Show cover of Musiques du monde

Musiques du monde

De Mozart à Marilyn Manson... C’est Le rendez-vous transmusical de RFI présenté par Laurence Aloir, avec des portraits, des reportages, des chroniques, les nouvelles sessions live du studiOne à Issy-les-Moulineaux et la tournée des festivals. Technique/Réalisation : Laurent Salerno. *** Diffusions les samedis et dimanches à 20h10 TU vers toutes cibles. Rediffusions les dimanches et lundis à 01h10 TU vers toutes cibles. Musiques du Monde, ça s’écoute et ça se regarde !

Tracks

De Vassiliu et Ajate, la playlist de Sophian Fanen et #SessionLive Nuria
Playlist mensuelle et obsessionnelle de Sophian Fanen et #SessionLive de l’artiste catalane Nuria venue en 5tet. Ce mois-ci, le critique musical Sophian Fanen a choisi :- Ajate, Nagi Yoni, tiré de l'album Dala Toni (180g, 2024)- Liraz, Haarf, tiré du EP Enerjy (Batov Records, 2024)- Marina Satti, Zari, tiré de l'album P.O.P. (Golden Records, 2024)- Les Frères Timal, Asya, tiré de l'album Sé sa menm (Aztec Musique, 2024)- Pierre Vassiliu, Enfant roi, tiré de l'album Voyage (Barclay, 1975).Puis nous recevons Núria Rovira Salat pour la sortie de l’album Amor de Flores.Núria Rovira Salat est une artiste chanteuse et danseuse qui a fait de sa curiosité pour les cultures du monde une passion et un art. Après son premier EP La Madre où elle partage son univers en tant que femme, mère et artiste, elle poursuit son travail d’écriture en maniant ses deux langues maternelles, le catalan et l’espagnol ainsi que sa langue «de vie», le français. Núria a su toucher son public avec une vidéo à plus de 19 millions de vues sur YouTube, une version sensuelle de la chanson cubaine «Lágrimas Negras». Elle amène désormais ses influences vers une musicalité pop qui se nourrit de ses langues et de ses repères géographiques et stylistiques. Elle atteint ainsi de nouveaux territoires émotionnels en développant la thématique du langage des fleurs et de leurs couleurs, ce qu’elles évoquent dans leurs parfums et leurs symboliques (les amours, le réconfort, la floraison).Chanteuse, chorégraphe & danseuse catalane, formée en anthropologie ainsi qu'en danse orientale, tsigane et berbère, Núria Rovira Salat a fait de sa curiosité pour les cultures du monde une passion et un art. Elle débute sa carrière de danseuse en se formant à la danse arabe et berbère auprès de La Negra, Beatrice Lavielle, Lamia Saffiedine et Saâdia Souyah. Elle se rapproche également des danses tsiganes avec Pétia Iourtchenko, et Simona Jovic, entre autres. Elle devient en quelques années une référence dans ce domaine. Núria a dansé pour Stephan Eicher, Fanfaraï, Tony Gatlif, Titi Robin, Ibrahim Maalouf ou le Cirque Romanès, et enseigne les danses orientales et tsiganes, en France et à l’étranger. Quelques années plus tard, elle est demandée pour chanter dans plusieurs groupes de musique tsigane, comme le Finzi Mosaïque Ensemble ou Radio Thrakia Electric, et ce qui n'était pour elle une passion devient une deuxième corde à son arc. Elle se forme auprès d’Emmanuelle Trinquesse, Clotilde Rullaud et Martina Catella, puis poursuit sa carrière de chanteuse avec la Cie Mohein et Kavkazz, aux rythmes des Balkans et du Caucase. Elle se spécialise dans les musiques traditionnelles de la Méditerranée et des Balkans, se produit dans les festivals et chante aussi pour le cinéma, auprès du célèbre compositeur Armand Amar.Titres interprétés au grand studio- Amor de Flores Live RFI- Rayo de Luz, extrait de l’album- Amarse (invité : Rusan Filiztek) Live RFI.Line Up :Nuria Rovira Salat : chant, Fabien Mornet : guitare électrique, Habib Meftah : percussions, Cong Minh Pham : claviers, séquences et Rusan Filiztek (saz, chant).Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.Album Amor de Flores (Tchaï / Luni Lunon / Inouïe Dist. 2024).Follow Nuria Rovira Salat. (Facebook) (Instagram).
48:30 6/22/24
#SessionLive Cabane et Catherine Graindorge #Belgique
C’est au Royaume de Belgique que se pose la #SessionLive avec 2 ovnis, Thomas Jean Henri dit Cabane et la violoniste Catherine Graindorge. Notre 1er invité est l’artiste belge Cabane pour la sortie de l’album Brûlée.Cabane est le projet du musicien et photographe belge Thomas Jean Henri. Après un premier album Grande Est la Maison, Thomas Jean Henri revient aujourd’hui avec la deuxième partie d’une œuvre qu’il construit comme un triptyque. Le deuxième album de Cabane réunit les voix des Anglais Kate Stables (This Is The Kit) et Sam Genders (Tunng). Un casting dont il rêvait depuis longtemps et qui est porté au service de chansons aux frontières de la folk et de la pop orchestrale. Loin des humeurs du monde, Brulée sera un abri pour les amoureux de Nick Drake et de Vashti Bunyan ou encore de toutes celles et ceux touché·es par la délicatesse de Mark Hollis, Sufjan Stevens ou Robert Wyatt.C’est en 2015 que Thomas Jean Henri a posé les fondations de Cabane, un projet transdisciplinaire où il y associe musique, photo et vidéo.Le single Today a été accompagné par une exposition abritant et amplifiant le clip de ce premier extrait de l’album. L’expo a été accueillie par la galerie dédiée à la photographie, L’Enfant Sauvage, à Bruxelles. Thomas y a présenté les 365 clichés qui, montés bout à bout, jour après jour, constituent le clip de Today. « Du dimanche 9 janvier 2022 au lundi 9 janvier 2023, j’ai mené un rituel photographique en me rendant tous les jours à la place Poelaert à Bruxelles, à 3,8 km de chez moi, pour y photographier le ciel avec mon appareil argentique moyen format. Nous vivons tous les mêmes journées… Mais en gardons-nous les mêmes souvenirs ? ». Thomas y a proposé à ses visiteurs de repartir avec une photo, en échange d’un souvenir écrit de leur main. Pour nous faire patienter, Thomas nous a distillé tout au long de l’automne 2023 une série de titres inédits issus des sessions d’enregistrement de son premier album (The unreleased series Pt.1).Titres interprétés au grand studio- Today Live RFI- All we could do, extrait de l’album- Dead Song Live RFI.Line Up : Thomas Jean Henri, guitare, Kate Stables, chant.Son : Mathias Taylor et Benoît Letirant.► Album Brûlée (Cabane Rd 2024)YouTube - Instagram. Puis nous recevons la violoniste Catherine Graindorge pour la sortie de l’album Songs for the Dead.Après son passionnant EP en duo de 2022 avec Iggy Pop The Dictator, la compositrice et musicienne belge Catherine Graindorge revient avec un album d’ensemble lumineux où elle collabore avec Simon Huw Jones (And Also theTrees). Des chansons instrumentales et vocales sur la vie, l’amour et la mort. Inspiré par les mythologies et les élégies des Grecs aux Beats. Histoires et mythes. Ils se répandent comme des rivières dans nos vies, nos cultures. Certains sont anciens, d’autres plus récents, mais tous contribuent à nous façonner, à nous guider et à nous consoler sur les chemins de la vie, de l’amour et de la mort. Ils ont un pouvoir tranquille, et c’est ce que Catherine Graindorge explore dans son nouvel album Songs for the Dead. Un nouvel album en hommage au poème ‘A Dream Record’ d’Allen Ginsberg « Le poème m’a touché, il m’a fait réfléchir sur l’art, la vie et la réalité, et j’ai donc décidé de construire l’album autour de lui ».Dans cette œuvre, Allen Ginsberg, rêveur, rend visite à Joan, l’épouse décédée de l’écrivain William Burroughs, qui l’a tuée alors qu’elle tentait prétendument d’imiter Guillaume Tell et de tirer un verre sur sa tête. Le couple rit et parle d’amis communs comme si elle était encore en vie. Mais la réalité de la tombe revient et le rêve s’évanouit.« Je ne savais rien de Joan Vollmer, mais le poème dit tout de nos vies. Quelque chose peut arriver et il n’y a pas de retour, sauf dans nos rêves, lorsque les morts viennent nous rendre visite. Comme dans le mythe d’Orphée et d’Eurydice. Dans les yeux d’Orphée, Eurydice semble vivante un instant, mais un seul regard suffit pour qu’elle disparaisse dans le monde des morts. Il veut la ramener à la vie par l’amour qu’il lui porte ».Titres interprétés au grand studio- Joan Live RFI- The Dictator, extrait duo avec Iggy Pop voir le clip - Orpheus Head, extrait de l’album- The Unvisited Garden Live RFI.Line Up : Cyrille de Haes, contrebasse, Catherine Graindorge, alto + voix.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.► Album Songs for the Dead (Glitterbeat 2024).YouTube - Facebook.
48:29 6/16/24
Printemps Tsigane à Aubervilliers et #SessionLive Oan Kim
Pour la 2ème édition du Printemps Tsigane, nous accueillons Ignace Corso (Dj Tagada), fondateur du festival et la chanteuse française Eléonore Fourniau qui sort son 1er album Neynik (miroir en kurde). Puis la #SessionLive reçoit le saxophoniste franco-coréen Oan Kim. Le Festival Printemps Tsigane (14/15/16 juin) célèbre les cultures tsiganes et d'Europe de l'Est à Aubervilliers ! Nos invités Dj Tagada et Eléonore Fourniau.Cette deuxième édition du Printemps Tsigane vous offrira l'occasion de découvrir une émergence de talents qui puisent leurs inspirations dans le répertoire des musiques tsiganes et des Balkans. Ce projet a pour but de bouleverser les idées préconçues et les clichés attribués à ces cultures. Le Point Fort d'Aubervilliers réunit le Collectif Jamalafak, Villes des Musiques du Monde et Balkanbeats Paris pour offrir une grande fête pleine de belles émotions à un large public et présentera les acteurs principaux de ce mouvement musical qui se renouvelle et s'exile sans cesse vers de nouveaux mélanges, la scène parisienne étant actuellement l'une des plus actives dans ce bouleversant métissage. Une belle célébration au cœur des musiques traditionnelles et populaires de Roumanie, Serbie, Macédoine, Grèce et Turquie, empreintes de sonorités urbaines et contemporaines.Eléonore Fourniau à l’affiche du festival tsiganeLa musique d’Eléonore est le fruit du parcours d'imprégnation d’Eléonore Fourniau, musicienne française, au sein des communautés d’Anatolie et notamment des communautés kurdes, et de son engagement pour la défense de cette culture. Forte d’une médiatisation atteignant plus de 30 millions de personnes dans le monde, le prénom «Eléonore» est devenu celui d’une artiste incontournable de la scène kurde. Sa programmation au Newroz (nouvel an) sur la grande scène de Diyarbakir en 2022 devant un million de personnes marque cette consécration. La musique du peuple kurde est pratiquée sur quatre États (Turquie, Iran, Irak, Syrie). En dépit des persécutions qu’il subit, ce peuple a su préserver sa musique si spécifique, riche de ses variétés régionales. Héritière de trois types de «troubadours» (les conteurs, les ménestrels, les bardes), des sentiments, qu’ils soient épiques, passionnels, festifs, ou religieux. D’une complainte déchirante à un poème spirituel alevi en passant par des airs de danses issus de la tradition des mariages, Eléonore trouve en Anatolie et au Kurdistan sa source d’inspiration. Par l'introduction d'instruments tels que la vielle à roue, la flûte bansuri, ou le rebab afghan, joués par des musiciens poly-instrumentistes venus de Catalogne, Bretagne, Turquie ou Macédoine, Eléonore Fourniau propose une lecture innovante de cette tradition en y apportant des sonorités atypiques. Avec sa voix puissante, accompagnée de musiciens virtuoses, Eléonore Fourniau emmène le public avec sincérité et énergie dans ce monde qui, au fil des années, est devenu le sien.Playlist- Nomadic Spirit  La Caravane Passe Feat. Mehdi Nassouli- Nina Eléonore Fourniau, extrait de l’album Neynik- Bucovina Shantel- Laye Laye Eléonore Fourniau, extrait de l’album Neynik.► Album Eléonore Fourniau Neynik (Neynik/InOuïes/Alvas 2024).Site festival - facebook - Youtube Eléonore Fourniau - facebook Eléonore Fourniau. Puis nous recevons Oan Kim pour lasortie du 2ème album Rebirth of Innocence.Puis nous recevons Oan Kim & The Dirty Jazz dans la #SessionLive. C’est un chanteur et saxophoniste franco-coréen, fils du célèbre peintre coréen Kim Tschang-Yeul, et nommé «révélation de l'année» par Jazz Magazine et Jazz News en 2022. Il fut l’une des révélations de 2022. Élaboré durant le fertile confinement, le premier album d’Oan Kim Dirty Jazz avait tout de l’ovni. Le revoilà, toujours aussi parfaitement inclassable que génialement étrange, avec un second volet qui poursuit les mêmes fantômes et fantasmagories. Son titre, Rebirth of Innocence, a valeur programmatique. Soit une hybridation entre un jazz éminemment spirituel, la pop expérimentale et le minimalisme esthète, qui peut aussi bien figurer les clairs obscurs de films noirs à la manière des Lounge Lizards.Titres interprétés au grand studio- Bardo Live RFI- Crime jazz & lush, extrait de l’album, clip - Slow Redux  Live RFI clip.Line-up : Oan Kim, sax tenor and soprano, lead vocal, Benoît Perraudeau, guitare électrique, Eli Frot, claviers, Paul Herry-Pasmanian, basse, voix et Noé Bénita, batterie.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.► Album Rebirth of Innocence (Artwork Rd 2024).EPK - instagram.
