Show cover of SessionLab

SessionLab

Dans le sillon des musiques actuelles du monde, SessionLab pose un regard curieux sur des artistes au parcours singulier. La sémillante Hortense Volle s’invite à domicile ou sur les chemins de la création (studio, salle de spectacle, tourbus…), pour tisser un portrait sensible où les artistes prennent le temps de se raconter. Une conversation en toute intimité et en audio 3D, au cœur des musiques et de leurs créateurs. SessionLab : l’émission musicale et immersive de RFI Labo pour RFI et France24, à écouter sur rfimusique.com et toutes les plateformes.  Journaliste : Hortense Volle ; Réalisation : Benjamin Sarralié ; Prise de son et mixage 3D : Fabien Mugneret.

Titres

Jovi (BCUC) : “Nous sommes persuadés que nous pouvons changer le monde”
Porte-drapeau d’une jeunesse sud-africaine post-apartheid tournée vers le futur, le bouillonnant collectif BCUC compose et interprète des morceaux long format qui puisent aux sources du free-jazz, du hip-hop et des rythmes traditionnels d’Afrique du Sud pour "emmener l’auditeur dans le lieu où les ancêtres vivent". Décryptage avec Zithulele Zabani Nkosi, dit Jovi, le chanteur de BCUC. Chant choral, tambour de bouche zoulou, sifflets de mineur shona, corne imbomu (ancêtre de la vuvuzela), basse héritée du groove mbaqanga, voix soul, rap furieux… la “transe afrospychédélique” et surpuissante de BCUC (Bantu Continua Uhuru Consciousness) prend toute son ampleur en live, elle transpire l’audace et libère une énergie rebelle jubilatoire ! Sur Emakhosini (2018), le deuxième volet d’une trilogie initiée en 2017 avec Our Truth, le chanteur de BCUC, Zithulele Zabani Nkosi, dit Jovi, scande : “Mon flow magique est contagieux, c’est quelque chose qui n’a rien de comparable avec la pop music, quelque chose qui grandit inexorablement en vous !”. J’étais donc prévenue et n’ai pas boudé mon plaisir de pouvoir rencontrer Jovi à Marseille, quelques heures avant le concert du groupe à la Fiesta des Suds. L’évènement fêtait ses 30 ans et le show, bouillant, de BCUC, fut à son image : une expérience rare et précieuse. SessionLab par Hortense Volle : une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque. Réalisation : Benjamin Sarralié Prise de son et mixage 3D : Fabien Mugneret Production : RFI Labo Facebook / Instagram / YouTube   Titres diffusés ► Extraits de l’album The Healing (2019 – Buda Musique) : Sikhulekile ; Isivunguvungu ; The Journey with Mr Van Der Merwe ► Extrait de l’album Emakhosini (2018 – Buda Musique) : Moya ; Nobody Knows ► Extrait de l’album Our Truth (2016 – Nyami Nyami Records) : Yinde ; Asazani ; In My Blues
48:30 23/11/2022
KT Gorique: “Je n’fais pas de rap conscient, j’suis consciente de rapper”
Son est flow est aiguisé et son hip hop, à son image, métissé. Ses racines sont en Côte d’Ivoire, la ville où elle vit est en Helvétie. En bientôt six projets, un paquet de contests, de trophées et de concerts, KT Gorique a inscrit la Suisse romande sur la carte du hip hop mondial. Portrait d’un brin de femme de 31 ans, une artiste passionnée, exigeante et déterminée. Si ce nom, KT Gorique, ne vous dit encore rien, vous avez peut-être vu son visage au cinéma, en 2014, dans Brooklyn du réalisateur français Pascal Tessaud. Ou plus récemment, en juin 2022, sur le petit écran puisque KT Gorique a marqué de sa présence la première saison, sur Netflix, de Nouvelle école : la version rap de Rhythm + Flow, l'émission américaine produite par Netflix. KT Gorique, qu’on appelle aussi Dame KT ou Madame Gorique, est née en 1991 à Abidjan, d’une mère ivoirienne et d’un père italien. En 2002, la crise politico-militaire en Côte d’Ivoire l’oblige à immigrer en Suisse. La jeune fille a alors 11 ans, découvre le hip hop via la danse puis le rap et c’est le coup de foudre ! A l'écoute de Missy Elliott, Queen Latifa ou Kenny Arkana, KT Gorique développe un flow, selon sa propre expression, “sportif et efficace”, écume les contests hip hop et remporte, entre autres trophées, à 21 ans, à New York, le titre de championne du monde de freestyle en improvisation au End of the Weak. En même temps et bien, elle établit alors trois records : celui de la première femme, la première Suissesse et la plus jeune personne de l’histoire à remporter ce titre. Dans la foulée, à 25 ans, l’auto-proclamée “Punch Norris” sort son premier album, Tentative de survie (2016). Suivront une mixtape en 2017 (ORA) et un EP, Kunta Kita, en 2018. Puis, en 2020, un deuxième album, Akwaba, “bienvenue” en baoulé. Un opus de 22 titres (dont 5 interludes partagés avec l’humoriste Shirley Souagnon), né de son retour en Côte d’Ivoire, à l’âge de 27 ans, 16 ans après l’avoir quittée. KT Gorique y rappe en français, un peu en anglais et en nouchi (argot né en Côte d'Ivoire constitué d'un mélange de français et de plusieurs langues locales et internationales). Ses textes, portés par des beats boom bap, trap, reggae ou coupé décalé, explorent les questions du déracinement, du racisme et du sexisme. En 2021, celle que l’on appelle “couteau-suisse” en raison de ses multiples talents (également basketteuse, elle troque volontiers ses stylos pour des pinceaux), a livré un 4 titres, Heda. Cette année, elle a sorti une poignée de singles et notamment New Babylon, titre que portera sous peu son nouvel EP. J’ai rencontré KT Gorique à Marseille, quelques heures avant son concert à la Fiesta des Suds. Accompagnée d’un dj, d’un batteur et d’un backeur-danseur, elle y a livré une prestation confondante de maturité. Son talent de performeuse l’a confirmé : nous sommes désormais bien décidés à la suivre de près ! SessionLab par Hortense Volle : une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque. Réalisation : Benjamin Sarralié Prise de son et mixage 3D : Fabien Mugneret Production : RFI Labo Facebook / Instagram / YouTube   Titres diffusés ► Singles :No Vaseline (2022) ; Bon Mood (2022) ; Fuerte (2022) ► Extraits de l’album Akwaba (2020 – Creepy Music) :  Interlude : Akwaba ; Çi ça ; Quitte-là ; Real Badman ; Pensée ; Life ; Airforce ; Mal du pays ► Extrait de l’EP Kunta Kita (2018- FarMore Records) : Outta Road ; Singulier ► Extrait de l’EP ORA (2017 - KT Gorique) : Cry ; Pour la nation ► Extrait de l’album Tentative de survie (2016 - KT Gorique) : Hip Hop Music ; Pas la peine ; Colt 45 & couteau-suisse ; My People   Et aussi : ► Un extrait du “Biggest female allstars cypher” réalisé par KT Gorique en 2020. Session freestyle de sept minutes qui rassemble, sur un instrumental de Fana, dix-neuf rappeuses de neuf pays. ► Le générique de la série televisée Walker, Texas Ranger avec Chuck Norris dans le rôle de Walker. ► Le titre Première Djandjou (2002) de la rappeuse ivoirienne Nash.
