Astronomie, astrophysique, cosmologie, astroparticules...
Dans un article publié dans Nature , une équipe de chercheurs présente un modèle unificateur qui décrit les mécanismes d'accélération des particules chargées formant les rayons cosmiques. Ce modèle relie l'énergie maximale des particules accélérées à l'échelle spatiale du choc supersonique dans le milieu. Cette découverte, réalisée à partir des données de la sonde Juno de la NASA en orbite autour de Jupiter , remet en question la théorie conventionnelle et pourrait éclairer l'origine énigmatique des rayons cosmiques. Source Relativistic electron acceleration at the bow shock of Jupiter and beyondSavvas Raptis et al.Nature volume 654(3 juin 2026)https://doi.org/10.1038/s41586-026-10473-z Illustrations Schéma du processus d'accélération des électrons dans le front d'onde de choc (Nature) Savvas Raptis
07/06/2026 • 08:53
Les Little Red Dots (LRD) sont des tout petits noyaux galactiques actifs peu lumineux et très rouges qui ont été découverts ces dernières années grâce au télescope Webb à des décalages vers le rouge très grands, donc très tôt dans l’histoire cosmique. Une équipe d’astrophysiciens vient d’effectuer une mesure directe et dynamique de la masse du trou noir d'un tel LRD qui se trouve à un décalage vers le rouge de 7,04 (soit seulement 700 millions d’années post Big Bang). Le trou noir fait 50 millions de masses solaires et n’est entouré au maximum que d’une vingtaine de millions de masses solaires en étoiles, le reste n’est que du gaz primordial. De quoi éclairer l’origine des trous noirs supermassifs. L’étude est publiée dans Nature. Source A direct black-hole mass measurement in a little red dot at high redshiftIgnas Juodžbalis et al.Nature 653 (27 mai 2026)https://doi.org/10.1038/s41586-026-10579-4 Illustrations Les trois images de Abell 2744−QSO1 par la télescope Webb (NASA) Ignas Juodžbalis
30/05/2026 • 08:53
Une équipe d'astrophysiciens a observé un système binaire d'étoiles naines blanches où l'une des deux est en train d'absorber activement de la matière de l'autre. Cette étude publiée dans The Astrophysical Journal révèle l'une des images les plus nettes à ce jour de la manière dont les naines blanches ultracompactes échangent de la masse lorsqu'elles sont extrêmement proches l'une de l'autre. Source An Eclipsing 8.56 Minutes Orbital Period Mass-transferring BinaryEmma T. ChicklesThe Astrophysical Journal, Volume 1000, Number 2 (26 march 2026)https://doi.org/10.3847/1538-4357/ae4871 Illustrations Vue d'artiste d'un système binaire de naines blanches (CalTech) Emma Chickles
26/05/2026 • 09:06
Le Système solaire traverse actuellement un nuage de débris stellaires. En traquant l'isotope Fer-60 dans la glace de l'Antarctique, une équipe de physiciens nucléaires vient de prouver que notre environnement galactique immédiat est imprégné des restes d'explosions stellaires massives. Ils publient leur étude dans Physical Review Letters. Source Local Interstellar Cloud Structure Imprinted in Antarctic Ice by Supernova 60FeDominik Koll et al.Physical Review Letters 123 (13 May 2026)https://doi.org/10.1103/nxjq-jwgp Illustrations Section de la carotte de glace extraite de la calotte antarctique (Alfred Wegener Institute/Esther Horvath) Dominik Koll
14/05/2026 • 10:53
De nouvelles mesures portant sur une Jupiter chaude et sur sa compagne de type mini-Neptune indiquent que ces deux exoplanètes se seraient formées à des distances notablement plus grandes de leur étoile hôte que ne le suggère leur configuration actuelle. L'étude est parue dans The Astrophysical Journal Letters. Source JWST Unveils a High Mean Molecular Weight Atmosphere for Mini-Neptune TOI-1130 b: Evidence for Formation Beyond the Water Ice LineSaugata Barat et al.The Astrophysical Journal Letters, Volume 1002, (5 mai 2026)https://doi.org/10.3847/2041-8213/ae5f8b Illustrations Vue d'artiste du système de TOI 1130 (Sci-News.com) Saugata Barat
10/05/2026 • 11:49