48:29 6/15/24
#SessionLive Mario Canonge Trio et Caroline Bourgine « Dictionnaire des Caraïbes »
Embarquement immédiat pour les Caraïbes, avec la #SessionLive de Mario Canonge Trio et l’auteure Caroline Bourgine pour son livre le « Dictionnaire des Caraïbes ». Mario Canonge, Michel Alibo et Arnaud Dolmen jouent 2 titres de l’album éponyme. (Rediffusion) Et c’est le Mario Canonge qui ouvre le bal dans la #SessionLive 3 mois après la sortie du deuxième volume de son Quint’Up avec Michel Zenino, le pianiste hyper productif Mario Canonge revient en trio en compagnie de Michel Alibo et Arnaud Dolmen, dans un nouvel album à la sauce caribéenne enregistré en live pour préserver la magie de l’improvisation et de la complicité qui lie les musiciens. Très inspiré par les deux grands noms antillais du piano, Marius Cultier et Alain Jean-Marie, Mario Canonge est sans aucun doute l’un des plus grands pianistes de jazz français actuels, en témoigne une carrière parsemée de rencontres toutes plus prestigieuses les unes que les autres. À l’aube des années 80, il arrive à Paris pour étudier la musique et joue beaucoup de musique latine, notamment dans le groupe La Manigua avant d’être, avec Nguyen Lê, le cofondateur du groupe de jazz-rock fusion Ultramarine. Il devient vite très demandé et enchaîne les collaborations avec des artistes comme Lavelle, Dee Dee Bridgewater, Nicole Croisille, mais aussi Carter Jefferson ou encore Chico Freeman. Dans cet album sobrement intitulé Mario Canonge Trio, il revisite ses compositions passées et actuelles avec une paire rythmique de feu. À la contrebasse, il retrouve Michel Alibo, vieux compagnon de route avec lequel il était notamment au départ du groupe Sakiyo, éclair fulgurant dans la musique Caribéenne de la fin des années 80. Derrière les fûts, tout simplement le batteur le plus en vue et le plus demandé de la scène française, Arnaud Dolmen, dont le dernier album Adjusting (2022) lui a valu de recevoir le prix « Révélation » aux dernières Victoires du Jazz, ainsi que le titre de « Musicien de l’année » décerné par les rédactions de Jazz Magazine et Jazz News. Capté en public au Comptoir de Fontenay-sous-Bois en janvier 2023 pour le compte du label Aztec Musique, ce disque dévoile la complicité d’un trio où même les silences sont éloquents. Il est aussi le fruit de nombreuses performances qui ont permis aux trois musiciens d’hisser l’œuvre de Canonge à des sommets de musicalité, jusqu’à cet enregistrement, véritable acte de renaissance qui s’inscrit dans la continuité d’une année 2023 déjà bien prolifique pour le pianiste martiniquais.La journaliste, auteure et réalisatrice Caroline Bourgine présente son livre « Dictionnaire des Caraïbes, un itinéraire poétique » chez Caraïbéditions.Un dictionnaire des Caraïbes insulaires et continentales pour un itinéraire amoureux qui, en toute subjectivité, invite à circuler à travers les mots, les lieux, les auteurs, les langues et les territoires. L'auteure se plaît à rencontrer le singulier proche et lointain, tout un creuset de mondes brassés par l'histoire, la géographie, l'archéologie, la cuisine, la littérature, la botanique et les musiques. Autant de balises pour entrer dans ce Tout-monde, intime de la relation aux êtres et aux choses, pour entendre une composition poétique sans ordonnance tissée de définitions fragiles et mouvantes.Caroline est également l’auteure du documentaire MAGMAS76 sur les évènements de la Soufrière.Titres interprétés au Grand studio- Fleur de terre Live RFI en trio- Toto Bissainthe Rasanbleman, choix Caroline- Entre la Pelée et l’Ararat, extrait de l’album Mario Canonge Trio- Ibrahim Ferrer Ay Candela, choix Caroline- Karnaval blues Live RFI en trio voir le clip  - Harry Belafonte Mesi bondie, choix Caroline. Line Up : Mario Canonge, piano, Michel Alibo, contrebasse, Arnaud Dolmen, batterie.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.►  Album Mario Canonge Trio (Aztec Musique 2023).- Bob Marley Stir it Up, album Catch a Fire.► À lire sur RFI Musique Catch A Fire, de Bob Marley a 50 ans : ce qu’en disent les artistes ?- Calypso Rose Abatino, album Far From Home voir le clip. 
48:30 6/9/24
#SessionLive Siân Pottok et interview de François Clarou pour le festival d’été du Cabaret Sauvage
Sous le plus beau chapiteau de Paris, se tient le festival d’été du Cabaret Sauvage. Du 11 au 16 juin 2024, le public pourra s’enivrer de reggae, de la soul, de la folk alternative, de la pop créole, bref un éventail d’esthétiques pour lui faire perdre la boussole. À l’occasion du festival d’été du Cabaret Sauvage (11-16 juin 2024), nous recevons Siân Pottok dans la #SessionLive et François Clarou.Siân Pottok est autrice, compositrice, musicienne, interprète et photographe, elle offre une immersion dans le palpitement d'un monde interconnecté, fusion de ses racines indiennes, congolaises, belges et slovaques, depuis sa naissance en Floride. Siân joue du Kamele Ngoni, et sort un nouvel album Deep Waters.Le Cabaret Sauvage a donné une carte blanche à François Clarou, qui assure la programmation de l’édition 2024. Le producteur français est actif dans l’audiovisuel : Les Concerts Volants d’Arte, Platine Africa avec Sandra Nkaké sur TV5 (créé en 2021, terminé), documentaire sur Fatoumata Diawara, en cours de diffusion sur Canal, clips pour Bernard Lavilliers, concerts Asaf Avidan, Beth Hart…Titres joués au Grand studio- Deep, Waters Live RFI Siân Pottok voir le clip - Ki Sa, David Walters voir le clip - Kuwa Mbali, Sana (solo Siân) Live RFI Siân Pottok- Demain, Luiza Instagram - Existe, Uma Voz Rogê voir le clip - Rain Live RFI Siân Pottok- Cold Cold World par Michelle David & The True-tones voir le clip- Amour Quantique, Flèche Love.Line Up : Siân Pottok, chant, ngoni, guitare, Edouard Coquard, batterie, Lucas Degeuser, trompette, machines, Fred, claviers + François Clarou, programmateur du festival.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.►  Album Deep Waters (Blue Moon Dogs/Modulor 2024).Réalisation : Donatien Cahu.►  Coordonnées Siân Pottok  : Youtube - Facebook - Instagram.
48:30 6/8/24
#SessionLive Pamela Badjogo & Amsterdam Klezmer Band, du Gabon aux Pays-Bas
Une princesse bantoue, des Hollandais aux semelles de vent, voilà 2 sessions live. Notre 1ère invitée est Pamela Badjogo pour la sortie de l’album YIÊH.Pamela Badjogo s’est indéniablement inscrite dans la lignée des grandes voix africaines. Son registre afro-pop, nu-highlife façon bantoue teinté d'une touche jazzy nous plonge dans l’effervescence des nuits agitées d’Afrique centrale, pimenté de textes servant les causes féministes.En 2024, l’artiste gabonaise dévoile son 3ème album Yieh. Dix titres introspectifs toujours profondément ancrés dans ses racines bantoues dans lesquels la langue française prendra davantage de place que dans les projets précédents. Un album doux et féminin qui met en lumière les forces parfois insoupçonnées de la Femme avec un grand F. Pamela Badjogo nous parle de lâcher prise tout en confirmant encore son statut de princesse des sonorités et traditions Bantu. Pour Yieh, elle s’est entourée de Kwame Yeboah, arrangeur des 2 derniers albums à succès du légendaire chanteur de high-life Pat Thomas, d’Aron Ottignon et Elisée Sangarée, mais également d’invités prestigieux dont Pat Thomas et Kelly Khumalo avec lesquels elle a partagé le micro.Après avoir fait ses classes aux côtés des plus grands comme choriste (Salif Keita, Oumou Sangaré, Cheick Tidiane, Matthieu Chedid, Tiken Jah Fakoly ou Danakil), elle prête sa voix dans « Kirikou & Karaba ». C’est en janvier 2016 que la princesse bantoue entame sa carrière solo avec un premier album intitulé Mes couleurs. Un véritable métissage entre sa culture bantoue du Gabon et les influences mandingues du Mali, son pays de cœur.En 2021, elle confirme sa signature musicale avec un deuxième album résolument afropop. Kaba signifie le partage fraternel en Ndzebi. Au-delà de la musique Pamela est très engagée pour la cause de la Femme. Dans ses paroles comme sur scène, elle a à cœur de dénoncer les oppressions que subissent les petites filles et les femmes au quotidien. Elle est porte-parole des Fées-ministres un collectif et présidente du collectif « Moussoya yé kobayé » qu'elle co-fonde avec Amie Yerewolo, une rappeuse engagée. En février 2017, elle prête sa voix pour la lutte contre le cancer aux côtés de Coumba Gawlo, Charlotte Dipanda, Rokia Traoré et Josey : « Pour nos soeurs et pour nos mères ». 2017-2018, elle est porte-parole du collectif les amazones d’Afrique. Depuis 2016, elle est marraine de l’école associative Karama, une association qui scolarise les enfants des rives du fleuve Niger au Mali.Pamela est née en 1982 à Libreville au Gabon où elle a grandi avant de s’installer au Mali en 2003 pour poursuivre ses études de microbiologie. Après l’obtention de son DEA, elle se lance dans la musique où elle débute comme choriste, avant d’entamer une carrière solo.Titres interprétés au grand studio- Tounka Live RFI- Letondo, extrait album voir le clip- Aimer Live RFI.Line Up : Pamela Badjogo - Lead/ Guitare, Elisée Sangaré - Basse/ Guitare et Shan Lotchi Ludmann - Batterie / Voix.Son : Jérémie Besset & Mathias Taylor.► Album YIÊH (Raphia / Believe / Inouïe 2024).Facebook - Instagram - Tiktok - Deezer. Puis nous recevons l’Amsterdam Klezmer Band pour la sortie de son nouvel album Bomba Pop.Amsterdam Klezmer Band naît en 1996 de la passion de Gijs Levelt (trompette), Job Chajes (saxophone, chant), Henkjan van Minnen (accordéon), et Jasper de Beer (contrebasse, banjo) pour la musique klezmer et la musique des Balkans. En plus de 25 ans, les sept musiciens se sont forgé leur propre son, mélange vibrant de klezmer, de musique balkanique, d’électro, de jazz, de rythmes manouches, orientaux et de hip hop. Une musique pleine d’énergie en constante évolution ouverte à tous les genres, les voyages ou les influences dans lesquels ils puisent avec allégresse. En 18 albums, le groupe aura joué dans les plus grands festivals d’Europe (Lowlands, North Sea Jazz Festival, Sziget…) mais aussi au Concertgebouw d'Amsterdam, au Wiener Konzerthaus, à la Cité de la Musique à Paris ou au festival de jazz de Hong Kong.Il aura aussi collaboré avec les étourdissants Söndörgő, l'Orchestre andalou d'Amsterdam, le Galata Gypsy Band et aura apporté tout son talent à la bande originale du film « le Chat du Rabbin » de Joann Sfar ou au documentaire « De Wilde Stad ». Pour leur nouvel album Bomba Pop disponible depuis le 1er février 2024, ils ont collaboré avec Ulf Lindemann alias Dunkelbunt. Le résultat est une boussole musicale éclatante qui indique de nombreuses directions musicales. Un voyage passionnant où s’entrechoquent musiques du monde, klezmer, cumbia, drum’n’bass, swing jazz, groove turc, mélodies pop et refrains hiphop. Après plus de 25 ans, l'Amsterdam Klezmer Band continue de célébrer la vie avec une musique en perpétuel mouvement, une approche contemporaine du Klezmer qui vous emmène et vous inspire, allie danse et fête avec mélancolie. Titres interprétés au grand studio- Fire Live RFI- Mesafesofi, extrait de l’album- Do it in Amsterdam Live RFI.Line Up : Mischa Porte – Drums, Jasper de Beer – Bass, Ellen van Vliet – Accordeon, Joop van der Linden - Trombone/guitar, Job Chajes - Sax/Vocals, Gijs Levelt - Trumpet/synth, Salah Mesmah  - Vocals et enn itw Joop van der Linden.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.► Album Bomba Pop (ZB Prod 2024).Facebook - Instagram - X - youtube.