48:35 09/11/2022
L’alchimie hip hop de Chinese Man
Qui se cache derrière ce nom, Chinese Man, figure mystique à la fois omnipotente et invisible ? Pourquoi et comment, depuis plus de 15 ans, reconnaît-on toujours sa signature alors même que sa musique est multiple ? Pour le savoir, je me suis invitée à Marseille, dans les locaux de Chinese Man Records, juste avant le concert du groupe Chinese Man à la Fiesta des Suds. Chinese Man, "l’homme chinois" en français, a trois têtes : Sly, Mateo et High Ku. Trois têtes bien faites qui se sont connues à Aix-en-Provence à l’heure où certains vont à l’université. Trois passionnés de cinéma, de musiques et de danse qui, au début des années 2000, à Marseille, avec d’autres de leurs amis, ont monté le collectif Chinese Man Records. Aujourd’hui, Chinese Man, ce sont deux albums (Racing with the Sun en 2011 et Shikantaza, en 2017), des projets en solo (BOLD, Matteo, Rumble) etde nombreux projets collectifs comme les compilations The Groove Sessions (avec des artistes maison tels que Youthstar, Taiwan MC ou ASM) qui puisent leurs influences dans le hip hop, le trip-hop, mais aussi le dub, l’électro ou encore le reggae. Pour célébrer les 15 ans du collectif devenu label, producteur et tourneur, Chinese Man a invité deux autres groupes de la famille Chinese Man Records, Scratch Bandit Crew et Baja Frequencia, a composé le 5e volume de ses The Groove Sessions. L’occasion d’un nouveau live festif et audacieux (c’est leur marque de fabrique), que les Chinese Man ont pris un malin plaisir à jour à domicile pour fêter les 30 ans d’une autre aventure marseillaise et musicale qui les a vu grandir et les a souvent programmés : la Fiesta des Suds. Parce que je ne pouvais pas rater les anniversaires de ces institutions marseillaises, je me suis invitée, avant leur concert à la Fiesta des Suds, chez les Chinese Man. On a parlé d’engagements, de spectacles vivants et d’enjaillement par le renouvellement ! SessionLab par Hortense Volle : une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque. Réalisation : Benjamin Sarralié Prise de son et mixage 3D : Fabien Mugneret Production : RFI Labo Site officiel / Facebook / YouTube / Instagram   Titres diffusés ▶ Extraits de la compilation The Groove Sessions, Vol.5  - Chinese Man, Scratch Bandits Crew, Baja Frequencia (2020 – Chinese Man Records) : Hold Tight ; Be Mine ; Bonde do Gigi ; Break Down ; Beast is Loose ; Leng It Off ; You Can Go ; Not So Samba ; Just Before ▶ Extraits de l’album Shikantaza (2017 - Chinese Man Records) : Shikantaza ; Step Back ; Escape ▶ Extrait de l’album The Journey - Chinese Man & Tumi (2015 – Chinese Man Records) : The Journey ▶ Extraits de la compilation The Groove Sessions, Vol. 3 (2014 – Chinese Man Records) : One Upon a Time ; Independant Music ▶ Extraits de l’album Racing the Sun (2011 – Chinese Man Records) : Morning Sun – Introduction ; Down ; One Past ; Ta Bom  ▶ Extraits de la compilation Groove Sessions (2007 – Chinese Man Records) : I’ve Got that Tune ; Artichaut ; Chinese Man 
48:30 26/10/2022
Jupiter Bokondji, "visionnaire" électrique
Convaincu de sa bonne étoile, Jupiter n’a jamais dévié de sa trajectoire pour "révolutionner la musique congolaise" longtemps dominée par les orchestres tout puissants de la rumba. Ses racines parées d’une aura rock, il sort son 1er album, Hotel Univers, à l’âge de 50 ans. Dix ans, deux autres albums et des concerts mémorables aux quatre coins du globe plus tard, portait d’une figure magistralement atypique de la scène musicale de Kinshasa (RDC). Une voix rocailleuse et narquoise, une silhouette longiligne. Notre homme se fait appeler Jupiter, mais son vrai nom est Jean-Pierre Bokondji et c’est une figure magistralement atypique de la scène musicale de Kinshasa, la capitale aux 17 millions d’habitants de la République démocratique du Congo, "la force, le miroir, le poumon de la RDC, ce coin qui réunit toute la diversité des ethnies du pays".  Jupiter y est né en 1963, soit trois ans après l’indépendance du Congo belge. Mais c’est en Allemagne de l’Est, où son père diplomate était en poste à Berlin, qu’il a passé, avant la réunification, une partie de sa jeunesse. À 17 ans, Jupiter est de retour à Kin et reconnecte avec les musiques traditionnelles de son pays. Un pays qui compte pas moins de 450 ethnies dotées chacune de 10 à 15 rythmes. Très vite, il n’a qu’une seule ambition : représenter dans une fête électrifiée l’ensemble de ces ethnies pour "révolutionner la musique congolaise et, par là, les mentalités", dominés par les orchestres tout-puissants de la rumba et les chantres engrainant du ndombolo. Ses racines parées d’une aura rock, Jupiter se fait le chroniqueur du quotidien, dénonce l’injustice, se bat au nom des opprimés. Bien vite, il ouvre une brèche et devient le porte-flambeau des oubliés de son quartier, et de ceux qui ne se reconnaissent pas dans le seul miroir, forcément déformant, que tendent les chanteurs de rumba. Lui qui semble avoir eu mille vies, se voit bientôt affublé d’autant de surnoms : "l’espoir de la jeunesse", "le monument vivant", "le général rebelle", "le visionnaire". En France, on découvre sa silhouette longiligne en 2006 grâce à La danse de Jupiter, le documentaire de Renaud Barret et Florent de la Tullaye consacré à la nouvelle scène musicale de Kinshasa. On y aperçoit les Staff Benda Bilili, auxquels les mêmes réalisateurs consacreront un documentaire entier qui les fera décoller sur les scènes du monde entier. Huit ans plus tard, en 2013, quand sort son 1er album, Hôtel Univers, Jupiter vient d’avoir 50 ans et avec son groupe Okwess, ils sont propulsés sur orbite internationale. Depuis, notre passeur de transes et authentique alchimiste tradi-moderne, a sorti deux autres albums (Kin Sonic en 2017 et Na Kozonga en 2021) et fait résonner aux quatre coins du globe son groove aussi déjanté qu’universel : percussions puissantes, guitares déchaînées, voix chorales, incantations furieuses. Jupiter et les siens transcendent les rythmes du Congo en les plongeant dans le grand bain des sonorités actuelles. Le tout à la sauce Okwess, c’est-à-dire de manière jouissive et rock’n’roll ! Lorsqu’il est en tournée en France, Jupiter est basé à Ivry-sur-Seine, dans le sud-est de Paris, non loin des récentes Tours Duo de l'architecte Jean Nouvel, mais de l’autre côté du périph'. Un petit coin préservé : une rue pavée, des maisonnées… et dans la sienne un petit jardin où nous nous sommes installés pour revenir ensemble sur les êtres qui ont accompagné sa carrière : sa grand-mère et son papa, Tata Bokondji ; les réalisateurs Florent de la Tullaye et Renaud Barret ; le musicien voyageur Damon Albarn ; feu le producteur Marc-Antoine Moreau et son actuel manager, son "frère pour l’éternité", François Gouverneur.   SessionLab par Hortense Volle : une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque.   Réalisation : Benjamin Sarralié Prise de son et mixage 3D : Fabien Mugneret Production : RFI Labo YouTube / Facebook / Instagram   ► Titres diffusés Singles : Kwatamaja (2022 – Partyfime) Extraits de l’album Na Kozonga (2021 – Zamora Publishing / Studio Gouv) : Telejayi feat. Marcelo D2 ; Na Kozonga ; Marco ; Izabela ; Abalegele Gale (feat Preservation Hall Jazz Band) ; Jim Kata feat. Yarol Poupaud ; Bakunda Ulu feat. Maiya Sykes ; Extraits de l’album Kin Sonic (2017 – Zamora Label) : Hello ; Nzele Momi feat. Warren Ellis ; Bengai Yo feat. Damon Albarn ; Benanga ; Ofakombolo ; Le temps passé feat. Sandrine Bonnaire ; Extraits de l’album Hôtel Univers (2013 – OutHere Records) : Evala Interlude ; The World is my Land ; Djwede Talalaka ; Extrait de la compilation Kinshasa One Two (2011 – Warp Records) : Ah Congo feat. Bokatola System.   ► Et aussi : Un extrait du documentaire de Renaud Barret et Florent de la Tullaye, La danse de Jupiter. Le titre NighttraiN  de Hallo Bimmelbahn
48:30 12/10/2022
Viva La Chica !