Une équipe d’astrophysiciens vient de démontrer l’existence d’une cavité d’une taille de l'ordre du kiloparsec dans la distribution stellaire de la galaxie centrale de l'amas A402. Les données des télescopes Webb et Hubble mettent en évidence un noyau galactique aplati dans la distribution stellaire sur lequel se superpose la cavité, ce qui implique la présence d'un trou noir ultramassif central de masse d’environ 50 milliards de M⊙ qui serait à l’origine de cette cavité. Ils montrent en outre qu'un second trou noir supermassif candidat se trouve de l'autre côté de la cavité, avec une vitesse relative de 370 km s⁻¹. Si cette hypothèse se confirme, cela impliquerait la présence d'un système binaire de trous noirs ultramassifs séparés par plusieurs kiloparsecs, d'une masse totale de 60 milliards M⊙. Cela en ferait le système binaire de trous noirs le plus massif découvert à ce jour. L’étude est publiée dans The Astrophysical Journal. Source A Kiloparsec-scale Stellar Cavity in the Center of A402-BCG May Be Caused by Dynamic Interactions with an Ultramassive Black HoleMichael McDonald et al.The Astrophysical Journal Letters, Volume 1002, Number 1 (23 Avril 2026 )https://doi.org/10.3847/2041-8213/ae5bbe Illustrations Observations multi-longueurs d'onde de la galaxie centrale d'A402 (McDonald et al.) Michael McDonald
01/05/2026 • 12:42
Déterminer l'habitabilité d’une planète ne se résume pas à savoir si elle possède ou non de l'eau liquide. Une exoplanète pauvre en eau peut être inhospitalière, qu'elle se trouve ou non dans la zone dite habitable. La Terre, la seule planète habitable connue, dépend de son cycle du carbone pour maintenir son habitabilité. Or, ce cycle dépend de l'eau, et les exoplanètes qui en sont dépourvues ont peu de chances de le maintenir, ce qui compromet sérieusement leurs perspectives d'habitabilité à long terme. Une nouvelle étude publiée dans The Planetary Science Journal examine la teneur en eau nécessaire à l'habitabilité des exoplanètes, en prenant Vénus pour exemple éloquent. Source Carbon Cycle Imbalances on Arid Terrestrial Planets with Implications for VenusHaskelle T. White-Gianella and Joshua Krissansen-TottonThe Planetary Science Journal, Volume 7, Number 4 (15 avril 2026)https://doi.org/10.3847/PSJ/ae4faa Illustrations Image d'artiste de Vénus (à gauche) et des variations de Gliese 12b (NASA/JPL-Caltech/R. Hurt (Caltech-IPAC) Haskelle T. White-Gianella
22/04/2026 • 15:40
À partir de 18 années d'imagerie radio à haute résolution, une équipe de chercheurs parvient à détecter une courbure des jets du trou noir de Cygnus X-1, induite par le vent stellaire de l'étoile compagne dans le système binaire. En modélisant les interactions jet-vent, ils déterminent pour la première fois la puissance cinétique instantanée du jet, qu'ils peuvent comparer à la puissance moyenne, seule valeur accessible jusqu'alors. Ils publient leur étude dans Nature Astronomy. Source A jet bent by a stellar wind in the black hole X-ray binary Cygnus X-1S. Prabu, et al.Nature Astronomy (2026)https://doi.org/10.1038/s41550-026-02828-3 IllustrationVue d'artiste de Cygnus X-1 (International Centre for Radio Astronomy Research)
17/04/2026 • 16:56
Les nébuleuses de vent de pulsar sont des bulles de particules relativistes, alimentées par la perte d'énergie rotationnelle des pulsars. L'observatoire LHAASO (Large High Altitude Air Shower Observatory) a récemment permis de découvrir que la nébuleuse du Crabe, alimentée par le pulsar le plus énergétique de la Voie lactée, est un objet émetteur de rayons gamma de l'ordre du PeV (1015 eV), confirmant son rôle d'accélérateur de particules extrême. Les astrophysiciens de la collaboration LHAASO présentent aujourd'hui une autre source gamma ponctuelle d'ultra-haute énergie (E>100 TeV) qui est très clairement associée à la nébuleuse de vent de pulsar alimentée par PSR J1849-0001, un pulsar dont la puissance de ralentissement est 50 fois inférieure à celle du pulsar du Crabe. Ils publient leur étude dans Nature Astronomy. Source An extreme particle accelerator powered by pulsar PSR J1849−0001The LHAASO CollaborationNature Astronomy (13 avril 2026)https://doi.org/10.1038/s41550-026-02839-0 Illustrations PSR J1849 détecté pat LHAASO dans plusieurs bandes énergétiques (LHAASO collaboration) Vue aérienne de l'observatoire LHAASO et ses centaines de détecteurs de gerbes de particules induites par les photons gamma de haute énergie (LHAASO collaboration)
