pour aller plus loin : - Hop en cuisine avec Babette, éditions Orphie- Festins créoles, éditions Marabout- Goûts d'Antilles, recettes et rencontres de Jérôme Bertin et Aline Princet, éditions Mango- La cuisine créole a la côte sur les réseaux sociaux, les comptes se multiplient, de recettes en récits, notamment le compte de Jeremy Hortensia, alias Jeremys cooking,    - Faites-nous découvrir les comptes que vous aimez : legoutdumonde@rfi.fr ou lgdm@rfi.fr- Carnaval des cuisinières à Pointe-à-Pitre à Guadeloupe chaque 15 août, depuis 107 ans. - Mémoire de l’esclavage.La musique : Gwendoline Absalon Kif Kif avec Pix’l. La recette
29:00 20/01/2024
Grandmas Project : un souffle d’or au Festival international du film documentaire
8 minutes 30 de complicité, de vie, d’histoires vraies, de complicité tendre entre un réalisateur et sa grand-mère, dans une cuisine, autour d’une recette prétexte aux confidences : 8 minutes de souffle, d’amour : bienvenue dans la web série Grandmas Project, née d’une impérieuse envie du réalisateur et producteur Jonas Pariente de conserver une trace, de garder et transmettre la mémoire de ses grands-mères, d’instants de vie, histoires de migration, de la vie des femmes, de place, de personnalité ! Depuis 2015, une vingtaine de films ont été réalisés, 2 saisons, et une troisième en préparation. Ces grands-mères ont été invitées à se glisser dans la programmation du Fipadoc, le Festival international du Film documentaire, qui se tient du 19 au 27 janvier 2024 à Biarritz, le rendez-vous du documentaire avec une sélection de films autour du thème « Quelle est notre manière de vivre ? ». Les films de Grandmas Project seront diffusés en avant-programmation, comme une avant-première. Ils sont tous accessibles sur le site.Qu’appelle-t-on un film documentaire ? Quel regard sur cette web série à l’international ? Pourquoi ne peut-on pas résister à l’effet produit par ces films : bouffée de tendresse notamment ? Avec la présidente du Fipadoc, Anne Georget et Jonas Pariente, réalisateur et producteur de Grandmas Project. Pour aller plus loin- Le site du Fipadoc- Grandmas Project- Et sur RFI : * Grandmas Project, de l'art de cuisiner son incroyable grand-mère avec amour  * Grandmas Project : portraits intimes et tendres de sacrées femmes, leur recette pour mémoire- L’article du New York Times sur Grandmas Project- Dans les oreilles, la voix de Lynn et de son dernier album : A color Show. « J’ai pas le goût » chante-t-elle, chaleureuse et sensuelle.- Les recettes – une vingtaine et plus encore de la molokheya aux boulettes de viande suédoises sont toutes sur la page web de Grandmas Project : pourquoi choisir ?
29:00 13/01/2024
De la beauté à savourer : des fleurs pour enivrer ce début d’année !
Mimosa, ou jasmin… Vous avez leur parfum en tête ; elles sont belles, généreuses, les fleurs : les nouvelles si délicates enveloppent l'été, mêlées au sucre elles content le soleil : en sirop, de sureau ou coquelicot, leurs feuilles pour salade, leurs racines pour épices, leurs pistils, les saisons se mêlent, dans la crème des fleurs de cerisiers et suprêmes de pamplemousse ? Safran et mangue ? Noisette et fraise, un bouquet de saveur et de parfum pour ouvrir cette année. Avec Frédéric Jaunault, MOF primeur, vous pouvez consulter sa page Instagram. Fréderic Jaunault est un globe-trotteur curieux et humble ; il aime pousser la porte des grandes mères dans tous les pays à la découverte des cuisines traditionnelles et des cultures. La cuisine végétale de référence est publié aux éditions BPI, dans la collection « référence ». Elle vient compléter l’incontournable cuisine de référence, et la pâtisserie de référence. Pour aller plus loin- Nagori de Ryoko Sekiguchi. Éditions P.O.L.- Tout cuisiner au jardin de Pascal Garbe. Éditions Ulmer.- Fleurs sauvages avec François Couplan dans le Goût du monde.- Le goût du jardin de Michel et Sebastien Bras, éditions Poil de carotte.- Réunir et à ma table de Alice Roca.- Épicerie naturelle maison de Jennifer Hart Smith.- Dans ma cuisine de Élvira Masson.- La cuisine des arbres de Aurélie Valtat.- Le chemin de la nature de Christophe de Hody, formation à suivre et découvrir ici - Chips de dahlias & Muffins aux coquelicots.Recettes de cueillettes dans les prés, les forêts & les jardins, de Kathrin Fritz - Judith Gmur-Stalder éditions Ulmer.Programmation musicaleJardim prometido de Cesaria Evora.