Franco-vénézuélienne, Sophie Fustec incarne La Chica. Tour à tour guerrière ou poétesse, à la sauce électro (Cambio) ou accompagnée de son seul piano (La Loba), sa voix enveloppe, envoûte, caresse. Portrait, à domicile, d’une artiste totale, un peu chamane, qui chante en espagnol, la langue de ses rêves. De père français et de mère vénézuélienne, Sophie Fustec a grandi entre Belleville, dans l’Est parisien et Merida, au Venezuela, le pays le plus au nord de l’Amérique du Sud. Après avoir étudié le piano classique, accompagné aux claviers Zap Mama, Yael Naim ou encore Mayra Andrade et s’être fait remarquer avec l’insolent groupe polyphonique 3SomesSisters, Sophie Fustec décide de tracer son propre chemin et devient, en 2015, La Chica. Cambio (2019), son premier album, est bâti sur un kaléidoscope de sonorités et de textures. Voix chaudes, scratch doux, La Chica y explore aussi bien la pop que le folklore vénézuélien et se joue des contrastes rythmiques pour mieux mettre en avant sa sensibilité, emprunte de poésie et de combativité. Résultat : une proposition hybride qui ne correspond ni aux clichés latinos, ni aux tendances urbaines et minimalistes grand public du moment, mais qui lui ressemble à 100% ! Le dernier projet de la Chica, La Loba (2020), "est un manifeste sur la mort, le feu de la vie et le féminisme".  Un album intimiste, dédié à son frère, disparu tragiquement trop tôt. Un album qui se décline au piano et laisse place à des chansons plus organiques, comme autant de rituels magiques qui nous transportent avec une intensité rare. La Chica m’a reçue chez elle, en région parisienne. Sur la table basse du salon, un livre de la psychanalyste et conteuse américaine, Clarissa Pinkola Estés, des coquillages et un crâne mexicain en terre cuite décoré de perles colorées. On a parlé du Venezuela, le pays où elle a appris a marché, de Belleville, le quartier où elle a grandi, de son Mexique d’adoption et bien sûr aussi, de "l’amour de sa vie", le piano.   SessionLab par Hortense Volle : une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque. Réalisation : Benjamin Sarralié Prise de son et mixage 3D : Fabien Mugneret Production : RFI Labo Site officiel / YouTube / Facebook / Instagram ► Titres diffusés :  Extraits de l’EP La Loba (2020 – Zamora) : La Loba ; Sol ; Interlude ; Agua ; Hoy (Lobo) et, en live, Drink Single : La Serpiente (2020) ; Venezuela Extraits de l’album Cambio (2019 – Self-released) : Hay Algo ; Sola ; Canto Del Pilon ; Mis Pies ; Ratas ; Veo Veo (Cambio) ; Addict Extraits de l’EP Oasis (2017 - Underdog Records) : Oasis ; El Rezo ; Vale La Pena Et aussi : 3SomesSisters – Fall Apart 3SomesSisters – Hold Tight Zap MaMa – Take me Coco Debussy – Clair de Lune Gala – Freed From Desire
48:30 28/09/2022
La recette highlife du combo ghanéen Santrofi
Depuis le festival Rio Loco, leçon de musique highlife avec Emmanuel Ofori, le bassiste et leader du groupe Santrofi, un combo ghanéen composé de huit musiciens hors pair, bien décidés à donner un nouveau souffle à la musique de leurs illustres pairs (E.T Mensah et Ebo Taylor en tête). Attention, groove surpuissant ! Le Ghana, ce pays d’Afrique de l’Ouest situé au bord du golfe de Guinée, entre le Togo et la Côte d’Ivoire, fut le premier état d’Afrique subsaharienne à se libérer du joug colonial. C’était en 1957, sous la houlette du président Kwame Nkrumah. Une musique, le highlife, un mélange de traditions musicales locales matinées de calypso et de jazz, accompagna cette époque. Et c’est le musicien E.T. Mensah qui en fut le pionnier. Aujourd’hui, le groupe Santrofi, qui doit son nom à un oiseau mythologique au chant puissant, a décidé de lui donner un nouveau souffle. Histoire de rappeler à la jeune génération que le highlife a été un élément primordial dans la construction de la musique moderne africaine qui inspira notamment l'afrobeat du voisin nigérian Fela Kuti.   Résultat : avant même la sortie de leur premier album, Alewa, en 2020, ses huit musiciens hors pair avaient déjà enflammé les plus grands festivals d’Europe à coups de riffs enivrants, de percussions surpuissantes et d’une généreuse section de cuivres portée par d’irrésistibles harmonies vocales. Alors que le vent d’autan, ce vent typique du sud-ouest de la France, s’est levé et que les groupes du soir balancent non loin sur la grande scène du festival Rio Loco, le bassiste et leader du groupe Santrofi, Emmanuel Ofori, nous attend attablé en bord de Garonne, à l’ombre des arbres. Mon objectif : lui soutirer la recette de cette véritable machine à danser ! SessionLab par Hortense Volle : une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque. Réalisation : Benjamin Sarralié Prise de son et mixage 3D : Fabien Mugneret Production : RFI Labo YouTube / Facebook / Instagram / Twitter Titres diffusés : ► Extraits de l’album Alewa (Outhere Records - 2020) : Kokrokoo ; Alewa (Black and white) ; Kwaa Kwaa ; Africa ; Odo Maba ; Cocoase ; Adwuma ; Kwabena amoah ; Konongo Kaya Et aussi : ► Sarkodie – Non Living Thing (feat.Oxlade) ► Ebo Taylor –  Saana ► 2Face Idibia – African Queen ► Kwame Nkrumah - Independence Speech - Accra, 6th March 1957 ► Des extraits du concert de Santrofi au festival Rio Loco
48:30 14/09/2022
Rodriguo Cuevas: l’ibérique trublion folklorique
La sensualité vissée au corps, Rodrigo Cuevas, auto-proclamé « agitateur folklorique » enfile ses gros sabots dorés (et ses porte-jarretelles) pour dépoussiérer les chants et les rythmes traditionnels des Asturies, sa région natale, spoliés par le franquisme. Résultat : une «folktronica» flamboyante. Portrait du chanteur, danseur, musicien et performeur espagnol Rodrigo Cuevas. À écouter au casque (audio 3D). Figure de proue de la «folktronica» espagnole, Rodriguo Cuevas, 37 ans, est né et vit encore dans la principauté des Asturies. Une communauté autonome d'Espagne du nord, baignée par l'Atlantique et coincée entre la Cantabrie et la Galice. Depuis son premier album Yo soy la maga (2012), Rodriguo Cuevas dépoussière tout sur son passage et surtout les rythmes et les chants traditionnels du nord de l’Espagne, qu’il rhabille à coup de basses telluriques et autres sorcelleries électro. Manual de Cortejo ( Manuel pour faire la cour), son 2ème album, alterne plages contemplatives et montées extatiques. Il a été réalisé avec la collaboration du musicien et producteur catalan Raül Refree, qui a propulsé les musiques traditionnelles de la péninsule Ibérique au cœur du XXIe siècle (Rosalia, Rocío Márquez, Niño de Elche, Sílvia Pérez Cruz, Lina) Sur scène, comme constaté en juin dernier, au festival Rio Loco, Rodriguo Cuevas manie l’ironie et la provocation avec brio et est capable de passer d’un registre burlesque à la sensualité la plus poignante. C’est justement après son flamboyant concert toulousain qu'Hortense Volle a rencontré celui qui se définit lui-même comme un « agitateur folklorique ». SessionLab par Hortense Volle : une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque. Réalisation : Benjamin Sarralié Prise de son et mixage 3D : Fabien Mugneret Production : RFI Labo Pour suivre Rodriguo Cuevas : YouTube / Facebook / Instagram    ► Titres diffusés : Extraits de l’album Manuel de Cortejo (2019 – Aris Música) : Muineira para a Filla Da Bruxa; Namas S'acaba Lo Que Nun Se Cunta;  Rambalin; Namas S'acaba Lo Que Nun Se Cunta; El Dia Que Naci Yo ; Tengo de Xubir al Puertu; Rumba de a Estierna; Fijate Si Era Rojo; Xiringuelu; Pena.  Extraits de l’EP Prince of Verdiciu  (2016 - Aris Música) : Verdiciu; Toro Barroso Le titre Corricorri para cochestage (2015) Et aussi : Des extraits de son concert au festival Rio Loco Le titre Baiuca - Veleno (ft. Rodrigo Cuevas)
48:30 31/08/2022
Rocé : "C’est dans les luttes que l’on comprend l’espoir"
L’EP Poings Serrés (2021) nous l’avait annoncé : Rocé, le rappeur français aux yeux perçants et au verbe tranchant, prépare un 5e album.  En attendant, l’enfant de Bab El Oued expose des vinyles dont les pochettes racontent les luttes d’émancipation. Portrait plein d’espérances d’un artiste pour qui la lutte est "une hygiène de vie". Une mère algérienne, un père aux origines russes, résistant et expert ès-faux papiers, José Youcef Lamine Kaminsky, alias Rocé, arrive d'Algérie en France à l’âge de 4 ans. Nous sommes en 1981 et la famille s’installe à Thiais, dans le Val-de-Marne (94). D'abord repéré par Manu Key (Mafia K'1 Fry) qui l'invite à inclure le morceau Respect sur l'album La rime urbaine (1996), Rocé sort en 1998 ses premiers tracks sur le label de Dj Medhy. Moi, je passe le bac ! 24 ans plus tard, je suis sacrément fière de vous emmener à la rencontre d’un artiste aux sons desquels j’ai grandi et qui peut s’enorgueillir d’être l’une des plus belles plumes du rap français.À son actif, quatre albums majeurs : Top départ (2001) ; Identité en crescendo (2006) ; L'Être humain et le Réverbère (2010) ; Gunz n'Rocé (2013). Une compilation aussi : Par les damné.e.s de la terre, sorti en 2018 sur son propre label, Hors Cadres. 