14/04/2026 • 10:48
L'hétérogénéité morphologique des systèmes de stellites de Jupiter et Saturne est frappante : alors que la configuration jovienne est caractérisée par la présence de quatre gros satellites (les satellites galiléens Ganymède, Io, Callisto et Europe), le système saturnien est architecturalement dominé par un seul gros satellite :Titan. Une équipe sino-japonaise vient de trouver une origine de cette différence, les chercheurs publient leur étude dans Nature Astronomy. Source Different architecture of Jupiter and Saturn satellite systems from magnetospheric cavity formationYuri Fujii et al.Nature Astronomy (2 april 2026).https://doi.org/10.1038/s41550-026-02820-x Illustrations Vue d'artiste de la formation des satellites de Jupiter et de Saturne (Yuri I. Fujii/L-INSIGHT [Kyoto University], Shinichiro Kinoshita) Yuri Fujii
11/04/2026 • 08:13
Une équipe internationale d'astrophysiciens vient de réaliser, pour la première fois, une mesure détaillée de la distribution des abondances de plusieurs éléments lourds dans l’environnement immédiat du trou noir supermassif de la galaxie du Compas. Cette analyse permet de contraindre la fraction relative des différents types de supernovas ayant enrichi chimiquement le milieu proche du trou noir. Les résultats de cette étude ont été publiés dans Nature Astronomy. Source Accurate determination of chemical abundances near a supermassive black holeCollaboration XRISMNat Astron (31 mars 2026).https://doi.org/10.1038/s41550-026-02817-6 Illustrations La galaxie du Compas imagée par Hubble (NASA, Andrew S. Wilson (University of Maryland); Patrick L. Shopbell (Caltech); Chris Simpson (Subaru Telescope); Thaisa Storchi-Bergmann and F. K. B. Barbosa (UFRGS, Brazil); and Martin J. Ward (University of Leicester, U.K.)) Le télescope spatial XRISM (JAXA)
03/04/2026 • 11:53
Pour la première fois, des astronomes ont mesuré directement la vitesse du gaz extrêmement chaud éjecté depuis le noyau de la galaxie M82, une galaxie voisine caractérisée par une activité de formation stellaire intense. Ces résultats, publiés dans la revue Nature, constituent une avancée majeure dans la compréhension des mécanismes à l’origine des vents galactiques dans les galaxies à sursaut de formation d’étoiles. Source A fast starburst wind consumes most of the energy from supernovaeXRISM CollaborationNature volume 651 (25 march 2026)https://doi.org/10.1038/s41586-026-10231-1 Illustrations Image composite de M82 (NASA’s Goddard Space Flight Center; X-ray: NASA/CXC/JHU/D.Strickland; Optical: NASA/ESA/STScI/AURA/The Hubble Heritage Team; Infrared: NASA/JPL-Caltech/Univ. of AZ/C. Engelbracht; XRISM Collaboration et al. 2026) Spectre X du noyau de M82 mesuré par XRISM (XRISM collaboration) Erin Boettcher
28/03/2026 • 08:10
Des observations à haute résolution obtenues grâce au spectromètre Resolve du télescope spatial XRISM ont permis de résoudre le mystère de l’origine de l’émission X atypique de γ Cassiopeiae (γ Cas), un problème ouvert depuis près d’un demi‑siècle... Les résultats, récemment publiés dans Astronomy & Astrophysics, constituent la première démonstration directe reliant les rayons X durs de γ Cas au mouvement orbital de sa compagne. Source Orbital motion detected in γ Cas Fe K emission linesYaël Nazé et al.A&A Volume 707 (24 March 2026)https://doi.org/10.1051/0004-6361/202558284 Illustrations Vue d'artiste du système binaire Gamma Cassiopeiae (ESA, Y. Nazé) Yael Nazé
25/03/2026 • 09:14
Dans un article publié dans Nature, Joseph Farah (université de Californie) et ses collaborateurs rapportent les observations d'une supernova superlumineuse nommée 2024afav, qui a été détectée presque continuellement pendant six mois grâce à des télescopes du monde entier. Les auteurs ont mis en évidence des fluctuations de sa luminosité qui indiquent qu'elle est alimentée par une étoile à neutrons fortement magnétisée et en rotation rapide : un magnétar... Source Lense–Thirring precessing magnetar engine drives a superluminous supernovaJoseph R. Farah et al.Nature 651, 321–325 (11 march 2026)https://doi.org/10.1038/s41586-026-10151-0 Illustrations Illustration du phénomène de précession du disque autour d'un magnétar lors d'une supernova superlumineuse (Nature). Application du modèle du magnétar de Farah et al. à trois autres supernovas superlumineuses (Farah et al.) Joseph Farah