48:30 6/2/24
#SessionLive Lina et Patricia Essong, du Portugal au Cameroun
Lina présente son nouvel album Fado Camões et Patricia Essong, Healing Journey dans la #SessionLive. (Rediffusion) Notre première invitée est la fadista Lina pour la sortie de son nouvel album Fado Camões. Il y a trois ans, la fadista Lina et le producteur et musicien Raül Refree se sont réunis autour du répertoire d’Amália (Rodrigues), surprenant le monde avec un album audacieux, encensé dans tous les milieux. Elle est désormais de retour, encore plus puissante, non seulement par sa voix inimitable, mais aussi par la composition de quelques chansons, en compagnie du producteur et musicien britannique Justin Adams (Robert Plant, Rachid Taha, Tinariwen, Jah Wooble, Souad Massi), autour de la poésie de Camões (poète portugais du XVIè siècle).C'est un nouveau chapitre qui commence à s'écrire, après que Lina a commencé à chanter à l'âge de 10 ans au Círculo Portuense de Ópera et a étudié au Conservatoire, avant de tomber amoureuse des maisons de fado, qu'elle n'a jamais abandonnées, et d'enregistrer les albums Carolina et EnCantado, signés sous le nom de Carolina. Puis vinrent des périodes de croissance musicale et d'élargissement des horizons, et maintenant, il y a Camões à l'horizon et un son renouvelé, où le centre est encore et toujours son expressivité vocale, sensorielle, palpitante, pleine de vie pour nous toucher.Titres interprétés au grand studio- Desamor Live RFI- O Que temo E O Desejo (Feat. Rodrigo Cuevas) extrait de l’album Fado Camoes- Se De Saudada Morrerei Ou Não Live RFI Line Up : Lina, chant, Ianina Khmelik, claviers, Jean-Luc Gonneau, traducteurSon : Mathias Taylor & Jérémie Besset.Réalisation : Hadrien Touraud.► Album Fado Camões (Galileo / MDC / Pias 2024).Choix musical RFI.Puis, nous recevons Patricia Essong pour le nouvel album Healing Journey.Patricia Essong, originaire du Cameroun et vivant en France depuis 20 ans, s’inspire de grandes artistes telles que Miriam Makeba, Tracy Chapman et Lizz Wright pour créer une musique et son propre univers qui célèbrent son héritage culturel bantou. Nourrie de folk, de jazz et de blues, sa musique éthérée et enracinée mène vers la spiritualité.Parallèlement à une carrière réussie dans le conseil, son amour pour la musique ne la quitte jamais. En 2013, elle décide de sortir de sa zone de confort pour poursuivre sa passion, marquant le début de sa carrière musicale. Elle produit en 2016 son premier album, Soul of Nü Bantu, une exploration musicale entre chants traditionnels et balades folk, révélant la richesse des langues africaines. De Paris à New York, en passant par la Suisse et le Cameroun, Patricia Essong partage son message de réalisation des rêves à travers des concerts empreints de spiritualité africaine.Son parcours prend un tournant en 2019 lorsqu’elle ressent le besoin de s’arrêter, de respirer et d’explorer une nouvelle dimension de sa créativité. Cette pause la conduit sur La Route du Sacré, un projet en trois parties. Le premier volet, Healing Journey, est un voyage musical de guérison, composé pendant le confinement. L’album, en langue duala, reflète son cheminement personnel à travers des épreuves, le deuil, la méditation et la célébration de la vie. Malgré des pertes personnelles importantes, l’album reste intime, minimaliste, et explore des sonorités ethno trip-hop, marquant une évolution audacieuse de son style musical.Titres interprétés au grand studio- Chrysalide Live RFI - Immanence, extrait de l’album- Beauty Painters Live RFI Line Up : Patricia Essong, voix, harmonica, Christophe Laxenaire, clavier, ordi.Son : Mathias Taylor & Benoît Letirant.Réalisation : Hadrien Touraud.► Album Healing Journey (Nü Bantu Sound 2024).ParolesChrysalide : Chrysalide est une chanson pour s'accueillir avec tendresse, justesse et patience. J'étais confinée à l’intérieur de mon faisceau chromatique, à questionner mon existence, regarder en face toutes ces mémoires traumatiques, et sans les nier, invoquer ma paix, trouver l'issue dans l'immanence pour libérer, transmuter. Chrysalide est le mantra de guérison qui m'a été inspirée pendant que je surmontais le burn-out. Faire de sa chrysalide, un espace sacré, un Autel d’accueil de ses émotions.Beauty Painters :  Chanson exprimée en anglais et en langue duala (Cameroun)Chanson en hommage aux passeurs de lumière, à ceux qui construisent la beauté du monde par leurs bonnes actions, par leurs états de vie, d'éveil, malgré de grandes épreuves, à celles et ceux qui ne sont pas souvent reconnus comme tels, si ce n'est après leur mort... Chanson de reconnaissance, dire qu'ils laissent derrière de beaux tableaux, ils marquent la terre de leur empreinte. C’est aussi un message d'encouragement à ceux qui expérimentent leur propre vie, à ceux qui prennent le relais, avec difficultés, mais avec dignité et grandeur.
48:30 6/1/24
#SessionLive avec Le Cluster Ensemble & Las Lloronas
Ivresse, rue, poésie, féminisme, convivialité, des mots jetés en vrac pour présenter Le Cluster Ensemble et Las Lloronas dans la #SessionLive. Nos 1ers invités sont le groupe tourangeau Le Cluster Ensemble pour la sortie de l’album Le Cluster Ensemble. LE CLUSTER ENSEMBLE est une équipe d'une vingtaine d'artistes qui nous régale avec d'étonnantes vidéos de musique live (plus de 100k vues cumulées sur YouTube) et des spectacles en big band à table où se percutent chanson française, baile funk, chaabi, jazz, rap, bossa nova… Fin 2023, le collectif a présenté son premier album (éponyme) sur les plateformes, avec des reprises façon Cluster de morceaux de Gilberto Gil, Henri Salvador, et quelques titres originaux à la croisée des genres qui affirment leur propos unique pour un répertoire étonnamment festif, profond et ludique. L'album est enregistré en conditions du direct (concerts ou tournages) pour transmettre au plus vite et au plus vrai leur incroyable vibe.Manifeste Le rythme d’une musique, un repas que l’on partage, instaure de fait une communauté, qui ne repose sur aucune idéologie ou croyance préalable, mais sur l’appartenance à un même instant présent. Nous croyons à l’ambiance comme étant un milieu, à la fête comme étant un climat, au sens écologique. Milieu translucide et changeant que nous ne percevons pas mais qui n’est pas le vide. Nous tenons à cette idée que l’ambiance est mesurable, comme l’est la température, la pression barométrique ou le taux d’humidité.Le Cluster Ensemble est un collectif pluridisciplinaire de jeunes artistes basés à Tours, réunis par Raphaël Guattari autour d'une volonté simple : célébrer la convivialité. À partir d'un ensemble composé de 13 musiciens d'horizons différents, accompagné d'une directrice artistique, d'un comédien et d'une équipe vidéo, Le Cluster Ensemble propose une musique qui emprunte à des genres variés : chanson française, baile funk, châabi, jazz, rap, bossa nova... Souvent filmée, toujours mise en scène, enregistrée hors studio, la musique se joue live autour d'une table comme on partage un repas, dans la joie d'être ensemble.Le collectif prend forme fin 2021 autour de la réalisation d'une reprise façon Cluster, aussi bien musicale que visuelle, de Me Maten issue du Tiny Desk de C. Tangana, la vidéo est repartagée par Nemir, Kiko Veneno (guitariste de la version originale), et dépasse très vite les 50k sur instagram. le groupe a également sorti sur YouTube le film MIDI-MIDI en mai 2022 sorte de court-métrage musical.Note d’intention de Raphaël Guattari. Longtemps je me suis demandé de quoi dépendait la réussite d’une fête. Parce que dans l’esprit de tout le monde, quand on pense à la fête, on pense aux éléments qui la composent : les ami·e·s, les rencontres, la musique, la nuit, l'ivresse. Et pourtant aucun de ces éléments ne garantit la réussite de la soirée, la contagion de la bonne humeur. Il faut toujours ce truc en plus tu vois, cette contagion, ce principe évident de l’ambiance. Et ça tu le sens en une fraction de seconde, tu le ressens, et sûrement ça se ressent beaucoup plus que ça ne se comprend, c’est compliqué ces choses-là. La fête, c’est tout un programme, il ne faut pas négliger. C’est un barbare celui qui va à la fête juste pour se défouler, c’est toujours ceux-là qui pètent l’ambiance, qui vomissent sur le plancher ou qui s’embrouillent sur le balcon parce qu’ils en font trop, t’as capté. Parce que la fête, tu peux la faire quand ça va ou quand ça ne va pas, tu peux la faire avec une dizaine d’ami·e·s ou des milliers d’inconnu.e.s, tu peux fêter tout ce que tu veux avec qui tu veux, quand tu veux, mais pour ça il faut bien s’appliquer. La Fête, Raphaël Guattari, chanteur du Cluster Ensemble.Titres interprétés au grand studio- Poison Live RFI- Ya Rayah Fea.t Mohamed Lamour, extrait de l’album- Oublie Oublie Live RFI.Line Up : Mateo Roussel : batterie, Soa Ravaloson : basse, Corentin Fumard : guitare, Valentin Vasseur : guitare, Daphné Jacquet : clarinette, Timothée Weeger : clarinette basse, Raphaël Guattari : chant, Alice Montembault : chant, Mona Da Rocha : chant, Rita Amoureux : chant et Adriana Calla, scénographie et direction artistique.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.► Album Le Cluster Ensemble.Cluster Ensemble YouTube - Instagram - bandcamp. Puis nous recevons le groupe féminin Las Lloronas pour la sortie de l’album Out Of The Blue.Après avoir sillonné l’Europe, le trio bruxellois revient dans la capitale belge avec des chansons plein leurs bagages. Leur plume a mûri - poétique, tranchante mais toujours juste, elle se positionne fermement dans une société en constante mutation. Les harmonies vocales, qui ont fait leur renommée, sont encore bien présentes et nous invitent à baisser notre garde, à laisser couler nos larmes - de joie, de chagrin, de soulagement. Avec ce nouvel album, Las Lloronas nous emmène une nouvelle fois dans un monde où l’on ne doit pas s’excuser d’être exactement qui on est.Sura Solomon (BE/USA), Amber in ‘t Veld (ES/NL) et Marieke Werner (DE) ont commencé dans la rue, rassemblées autour de leur passion pour la sociologie, l’activisme et l’art. Leur premier album Soaked, porté par leur poésie féministe intime et multilingue, a touché en plein cœur des milliers de personnes. Les voici de retour avec Out of the Blue, un deuxième album plus engagé, plus audacieux et extrêmement touchant.OUT OF THE BLUE est un voyage passionné, subtil et simple. Une combinaison de sons et de mots, semblant aléatoires, qui créent un sentiment vibrant, juste pour un instant, celui d’être pleinement vivant.e.s. La vie, avec sa légèreté et ses drames, ses plaisirs et ses douleurs, ses revirements soudains, ses douceurs, ses absurdités, ses apprentissages. Que le voyage vous soit doux et puissant ! Les performances de Las Lloronas sont souvent décrites comme étant très originales, mais leur musique possède également un caractère intemporel : elle colle à la peau, émotionnellement brute et captivante. Qualité que l’on retrouve dans de nombreuses traditions telles que le klezmer, le flamenco ou le blues. Toujours accompagnées de la guitare, du ukulélé, de l’accordéon et de la clarinette, elles proposent un univers musical unique, loin des codes. Inspirées par des musicien.ne.s comme Lhasa de Sela, Akua Naru, Giora Feidman, Chavela Vargas ou encore Rodrigo Amarante, elles créent une délicieuse symbiose polyphonique qui ne peut que s’appeler « Las Lloronas ».Titres interprétés au grand studio- Run Live RFI- Lonely Bird, extrait de l’album- Radikale Ruhe Live RFI.Line Up : Sura Solomon (BE/USA), voix, accordéon, ukulele et Marieke Werner (DE), voix, clarinette.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.► Album Out Of The Blue (Muziekpublique 2024).Las Lloronas YouTube - Instagram - bandcamp.