24 titres rares des années 60 à 80, un panorama de chansons ouvrières, interprétées en français par des artistes issus des anciennes colonies. Un 5e album est en préparation et, en attendant, Rocé nous a concocté une exposition : "Ce que les pochettes nous disent". Elle réunit une sélection de vinyles dont les pochettes racontent une histoire trop souvent occultée. Celle des luttes sociales, syndicales, décoloniales, féministes… bref, les luttes d’émancipation. Pour la découvrir, direction Feu Continu, l’espace culturel de Verdragon : la maison de l’écologie populaire installée depuis le printemps 2022 à Bagnolet, en Seine-Saint de Denis, dans le nord-est de Paris. Et c’est Rocé lui-même qui nous fait visiter ! L’exposition "Ce que les pochettes nous disent" est ouverte jusqu’au 15 juillet 2022. Tous les vendredis – le matin pour les groupes (sur RDV), l’après-midi pour tout public. Pour toute demande : verdragonmep@gmail.com. Verdragon est un espace géré par les associations Front 2 mères (qui œuvre dans le domaine de l’accès à l’éducation) et Alternatiba (qui œuvre dans le domaine de l’écologie populaire). SessionLab par Hortense Volle : une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque. Réalisation : Benjamin Sarralié Prise de son et mixage 3D : Fabien Mugneret Production : RFI Labo Bandcamp / Facebook / Instagram / YouTube   ► Titres diffusés Extraits de l’EP Poings Serrés (Hors cadres – 2021) : Poings serrés ; Capitxlistes ; Han Solo ; Tenir debout Extraits de la compilation Par les damné.e.s de la terre (Hors cadres – 2018) : Blanchi (Guyane 1988) – Léon Gontran de Damas ; Monsieur l’indien (Québec 1972)  - Peloquin / Sauvageau ; Ça travaille, ça travaille, et sa ferme sa gueule - Troupe El Assifa Extraits de l’album Gunz n’Rocé (Hors Cadres - 2013) : En apnée ; Mon rap ne tient qu’à un fil ; Habitus Extraits de l’album L’être humain et le réverbère (Big Cheese Records / Hors Cadres – 2010) :Si peu comprennent Extraits de l’album Identité en crescendo (No Format – 2006) : Je chante la France ; Le Métèque ; Des problèmes de mémoires ; L’un et le multiple  Extraits de Top Départ (Chronowax Music - 2001) : Pour l’horizon ; Changer le monde ; On s’habitue   Et aussi : Les immortels de Franklin Boukaka 
48:30 29/06/2022
Le reggaeman Marcus Gad : digne héraut de la culture kanak
Rares sont les artistes venant de Nouvelle Calédonie – cet archipel du pacifique situé à 2 000 kilomètres des côtes australiennes et 16 000 kilomètres de Paris – qui parviennent à se faire une place dans le paysage musical international. Avec son reggae roots résolument spirituel et engagé, Marcus Gad, 31 ans, l’a fait ! Rencontre, à Paris, avec un éternel voyageur, un être solaire, un artiste fédérateur. Depuis le succès de son premier album Chanting en 2017, Marcus Gad ne cesse de faire parler de lui et de ces productions pointues et audacieuses. Attaché à un reggae roots résolument spirituel et engagé, le Calédonien l'a remis au goût du jour jusqu'à en proposer dans son troisième et dernier opus, Brave New World, en collaboration avec le beatmaker parisien Tamal, une fusion électro inédite. Eternel voyageur (il a multiplié les périples en Éthiopie comme en Inde ou en Amérique du Sud), Marcus Gad est animé par une insatiable soif d’apprendre (la permaculture, les méthodes de vie en communauté) et n’est pas facile à « attraper ». Mais en ce printemps 2022, le reggaeman débute, à Paris, une tournée européenne : l’occasion rêver de pouvoir enfin le rencontrer. Le rdv a été fixé dans le centre de la capitale, à la Maison de la Nouvelle-Calédonie, vitrine de ce territoire français d’outre-mer que l’on connaît si mal dans l’hexagone. Marcus Gad y est profondément attaché et souhaite en être « un porte-parole digne ». Sa discographie et ses propos en attestent : il ne manque pas d’arguments. SessionLab par Hortense Volle : une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque. Site officiel / Facebook / Instagram / YouTube   Titres diffusés : Extraits de l’album Brave New World (High Records / Easy Star / Baco Records – 2021) : Brave New World ; Tempo ; Sunshine ; From the Ashes ; Between the lines ; One Day ; Treasure ; Break the Spell ; Callin I Tribe. Extraits de l’album Rhythm of Serenity (Zion I Kings / Baco Records – 2020) : Rhythm of Serenity ; Pouvoir. Extraits de l’EP Enter au Space (Baco Records – 2019) : River ; Live up to the Day. Extraits de l’album Chanting (Natural Prod / Musicast - 2017) : Chanting ; Kanaké ; Keep Cool ; Soul Talk.Et aussi : Burning Spear – Marcus Garvey Midnite – Lion Wear the Crown Et des extraits d’ITW de Jean-Marie Tjibaou, figure emblématique de l’indépendantisme kanak en Nouvelle-Calédonie.
48:30 15/06/2022
ASM (A State Of Mind) : amitié, rap et vins nature
ASM, c’est l’histoire d’une amitié née au collège, en Allemagne, entre trois garçons fans de graffiti et de musiques noires. Gourmands et gourmets, ils combinent aujourd’hui leur amour du rap, de la gastronomie et des vins nature sur Origin & Juice. Portrait d’un groupe qui entend bien montrer que le hip hop peut être amusant, artistiquement ambitieux et intelligent. C’est dans le quartier de Belleville, au nord de Paris, que le collectif hip hop internationalASM (A State Of Mind) avait tourné, en 2016, le clip de Wednesday. C’est dans ce même quartier que j’ai retrouvé les MCs Green T et FP (Funk.E Poet) ainsi que leur beatmaker, Rhino, pour leur tirer le portrait ! ASM, c’est l’histoire d’une amitié née entre trois garçons fans de graffiti qui ont d’emblée cousu de solides mailles avec la musique noire, qu’il s’agisse du funk, de reggae ou de rap, version A Tribe Called Quest ou De La Soul. ASM, ce sont trois albums, de nombreuses collaborations (avec Wax Tailor ou Chinese Man) et, surtout, une volonté farouche de prouver que le hip hop peut être amusant, artistiquement ambitieux et intelligent. Résultat : un rap boom bap parfois épique, souvent lyrique et presque toujours organique. Leur dernier projet Origin & Juice  combine leur amour de la musique, de la gastronomie et du vin nature. Un mix qui me sied à merveille et qui explique que le groupe m’ait donné rdv à la Cave de Belleville… Une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque. Site officiel / Facebook / Instagram / YouTube Titres diffusés : - Extraits de l’EP Origin & Juice (2022- Chinese Man Records) : Shank Em ; Pork Belly ; Give a Schnitz ; Tapass ; Efcharisto - Extraits de l’album Colour Wheel (2019 - Chinese Man Records) : Grape feat. Cutty Ranks ; Champagne ; Honey feat. Chinese Man ; Flamingo feat. La fine Équipe - Extraits de l’EP String Theorie (2016 – Hoso) : On the Rise ; Wenesday ; - Extraits de l’album The Jade Amulet (2015 – Hoso / Third Culture) : Duel ; Renaissance - Extraits de l’album Crown Yard (2013 – Lab’Oratoire / Musicast) : Cool Runnings ; Don’t Look Back - Extrait de l’album Platypus Funk (2013- Lab’Oratoire / Musicast) : Guaranteed feat. Wax Taylor Et aussi : - Beginner - Hammerhart - Wax Taylor  - Positively Inclined feat. Marina Quaisse & ASM
48:28 01/06/2022
Hervé Salters (General Elektriks): "C’est important de continuer à parler d’amour"
À Rennes, en Bretagne, lors de la 25e édition du festival Mythos, Hortense Volle a rencontré le très groovy claviériste, chanteur et compositeur Hervé Salters, alias General Elektriks. Portrait d’un amoureux fou de synthétiseurs et de funk, l’inventeur d’une pop solaire, tourbillonnante et généreuse. À Rennes (Bretagne), au Mythos, le festival des arts de la parole, j’ai conversé avec le très groovy claviériste, chanteur et compositeur franco-anglais Hervé Salters, l'âme de General Elektriks. Une aventure lancée en 2003 avec l'album Cliquety Kliqk et couronnée, en 2009, par le tube Raid the Radio. Treize ans et 4 albums plus tard, le bidouilleur de claviers Hervé Salters reste un adepte du patchwork en tout genre qui compasse et compresse électro, soul, funk, jazz et hip-hop pour tisser une pop solaire, tourbillonnante et généreuse. Comme toujours avec General Elektriks, les messages de son 7e album, Party Like a Human, stimulent autant les jambes que les esprits. Une promesse qui prend toute son ampleur en live. Hervé Salters et ses acolytes sont de véritables bêtes de scène et j’ai pris un malin plaisir à le vérifier au Mythos ! SessionLab par Hortense Volle : une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque. Réalisation : Benjamin Sarralié Prise de son et mixage 3D : Fabien Mugneret Production : RFI Labo.   ► Pour suivre General Elektriks :  Site officiel / YouTube / Facebook / Instagram    ► Titres diffusés : - Extraits de l’album "Party Like a Human" (The Audio Kitchen /Wagram – 2021) : Cosmic Check ; Electric Pigeons ; Party Like a Human ; Seeker - Extrait de l’album "Carry No Ghosts" (The Audio Kitchen /Wagram – 2018) : Amour über alles - Extraits de l’album "To Be a Stranger" (The Audio Kitchen /Wagram – 2016) : The Man Who Unraveled ; Whisper to Me - Extraits de l’album "Good City for Dreamers" (The Audio Kitchen /Wagram – 2009) : Rebel Sun ; Little Lady ; Take Back The Instant ; Raid The Radio - Extraits de l’album "Cliquety Kliqk" (The Audio Kitchen /Wagram –2003) : Tu m’intrigues ; Central Park Et aussi : Vercoquin – Coucou Honeycut – Exodus Honey Frankie Smith – Double Dutch Bus Femi Kuti – Victim of Life Blackalicious – Paragraph President Blackalicious – Day One Billy Cobham – Red Baron
48:30 18/05/2022
Juicy: entité mutante à deux têtes (bien faites)