20/03/2026 • 09:11
Une nouvelle étude parue dans Nature Astronomy montre que l'une des plus grandes étoiles connues, nommée WOH G64, a subi une transformation spectaculaire en 2014 en passant de supergéante rouge à hypergéante jaune. Ce changement brutal pourrait être le signe d'une supernova imminente. Source The dramatic transition of the extreme red supergiant WOH G64 to a yellow hypergiantGonzalo Muñoz-Sanchez et al.Nature Astronomy (23 february 2026)https://doi.org/10.1038/s41550-026-02789-7 Illustrations Image de WOH G64 par le VLTI et représentation d'artiste (ESO/K. Ohnaka et al., L. Calçada) Evolution du spectre de WOH G64 lors de la transition (Muñoz-Sanchez et al.) Gonzalo Muñoz-Sanchez
28/02/2026 • 14:18
L'existence de trous noirs supermassifs fugitifs, résultant de fusions de galaxies, est prédite depuis longtemps. Pour la première fois, en mars 2023, le télescope spatial Hubble avait donné un indice laissant penser qu’on en avait repéré un, avec l’existence d’une sorte de longue trainée de gaz choqué (voir nos épisodes 1469 et 1493). Aujourd'hui, l’équipe à l’origine de cette observation initiale a refait d’autres observations mais cette fois avec le télescope Webb. Les données confirment que cet objet se déplace à une vitesse supersonique dans le milieu intergalactique, perturbant le gaz diffus et créant un arc de choc. Les chercheurs estiment que cet objet est très probablement un trou noir supermassif, éjecté de sa galaxie et traversant le milieu intergalactique à grande vitesse. L’étude est à paraître dans The Astrophysical Journal Letters. Source JWST Confirmation of a Runaway Supermassive Black Hole via its Supersonic Bow ShockPieter Van Dokkum et al.The Astrophysical Journal Letters, Volume 998, Number 1https://doi.org/10.3847/2041-8213/ae3d0e Illustrations Image du sillage obtenue par Hubble en 2023 et zone aujourd'hui observée avec Webb (Van Dokkum et al.) Modélisation 3D de l'arc de choc supersonique produit dans le milieu intergalactique (Van Dokkum et al.)3.Pieter Van Dokkum
21/02/2026 • 11:40
Dans un article à paraître dans Planetary Science Journal, une équipe de chercheurs montrent grâce à des simulations que Hypérion serait le résultat d'une collision spectaculaire entre Titan et une lune ancienne suite à une déstabilisation orbitale. Cette découverte contribue à expliquer l'origine du système d'anneaux de Saturne. Source Origin of Hyperion and Saturn’s Rings in A Two-Stage Saturnian System InstabilityMatjia Cuk et al.à paraître dans The Planetary Science Journalhttps://www.arxiv.org/abs/2602.09281 Illustrations Hyperion imagé par la sonde Cassini le 26 septembre 2005 à une distance d'environ 34 000 km (NASA / JPL-Caltech / Space Science Institute). Illustration de la séquence d'événements du modèle proposé (Matija Ćuk et al.) Matija Ćuk
14/02/2026 • 08:59
Une équipe de chercheurs a découvert que les jets à grande échelle entraînent une forte amplification du champ magnétique, et ils ont intégré cet effet dans un nouveau scénario de dynamo distinct des modèles conventionnels généralement adoptés pour les dynamos planétaires et stellaires. Ces travaux sont particulièrement pertinents pour l'amplification du champ magnétique dans les plasmas, les planètes, les étoiles, les étoiles à neutrons et les disques d'accrétion autour d'objets compacts. Ils publient leur étude dans Nature. Source Large-scale dynamos driven by shear-flow-induced jetsB. Tripathi et al.Nature volume 649 (21 janvier 2026) Illustration Evolution à long terme d’une dynamo, montrant des phases de génération turbulente de flux et de champs magnétiques (B. Tripathi et al.). Bindesh Tripathi
08/02/2026 • 11:34