29:00 06/01/2024
Sucrée - salée : Aurélie Saada cuisine l’amour et le soleil
Elle se sert de la cuisine comme une langue à double-sens. Un bomboloni croustillant, et c'est un chagrin d'amour qu'elle mitonne, son auteur qu'elle fricasse, ses plaies soignées au miel. La musique d’Aurélie Saada est sensuelle, elle caresse et pique aussi à qui tend l’oreille aux paroles des chansons du premier album solo de l’ancienne chanteuse des Brigitte, également autrice et réalisatrice de «Rose» en décembre 2021. Bomboloni, du nom de ce beignet italo-tunisien chaud et croquant est un album en faux semblant, dans lequel la cuisine joue le rôle qu’elle a, pour Aurélie Saada, dans la vie : un refuge, un repère, une force. On se laisse bercer, inconscients, par le rythme chaloupé, oriental, gai de la musique et des arrangements de bomboloni, mais... ne nous laissons pas tromper par les paillettes et les ors ; cet album garde l’amour en joue et la peine sous haute surveillance, il cuisine savamment les infidèles et les briseurs de coeur.L’émission est jalonnée d’extraits de l’album Bomboloni, d'Aurélie Saada. Un album Sony Music et Couscous productions. Aurélie vient de publier le très joli et très gourmand livre : « Cuisiner le soleil » aux éditions Hachette Pratique.Pour suivre Aurélie Saada, toute de paillettes vêtue cuisinant montecaos et bombolonis ; sur instagram.► Son site
29:00 30/12/2023
Goûter l'Islande
Quand on vit dans un pays où la terre, les volcans et la glace vous rappellent que vous n'êtes que locataires de cette terre, ça vous emmène à aborder la vie avec stoïcisme et optimisme expliquent Edda Magnus et Nina Björk Jonsdottir. Saisir l’instant, ne surtout pas se prendre trop au sérieux, à voir grand et loin ! « Tout finira bien par s'arranger » cette phrase incarne la philosophie islandaise, plus qu'une croyance, c'est une manière d'être au monde. Le climat rude, et la nature aussi dure qu’incroyable et imprévisible ont obligé les habitants à se nourrir de peu; de l’élevage : les moutons, les chevaux arrivés sur les navires vikings furent salutaires ! Quelle ironie : bien qu’entourés par la mer, les Islandais manquaient de sel, la conservation se faisait essentiellement par fumaison, le bois juste suffisant pour fumer les viandes mais pas pour construire des bateaux et pêcher : jusqu’à l’arrivée des premiers colons. De ce passé à survivre est né l’âme islandaise, sa chaleur et son esprit d’ouverture, au monde et aux autres.Avec Nina Björk Jonsdottir et Edda Magnus, autrices du livre Vivre l'Islande publié chez Gallimard dans la collection Voyages.Pour aller plus loin : ► North : La nouvelle cuisine de l’Islande de Gunnar Karl Gislason et Jody Eddy► Le restaurant du chef Gunnar Gislason à Reykjavik : ► Pêcheur d’Islande de Pierre Loti► Magnus Nilsson : La boulangerie nordiques et La cuisine des pays nordiques : Phaïdon► René Redzepi : Vegetable forest and Ocean – Phaïdon► Savourer de Nadine Levy Redzepi - éditions Marabout► Sur RFI, l’émission Si loin Si proche et C'est pas du vent Programmation musicaleSumargestur de AsgeirI longu mali de Una Torfa
29:00 23/12/2023
Menus (et grands) Plaisirs : une journée à la table des Troisgros
« Ce n’est pas juste une famille, c’est carrément un patrimoine français », s’est exclamé le complice du jour, le cueilleur de son et des voix en l’occurrence de Michel Troisgros et ses deux fils, César et Leo. Les Troisgros, une famille, du côté de Roanne qui, de génération en génération depuis près de 80 ans, régale et émerveille les convives qui s’assoient à leurs tables. Des étoiles - trois – sur la devanture depuis 1956, au restaurant de la Gare d’abord, et aujourd’hui dans le restaurant gastronomique de Ouches : Le Bois sans feuilles, sans oublier la libre, Colline du Colombier ou le Central à Roanne. Troisgros, Bras, Roellinger, Pic, ces noms sont ceux de familles et de rares établissements dont le feu restaure depuis si longtemps ; des lignées de cuisiniers, de goûts, de génie créatif, qui sculptent et incarnent aux yeux du monde le meilleur de la gastronomie française, de l’accueil, des repères dans l’histoire culturelle tricolore. Les Troisgros sont des pères des frères, en cuisine, des femmes et des filles qui savent donner aux lieux une âme et aux convives le sentiment si doux d’être exactement au bon endroit, à leur place. Peut-être est-ce le sentiment qu’a partagé aussi le réalisateur américain Frederick Wiseman, transporté par un séjour à Ouches, a demandé : seriez-vous d’accord pour que je filme ? « Oui », répondirent César, Michel, Marie-Pierre, Lisa et Léo : le film « Menus plaisirs » est un voyage de 4 heures au fil d’une journée dans la vie de la famille Troisgros, une mémoire de ce lieu et de ceux qui l’animent, une immersion de 4 heures en salle, un conte, un arrêt sur image dans l’histoire de la gastronomie française, une leçon de cuisine, de restauration, un savoureux marathon pour foodies, un souffle.   