48:29 5/26/24
#SessionLive Fred Soul & Zé Luis Nascimento et Tablao de Tango #argentine #brésil
Des rives du Rio de la Plata, pour un tango brut de décoffrage aux paysages amazoniens dessinés par Nana Vasconcelos #SessionLive. Viva Nana est un hommage vibrant et spirituel au percussionniste brésilien Nanà Vasconcelos, par les sourciers Fred Soul et Zé Luis Nascimento. Originaire de Recife, le percussionniste Naná Vasconcelos, décédé en 2016, a laissé une empreinte exceptionnelle et pleine de grâce sur le monde de la musique; il a collaboré avec Gilberto Gil, Gal Costa, Don Cherry, Talking Heads, Arto Lindsay, Pierre Barouh, Pina Bausch, Art Blakey, Gato Barbieri, Pat Metheny ou encore Egberto Gismonti. Fred Soul et Zé Luis Nascimento sont les invités de choix de l’orchestre des sons, de la magie du son vivant et vibrant dont Naná Vasconcelos aimait les cheminements, les sentiers secrets, l’éblouissement. Ces deux musiciens inventifs et libres rendent hommage à ce maître incontesté des percussions qui puisait inlassablement dans la nature et dans les éléments, les nutriments de la musique.Sourciers, Fred Soul et Zé Luis Nascimento explorent, comme le fit Nana Vasconcelos au fil des ans, le champ d’improvisation pour faire jaillir ce que les sons mêlés, pour qui prête attention, révèlent de la pulsation de la vie. Éole s’enroule, chante et gémit dans la corde du berimbau ; les mains font gronder le tonnerre en « batucant » les cordes du piano. Des caxixis naissent un bruissement de branchage, le clapotis de l’eau, le cliquetis subtil des graines et des fragments de coquilles répondant à la mélodie forte de syncrétisme et d’inspirations multiples.Créateurs de passerelles musicales et percussives qui vont de l’Afrique au Brésil, du Brésil à l’Occident, Fred Soul et Zé Luis Nascimento puisent dans l’océan sonore de Naná Vasconcelos, une inspiration sans cesse renouvelée, tel ce « vent appelant le vent » dont on ne sait pas d’où il vient ni où il va mais qui porte, en lui, une mémoire ancestrale du chant du Monde qui jamais ne finit.• Zé Luis NascimentoPercussionniste brésilien virtuose, originaire de Salvador de Bahia. Soliste et assistant à la direction musicale, il enchaîne les tournées mondiales avec le ballet folklorique de Bahia, au sein duquel il a été formé.Arrivé en France en 1996, il s'ouvre aux styles des percussions orientales et occidentales et élabore alors un vocabulaire rythmique profondément original mêlant des instruments très variés, qu'il rassemble dans un discours musical d'une grande cohérence. Sur scène ou en studio, il collabore avec des artistes comme : Titi Robin, Mayra Andrade, Ayo, Césaria Evora, Al Di Meola, Sixun, Tania Maria, Lokua Kanza, Oumou Sangaré, Tété, Souad Massi, Vladimir Cosma, Michel Legrand, Jaques Morelenbaum, Georges Moustaki, entre autres. Il dit avant tout « vouloir servir la musique ». Inspiré, élégant et puissant, tel se définit l'univers musical de Zé Luis Nascimento.• Fred SoulFred Soul a grandi en France au sein d’une famille de peintres et de musiciens. Initié à la musique dès l’âge de 5 ans, il évolue sur scène aux côtés de son père. Partagé entre cultures et instruments. La musique classique européenne pour le piano et les traditions de l’Orient pour les percussions. Son travail de compositeur et d’improvisateur se dirige vers la création d'un chemin entre le passé et le présent, l’Occident et l’Orient. Poly-instrumentiste virtuose et rythmicien hors pair, Fred Soul a le don et le secret de nous faire partager les poésies de son monde intérieur.Ses collaborations sont nombreuses : Sekouba Bambino, Julia Sarr, Nguyên Lê, Alune Wade, l'Orchestre National de Montpellier, Moriba Koïta, Sylvain Barou, Mayra Andrade, Manu Dibango, Boy Gé Mendes, Papa Wemba, Aziz Sahmaoui.Titres interprétés au grand studio- Viva Nana Live RFI clip - Odara Xire, extrait de l’album- Continuum Live RFI.Line Up : Fred Soul, piano, Ze Luis Nascimento, percussions.Son : Benoît Letirant, Jérémie Besset.► Album Viva Nana (L’Autre Distribution 2024).Site Fred Soul (Instagram Zé Luis Nascimento - facebook Zé Luis - Viva Nanà youtube. Puis nous recevons le trio argentin Tablao de Tango pour la sortie de l’album De Alcohol y Desamor #SessionLiveTablao de Tango, ou le blues du port du Rio de la Plata.Immersion dans l'underground du tango, tel qu'il est né dans l'embouchure du Rio de la Plata fin XIXè, loin du « tango for export », des paillettes et de ses avatars spectaculaires, ce plateau de luxe de trois générations de solistes, et leurs instruments voyageurs, guitare, harmonica et voix, dessine un blues portuaire, radical et sans fioritures. Un chant d'exil D’alcool et de désamour toujours bien vivant aujourd’hui dans les boliches, les bistrots portègnes, portés par les interprètes les plus emblématiques du genre aujourd'hui. Un harmonica, une guitare et une voix. Des solistes argentins d'exception autour d'un maestro de la guitare : le tango à l'essentiel.Les personnages, la colonne vertébrale idéale pour cette réunion exceptionnelle de solistes, c’est la guitare. Celle de Rudi Flores et son art virtuose, irrémédiablement teintée de chamamé, le folklore de la région de Corrientes, fait d’elle l’alliée de luxe. Walter Laborde dit « El Chino », chanteur soliste, acteur, chanteur d’orchestre, ancien footballeur, « activiste » au sens politique du genre à l’image d’un Pugliese en son temps, est l’artisan emblématique du renouveau du tango chanté, conté au XXIè siècle. Le Tablao de Tango, c’est son histoire et son ADN, celle d'un tanguero pure souche. Franco Luciani, l’harmoniciste multi-primé, improvisateur hors pair, à la culture jazz, aussi à l’aise chez Piazzolla, que pour un hommage à Toots Thielemans, aussi inventif dans le folklore que dans la réinvention des tangos classiques. Avec son instrument-valise, qu’il transforme à sa guise en bandonéon ou en grand orchestre, il n'y a pas d'autres pareils pour incarner le tango, comme un blues. S’égrenant au rythme de la descente d’une bonne bouteille de vin, le Tablao de Tango incarne le tango au plus essentiel, c'est-à-dire métissé, syncrétique, « criollo », sans partitions, avec la base la plus simple, celle du dialogue du poète avec la guitare, et la joie viscérale du partage.  Ces chants « d'alcool et de désamour » mettent en scène un blues portuaire, sans fioritures, un chant issu des bas-fonds, tel le fado ou le rébétiko. Ce spectacle au dispositif simple - 3 personnages autour d'une table et une bouteille de vin - est issu de la création Club de Tango, pour la Philharmonie de Paris. Il a réalisé quelque 36 concerts en 2023 en Europe et voyage sous forme de concert ou de concert-Milonga. Il peut être, et est aussi une scène ouverte (un tablao !) invitant danseurs, chanteurs ou autres musiciens.Titres interprétés au grand studio - Una cancion Live RFI avec RFI Vidéos- Vuelvo Al Sur feat. Sandra Rumolino- La Ultima Curda Live RFI avec RFI Vidéos.Line Up : El Chino Laborde, chant, Franco Luciano, harmonica, Rudi Flores, guitare avec Emmanuelle Honorin (Géomuse) et Roberto Burgos, traduction.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.► Album De Alcohol y Desamor (Geomuse / Caramba Rd / Virgin / Universal 2024).Instagram - facebook - teaser.
48:30 5/25/24
Jazz à tous les étages avec la #SessionLive de Mr Mâlâ et de Louis Matute
Du Baiser Salé au lac Léman, en regardant le Brésil, l’Amérique du Sud ou le Cameroun, jazz à tous les étages ! Live ! Notre 1er invité est le groupe Mr Mâlâ qui présente son 1er album Mr Mâlâ.« My name is Monsieur MÂLÂ I’m not a human, I’m a machine. » Les paroles de Storyteller, qui introduisent le premier album de Monsieur MÂLÂ, font office de présentation : le quintet est une machine dont la conception serait empirique et la production organique, capable de nous raconter des histoires au moyen de musiques instrumentales. Ses rouages ont pour noms Nicholas Vella (piano, Fender Rhodes, claviers), Swaéli Mbappé (basse, guitares), Yoann Danier (batterie), Robin Antunes (violon, mandoline) et Balthazar Naturel (saxophone, cor anglais, clarinettes, flûtes). Ces fortes personnalités, dont les complicités sont anciennes, sont tous des leaders ou des sidemen reconnus dans la sphère du jazz et de ses satellites. Leurs bagages techniques, leurs influences cosmopolites et leurs âmes voyageuses touillent une décoction de funk et de rock, de musiques africaines et caribéennes, tout en ingérant les nouvelles tendances urbaines et électroniques. Ni fusion ni métissage : Monsieur MÂLÂ n’est que l’expression naturelle et assumée de cinq multi-instrumentistes composites. L’histoire s’est écrite entre deux pôles, l’académisme des formations en conservatoire et la liberté des jams en club. Nicholas Vella, Sicilien installé en France depuis une douzaine d’années, entré en 2012 au conservatoire à rayonnement régional de Paris, a accompagné Mayra Andrade, Paco Séry et Ibeyi. Mais sa première scène parisienne fut celle du Baiser Salé, rue des Lombards, déjà avec Swaéli Mbappé, un habitué des lieux puisqu’il y débuta à 15 ans. Enfant de la balle, passé par le saxophone et la batterie avant d’adopter l’instrument de son père, l’illustre bassiste Étienne Mbappé, Swaéli est devenu professionnel avec Blick Bassy avant d’accompagner Mamani Keita, Cheick Tidiane Seck et des artistes de variétés (Tal, Shy’m, Zaz).Titres interprétés au grand studio- Ai De Mim avec EU.CLIDES Live RFI- Al Fayhaa, extrait de l’album Mr Mâlâ- Fly Fly Live RFI.Line Up : Robin Antunes : violon, mandoline ; Balthazar Naturel : saxophone, cor anglais, clarinette, flûte ; Nicholas Vella : piano, Fender Rhodes, claviers ; Swaéli Mbappé : basse, guitare ; Yoann Danier : batterie et EU.CLIDES : chant sur Ai De Mim.Son : Mathias Taylor & Jérémy Besset.► Album Mr Mâlâ (Art District Music 2024)Chaîne Youtube. Puis nous recevons le guitariste suisse Louis Matute pour la sortie de son 4ème album Small Variations From The Previous Day.Euphorisante et douce-amère, la musique de Louis Matute ne ressemble qu’à lui. Partagé entre l’Europe qui l’a vu naître et l’Amérique latine qu’il a rêvé, cet enfant de la génération Z, trop entier pour la fiction du réel et trop sincère pour la fiction de soi, rouvre en grand les portes de son univers. Un son, un talent fou de raconteur, un folklore qui se dessine : dans ce superbe quatrième album, sa musique n’a jamais paru si proche et foisonnante. « Je n’ai jamais écrit de mélodie sans la chanter en même temps » confie-t-il. Teintées de pop et de saudade, celles-ci vous iront droit au cœur, laissant flotter dans l’air un brin de magie.Tourné vers le Brésil et l'Amérique Centrale, nourri de jazz et d’une pop élégante, Small Variations from the Previous Day est un disque-monde, animé par un « Large Ensemble » toujours plus étoffé, catalyseur d'émotions.Titres interprétés au grand studio- Narcissus Live RFI- Alma No Mar Feat Gabi Hartmann, extrait de l’album Small Variations From The Previous Day- 2000 Years Live RFI.Line Up : Léon Phal, saxophone ténor ;Zacharie Ksyk, trompette ; Andrew Audiger, piano, Rhodes ; Nathan Vandenbulcke, batterie ; Virgile Rosselet, contrebasse et Louis Matute, guitare électrique.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant & Réalisation : Donatien Cahu.► Album Small Variations From The Previous Day (Neuklang Big Wax Distribution 2024).► En concert au Studio de l'Ermitage le 30 mai 2024.