La matière noire n'émet ni n'absorbe de lumière, mais joue un rôle fondamental dans l'évolution des galaxies et des structures. Comme elle n'interagit que par la gravité, l'un des moyens les plus directs de l'étudier est l'effet de lentille gravitationnelle : la déviation de la lumière provenant de galaxies lointaines par une masse intermédiaire. Une équipe de chercheurs vient d’utiliser cette méthode avec des images du télescope Webb pour fournir une carte de la masse sombre la plus détaillée à ce jour. L’étude est publiée dans Nature Astronomy. Source An ultra-high-resolution map of (dark) matterDiana Scognamiglio et al.Nature Astroinomy (26 january 2026)https://doi.org/10.1038/s41550-025-02763-9 Illustrations Cartographie de la matière noire dans la zone étudiée (Scognamiglio et al.) Cartographie de la matière noire dans la zone étudiée, en contours de densité (Scognamiglio et al.) Diana Scognamiglio
30/01/2026 • 13:51
La sonde Solar Orbiter de l'ESA a permis de découvrir qu'une éruption solaire est déclenchée par des perturbations initialement faibles qui s'intensifient rapidement. Un ensemble inédit d'observations réalisées grâce au travail complémentaire de quatre instruments de la sonde offrent l'image la plus complète jamais obtenue d'une éruption solaire. L'étude est parue dans Astronomy&Astrophysics. Source A magnetic avalanche as the central engine powering a solar flareL. P. Chitta et al.Astronomy&Astrophysics Volume 705 (21 January 2026)https://doi.org/10.1051/0004-6361/202557253 Illustrations L'éruption du 30 septembre 2024 imagée par Solar Orbiter (Chitta et al.) Lakshmi Pradeep Chitta
25/01/2026 • 11:26
Depuis la mise en service du télescope spatial Webb, les petits points rouges apparaissant sur ses images intriguent les astrophysiciens du monde entier. On en avait encore parlé ici même fin novembre. Aujourd'hui, une équipe internationale de chercheurs expliquent finalement ce qui se cache dans ces objets : des petits trous noirs supermassifs entourés d’un cocon de gaz ionisé en train de grossir rapidement. L’étude est publiée dans Nature, qui en fait sa couverture cette semaine. Source Little red dots as young supermassive black holes in dense ionized cocoonsV. Rusakov, et al.Nature volume 649, (14 january 2026)https://doi.org/10.1038/s41586-025-09900-4 Illustrations Exemple de Little Red Dots imagées par le télescope Webb (NASA JWST/Darach Watson) Couverture de Nature cette semaine Vadim Rusakov
16/01/2026 • 10:37
Récemment, un objet d'un million de masses solaires a été découvert, associé à un arc gravitationnel étendu et extrêmement fin. Une équipe d'astrophysiciens vient d'effectuer des tests approfondis de diverses hypothèses concernant le profil de densité de masse de cet objet. Il serait composé d'un trou noir central de l'ordre de 1 million de masses solaires entouré d'une distribution de matière noire qui serait tronquée brusquement à un rayon de 139 pc, une structure qui ne ressemble à aucun objet astronomique connu et qui challenge les modèles "classiques" de matière noire froide. L'étude est parue dans Nature Astronomy. Source A possible challenge for cold and warm dark matterSimona Vegetti et al.Nature Astronomy (5 january 2026)https://doi.org/10.1038/s41550-025-02746-w Illustration Image de la lentille gravitationnelle JVAS B1938+666. L'objet perturbateur objet de cette étude est désigné par la lettre 𝛎 Simona Vegetti
09/01/2026 • 15:46
Des physiciens de l'Institut de Physique Moderne de l'Académie chinoise des sciences (CAS) ont mesuré directement les masses de deux noyaux atomiques extrêmement instables, le phosphore-26 et le soufre-27 (demi-vies de 43 ms et 15 ms respectivement). Ces mesures de haute précision fournissent des données essentielles au calcul des taux de réactions nucléaires lors des sursauts de rayons X des étoiles à neutrons. Cela permet de mieux comprendre comment les éléments chimiques sont créés dans certains des environnements les plus extrêmes de l'univers. Les résultats de l'étude ont été publiés dans The Astrophysical Journal. Source Precision Mass Measurement of 26P and 27S and Their Impact on the 26P(p,γ)27S Reaction in Stellar X-Ray BurstsZ. Y. Chen, et al.The Astrophysical Journal, Volume 994, Number 2 (1 december 2025)https://doi.org/10.3847/1538-4357/ae1470 IllustrationVue d'artiste d'un sursaut X d'une étoile à neutrons (Chutterstock).