Avec Michel, César et Léo Troisgros. - La famille Troisgros est à la tête du restaurant gastronomique : Le Bois sans feuilles, trois étoiles au guide Michelin- de la Colline du Colombier- et du restaurant le Central à Roanne- « Menus-Plaisirs Les Troigros » est le dernier documentaire produit et réalisé par l’Américain Frederick Wiseman, distribué par Météores- « Cette nature sous les yeux qui vient inconsciemment nourrir l’inspiration du cuisinier. Le lieu est magique ! Pour nous, pour les hôtes ; la nature est venue s’infuser en nous et même sans en avoir conscience elle se traduit dans la cuisine », Michel Troisgros.Dans cette émission, un extrait d’un des films documentaires de Paul Lacoste, issus de la collection L’invention de la cuisine.MusiqueDream a little dream of me, de Mamas and Papas.
29:00 16/12/2023
« Tiens, goûte l’Algérie, celle des mères, la tienne aussi »
Mama Nissa a pour logo une feuille octogonale, aux nervures blanches un peu floues, fidèle aux goûts de l’Algérie dont elle raconte le soleil et le parfum, la générosité, saine et savoureuse ; floues parce que libre de s’adapter aux endroits, aux palais, aux habitudes. Le restaurant s’est implanté rue Mandar, dans le centre de Paris, une rue pavée, orientée d’Est en Ouest, elle relie la rue Montorgueil à la rue Montmartre. Des immeubles construits à la fin du 18ème. Certains disent cantine, d’autres fast-food, allez savoir pourquoi ? Mama Nissa est un restaurant où il fait bon s’attabler, découvrir dès les premières bouchées (ou cuillerées, le répertoire des soupes est aussi vaste qu’il est réconfortant). On comprend aisément le sourire dans les regards des algériens d’ici goûtant bouchées et y voyager. Oui, voyager : sincèrement, qui connait en France la cuisine algérienne ? En dehors des couscous – parmi les plats préférés des Français dans lequel toutes les « Afrique du Nord » se confondent ?Qui pour nous faire goûter cet immense pays, de la mer au Sahara, ses histoires ottomanes, espagnoles, italiennes, berbères, kabyles, multiconfessionnelles ? Il fallait l’envie d’une tout juste quarantenaire, bercée par les jeux dans les ruines romaines de Tipasa, pour mitonner haut et fort ses racines, celles de son autre pays, et la fierté, la confiance et l’amour d’une mère, accessoirement dotée elle aussi de la fameuse main magique.Avec Hanane Abdelli Tancrede, fondatrice du restaurant Mama Nissa, et sa mère Anissa, bras droit, indispensable caution du goût de Mama Nissa. Sur les réseaux Instagram et Linktree.Mama Nissa propose également un service traiteur.Avec Anissa et Hanane Abdelli, autrices du livre « Goûts d’Algérie », paru aux éditions Mango. Les portraits et les photographies sont d'Aline Princet.En écoutant cette émission, vous entendrez un extrait de « Noces à Tipasa » d'Albert Camus, vous sentirez le soleil avant de goûter à l’un des souvenirs gustatifs de trois frères de retour à Alger, une Calentica savourée dans le si beau et émouvant documentaire de Sarah Sahin « Un jour on reviendra à Alger ». Vous reconnaitrez la voix du chef Akrame Benallale parler d’épices, de la main un peu magique de sa mère.De cuisine et d’Algérie- Faire son pain, de Farah Keram, éditions Ulmer- Algérie Gourmande, de Ourida Nekkache, Claire et Reno Marca, éd. La Martinière 2016- La cuisine algérienne, de Fatima Zohra Bouayed - La cuisine algérienne, de Josette Badache-Dellidji, éd. Bachari.- À écouter sur RFI, le podcast La France mon bled. Musiques- Babylone de Zina- Ya Rayah de Rachid Taha. En imagesRecettes issues de Goûts d’Algérie, de Anissa et Hanade Abdelli, publié aux éditions Mango.Si vous voulez du bonus, écoutez la version longue ci-dessous.
29:00 09/12/2023

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