48:29 5/19/24
Amy pour la vie + #SessionLive Eliasse
De la soul au zangoma, d’Amy Winehouse à Eliasse, l’émission Musiques du Monde est passée maître.sse dans l’art du grand écart ! Notre 1er invité est notre chroniqueur Sophian Fanen.Journaliste et cofondateur du site Les Jours, Sophian Fanen (Sophian Fanen (lesjours.fr) est spécialiste de la musique : il écrit aussi bien sur ses mutations artistiques que sur sa révolution numérique. Il publie « Amy pour la vie » un ouvrage sur Amy Winehouse (Amy Winehouse | Official Site) qui regroupe les différents articles publiés sur le site Les Jours, au sujet de l’étoile filante britannique.À travers ce portrait, Sophian Fanen revient sur la vie tragique de la comète Amy Winehouse. De son enfance musicale à sa mort alcoolisée, le 23 juillet 2011, il explore les multiples facettes de cette chanteuse-née, devenue à 22 ans seulement une star mondiale, fragile et excessive, traquée par tous les tabloïds britanniques. Fruit d’une longue enquête, ce récit dévoile les coulisses d’un amour toxique, d’un album magistral, Back to Black, et les intérêts contradictoires de l’industrie musicale durant la descente aux enfers de cette artiste culte.Titres joués :Amy Winehouse, F*** Me Pumps, tiré de l'album Frank (Island Records, 2003) voir le clip (Amy Winehouse - Fuck Me Pumps (youtube.com)Amy Winehouse, Tears Dry on their Own, tiré de l'album Back to Black (Island Records, 2006) Mountains high enough (Marvin Gaye)The Shangri-Las, Remember (Walkin' in the Sand), (single, Red Bird Records, 1964)Amy Winehouse, Rehab, tiré de l'album Back to Black (Island Records, 2006)Amy Winehouse, Like Smoke (feat. Nas), tiré de la compilation « Lioness: Hidden Treasures » (Island Records, 2011).Chaîne Youtube (Amy Winehouse - Back To Black (youtube.com). Puis nous recevons Eliasse dans la #SessionLive pour la sortie de Zangoma Ne dites plus blues comorien ni rock de l’océan Indien : Eliasse incarne désormais le ZANGOMA ! Ce terme, né de l'esprit visionnaire de l’artiste comorien de l’île de Mayotte Baco, illustre la fusion entre les rythmes de la sono mondiale avec les sonorités propres aux Comores, de l’océan Indien et de leurs racines venues du continent africain. Eliasse, portant ce flambeau, propulse le concept vers de nouveaux horizons avec son rock Zangoma, une innovation musicale qui fait briller les Comores ! Armé de sa guitare, de sa voix, et de son talent de percussionniste, il ravive et entrelace les traditions de son archipel avec des influences électriques et futuristes, façonnant un genre où le folk, le rock, et le blues se marient harmonieusement aux mélodies, aux rythmes et chants ancestraux de son archipel. Du twarab au mgodro, du maloya à l’afrobeat, le rock Zangoma dévoile son visage pluriel. Sa base est le tambour (ngoma) et le rock percussif d’Eliasse revendique cette bannière commune et hybride ! En power trio, accompagné de Jérémy Ortal à la basse et de Frédéric Girard à la batterie, Eliasse livre un son chaloupé, puissant, façonné pour les dancefloors, et nous convie à un voyage transculturel inédit.Son troisième album Zangoma est une célébration de cette identité musicale unique. Eliasse propose une œuvre complexe et riche, un carrefour où convergent les sons, les histoires et les aspirations d'un artiste. Eliasse nous invite à une exploration musicale où chaque titre révèle une facette de son engagement artistique et émotionnel, faisant de Zangoma un hymne à la vie, à la culture comorienne et à la résilience des peuples (Bio officielle).Titres interprétés au grand studio :- Nduzangu Live RFI avec RFI Vidéos - Zangoma Feat. Cheikh MC, Zily, MToro Chamou, Mounawar, Baco, extrait de l’album- Locaterre Live RFI avec RFI Vidéos.Line Up : Eliasse, guitare, voix; Jérémy Ortal, basse, Fred Girard, batterie.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.► Album Zangoma (Soulbeats Music 2024) RFI Talent.
48:30 5/18/24
Double #SessionLive avec Live Bombino et Balaphonics & Mary May
Du Sahel à l’île-de-France, de la musique tamashek du Niger à un afrobassband francilien, tout est dans la #SessionLive ! (Rediffusion) Notre 1er invité est Omara « Bombino » Moctar, un surdoué de la guitare et héros folk touareg, connaît bien la vie nomade. Être constamment sur la route pour sa musique tout en se déplaçant perpétuellement dans la région du Sahel en Afrique fait partie de son ADN. Aussi, lorsque la pandémie a bouleversé le monde, Bombino s’est retrouvé dans une zone inhabituelle : rester au même endroit. « J’ai l’habitude de voyager pratiquement toutes les semaines et j’ai été confiné pendant deux ans », explique-t-il depuis sa maison de Niamey, la capitale du Niger. « Le côté positif, c’est que j’ai repris contact avec mon pays et que j’ai passé du temps avec ma famille pour la première fois depuis longtemps. » C’est ainsi que nous arrive la suite de Deran, paru en 2018, un disque qui a fait de Bombino le tout premier artiste nigérien nommé aux Grammy Awards. Intitulée Sahel en référence à la région qui traverse l’Afrique d’Ouest en Est, de l’océan Atlantique à la mer Rouge, cette nouvelle collection de chansons est l’œuvre la plus personnelle, la plus puissante et la plus manifestement politique de Bombino. C’est aussi son album le plus divers sur le plan sonore, une qualité qu’il s’est efforcé d’atteindre dès le départ et qui est censée refléter directement l’entrelacs complexe de cultures et de peuples qui composent la région du Sahel elle-même. « Je pense tout le temps à la situation difficile des Touaregs, confie l’artiste, et bien que je l’aie toujours abordée dans ma musique, j’ai voulu lui donner une importance particulière dans cet album. » Pour donner vie aux chansons, Bombino a travaillé en étroite collaboration avec le producteur et mixeur gallois David Wrench (David Byrne, Frank Ocean, Caribou, Goldfrapp, Erasure ,The xx, Sampha), et s’est installé avec son groupe dans un studio à Casablanca pendant dix jours pour enregistrer l’album. « Bombino est un musicien incroyable, un des meilleurs avec lesquels j’ai travaillé », confie Wrench avec émotion au sujet du guitariste touareg. « Ce qu’il fait semble facile, mais c’est tellement complexe. C’est un style si raffiné, c’est tellement lui, c’est unique. Il y a toute cette histoire dedans, c’est dingue. » L’admiration est réciproque. Alors que Bombino a eu la chance d’avoir des guitaristes tels que Dan Auerbach et David Longstreth comme producteurs à ses côtés dans le passé, Wrench a apporté un nouveau  degré d’expertise. « Ce que j’aime dans le fait de travailler avec David, c’est l’incroyable finesse de son oreille, l’immense concentration dont il fait preuve en studio, explique Bombino. Rien ne lui échappe. Même les plus petites choses attirent son attention et il se concentre sur les moindres détails du son. » À maintes reprises, Wrench a vu Bombino réaliser une prise étonnante en studio, puis y revenir « et la doubler pour qu’elle soit parfaite. Il opère à un autre niveau. »Les dix chansons qui composent Sahel abordent des thèmes aussi variés que le sort des Touaregs, la douleur d’un amour perdu ou les folies de la jeunesse. Le premier morceau, « Tazidert », prêche la patience alors que la musique elle-même incite à se lever et à bouger. L’entraînant morceau « Aitma » fait la part belle à la guitare pyrotechnique de Bombino. C’est un appel aux armes lancé dans sa langue maternelle, le tamasheq. « Défendons notre peuple, car nous sommes les mêmes, d’où que nous soyons »,dit-il en s’adressant aux Touaregs de toute la région. « Quand on regarde la situation dans chacun des cinq pays qui composent le Sahel (la Libye, l’Algérie, la Mauritanie, le Mali et une partie du Burkina Faso), le peuple touareg n’est pas représenté au sein des gouvernements. » Et ce n’est que tout récemment que la situation a changé au Niger. Sahel est tourné vers l’avenir et le passé, il s’agit d’un mélange de chansons nouvelles et anciennes, et chacune a trouvé un écho chez Bombino pour une raison ou pour une autre. « Beaucoup de groupes entrent en studio avec une série de morceaux qu’ils ont répétés, mais ce n’est pas comme ça que Bombino travaille, raconte Wrench. Il arrive avec ses sensations du moment, c’est une façon beaucoup plus instinctive d’enregistrer. Il puise dans la mémoire de ces centaines de chansons qu’il a écrites. Il s’abreuve au puits de son propre travail et à celui de sa culture, et en tire ce qui lui semble juste. »« Si Chilan » (« Deux jours ») est l’une des plus anciennes chansons du vaste répertoire de Bombino, écrite pour la première fois dans les années 1980. « J’aime mettre en avant les chansons qui font partie de mon répertoire depuis très longtemps, mais qui ne sont pas encore apparues sur un album, explique-t-il. Lorsqu’on vit avec une chanson depuis si longtemps, on lui trouve toujours de nouvelles facettes, de nouvelles façons de l’exprimer. C’est en ce sens que la chanson est dynamique, – elle continuera d’évoluer, du moins dans la manière dont je m’identifie à elle et dont je l’interprète. Je la compare à du miel, une bonne vieille chanson est comme le miel, elle se bonifie avec l’âge. De même, « Nik Sant Awanha » (« Mes frères, je connais notre situation ») date de la fin des années 90 et constitue l’un des pamphlets politiques les plus incisifs de Bombino, qui y déplore les divisions au sein du peuple touareg, les risques de l’exil et une menace existentielle plus grande encore, la perte de la culture touareg. « Même si, géographiquement, le désert du Sahara est notre patrie, tant de Touaregs se voient refuser ou priver de certaines nécessités de base dans toute la région, explique-t-il. C’est ce qui m’a très largement motivé, le type de chansons que je chante et pourquoi. Je veux que les gens pensent aux Touaregs, et représenter ceux qui ne l’ont pas été. Ils ont vraiment besoin d’une voix. » Outre la perte de représentation au sein des gouvernements de ces pays et l’absence des Touaregs dans la culture dominante, Bombino estime que, même avec l’interconnexion instantanée que les smartphones apportent, « la plus grande menace est celle de la technologie et de la modernisation. Une culture marginalisée comme celle des Touaregs risque de se perdre dans l’homogénéisation culturelle. »En ce qui concerne les thèmes plus généraux abordés par Bombino tout au long de l’album, le morceau acoustique « Mes Amis », qui clôt l’album en douceur, parle de la jeunesse et de l’amour à sens unique. « Il est important d’évoquer les choses personnelles, de se connecter avec les gens de cette façon, en leur apportant des histoires et des thèmes auxquels ils peuvent s’identifier », explique Bombino, ajoutant que le temps supplémentaire passé chez lui, avec ses enfants, l’a aidé à clarifier son objectif. « Tout ce que je fais est au service de ma famille, pour leur donner, et améliorer leur situation. »Le rôle de Wrench a été de mettre en valeur Bombino et son groupe de manière à capter le son touareg (qui s’étend sur des siècles) tout en le reliant à notre présent immédiat. Il ne s’agit pas d’une pièce de musée, mais d’un « maintenant » vivant. Si Wrench s’est fait un nom en mixant et en enregistrant du rock psychédélique et de la musique électronique, il considère Bombino comme partie intégrante de ce spectre. « Pour moi, il n’est pas très éloigné de ces domaines. Les rythmes sont tous en 3 au lieu de 4, mais l’effet est similaire : la répétition, l’intensité et le sentiment procurés ne sont pas si éloignés de la techno. À l’écoute, sa musique provoque un effet similaire : elle peut clairement nous emporter dans un ailleurs très différent. » Titres interprétés au Grand studio- Tazidert Live RFI - Mes Amis, extrait de l’album- Ayes Sachen Live RFI Line Up : Bombino: chant et guitare, Dia : basse, Nabil Othmani : guitare, et Corey Wilhelm : batterie.Son : Mathias Taylor & Benoît Letirant.► Album Sahel (Partisan Rd 2023).Puis Balaphonics & Mary May s’installent dans la #SessionLive pour présenter l’album éponyme.Cet afrobrassband sillonne la France depuis 12 ans en mettant le balafon au centre de sa musique. La rencontre avec la chanteuse Mary May s’est imposée au groupe, fasciné par sa facilité à passer de la soul au rap tout en saisissant le public sur le vif. Dix âmes sur scène qui bouleverseront votre cheminement intérieur et attiseront votre soif de communion.Après un an de travail avec Mary May, Balaphonics a enregistré un album, en janvier 2023, au Studio La Frette pour immortaliser cette galvanisante collaboration. Un titre aurait pu être apposé sur la future pochette du disque, mais pourtant, la seule histoire que raconte cet album, c’est celle d’une rencontre : celle de Balaphonics & Mary May. De deux mondes qui se sont côtoyés sur les scènes et jam parisiennes, pendant des années, avant de coaguler tout au long de l’année 2022. Toujours marqués par la musique partagée avec le griot Moriba Diabaté au Mali, Balaphonics a toujours eu à cœur d’approfondir une relation à la voix sans pour autant franchir le pas. Avec Mary May, voici chose faite.Titres interprétés au Grand studio- True Self Live RFI voir le clip - Soleil Noir, extrait de l’album.- In My Head Live RFI voir le clip. Line Up : Mary May : Chant & Choeurs, Ben Moroy : balafon, guitar, Brice Perda : soubassophone, Florent Berteau : batterie, Julien Cordin : percussions & choeurs, Nicolas Bongrand : trombone, Aristide Gonçalves : trompette & choeurs, Guillaume Grosso : sax baryton flûte traversière & choeurs, Michaël Havard : sax ténor & choeurs et Jean-Christophe Decourrière : guitare.Son : Benoit Letirant, Mathias Taylor.► Album Balaphonics & Mary May (Vlad Productions 2023).