04/01/2026 • 08:38
Une équipe de chercheurs vient de caractériser l'épaisseur de la glace et la structure du sous-sol d'Europe (lune de Jupiter) grâce au radiomètre micro-ondes de la sonde Juno. Alors qu'on estimait auparavant que cette croute de glace surplombant un océan liquide faisait entre 3 km et 30 km, la valeur trouvée aujourd'hui est dans la fourchette haute : 29 ± 10 km, mais il y aurait des fissures de plusieurs centaines de mètres de profondeur. L'étude est publiée dans Nature Astronomy. Source Europa’s ice thickness and subsurface structure characterized by the Juno microwave radiometerS. M. Levin et al.Nature Astronomy (17 december 2025)https://doi.org/10.1038/s41550-025-02718-0 Illustrations Europe imagée par Juno lors de son survol du 29 septembre 2022 (NASA) Données MWR pour chaque canal de fréquence, superposées sur une carte d'Europe (Levin et al.) Steven Levin
27/12/2025 • 14:46
Le 18 août 2025, la collaboration LIGO–Virgo–KAGRA a détecté des ondes gravitationnelles issues de la fusion d'un système binaire d'étoiles à neutrons en dessous du seuil de masse classique. Au moins une des étoiles à neutrons avait une masse inférieure à celle du Soleil. Le Zwicky Transient Facility a cartographié la localisation approximative de cet événement et a découvert une source transitoire coïncidant spatialement et temporellement avec le déclenchement des ondes gravitationnelles. La première semaine de suivi a révélé des propriétés similaires à celles d'une kilonova de type GW170817. Mais les suivis ultérieurs suggèrent des propriétés plus proches de celles d'une jeune supernova de type IIb à enveloppe dépouillée. Une analyse approfondie montre qu'il pourrait s'agir en fait des deux, dans un nouveau processus qu'on appelle une superkilonova... L'étude est parue dans The Astrophysical Journal Letters. Source ZTF25abjmnps (AT2025ulz) and S250818k: A Candidate Superkilonova from a Subthreshold Subsolar Gravitational-wave TriggerMansi Kasliwal et al.The Astrophysical Journal Letters, Volume 995, Number 2 (15 december 2025)https://doi.org/10.3847/2041-8213/ae2000 Illustrations Vue d'artiste du phénomène de superkilonova (Caltech/K. Miller and R. Hurt (IPAC)) Mansi Kasliwal
21/12/2025 • 18:27
Une équipe internationale d'astrophysiciens vient de publier dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society des preuves convaincantes que la structure de la matière entourant les trous noirs supermassifs a changé au cours du temps cosmique, ce qui remet en cause un paradigme sur les quasars datant des années 1960. Source Revisiting the X-ray-to-UV relation of quasars in the era of all-sky surveysMaria Chira et al.Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, Volume 545, Issue 1 (11 December 2025)https://doi.org/10.1093/mnras/staf1905 Illustrations Corrélation entre la luminosité UV et la la luminosité X pour différentes valeurs de redshift z. (Chira et al.) Maria Chira
14/12/2025 • 10:29
Le 2 juillet 2025 a eu lieu un événement extraordinaire : un sursaut gamma a été détecté sur une durée de près de 7h d'affilée ! La plupart des sursauts gamma (GRB) de longue durée ne durent au maximum que quelques minutes. Il est probable que cet événement sans précédent annonce un nouveau type d'explosion stellaire. Selon les astrophysiciens, la meilleure explication de cette explosion est qu'un trou noir a englouti une étoile, mais ils ne s'accordent pas sur la manière dont cela s'est produit et d’autres hypothèses restent valides. Une série d’articles consacrés à GRB 250702 sont parus ou à paraître, dont celui décrivant l’émission de rayons gamma, paru dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society. Source GRB 250702B: Discovery of a Gamma-Ray Burst from a Black Hole Falling into a StarEliza Neights et al.Monthly Notices of the Royal Astronomical Society (14 novembre 2025)https://doi.org/10.1093/mnras/staf2019 Illustrations Image de la galaxie hôte de GRB 250702B par le télescope Webb (Neights et al.) Vue d'artiste de GRB 250702B (NOIRLab/NSF/AURA/M. Garlick) Eliza Neights