Juicy, c’est la rencontre de deux chanteuses et multi-instrumentistes bruxelloises,aussi à l’aise sur un beat électro que dans un live à quatre mains et deux pianos. Portrait d’une entité mutante à deux (belles) têtes (bien faites), dont le premier album, Mobile, s’amuse du mélange des genres. Audacieux et réjouissant. Juicy, c’est la rencontre, sur les bancs du Conservatoire royal de Bruxelles, de deux chanteuses et multi-instrumentistes : Sasha Vovk et Julie Rens. D’abord groupe de reprises rap et r'n'b, Juicy dévoile son vrai visage en 2018 avec un premier EP Cast A Spell, suivi d’un second, l’année suivante : Crumbs. Des textes intelligents et drôles, chantés en anglais. Une pop passée au blender de toutes leurs influences, du jazz au classique, pour un résultat délicieusement inclassable. Aussi à l’aise sur une reprise de Diam's que dans un live à quatre mains et deux pianos, Julie et Sasha font fi des codes, des modes et des attentes. Entre beats électro, flow hip hop et orchestre de flûtes et de cordes, ces deux trentenaires s’amusent du mélange des genres et n’ont pas peur d’aborder, en chansons, des sujets qui fâchent comme l’inceste (Late Night) ou les féminicides (Love When It’s Getting Bad ; Truth ; Haunter) et de société comme l’emprise des réseaux sociaux (Treffles) ou le survivalisme (Bug in). Le duo vient de livrer Mobile, son premier album. Pour fêter ça, je suis allée rencontrer Julie et Sasha dans leur QG, un café du quartier Saint-Géry, en plein centre de Bruxelles… Une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque. Facebook / Instagram / YouTube ► Titres diffusés dans le podcast :  Extraits de l’album Mobile (Capitane Records- 2022): Fall Asleep ; Treffles ; Youth ; Love When It’s Getting Bad ; Bug In ; Call me ; Truth ; Haunter ; Common Future ; Remain ; You Don’t Have to Know ; Don’t fall Asleep ; Late Night Extraits de l’EP Crumbs (2019) :  Mama Told Me ; Over my shoulder ; See Me Now ; I wanna Yes I wanna Extraits de l’EP Cast A Spell (2018) : Count our Fingers Twice ; Die Baby Die ; For Hands on Ass ; Something is Gone Et aussi : Piano Live Session de Juicy See me Now de Juicy & Bravo Big Band Juicy de Notorious Big
48:29 04/05/2022
Meskerem Mees ou l’art de réinventer le folk, tout en douceur
Elle est née en Éthiopie, il y a 22 ans, mais vit en Belgique depuis l’âge de 10 mois. Elle parle néerlandais, chante en anglais mais c’est en français qu’elle a conversé, en son quartier de Gand, avec Hortense Volle. Portrait de la chanteuse et songwriteuse flamande Meskerem Mees, dont le premier album, aussi riche que dépouillé, est confondant de maturité. Bienvenue à Gand, une ville portuaire située au nord-ouest de la Belgique ! C’est ici, en région flamande, que vit la chanteuse et songwriteuse Meskerem Mees. En Éthiopie, où elle est née il y a 22 ans, "Meskerem" renvoie au premier des treize mois qui composent le calendrier en vigueur. Celle qui vit en Belgique depuis l’âge de 10 mois et porte un nom néerlandais, Mees, porte donc en elle le symbole du changement et du renouveau. De fait, avec sa voix claire au timbre délicat, son goût certain pour le sens et la musicalité des mots, sa guitare acoustique qu'elle a étudiée classique et sa présence magnétique, Meskerem Mees est en train de réinventer le folk à sa manière : tout en douceur. À l’automne 2021, Meskerem Mees a publié Julius : un premier album entièrement enregistré en acoustique, aussi riche que dépouillé, confondant de maturité. Treize titres intemporels, chantés en anglais, aux arrangements fascinants de simplicité, qui naviguent avec habileté entre légèreté et mélancolie. Conquise, je n’ai donc pas attendu que Meskerem Mess donne ses premiers concerts en France pour avoir envie de la rencontrer. À Gand, Meskerem m’a donné rendez-vous en son quartier, Sint Jacobs, et plus précisément au Bidon : un bar dédié aux amateurs de café et de cyclisme. Elle m’y attend en terrasse, en bord de canal… SessionLab : une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque. Réalisation : Benjamin Sarralié. Mixage et prise de son 3D : Fabien Mugneret. Production : RFI Labo Pour suivre Meskerem Mees : Site officiel / Facebook  / Instagram / Youtube  Titres diffusés : Extraits de l’album Julius (Mayway Records- 2021) : Seasons Shift ; Parking Lot ; Joe ; The Writer ; Blue and White ; Queen Bee ; My Baby ; Man of Manners ; Astronaut ; A Little More about Me ; Song for Lewis ; Where I’m From ; How to Be Alone.
48:30 20/04/2022
K.ZIA: une future grande est née
Quelques jours après son premier showcaseparisien, et parce qu’elle a eu le sentiment de voir éclore sur la scène de la Flèche d’or une future grande, Hortense Volle a rencontré la chanteuse et compositrice belge K.ZIA. Une voix de velours, un r'n'b soyeux teinté de soul, de trap et de dancehall, portrait d’une jeune femme de 29 ans dont le premier album, Genesis, impressionne par son caractère et sa maturité. À elle toute seule, K.ZIA réunit l’Europe, l’Afrique, l'Amérique et les Antilles. D’abord parce qu’elle est née à Bruxelles et a grandi entre la capitale belge, la France et les États-Unis. Et puis parce qu’elle a des racines martiniquaises de par son père, Bernard Quental, acrobate à cheval et comédien et des racines africaines de par sa mère, la chanteuse belgo-congolaise Marie Daulne, plus connue sous le nom de Zap Mama. Aujourd’hui, cette jeune femme d’à peine 30 ans est basée à Berlin et est récemment tombée en amour de Dakar, au Sénégal, où elle a réalisé le clip JFMB (J'Fais Mes Bails) Et oui, K.ZIA fait "ses bails", ses trucs à elle. Elle trace sa route et façonne une musique à son image : très classe, plurielle et sans complexe ! Après un premier EP en 2018 (Red), une poignée de clips à l’esthétique léchée qu’elle a pour la plupart réalisés et les premières parties de Sampa The Great ou Kota the friend, K.ZIA vient de sortir en indépendante son 1er album, Genesis, un opus soul et r'n'b, teinté de chanson française, de trap et de dancehall. Un album chanté en français et en anglais qui m’a impressionnée par son caractère et sa maturité. Quelques jours après son premier showcaseparisien à la Flèche d’or et le sentiment d’avoir vu éclore une future grande, c’est donc déjà sous le charme que j’ai pris un petit déjeuner en sa compagnie dans un café parisien de la place de Clichy. SessionLab : une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque. Site officiel de K.ZIA / Facebook / Instagram / YouTube ► Titres diffusés: Extraits de l’album Genesis (K.ZIA - 2022) : Sanctuary ;  Coco ; Privilege ; I Got Your Back ; Commando Fanm ; Mele ; JFMB ; Sans toi ; Home ; On the Low ;  Extraits de l’E.P. Red (K.ZIA - 2018) : 4C in the Wind ; Go for more ; Fantezi ; Elle ; Type of Girl Les singles : Damaged (2020) ;  Glow (2020) ; Goosebumps (2020)
48:29 06/04/2022
Kaz Hawkins: «ce que j’ai trouvé en France, c’est la paix»
Pour SessionLab, Hortense Volle a rencontré chez elle, dans le Sud-Ouest de la France, la chanteuse de blues et de soul Kaz Hawkins. Portrait d’une artiste irlandaise hors-norme, au parcours aussi bouleversant que singulier. "Je ne crois pas à l’idée de tourner la page. Je suis un travail en cours" m’a confié Kaz Hawkins dans le Limousin où cette native de Belfast, la capitale de l’Irlande du Nord, a choisi de s’installer il y a peu. Et de rajouter : "ce que j’ai trouvé en France, c’est la paix. Ici, j’ai l’espace pour être libre". En écoutant cette SessionLab, vous comprendrez comment et pourquoi Kaz Hawkins a failli payer de sa vie sa soif de liberté. Ce que je peux vous dire ici, c’est que cette artiste (à la fois autrice, compositrice et interprète) prouve que l’on n’a pas besoin d’être née au bord du Mississippi pour chanter le blues ; une vie tourmentée suffit. Et question tourments, la chanteuse de Lipstick & Cocaïne (titre aux millions de vues) a eu son content ! Cruauté, douleur, honte, solitude : Kaz Hawkins a tout connu, tout surmonté et estime que la musique l’a littéralement sauvée. Après 20 ans passés dans des groupes de reprises, Kaz Hawkins décide, à 37 ans, de se lancer en solo. Douze ans et 4 albums studio plus tard - dont l’un en forme d’hommage à son idole, la chanteuse afro américaine Etta James, Kaz Hawkins s’apprête à sortir un best of :  My life and I (Dixiefrog). Parce qu’elle a vécu le blues, on l’entend. Pas de doute, l’émotion est là, intense, portée par une voix soul, des envolées gospel, des guitares rock et des ballades à pleurer. Alors quand Kaz Hawkins prend sa guitare pour vous chanter Because you love me, il est bien difficile de ne pas être bouleversé. Vous voilà prévenus… SessionLab, une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast musical et vagabond à écouter, de préférence, au casque. Site officiel / YouTube / Facebook / Instagram Titres diffusés Extraits de l’album Memories Of  (Kaz Hawkins - 2020) : Tell Mama ; Blind Girl ; Security  Extraits de l’album Live at Park Avenue feat Sam York (Kaz Hawkins - 2018): The river that sings ; Lipstick and Cocaine ; St Louis Blues ; The border Song Extraits de l’album Feelin’ good (Kaz Hawkins – 2017) : Pray ; It Aint You ; Belfast Town ; Soul Superstar ; This is me ; Losers Weepers Extraits de l’album Don’t you know (Kaz Hawkins – 2017) : Lipstick and Cocaine ; Surviving ; Better days Et aussi : I’d Rather Go Blind d’Etta James   Traduction et voix française : Mélody Linhart