48:30 5/12/24
#SessionLive Sahra Halgan & Les Amazones d’Afrique
Le continent africain est à l’honneur avec Sahra Halgan, la voix du Somaliland et les Amazones d’Afrique avec Mamani Keïta (Dobet Gnahoré, Kandy Guira et Fafa Ruffino) à cheval sur le Mali, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et la France. (Rediffusion) Notre 1ère invitée est une légende vivante, Sahra Halgan pour la sortie de son 3ème album Hiddo Dhawr.Sahra Halgan est une artiste iconique du Somaliland, pays de la corne d’Afrique indépendant depuis 1991, mais non reconnu par la communauté internationale. C’est pendant les années 80, engagée dans la terrible guerre contre la dictature, qu’elle reçoit le surnom de «Halgan», la combattante, et que ses chansons gagnent à jamais le cœur de tout un peuple. Exilée en France, c’est à Lyon qu’elle fonde son groupe avec Aymeric Krol, Maël Salètes et Régis Monte. Son troisième album est le fruit d’une recherche sincère d’authenticité et d’innovation, d’une alliance inédite entre chanson somalienne et rock des origines, enrichissant ainsi de son inspiration les paysages les plus inattendus de la sono mondiale. Il s’appelle Hiddo Dhawr («Préserve la culture»), c'est également le nom du centre culturel que Sahra a fondé en 2013 à Hargeisa, capitale du Somaliland.Morceaux interprété au grand studio- Laga Live RFI - Lilalaw, extrait du Cd- Sharaf Live RFI.Line Up : Sahra Halgan, chant, Maël Salètes, guitare électrique, Régis Monte, basse et Aymeric Krol, percussions.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.► Album Hiddo Dhawr (Danaya Music/ Inouïe Dits 2024). Puis nous recevons les Amazones d’Afrique pour la sortie du nouvel album Musow Danse.Les Amazones d'Afrique, qui comptent parmi ses membres certaines des plus grandes stars de la musique africaine, sortent aujourd'hui leur troisième album, Musow Danse sur Real World Records. « Musow Danse ». La danse des femmes, troisième album des Amazones d’Afrique, dont la présence internationale s’est affirmée en dix ans grâce à leur talent, leur authenticité, leur conviction et leur dur labeur. D’un charisme à couper le souffle : les concerts de par le monde, depuis Primavera Sound à Barcelone ou le Pyramid Stage de Glastonbury jusqu’au Festival Gnawa d’Essaouira au Maroc, ont vu des centaines de milliers de fans groover et agiter leurs bras en l’air. S’il fallait encore une preuve que Les Amazones d’Afrique sont devenues une force pour le changement, un mouvement synonyme de défense des droits des femmes partout dans le monde, voici « Musow Danse ».Réalisé et mixé par Jacknife Lee (U2, The Killers, REM), le shaman irlandais de L.A., l’album réunit six voix puissantes : celles de la diva malienne, membre fondateur du collectif, Mamani Keïta, de la chanteuse et actrice béninoise Fara Ruffino, de la Burkinabè Kandy Guira, du phénomène venu de Côte d’Ivoire Dobet Gnahoré, et de la dernière venue, la chanteuse et actrice congolaise Alvie Bitemo, ainsi que celle de la Nigériane Nneka pour » deux featurings. Un travail inclusif, dynamique et magique.« Musow Danse » : à la fois appel à l’union et potion magique.Morceaux interprétés au grand studio- Flaws Live RFI- Mother Murakoze, extrait de l’album- Espérance Live RFI.Line up : Mamani Keita, chant, Adeola Soyemi, chant, Jemiriye Adeniji, chant, Nadjib Benbella (DJ) + Manu Lechat, claviers + Grégoire Hugé, ingénieur du son.Son : Mathias Taylor & Jérémie Besset.► Album Musow Danse (Real World 2024).
48:30 5/11/24
Du live avec Marthe & Pilani Bubu + Emel #SessionLive, Afrique du Sud x Tunisie
De l’Afrique du Sud à la Tunisie, en posant un pied en France et aux États-Unis, nos invitées sont Pilani Bubu, accompagnée par le quartet Marthe et Emel, avec une équipe exclusivement féminine. Marthe et Pilani Bubu dévoilent Nay' Indaba, le premier album commun du collectif jazz-rock trans-oriental français et de la fameuse chanteuse et poétesse sud-africaine. Une odyssée sonore à travers l’Afrique du Sud, ses rythmes et ses femmes militantes. Ces deux entités fusionnent pour raconter en musique l’histoire et les cultures de l’Afrique du Sud à travers le prisme de femmes fortes. Avec ce premier disque qui réunit plusieurs mondes musicaux, où s’entremêlent cocottes de guitares, éléments rythmiques ancestraux, chants engagés, voix envoûtantes et cuivres lancinants, cette nouvelle entité dévoile une aventure sonore et humaine unique. Nay' Indaba fait référence, en langue zoulou, à une conversation importante à avoir. "Indaba" est la réunion des chefs nguni pour discuter de questions de société pertinentes. Dans ce disque, le groupe s’intéresse aux faits sociaux en Afrique du Sud, à ses luttes, au sein d’une musique hybride sublimée par des influences soul, jazz expérimental. Il existe un proverbe africain qui dit qu’une mère ressent toutes les douleurs de ses enfants par le biais d’une connexion invisible dès la naissance, via le cordon ombilical de l’enfant (inkaba yom ntana), jusqu’au nombril ou au ventre de la mère (inimba). Au cours des huit titres de l’album, la formation approfondit l’idée que les femmes sont les futures porteuses de changement et leaders mondiales, en raison de leur essence en tant que donneuses de vie et nourricières.Elle explore en profondeur l’histoire complexe de l’Afrique du Sud et ses maux sociaux. Elle partage une histoire positive de la lutte continue contre les inégalités, le chômage des jeunes et la pauvreté, et plaide pour le progrès et la réussite des Noirs autrefois défavorisés, comme l’a fait la Conteuse indélébile, Pilani Bubu, tout en accueillant le quatuor français Marthe en Afrique du Sud. Enraciné dans l’atmosphère magnétique et les souvenirs de ce pays, il en ressort une musicalité à la fois psychédélique et féroce. Quel honneur ce fut d’accueillir la première étape de cette résidence d’écriture collaborative en Afrique du Sud aux Flame Studios de Constitution Hill à l’Old Fort. Partager l’histoire de notre passé tout en travaillant à proximité de l’ancienne prison pour femmes à Constitution Hill. De nombreuses histoires sont partagées sur notre pays, et pendant mon temps avec Marthe, c’était l’endroit le plus approprié et le plus organique pour travailler, qui pouvait insuffler un but et une inspiration dans notre processus créatif. Il renferme une partie de l’histoire du pays... ses conflits, ses progrès et ses victoires. Et en effet, l’énergie et la cause à Constitution Hill ont trouvé leur chemin dans la musique. C’est une ode à la Women’s Jail, à Imbokodo (les femmes fortes qui ont défilé vers les Union Buildings en 1956) et à ses enfants d’aujourd’hui, naviguant dans l’impact générationnel de l’histoire de notre pays, raconte Pilani Bubu.Titres interprétés au grand studio- Asifani Live RFI- Awuyazi, extrait album- Umfazi Live RFI.Line Up : Pilani Bubu (chant), Florent Briqué (trompette), Alexis Moutzouris (saxophone /clarinette), Lucas Territo (guitare), Damien Bernard (batterie), Maggie Doherty (traduction).Son : Mathias Taylor, Jérémie Besset.► Album Nay' Indaba _ conversation importante en langue xhosa (L’oreille en friche 2024).Asizolalala clip Facebook Pilani. Puis nous recevons Emel (Mathlouthi) pour la sortie de son nouvel album MRA.Il faut savoir parfois reprendre le contrôle de soi. Rien qu’un peu et surtout, avec force. Emel l’a fait avec ce quatrième album qui ne ressemble en rien à ce que vous avez déjà entendu d’elle. MRA est comme une nouvelle naissance dansante et percutante. Depuis son arrivée sur la scène internationale en 2012 avec son album Kelmti Horra, Emel a toujours proposé une musique qui implique avec intensité ses auditeurs et auditrices. Une musique dont “la parole est libre” (“Kelmti Horra” en arabe, oui) et véritable bande-son de révolutions.Avec MRA, Emel a voulu déconstruire pour tout reconstruire, se stimuler, “pour que la musique reste vivante”, intime-t-elle. En résulte un album à la musique puissante, salvatrice et féministe. Puissante par ses productions fiévreuses, hip-hop, pop comme reggaeton, habillage parfait d’un combat - en témoigne le titre Massive Will qui ouvre l’album, dans lequel les instruments boxent l’oreille. Salvatrice par son pouvoir d’évocation et ses paroles rassembleuses, dignes des plus grands manifestes - “Ma voix n’a pas de limites / ma voix n’a pas de fin”, clame-t-elle dans Souty. Féministe rien que par le nom de cet album, MRA voulant dire “femme”, en arabe. Mais une femme qui ne respecterait pas les codes. Féministe aussi car écrit, pensé et produit exclusivement par et avec des femmes. Avec MRA, Emel veut créer un mouvement fait de femmes fatiguées mais infatigables. Aux côtés de Camélia Jordana, Nayomi, Alyona Alyona... Des femmes qui chantent, rappent, produisent, écrivent en anglais, en arabe ou en français mais qui s’accordent sur la même langue et le même combat. “Ma responsabilité, c’est de porter leurs voix en même temps que je porte la mienne”, clame Emel.MRA, pour une musicienne féministe qui s’est rendu compte qu’elle n’avait pas assez donné la parole aux femmes en s’entourant. MRA n’est que le résultat de ces prises de conscience. Pour ça, elle a eu besoin de renaître de ses cendres (“I will rise again like a Phoenix” évoque-t-elle dans Rise). Dire, comme dans le titre Nar - inspiré du message et de l’aura de la superstar MIA - “je suis une guerrière, une sorcière, une super-héroïne”.  Déconstruire pour mieux reconstruire, oui, mais ensemble. Alors venez chanter à l’unisson avec elle sur ce divin jeu de voix et reggaeton arabe dans Lose My Mind. Sur le rap magnifié d’Idha, aussi, inspiré de liberté (“Si un jour le peuple désire la vie, il faut que le destin se courbe”.) Oui, accompagnons Emel sur I’ll Leave, déclaration d’amour électro à son père qui lui a transmis l’amour de la musique mais surtout l’empathie que, malheureusement, elle ne voit pas dans le monde (“Father, they have lost their mind”). Avec elle et la rappeuse ukrainienne Alyona Alyona, faisons honneur dans Maurice à cet immigré Ivoirien licencié pour avoir pris une pause. Impossible aussi de ne pas se soustraire à la puissance évocatrice de Mazel aux synthés tendres, co - produit avec Pénélope Antena. Titre où l’on voyage dans un village tunisien pour raconter l’histoire d’un viol d’une femme trans..  Reprenons les rênes de nos destins comme Emel nous incite à le faire avec ce sublime MRA. Mazel, d’ailleurs, qui ne veut rien dire d’autre que ‘“encore”. Malgré la laideur menaçante du monde et de ses violences, combattons, encore.  En n’oubliant jamais de le faire - ensemble - en dansant.Titres interprétés au grand studio- Massive Will, Live RFI- Mazel Feat. Camelia Jordana, extrait de l’album- Souty Live RFI, voir le clip.Line Up : Emel, chant, Alice Animal, guitareSon : Mathias Taylor, Benoît Letirant► Album MRA _ femme en langue arabe (Yotanka Rd 2024)► À lire sur RFI Musique ► Facebook -  chaîne Youtube - Instagram► Lose My Mind, clip.