11/12/2025 • 12:34
Ces cinq dernières années ont été marquées par une augmentation sans précédent du nombre de satellites en orbite autour de la Terre. On commence à peine à en comprendre les répercussions, à l'heure où les débris en orbite sont déjà en tel nombre qu'un micro-impact a récemment empêché le dernier équipage chinois de rentrer sur Terre avec la capsule prévue. Une chose est sûre : le ciel nocturne est en pleine mutation, et les astronomes sont aux premières loges pour en être témoins. Vu du sol, cette flambée satellitaire se manifeste par des traînées lumineuses sur les images astronomiques des grands télescopes, dues à la réflexion de la lumière solaire par les satellites lors de leur déplacement dans le ciel. Mais il n'y a pas que les télescopes terrestres qui sont impactés. Dans un article venant de paraître dans Nature, une équipe de chercheurs montre que la prolifération des satellites a et aura également un impact très important sur les télescopes en orbite. Source Satellite megaconstellations will threaten space-based astronomyAlejandro Borlaff et al.Nature volume 648(3 december 2025)https://doi.org/10.1038/s41586-025-09759-5 Illustrations Images simulées des télescopes spatiaux Hubble, SPHEREx, ARRAKIHS et Xuntian (Borlaff et al.) Positions en altitude des télescopes spatiaux étudiés et des constellations de satellites prévues (Borlaff et al.) Nombre moyen de traînées de satellites par exposition en fonction de la population de satellites artificiels en orbite terrestre pour les quatre télescopes étudiés [échelles logarithmiques!] (Borlaff et al.) Alejandro Borlaff
06/12/2025 • 16:03
La découverte récente de toutes petites galaxies très rouge à faible rayon (appelées des Little Red Dots, LRD) a potentiellement révélé un nouveau type de population galactique dans l'Univers primordial, caractérisée par de petits rayons effectifs (100 à 200 parsecs seulement) mais de grandes masses stellaires (plusieurs dizaines de milliards de masses solaires). Leur source d'énergie demeure incertaine : trous noirs supermassifs en accrétion ou une intense formation d'étoiles. Une équipe d'astrophysiciens à analysé les conséquences dynamiques de ces densités stellaires extrêmes et arrivent à la conclusion que les collisions d'étoiles doivent y être incontrôlées, menant à la naissance de trous noirs massifs en très peu de temps. L'étude est publiée dans The Astrophysical Journal. Source Little Red Dots are Nurseries of Massive Black HolesFabio Pacucci, Lars Hernquist, and Michiko FujiiThe Astrophysical Journal, Volume 994, Number 1 (13 november 2025)https://doi.org/10.3847/1538-4357/ae1619 Illustrations Images de six LRD observées avec le télescope Webb [NASA/ESA/CSA/I. Labbe] Fabio Pacucci
30/11/2025 • 16:18
Le rover martien Perseverance vient d’enregistrer plusieurs sons et signaux électromagnétiques qui correspondent très probablement à des décharges électriques associées à des tempêtes de poussière. C'est la première fois qu'un preuve in situ est apportée sur un phénomène longtemps prédit théoriquement. L’étude est parue dans Nature. Source Detection of triboelectric discharges during dust events on Mars.Baptiste Chide et al.Nature 647, 865–869 (26 November 2025).https://doi.org/10.1038/s41586-025-09736-y Illustrations Illustration de la détection de décharges électriques par Perseverance (Nicolas Sarter) Baptiste Chide devant la maquette de Perseverance
28/11/2025 • 13:45