48:31 23/03/2022
Dans l’antre familial des Ogres de Barback
Pour SessionLab, Hortense Volle s’est aventurée dans l’antre des Ogres de Barback. De la région parisienne où ils ont grandi, à l’Ardèche (sud-est de la France) où ils ont installé leur label et leur studio, portrait d’un groupe familial de chanson française alternative. Les Ogres de Barback, c’est un groupe familial qui parcours les routes de France et d’ailleurs depuis plus de 25 ans. "Groupe familial" car Alice, Mathilde, Fred et Sam Burguière, qui auront entre 43 et 46 ans en cette année 2022, sont frères et sœurs. Ensemble, ces quatre artistes multi-instrumentistes signent une chanson française métissée où se côtoient accordéon, guitare, violoncelle et piano, mais aussi trompette, trombone à coulisse, tuba, violon, scie musicale, épinette des Vosges et j’en passe. Je les ai vus en concert récemment et c’était sacrément impressionnant : pas moins de 35 instruments en plateau, sans compter ceux de leurs invités et notamment 4 cuivres de la fanfare béninoise Eyo’nlé ! Plus de 25 ans après leurs débuts, toujours dans la plus totale indépendance et, il faut bien aussi le dire, sans grand soutien médiatique, les Ogres de Barback ont donné pas loin de 2 000 concerts (du premier dans un squat à ceux, récents, à l’Olympia ou au Zénith de Paris) ; ont plus de 20 références discographiques au compteur et, surtout, ont signé un paquet de titres devenus des classiques. Les Ogres de Barback estiment que leur "métier d’artisans" consiste à aller à la rencontre des gens. Et bien aujourd’hui, de la maison de leur enfance à Jouy-le-Moutier (région parisienne), à celle de Payzac (Ardèche) où ils ont installé leur studio, c’est nous qui allons à leur rencontre… SessionLab : une conversation en toute intimité et en audio 3D (son spatialisé). Un podcast à écouter, de préférence, au casque. Pour suivre Les Ogres de Barback Site officiel / YouTube / Facebook / Twitter   Et pour en savoir plus sur la 1ère édition du Marathon musical et solidaire de Cergy-Pontoise (8 octobre 2022), cliquez ici.   Titres diffusés : Extraits de l’album collectif La Commune refleurira (Irfan, le label / Sur l'Air de Rien - 2021) : Ne dérangeons pas le monde Extraits de l’album Chanter libre et fleurir – live 2020 (Irfan, le label - 2020) : Je ne sais pas ; Lire 3.0 ; Vira la fuelha ; Rue des Roziers(avec Guillaume Lopez, Cyrille Brotto, Anne-Lise Foy, Clément Rousse) Extraits de l’album Amours grises et colères rouges (Irfan, le label- 2019) : La Rochelle (avec Eyo’nlé et Rémi Sanchez) ; P’tit Cœur ; Hé papa (avec Eyo’nlé et Rémi Sanchez) Single Mon pays avec Le Bal Brotto Lopez (Irfna, le label – 2018) Extrait de l’album Comment je suis devenu voyageur (Irfan, le label – 2011) : Comment je suis devenu voyageur Extraits de l’album Pitt Ocha au pays des mille collines (Irfan, le label – 2009) : Bumbaïa (avec les enfants mongols de l’orphelinat d’Oulan Bator) ; Touche pas à mon école ; Invitation (avec Madina N’Diaye et Tiken Jah Fakoly) Extraits de l’album Concert avec la fanfare du Belgistan (Irfan, le label- 2005) : Grand-mère ; Salut à toi Extraits de l’album La pittoresque histoire de Pitt Ocha (Irfan, le label- 2003) : Monde de son (avec K2R Riddim) ; Le temps Extraits de l’album Fausses notes et repris de justice (Irfan, le label- 2000) : Pour me rendre à mon bureau ; Au café du canal Extrait de l’album Irfan, le héros (Irfan, le label- 1999) : Contes, vents et marrées Extraits de l’album Rue du temps (Irfan, le label- 1997) : Accordéon pour les cons ; Rue de Panam Et aussi : La Vida Tombola de Manu Chao   Réalisation : Benjamin Sarralié Mixage 3D : Fabien Mugneret Production : RFI Labo
48:29 08/03/2022
Les mélodies intimes de Youn Sun Nah
Pour SessionLab, Hortense Volle a rencontré une étoile du jazz vocal, l’artiste sud-coréenne Youn Sun Nah. Un podcast à son image : élégant, bouleversant et avec beaucoup de musiques dedans. A écouter au casque (audio 3D). Youn Sun Nah est née et a grandi à Séoul, en Corée du sud. Après des études de lettres et une incursion dans une entreprise de mode, cette francophile amatrice de chanson commence à étudier le jazz et le chant à l'âge de 26 ans. C'était à son arrivée en France, en 1995. Aujourd’hui internationalement reconnue comme une étoile du jazz vocal, Youn Sun Nah impressionne par sa virtuosité, l’émotion de ses interprétations et son éclectisme : capable de passer avec élégance d’un son cristallin à un grave puissant, son répertoire compte des standard de jazz mais aussi des reprises de titres folk, pop ou heavy metal ! Vingt ans après la sortie, en Corée, de son premier album Reflet, Youn Sun Nah vient tout juste de livrer Waking World : son 11ème disque, mais le premier dont elle signe paroles et musiques. Cet opus est publié chez Arts Music, une division de Warner Music Group et c’est justement dans les locaux parisiens de ce label que je l’ai rencontrée…. SessionLab : une conversation en toute intimité et en audio 3D. Un podcast à écouter au casque. Pour suivre Youn Sun Nah :  Site officiel  / YouTube / Facebook / Insta    Titres diffusés : - Extraits de l’album Waking World ( Arts Music - 2022) : « Don’t Get Me Wrong » ; « Lost Vegas » ; « Heart of a woman » ; « My mother » ; « Waking world ». - Extraits de l’album Immersion (Arts Music - 2019) : « In my heart » ; « Mystic River » ; « Sans toi » ; « Mercy mercy me (the ecology) » ; « Asturias ».  - Extraits de l’album Lento ( ACT- 2013) : « Ghost Riders in the Sky » en live au festival Jazz in Marciac 2014 - Extraits de l’album Same Girl (ACT- 2010) : « My favorite things » ; « Kangwondo arirang » - Extraits de l’album Voyage ( ACT- 2009) : « Frevo » ; « India Song » ; - Et aussi : « Je sais que ça va m’arriver » de Nicole Rieu ; « My favorite things » par Julie Andrews et John Coltrane -  En 1959, la comédie musicale The Sound of Music (La Mélodie du bonheur) connaît un immense succès à Broadway, remportant cinq Tony Awards. C’est la dernière collaboration entre le compositeur Richard Rodgers et le parolier Oscar Hammerstein II qui décèdera seulement quelques mois après la première. En 1965, l’adaptation cinématographique avec Julie Andrews dans le rôle principal rencontre le même succès populaire. Plusieurs chansons deviendront des tubes : « Edelweiss », « Do-Re-Mi », « The Sound of Music » et « My Favorite Things ». « My Favorite Things » sera reprise par d’autres musiciens avant même la première représentation de la comédie musicale. Des versions chantées voient le jour (Petula Clark et Sarah Vaughan en 1961, puis Betty Carter en 1964, The Supremes en 1965...), et des versions instrumentales (Benny Goodman en 1959, J.J. Johnson en 1963, Gary Burton en 1965…). Mais cette chanson ne serait peut-être pas devenue un standard du jazz sans l’interprétation de John Coltrane. En 1960, avec son quartet (lui-même au saxophone soprano, McCoy Tyner au piano, Steve Davis à la contrebasse et Elvin Jones à la batterie), il enregistre le titre My Favorite Things sur un album du même nom… Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la Philharmonie de Paris.
48:29 23/02/2022
Bonbon Vodou, c’est trop doux !
Pour SessionLab, Hortense Volle a rencontré chez eux, à Sète, Bonbon Vodou. Portrait d’un tandem d’amoureux formé par Oriane Lacaille et JereM Boucris dont la douce transe, en français et en créole réunionnais, fond sur le cœur. Un podcast délicieusement acidulé à écouter au casque (audio 3D). Voilà maintenant sept ans que ces deux-là ont mis leur voix(es) au diapason. Lui, c’est JereM Boucris : un amateur de "pulsation africaine" au "groove de cul blanc" (c’est pas moi qui le dis, c’est lui) ; un chanteur espiègle qui joue d’une guitare au corps de bidon d’huile. Sa belle, c’est Oriane Lacaille : une chanteuse à la voix claire, douce et puissante qui est aussi une percussionniste sur batterie en exemplaire unique. Quatre ans après leur 1er album, African Discount, le duo Bonbon Vodou a livré à la rentrée 2021 une nouvelle collection de ballades douces–amères. 13 titres en français et en créole réunionnais qui, au rythme du maloya et du séga, nous invitent à prendre le chemin du cimetière… Un Cimetière créole, c’est le nom de cet album, où il est de bon ton de mettre "un pied dans la tombe et (de) danser de l’autre". Pour mieux entrer dans la douce transe de ce tandem d’amoureux, je me suis invitée chez eux, à Sète, une ville portuaire du sud de la France. J’ai débarqué à l’heure du café, dans le soleil du mois de janvier. Résultat : une conversation en toute intimité et en audio 3D. Un podcast à écouter au casque. Site officiel / Facebook / Instagram / YouTube Titres diffusés :  Extraits de l’album Cimetière créole (Heavenly Sweetness – 2021) : De colère ; Suiv amoin mon dalon ; Cimetière créole ; Fonker ; Rituel ; Les écailles de chasteté ; La flemme ; Petit palace ; Si rogré ; Le pied dans la tombe. Extraits de l’album African Discount (Lacaza Musique – 2017) : African Discount ; Mon ile ; Konsékoinsé ; Sang ti Ment ; A force deux ; Le tour du monde en vélo d’appartement ; Léger.