48:30 5/5/24
#SessionLive Lina et Patricia Essong, du Portugal au Cameroun
Lina présente son nouvel album Fado Camões et Patricia Essong, Healing Journey dans la #SessionLive. (Rediffusion) Notre première invitée est la fadista Lina pour la sortie de son nouvel album Fado Camões. Il y a trois ans, la fadista Lina et le producteur et musicien Raül Refree se sont réunis autour du répertoire d’Amália (Rodrigues), surprenant le monde avec un album audacieux, encensé dans tous les milieux. Elle est désormais de retour, encore plus puissante, non seulement par sa voix inimitable, mais aussi par la composition de quelques chansons, en compagnie du producteur et musicien britannique Justin Adams (Robert Plant, Rachid Taha, Tinariwen, Jah Wooble, Souad Massi), autour de la poésie de Camões (poète portugais du XVIè siècle).C'est un nouveau chapitre qui commence à s'écrire, après que Lina a commencé à chanter à l'âge de 10 ans au Círculo Portuense de Ópera et a étudié au Conservatoire, avant de tomber amoureuse des maisons de fado, qu'elle n'a jamais abandonnées, et d'enregistrer les albums Carolina et EnCantado, signés sous le nom de Carolina. Puis vinrent des périodes de croissance musicale et d'élargissement des horizons, et maintenant, il y a Camões à l'horizon et un son renouvelé, où le centre est encore et toujours son expressivité vocale, sensorielle, palpitante, pleine de vie pour nous toucher.Titres interprétés au grand studio- Desamor Live RFI- O Que temo E O Desejo (Feat. Rodrigo Cuevas) extrait de l’album Fado Camoes- Se De Saudada Morrerei Ou Não Live RFI Line Up : Lina, chant, Ianina Khmelik, claviers, Jean-Luc Gonneau, traducteurSon : Mathias Taylor & Jérémie Besset.Réalisation : Hadrien Touraud.► Album Fado Camões (Galileo / MDC / Pias 2024).Choix musical RFI.Puis, nous recevons Patricia Essong pour le nouvel album Healing Journey.Patricia Essong, originaire du Cameroun et vivant en France depuis 20 ans, s’inspire de grandes artistes telles que Miriam Makeba, Tracy Chapman et Lizz Wright pour créer une musique et son propre univers qui célèbrent son héritage culturel bantou. Nourrie de folk, de jazz et de blues, sa musique éthérée et enracinée mène vers la spiritualité.Parallèlement à une carrière réussie dans le conseil, son amour pour la musique ne la quitte jamais. En 2013, elle décide de sortir de sa zone de confort pour poursuivre sa passion, marquant le début de sa carrière musicale. Elle produit en 2016 son premier album, Soul of Nü Bantu, une exploration musicale entre chants traditionnels et balades folk, révélant la richesse des langues africaines. De Paris à New York, en passant par la Suisse et le Cameroun, Patricia Essong partage son message de réalisation des rêves à travers des concerts empreints de spiritualité africaine.Son parcours prend un tournant en 2019 lorsqu’elle ressent le besoin de s’arrêter, de respirer et d’explorer une nouvelle dimension de sa créativité. Cette pause la conduit sur La Route du Sacré, un projet en trois parties. Le premier volet, Healing Journey, est un voyage musical de guérison, composé pendant le confinement. L’album, en langue duala, reflète son cheminement personnel à travers des épreuves, le deuil, la méditation et la célébration de la vie. Malgré des pertes personnelles importantes, l’album reste intime, minimaliste, et explore des sonorités ethno trip-hop, marquant une évolution audacieuse de son style musical.Titres interprétés au grand studio- Chrysalide Live RFI - Immanence, extrait de l’album- Beauty Painters Live RFI Line Up : Patricia Essong, voix, harmonica, Christophe Laxenaire, clavier, ordi.Son : Mathias Taylor & Benoît Letirant.Réalisation : Hadrien Touraud.► Album Healing Journey (Nü Bantu Sound 2024).ParolesChrysalide : Chrysalide est une chanson pour s'accueillir avec tendresse, justesse et patience. J'étais confinée à l’intérieur de mon faisceau chromatique, à questionner mon existence, regarder en face toutes ces mémoires traumatiques, et sans les nier, invoquer ma paix, trouver l'issue dans l'immanence pour libérer, transmuter. Chrysalide est le mantra de guérison qui m'a été inspirée pendant que je surmontais le burn-out. Faire de sa chrysalide, un espace sacré, un Autel d’accueil de ses émotions.Beauty Painters :  Chanson exprimée en anglais et en langue duala (Cameroun)Chanson en hommage aux passeurs de lumière, à ceux qui construisent la beauté du monde par leurs bonnes actions, par leurs états de vie, d'éveil, malgré de grandes épreuves, à celles et ceux qui ne sont pas souvent reconnus comme tels, si ce n'est après leur mort... Chanson de reconnaissance, dire qu'ils laissent derrière de beaux tableaux, ils marquent la terre de leur empreinte. C’est aussi un message d'encouragement à ceux qui expérimentent leur propre vie, à ceux qui prennent le relais, avec difficultés, mais avec dignité et grandeur.
48:30 5/4/24
#SessionLive Arshid Azarine trio #jazz #iran #printempsdujazzpersan
Dans le cadre de la 3ème édition du printemps du jazz persan, nous recevons le Arshid Azarine Trio. Arshid Azarine et pianiste et compositeur. Et médecin, en radiologie cardio-vasculaire à l’hôpital St Joseph à Paris.Le trio présente le nouvel album Vorticity et la 3ème édition du Printemps du jazz persan, qui se tiendra le 4 mai 2024 à la Seine Musicale. Pour sa troisième édition, le Printemps du Jazz Persan vous emmène à la découverte d’artistes provenant de la diaspora et de nouveaux talents d’Iran, avec un accent particulier sur de toutes jeunes chanteuses qui exercent leur art dans un contexte très défavorable.Aux commandes de cette nouvelle édition qui se déroulera en deux parties, le pianiste Arshid Azarine rassemblera autour son trio composé de Habib Meftah (Trio Joubran, Titi Robin) et de Hervé de Ratuld (Toumast, Cerrone), la narratrice, poétesse et traductrice Leili Anvar (Le Cantique des oiseaux), le multi-flûtiste Sylvain Barou (Adnan Joubran, Trilok Gurtu, Nguyên Lê) et la danseuse Karine Gonzalez (Tony Gatlif, Didier Lockwood, Shahrokh Moshkinghalam), qui a réussi la synthèse entre l’esprit flamenco et l’âme persane.La deuxième partie sera consacrée aux jeunes talents. Golsa, jeune chanteuse de la scène actuelle iranienne sera accompagnée par le pianiste de jazz emblématique des Jazz Café de Téhéran : Sardar Sarmast. Ensuite, Delaram Kafashzadeh autre jeune chanteuse et poly-instrumentiste, retrouvera Arin Keshishi bassiste virtuose (Marmoucha Orchestra, Antonio Lizana) et l’incroyable batteur/percussionniste Shayan Fathi que le public de La Seine Musicale a découvert avec Dhafer Youssef.Ce concert riche en surprises sera aussi l’occasion pour le public parisien d’avoir la primeur du prochain album du trio d’Arshid Azarine : Vorticity. Titres interprétés au grand studio- Baharoun Live RFI- Eastern Buleria (feat. Delaram Kafashzadeh & Shayan Fathi) voir le clip- Golsa et Sardar jazz version voir le clip- Erevan Tabriz Tehran Live RFI. Line Up : Arshid Azarine, piano ; Habib Meftah, cajon, percs ; Hervé de Ratuld, basse. Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.► Album Vorticity (Melmax Music 2024). + Actu musicale- Saramaccan Sound (Suriname) Some Kind Of New Beginning (Where The River Bends is the Only Beginning, Glitterbeat 2024) voir clip- Tablao de Tango La Cumparsita (De Alcohol Y Desamor, Geomuse 2024) voir teaser - Gérard Manset Comment tu t’appelles ? (L’Algue Bleue, Parlophone 2024) voir le clip.
48:30 4/28/24
#SessionLive x 2 avec Giuliano Gabriele et Philippe Cohen Solal
Un accordéoniste qui réveille les rythmes du mezzogiorno x un Français qui met en musique le 10è arrondissement de Paris. Notre 1er invité est l’accordéoniste italien Giuliano Gabriele, pour la sortie de l'album Basta!.Rythmes cathartiques du sud de l’Italie, dans un album dissident au titre emblématique Basta! raconte les individus en mouvement, idéalement ou inconsciemment libres, emprisonnés dans les «systèmes contemporains», là où vivent toutes les frustrations et les peurs. Les cadences traditionnelles s’enlacent avec des métissages actuels entre Méditerranée et musiques du monde. L’album est produit par l’éclectique DJ Martin Meissonnier (Fela Kuti, Khaled, Alan Stivell, Robert Plant and Jimmy Page, Manu Dibango, Papa Wemba, Tony Allen…) avec  RFI Vidéos.Titres interprétés au grand studio- Réveillez-vous Live RFI - Muoviti, extrait de l’album- Mammasantissima Live RFI  / Lien youtube des 2 vidéos.Line Up : Giuliano Gabriele, chant, accordéon ; Laurence Cocchiara, violon ; Eduardo Vessella, tambourin ; Gianfranco de Lisi, basse ; Ricardo Bianchi, batterie et Martin Meissonnier, guitare.► Album Basta (Giro Music 2024). Puis nous recevons Philippe Cohen-Solal pour la sortie de 75010.Sous la bannière un peu codée et énigmatique de « 75010 », le Dj producteur français s’est donné pour mission de créer une musique globale avec une scène hyper locale, à savoir son quartier, le 10ème arrondissement de Paris. Fort de plus de 70 communautés venues du monde entier, la mixité des cultures se rencontre à chaque coin de rue, entre coiffeurs africains, restaurants indiens et barbiers turcs.Titres interprétés au grand studio- Seher Yelleri feat. Rusan Filiztek Live RFI- Homesick Melody feat. Sarah Manesse, extrait album voir le clip - Zan Zendegi Azadi feat. Ariana Vafadari Live RFI.Line Up : Philippe Cohen-Solal, machines ; Rusan Filiztek, chanteur ; Ariana Vafadari, chanteuse.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.► Album 75010 (Ya Basta! 2024).
48:30 4/27/24
#SessionLive avec Ann O’Aro & Sophye Soliveau, piano, harpe, chant
#SessionLive x 2 avec l’auteure, interprète, compositrice réunionnaise Ann O’Aro & la harpiste, chanteuse et cheffe de chœur Sophye Soliveau. Notre 1ère invitée est Ann O’Aro pour la sortie de son 3ème album Bleu #SessionLiveAprès le premier album éponyme (Ann O’Aro), un album tournant autour de l’intime et des violences familiales, et le second (Longoz), qui propulse son trio (Teddy Doris au trombone, Bino Waro aux percussions), voici BLEU, troisième opus de la Réunionnaise Ann O’Aro. qui joue ici du piano pour accompagner son chant. Le maloya de l’île de La Réunion respire toujours hors des sentiers battus avec l’arrivée de Brice Nauroy, un quatrième musicien qui embarque le son avec ses « machines ». Pour Ann O’Aro : « Le quartet esquisse des ports, sacs de riz sur les ponts, cancrelats et corsaires pris dans des estampes où le sang est laissé à sa seule qualité de fluide. Ostinato et bourdons sous le chant perçant la brume et les ressacs d’une mer fielleuse, relents pianistiques couleur boîte à musique, trombone stridulant, éclats de tôle et cris du fer bouillant le long du staccato continu du pikér, commérages de bord de nuit et temps de latence, harmonie révocable et restituée. Paysages grignotés par la fièvre du néant, nostalgie de l'enfance bleue arguant le branchage sec des arbres de la terreur dans la ouate blanche. »Titres interprétés au grand studio- Lanbordaz Live RFI- Bouyon Lo Rosh, extrait Bleu- Vane Lo Sor, extrait Bleu- Lak Otab, Live RFI. Line Up : Ann O’Aro : chant, piano, Teddy Doris : trombone, chœur, Bino Waro : percussions et Brice Nauroy : machines.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.► Album Bleu (Cobalt 2024).Réalisation : Donatien Cahu.  Puis nous recevons la harpiste et chanteuse Sophye Soliveau pour la sortie de son 1er album Initiation #SessionLive.Sophye Soliveau est chanteuse, harpiste et cheffe de chœur, d’origine guadeloupéenne. Son amour des musiques afro-américaines, du R'n'b à la soul, en passant par le gospel, a pris racine dès son enfance, et elle a approfondi ses compétences en suivant un enseignement classique. Du détournement qui nourrit ses improvisations, la recherche de guérisons et l'apprentissage de la liberté, naît INITIATION, son premier album. La fougueuse célébration d'un R'n'b voluptueux. INITIATION se caractérise par son orchestration épurée. Les cordes vocales de Sophye et celles de sa harpe s’unissent, s’élèvent sur fond de chœurs aériens et d’une rythmique basse-batterie au groove précieux et subtil venant magnifier un répertoire original aux inspirations profondément soul.Après un concert complet au festival Banlieues Bleues, la release party prévue le 26 avril 2024 à la Boule Noire est déjà complète ! Elle sera en tournée cette année dans toute la France.Titres interprétés au grand studio- Leave Live RFI voir le clip - Extraits Alice Coltrane & Dorothy Ashby - Can’t Sleep, extrait de Bleu voir le clip - Simple Pleasures Live RFI.Line up : Sophye Soliveau : harpe et voix, Eric Turpaud : basse et chœurs, Florian Mensah : batterie et chœurs.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.► Album Initiation (Why We Sing 2024).