48:29 09/02/2022
La rappeuse Tracy de Sá, une femme puissante
Pour SessionLab, Hortense Volle a rencontré la rappeuse indienne basée en France, Tracy de Sá. Portrait d’une femme puissante, au rap aussi militant que dansant, au flow précis et cinglant. Un podcast en mode "pussy power" à écouter au casque (audio 3D). Tracy de Sá est née dans l’État de Goa, sur la côte sud-ouest de l'Inde, mais elle a grandi dans le sud de l’Espagne, près de Malaga. Entrée dans le hip hop par la danse, la demoiselle a moins de 20 ans quand elle écrit ses premiers raps en France, en parallèle de ses études supérieures de linguistique, puis de genre. En 2019, Tracy de Sá participe à la demi-finale de l'émission Destination Eurovision avec Por Aqui, un titre chanté en espagnol, en anglais et en français, à retrouver sur Commotion, un premier album qui se nourrit de toutes ses influences : reggaeton, r'n'b, musique latines et indiennes. Après Montpellier et Lyon, Tracy de Sá est désormais basée à Sèvres, dans la banlieue ouest de Paris. C’est là, dans les studios de Sum Asso que nous l’avons retrouvée pour parler sans fard – comme elle le fait puissamment sur son 2e album In Power – de corps, de sexualité, de liberté, de plaisir féminin et donc aussi de politique. SessionLab : une conversation en toute intimité et en audio 3D. Un podcast à écouter au casque. Facebook / Twitter / Instagram / YouTube Titres diffusés : Extraits de l’album In Power (Ovastand Records- 2021) : PORN ; Sheroes ; In Between ; Venus ; Chalo ; Big Shot ; Sapo ; Perchée ; Confession ; Edicion Limitada ; Pride. Extraits de l’album Commotion (Ovastand  – 2019) : Wall’s Profound ; Temple ; Por Aqui ; Rickshaw ; Unstoppable ; Caramel Flake ; Headlines ; Why You look so Good ; Her and Him.
48:29 26/01/2022
Benjamin Epps: «le meilleur rappeur de France, c’est moi»
Pour SessionLab, Hortense Volle a rencontré Benjamin Epps, le Gabonais qui ambitionne de changer la donne du hip hop francophone. Un podcast hautement rapologique. À écouter au casque (audio 3D). KesstateEpembia, de son vrai nom, a 25 ans. Il est né et a grandi à Libreville, la capitale du Gabon, et rappe depuis l’âge de 10 ans. Installé en France depuis 2015, « le dernier des Pygmées » a livré, sous le nom de Benjamin Epps, un premier EP en décembre 2020 (Le Futur), puis un deuxième quelques mois plus tard (Fantôme avec chauffeur). Depuis, il a enchaîné les collaborations avec Dinos, Sam’s, Selah Sue ou encore Vladimir Cauchemar. D’emblée, dans une période où une partie du public rap est plutôt accoutumée aux sonorités trap ou UK drill, le "rookie" s’est fait remarquer par des prods boom bap. Un egotrip ravageur aussi. Benjamin Epps n’a en effet pas hésité à annoncer haut et fort ses ambitions, forcément démesurées : «Bonne nouvelle, le meilleur rappeur de France est noir Mauvaise nouvelle, le meilleur rappeur de France, c'est moi »(Plié en 5) ou encore : « Booba a sorti le dernier album, ça y’est maintenant j’peux prendre le trône » (Notorious). Benjamin Epps affirme même être « le futur ». Intriguée, j’ai voulu savoir à quoi ça ressemblait, le futur. Alors je suis allée rencontrer « le meilleur rappeur de France » juste avant son concert à la Cartonnerie de Reims, dans l’Est de la France, lors du Charabia Festival. Je n’ai pas été déçue du voyage : du quartier Bellevue (Libreville, Gabon) où il a grandi, à la ville de Bar-le-Duc (France) où il vit aujourd’hui, nous avons fait un détour par le Sud de l’Afrique et de la France où il a étudié. Et, pour ne rien gâter, un blind test préparé tout spécialement pour ce féru de hip hop nous a donné l’occasion d’A/R entre les deux rives de l’Atlantique noire. Soyez prévenus, au-delà de la technique, des punchlines et de la provocation, il y a chez Monsieur Epps une sacrée cogite. SessionLab : une conversation en toute intimité et en audio 3D. Un podcast à écouter au casque. Site / YouTube / Facebook / Instagram / Twitter   Titres diffusés : • Extraits de l’EP Fantôme avec chauffeur (Mocabe Nation – 2021) : Notorious ; Goom ; Dieu bénisse les enfants ; Kennedy en 2005  • Extraits de l’EP Le Futur (Mocabe Nation – 2020) : Plié en 5 ; Samba les couilles ; Kennedy en 2005 ; La nation ; Le pips ; Tard le soir ; Relax pt1 ; Lingots part2 ; Dieu bénisse les enfants ; Le plus grand • Sous le nom de Kesstate avec Syanur, extraits de l’album O.E.T.L.B (On est TOUS les best) : O.E.T.L.B (feat. Koba Building) • Et aussi, en mode blind test : Retour aux Pyramides (X Men) ; Affaires de famille (Arsenic), N.Y state of Mind (Nas) ; Hookah feat. Tyga (Young Thug); Futur (Kennedy)
48:30 12/01/2022
Dominique Fils-Aimé : la couleur de son âme
Pour SessionLab, Hortense Volle a rencontré l’artiste montréalaise d’ascendance haïtienne Dominique Fils-Aimé. Portrait d’une femme libre de 37 ans qui, non contente d’avoir tous les talents, a un discours aussi poétique que militant. À écouter au casque (audio 3D). Auteur, compositeur, interprète, Dominique Fils-Aimé est autodidacte et sacrément douée : elle a le charisme de Nina Simone, la verve de Billie Holiday et le timbre d’Etta James. Rien que ça ! L’une des voix les plus singulières de la Belle Province (le Québec), a trois albums à son actif. Une trilogie en fait, inspirée par les héritages de la musique afro-américaine. Chaque volet a été conçu autour d’une couleur et d’un style propre à l’époque évoquée. Nameless (2017) le disque où blues et jazz sont mis en valeur, est bleu comme la nuit et l’océan qu’ont traversés les esclaves depuis l’Afrique. Stay Tuned! (2018) est rouge de passion et de révolte, alors que ses chansons s’inspirent du jazz américain des années 1960. Enfin, le jaune de Three Little Words (2020) symbolise l’aspect libérateur et unificateur de la soul. Un charisme, une technique, un groove, une palette vocale impressionnante, un discours aussi poétique que militant, Dominique a tout pour elle ! À l’automne 2021, j’ai donc profité de sa tournée européenne pour la rencontrer à Paris. Elle m’y a donné rendez-vous au Centre culturel canadien, un espace qui depuis un demi-siècle a pour vocation de promouvoir la création contemporaine canadienne, tous secteurs artistiques confondus. Résultat ? Sa maturité et son humanité m’ont laissée sans voix. Écoutez-donc pour voir ! SessionLab : une conversation en toute intimité et en audio 3D. À écouter au casque Site officiel / YouTube / Facebook / Twitter / Instagram  Titres diffusés Extraits de l’album Nameless (Ensoul Records -2017) : Strange Fruit ; Birds ; Home ; Nameless ; Rise ; Unstated Extraits de l’album Stay Tuned (Ensoul Records -2019) : Gun Burial ; Free Dom Extraits de l’album Three Little Words (Ensoul Records -2020) : Grow mama Grow ; While We Wait ; Mind Made Up ; Could It Be ; Being the same ; Love Take Over ; Home to Me ; We are Light ; The Healing Song ; Stand by Me
48:30 15/12/2021
Avec Hervé, émotions vives
Pour SessionLab, Hortense Volle a rencontré le nouveau venu de la "chanson électronique" française, Hervé. Portrait d’un trentenaire à fleur de peau dont le premier album, Hyper, se dope aux émotions vives, aux flows subtils et aux atmosphères synthétiques. À écouter au casque (audio 3D). Hervé a grandi dans les Yvelines, entre Versailles et Trappes, entre French Touch et rap. C’est en Angleterre, au sein duo électro-pop Postaal, qu’il a découvert la new wave des années 1980. Résultat ? Sa "chanson électronique" française, pour reprendre son expression, se dope aux émotions vives, aux flows subtils et aux atmosphères synthétiques. Du haut de ses 30 ans, Hervé a (presque) tout fait : homme de ménage, vendeur de glaces ou de chaussures pour femmes et même auteur pour Johnny Hallyday. Aujourd’hui, il fait briller ses propres titres avec son premier album, Hyper, dont la réédition agrémentée de cinq nouveaux titres est sortie en février 2021, le jour même où il était sacré Révélation masculine de l'année aux Victoires de la Musique. Joli, non ? Moi, c’est au bord de la Méditerranée que j’ai rencontré Hervé. À Marseille, la ville où son idole, le footballeur et acteur français Eric Cantona est né. C’était en octobre dernier, à la Fiesta des Suds. Et ce fut, à son image et à celle de son concert, sacrément intense. SessionLab : une conversation en toute intimité et en audio 3D. Un podcast à écouter au casque. Facebook / Instagram / YouTube Titres diffusés Extraits de l’album Hyper - Prolongations (Romance Musique – 2021) : Le premier jour du reste de ma nuit ; Trésor ; Cœur poids plume ; Si bien du mal ; Fureur de vivre ; La peur des mots ; Des airs de toi ; Bel air ; Monde meilleur ; Rodéo  Extraits de l’EP Mélancolie F.C. (Romance Musique - 2019) : Dis-moi toi ; En rappel ; Va piano ; Mélancolie F.C. Et aussi : Qui a tué Davy Moore ? de Bernard Lavilliers feat. Eric Cantonna, Hervé, Izia, Gaëtan Roussel, Eric Cantona et Here we are de Postaal
48:30 01/12/2021
Dans la "Bedroom" de Selah Sue
Bedroom, c’est le titre du dernier EP de la perle flamande Selah Sue et c’est aussi le lieu où Hortense Volle l’a rencontrée juste avant son concert à la Fiesta des Suds (Marseille). Un podcast avec de la folk, de la pop et surtout beaucoup de groove et de rires. À écouter au casque (audio 3D). Des yeux revolver, 1m60 d’énergie et de groove, un timbre singulier aux inflexions nu-soul et aux mélancolies lumineuses, voici une perle venue de la Belgique flamande : Selah Sue ! Propulsée sur le devant de la scène à 19 ans avec le succès planétaire du titre Raggamuffin (2008), Selah Sue livre deux albums en 2011 et 2015, des remixes, puis plus rien. Jusqu’à l’été dernier où, chargée d’une nouvelle énergie, Selah Sue nous est revenue avec un 5 titres enregistré à la maison et dédié à ses fistons. Bedroom, c’est le nom de cet EP et c’est aussi lieu où j’ai rencontré Selah Sue. Et oui, c’était dans la chambre de son tour bus en octobre dernier, à Marseille, quelques heures avant son flamboyant concert, à la Fiesta des Suds. Résultat : une conversation en toute intimité et en audio 3D. Un podcast à écouter au casque dans lequel, avec un naturel et un enthousiasme irrésistible, Selah Sue évoque son rapport à la langue française, son premier grand amour (celui qui lui a donné le goût du dubstep), sa "rencontre" avec Lauryn Hill, son concert en première partie de Prince, ses collaborations de folie (de CeeLo Green à Marcus Miller en passant par Childish Gambino), son 3e album à venir, ou encore sa vie de femme et de jeune maman qui fait désormais  "la musique qu’elle a toujours eu envie de faire". Site officiel / Facebook / Instagram / YouTube Titres diffusés : Les singles Hurray ; Free Fall (Because 2021) Extraits de l’EP Bedroom (Because, 2020) : You Extraits de l’album Reason (Because, 2015) : Alone ; Reason ; Alive ; The light ; Daddy ; Always home ; Falling Out ; Direction  Extrait de l’album Rarities (Because, 2012) : On the Run Extraits de l’album Selah Sue (Because, 2011) : Raggamuffin ; Crazy Vibes ; Explanations ; Just beacuse I do ; Please (feat CeeLo Green)
48:30 17/11/2021
Woodkid : "J’ai toujours eu à cœur de ne pas faire comme les autres"
Pour SessionLab, Hortense Volle a rencontré le héraut français d’une pop lyrique aussi accrocheuse que grandiose, Woodkid. Un podcast original avec des cordes épiques et des chansons romantiques dedans. À écouter au casque (audio 3D). Réalisateur de clips (pour Rihanna, Drake ou Lana Del Rey), de publicités, mais aussi auteur-compositeur et interprète, Yoann Lemoine s’est fait connaître sous le nom de Woodkid en 2011 avec la bande originale à la fois romantique et symphonique d’un clip martial en noir et blanc, Iron. Des arrangements de cordes épiques pour une pop lyrique aussi accrocheuse que grandiose, des vidéos en forme de péplum gothique dignes de superproductions hollywoodiennes, voilà la marque de fabrique de Woodkid dont le 1er album, The Golden Age (2013) est un succès planétaire et se vend à 800 00 exemplaires. Un an tout juste après la sortie de son 2e opus, S16, et quelques heures avant son concert à la Fiesta des Suds de Marseille, Wookid a accepté de nous rencontrer dans le salon de son tour-bus. Résultat : une conversation en toute intimité et en audio 3D, durant laquelle celui qui se définit comme un "entertainer" évoque son admiration pour l’écrivain français Edouard Louis, revient sur sa collaboration avec l’artiste américain Pharrell Williams et confie aimer l’idée que "le monde est une image fractale" et que son spectacle est un "show paradoxal".   Pour suivre Woodkid Twitter / YouTube / Facebook / Instagram   Titres diffusés Extraits de l’album S16 (2020) : Golitah ; In Your Likeness ; Pale Yellow ; Enemy ; Reactor ; Drawn To You ; Shift ; Horizons Into Battlegrounds ; Minus Sixty One. Extraits de la BO du film Desierto (2016) : Tracker ; Web of Thorns. Extraits de l’album The Golden Age (2013) : Iron ; Run Boy Run ; I Love You ; The Golden Age ; Where I Live.   Lors de notre conversation Woodkid a, entre autres, évoqué… L’écrivain français Edouard Louis Le collectif PEOPLE et son festival berlinois
48:30 03/11/2021
Casey (Ausgang), rappeuse indignée
Pour SessionLab, Hortense Volle a rencontré celle qui "brûle la scène" en ce moment avec le groupe de fusion rap/rock Ausgang, Casey. Portrait d’une rappeuse hardcore qui a encore des "cartouches à cracher". Un podcast original avec du rap fort, du rock et du zouk. À écouter au casque (audio 3D). En 2020, 10 ans après la sortie de Libérez la bête, son 2e opus en solo, Casey a fait un retour fracassant avec Ausgang. Un groupe que la rappeuse aux rimes acerbes et au flow énervé a formé avec Sonny Troupé (joueur de tambour ka, ici à la batterie), Marc Sens (guitare) et ManuSound (machines). Ensemble, ils ont livré Gangrène, un album de fusion rap/rock sombre et radical. Dix textes et autant de "cartouches à cracher" pour reprendre les termes de Casey qui creuse ici le chemin emprunté depuis plus de vingt ans maintenant : une interrogation constante sur les questions d’identité, le poids du colonialisme, l’immobilisme social et les frustrations hexagonales. Pour comprendre le projet Ausgang, je suis allée à la Dynamo de Pantin, au nord-est de la Paris, où le groupe était en répétition avant de reprendre une tournée trop longtemps interrompue. Et c’est dans le jardin de cette ancienne fabrique industrielle réhabilitée en salle de concert, que Casey nous a offert une conversation en toute intimité et en audio 3D. Un podcast à écouter au casque dans lequel elle revient sur : son enfance entre Rouen, la capitale de la Normandie où elle est née, et la Martinique ; ses premiers émois musicaux (de Kassav' à Public Enemy en passant par Rage Against the Machine) ; la banlieue nord de Paris où elle a affiné son style et où elle vit toujours aujourd’hui ou encore son rapport au continent africain. Pour suivre Casey et Ausgang Page Facebook de Casey / Instagram de Casey / YouTube de Casey Page Facebook d'Ausgang Titres diffusés : Extraits de l’album Gangrène (2020) / Ausgang : Bonne conduite, Chuck Berry, Gangrène, Comme une ombre, Aidez-moi, La rage m’appelle, Crapule, Ma complice, Elite, Batard  Extraits de l’album Libérez la bête (2010) : Rêves illimites Extraits de l’album Tragédie d’un trajectoire (2006) : Pas à vendre, Tragédie d’une trajectoire, Chez moi, Suis ma plume, Ma haine, Banlieue Nord Et aussi : Kassav' (Siwo), Gerard Lockel (Independance), Jimi Hendrix (National Anthem USA), Chuck Berrry (Johnny B. Goode), Public Enemy (Hollywood Burns), Rage Against the Machine (Bombtrack), Silver Bullet (20 seconds to comply), des extraits de journaux de France 24 sur les émeutes de 2005 et un flash spécial sur le 11 septembre 2001 de David Pujadas pour France 2. Lors de notre conversation Casey a, entre autres, évoqué… "Le groupe mythique d’une diaspora", Kassav' Les "musiques qui traduisent le bruit que tu as dans la tête", à l’image du 1er album (1992) du groupe de rock américain Rage Against the Machine.  L’auteur de Peau Noire, masques blancs et de Les Damnés de la terre, le psychiatre et essayiste né en Martinique en 1925, Frantz Fanon.
48:34 20/10/2021