48:30 4/21/24
Dakchi, dix ans de Oum, Live à Marrakech
Soirée intime avec Oum devant 500 personnes pour la sortie de Dakchi, live du 22 juillet 2023 à Marrakech. ► Facebook d'Oum.Pour célébrer ses dix ans de carrière à l’international, la chanteuse marocaine sort un album live, enregistré à Marrakech, qui replonge dans la magie de ses trois premiers disques, ici revisités sous d’autres lumières. L’occasion de se réapproprier ses racines pour s’inventer de nouvelles routes. Il y a des caps propices aux coups d’œil dans le rétroviseur, aussi bien qu’aux futures routes d’aventurière. Aujourd’hui, la chanteuse marocaine Oum fête les dix ans de sa carrière internationale. L’occasion pour cette audacieuse hors-piste, toujours mutante, en perpétuelle remise en jeu de ses identités avec ses intuitions pour seules guides, s’autorise un moment suspendu, le temps d’un souffle (de bougies), celui d’un bilan temporaire, d’un retour sur ses racines et ses ramifications... Pour décrire cette décennie, elle préfère le « nous », le jeu collectif au « je » solitaire. Ce « nous », ce sont ses fidèles acolytes, qui l’accompagnent depuis son tout premier disque signé en France, Soul of Morocco, en 2013 : Yacir Rami au oud, Damian Nueva à la basse, Camille Passeri à la trompette, Carlos Mejias au saxophone, Natascha Rogers et Amar Chaoui aux percussions. « Je n’ai jamais quitté ce noyau dur, celui qui me porte et m’élève depuis 2012, éclaire-t-elle. On s’accompagne, on s’est vus grandir, on a vu naître nos enfants... Nous cultivons cette complicité hors pair. Il y a un cœur, une magie, une générosité, qui procurent à notre musique ce supplément d’âme. » Aussi, pour célébrer ces « dix ans de nous », Oum a choisi de puiser une dizaine de titres dans son répertoire tressé au fil de trois albums aux identités aussi singulières que parcourues d’une sève commune : Soul of Morocco, donc, en 2013, Zarabi en 2015 et Daba en 2019. « En général, je ne chante plus mes morceaux anciens, décrit-elle. Mes auditeurs entrent et sortent dans mes saisons à leur guise. Moi, je les traverse. Au final, je n’ai envie de porter sur scène que des créations inscrites dans mon actualité émotionnelle. Pour ces dix ans, j’avais pourtant une nostalgie de ‘nous jeunes’. Et le désir, le besoin, de ressortir des instantanés musicaux de ce que nous avons été. »Pour cette célébration, forcément live, la chanteuse choisit un lieu symbolique, là où tout a commencé, la terre fertile d’éclosion de ses premières chansons : Marrakech. « Si je n’y avais pas grandi, je n’écrirais pas comme j’écris et je ne chanterais pas comme je chante, affirme-t-elle. Marrakech m’a façonnée – ce musée sensoriel à ciel (bleu vif) ouvert, saturé d’odeurs et de sons, d’orangers et de dattiers, de contrastes explosifs de couleurs, avec son souk et ses artisans qui travaillent en rythme... Cette ville de conteurs, foisonnante de poésie et de tradition orale, cette cité de décharges émotionnelles, où tout t’émerveille, t’électrise et t’éblouit ! » Il y a aussi ces hybridations typiquement marocaines – africaines, berbères et andalouses qui irriguent les métissages de Oum. Et puis, il y a ces feux d’artifices joyeux et naturels de polyrythmies qui galvanisent ses chansons : la signature marrakchie, festive, solaire, joueuse, joyeuse. « Ce son du Sud marocain percussif nourrit jusqu’à nos modes de vie, nos manières de parler..., raconte-t-elle. Là-bas, chaque maison comporte un placard avec des taarijas, des bendirs, que nous ouvrons dans les grandes occasions. Il y a cette culture du rythme au quotidien. Je voulais fêter ces dix ans avec les miens. Là-bas, je ne suis plus une chanteuse, je suis une des leurs, en corps à corps avec le public... »Pour préparer cette grande fête, le 22 juillet 2023, Oum s’est enfermée en amont avec son équipe, une semaine durant, sur le lieu du show, qui porte si bien son nom : The Source (La Source), un magnifique complexe hôtelier, avec son jardin luxuriant, son lieu de concert de 500 personnes en plein air, et son studio d’enregistrement. Là-bas, ils ont préparé le disque et le concert, revisité ses titres phares (Lik, Nia, Daba, Mansit...) sous d’autres lumières, cuivrées, épicées, aux effluves cubains... « Je désirais ces couleurs. Pour moi, il existe des passerelles entre La Havane et Marrakech : le 6-8, le côté joueur, les célébrations, le sel dans la façon de parler et dans la musique, dans la manière de danser », assure-t-elle. Et dans ces ponts tendus, avec ces fondements de musiques marocaines ouvertes aux quatre vents, aux battements de la rumba et des tambours bata, Oum glisse trois inédits, dont la sublime reprise en arabe du mythique boléro Lagrimas Negras, Toda la Gente, une introduction à Mansit, signée du musicien cubain Damian Nueva ou encore la délicate et douce Intidhar, composée par Yacir Rami.Et voici le jour J. Oum se produit devant un public compact et conquis, chargé d’amour, qui reprend ses titres d’un même cœur, d’une même ferveur. J’avais l’impression d’organiser une fête chez moi : à l’aise, animée d’une joie sincère et familiale... » Ce moment de communion, cet état de grâce porté par le chant du public, la fièvre et la passion, fut captée par l’ingénieur du son Léo Spiritof. « Le live transpire d’émotions, qui appartiennent à un éternel présent. Quelle chance de pouvoir y replonger ! », s’enthousiasme-t-elle. Cet album, elle le fera tourner sur les scènes de France et d’Europe pour prolonger cette introspection, ce retour en arrière heureux et solaire. « J’ai besoin d’explorer, mes racines, de les déchiffrer pour visualiser de nouveaux horizons », analyse-t-elle. L’album s’appelle Dakchi, soit en Darija « Cela, ces choses-là, ce que nous partageons ensemble » ; Car ce disque, tout en connivences et en bonheur partagé, se passe de mots. Il raconte l’histoire de Oum. Sa musique. Elle. Et nous. Anne-Laure LemancelTitres jouésLik, Lagrimas Negras, Toda La Gente, Temma et Daba.► Album Dakchi (Ternaire 2024)23, 24 avril 2024, Café de la Danse, Paris, Complet.
48:30 4/20/24
Olivier Ker Ourio, Quentin Dujardin, Praktika et Dafra Keïta #SessionLive, de l'île de la Réunion au Burkina en passant par la Bretagne
Deux duos se succèdent dans la #SessionLive avec l’harmoniciste breton de La Réunion Olivier Ker Ourio et le guitariste belge Quentin Dujardin. Puis, le Dj producteur français Praktika avec la griotte burkinabé Dafra Keïta. Nos 1ers invités Quentin Dujardin & Olivier Ker Ourio pour la sortie de l’album Serendipity.Le mot « Sérendipité » est entré dans la langue française très récemment. Sa définition au sens large est le don de faire par hasard des découvertes fructueuses. Une forme de compréhension des choses obtenue par ce hasard lui-même.Olivier Ker Ourio et Quentin Dujardin se rencontrent ainsi en 2016 lors d'un studio en compagnie de Richard Bona, Manu Katché et Ivan Paduart. Depuis cet heureux croisement, le temps a fait son œuvre autour de leurs approches musicales respectives : jazz pour l'harmoniciste, crossover pour le guitariste. C'est avec la reprise étonnante du fameux standard de jazz de Charles Mingus, Goodbye Pork Pie Hat qu'ils ouvrent ce disque en grande pompe. Olivier Ker Ourio n'est jamais loin de son pays natal, La Réunion et de ses réminiscences rocailleuses dans le blues qu'elle porte ; Quentin Dujardin quant à lui, nous transporte avec fraîcheur sur ce groove quasi malien survolé de guitares slides. À leur grand étonnement, une seule journée de studio s'avèrera nécessaire pour graver l'intensité de ce moment posé entre douceur (Eva) et tempo lent (Serendipity). Le travail d'orfèvre de Rémi Bourcereau, ingénieur du son révèle à merveille cette diversité du dialogue qui oscille entre flamenco (Song for Paco), classique (Ave Maria) ou encore blues (Blues for M&N). Par ailleurs, leur imaginaire commun autour des îles n'est jamais loin, il suffit pour s'en convaincre d'écouter Madagascar. Notons aussi ce clin d'œil à Toots Thielemans dans cette nouvelle version du titre En t'attendant que le guitariste avait enregistré à ses côtés en 2010 pour son album intitulé Impressionniste. Olivier Ker Ourio nous en livre une version très personnelle et magnifiquement inspirée. Pour conclure cette envolée, David Linx est l'invité de choix pour un moment suspendu autour de la chanson Shy Away.À propos de Olivier Ker Ourio Salué par les critiques comme un des dignes successeurs de Toots Thielemans, Olivier Ker Ourio est non seulement un soliste très demandé (Alexandre Desplat, Sylvain Luc, Marcel Azzola, Michel Legrand, Didier Lockwood, Danyel Waro...), mais également un brillant compositeur et leader inspiré. Dans ses 11 albums enregistrés à ce jour, ses compositions dévoilent un monde poétique habité de mélodies lyriques, d’harmonies inventives et de rythmes inhabituels. Le monde d’ OKO a le souffle de l’âme.À propos de Quentin DujardinCompositeur, guitariste & producteur, Quentin Dujardin crée un univers unique autour de ses guitares nylons. Sa ligne de conduite reste attachée de façon immuable au son et à l’émotion. Le guitariste a notamment collaboré internationalement live ou studio avec Toots Thielemans, Lee Townsend, Manu Katché, Bijan Chemirani, Nicolas Fiszman, Mahsa Vahdat, Richard Bona, Bert Joris, Doron David Sherwin, Didier Laloy et beaucoup d'autres. Il est également ambassadeur pour la Fondation Yehudi Menuhin.Titres interprétés au grand studio : Madagascar Live RFI voirShy Away (Feat. David Linx), extrait de l’albumBlues for M&N, Live RFILine Up : Olivier Ker Ourio, harmonica, Quentin Dujardin, guitareSon : Benoît Letirant & Mathias Taylor (+mixage)► Album Serendipity (Agua Music/ Dist. Inouïe 2024)Voir le clip Song For PacoVoir le clip En T’attendantPuis nous recevons la griotte Dafra Keita et le man machine Praktika pour la sortie de l’album Balani Factory. Le backpacker DJ et producteur français Jérôme Fouqueray aka Praktika a repris la route de l’Afrique de l’Ouest pour son 2e album « Balani Factory », disponible aujourd'hui sur le label Blanc Manioc. Comme fil rouge de ce nouvel album, l’artiste a choisi un instrument qui a traversé les siècles : le balafon. Après des recherches autour de cet instrument ancestral, Praktika a entrepris l’écriture de ce 2e album en s’entourant d’icône de la scène afro électronique comme le grand balafoniste malien Lansiné Kouyaté, et Sly A 10, ancien batteur de Tiken Jah Fakoly et grand percussionniste de Côte d'Ivoire.Au cours de ses recherches, Praktika découvre l’existence de Zélé de Papara, chanteuse ivoirienne des années 90 méconnue du grand public, dont la voix et l’histoire singulière éveillent sa curiosité. Il propose alors à la chanteuse Jahelle ainsi qu’à la rare griotte burkinabé Dafra Keita de poser chacune leur voix sur le morceau en hommage à la chanteuse Zélé de Papara, la cantatrice sénoufo.Titres interprétés au grand studio : Dafra (Feat. Dafra Keita) Live RFIBalany Factory, extrait de l’albumZélé (Feat. Jahelle) Live RFILine Up : Dafra Keita, chanteuse, balafon et chant, Praktika, machinesSon : Jérémie Besset, Mathias Taylor (+mixage)► Album Balani Factory (Blanc Manioc 2024) - Voir le clip Dr BalafonConcerts 27 avril au 4 mai 2024 – Djéguélé Festival (festival du balafon), Bondoukou le 27 avril et Boundiali le 3 mai (Côte d’Ivoire).
48:30 4/14/24
Cory Seznec en #SessionLive + interview de Sacha Sieff & l’épopée des musiques autoproduites françaises
Parcours pittoresque avec le Kiosque D'Orphée - Une épopée de l'autoproduction en France - 1973/1991 compilée par Sacha Sieff et #SessionLive avec le baroudeur Cory Seznec en guitare voix. Cory Seznec est notre 1er invité dans la #SessionLive pour présenter son nouvel album Deep Of Time.Entre baroudeur-troubadour et ethno-musicologue non-attitré, tel pourrait se définir le musicien franco-américain Cory Seznec et son unique univers. Des aventures saltimbanques avec des artistes maliens dans le métro parisien le conduisent à des bluesman Songhai à Tombouctou et à des vieux guitaristes omutibo en Western Kenya. Des tournées fébriles au Royaume-Uni avec le trio Groanbox lui donne le pied marin. Mais c’est un séjour de trois ans en Éthiopie qui fait tout basculer : une résidence hebdomadaire au club de jazz de Mulatu Astatké ; l’enregistrement de deux albums avec des musiciens d’Addis Abeba ; des voyages bruts à travers les hauts plateaux éthiopiens pour enregistrer des musiciens traditionnels… Ces expériences font de Seznec un artiste qui cherche à tracer les points communs entre les cultures musicales et dont les chansons laissent le passé se répercuter dans le présent. Franco-américain à Paris, le jeu de guitare de Seznec est syncopé, poly-rythmé, métissé. En outre, il chante, fait du banjo « old-time » et se baigne depuis longtemps dans les musiques traditionnelles américaines. Il travaille actuellement sur trois projets : un album solo intitulé Deep of Time ; Touki - une collaboration avec l’artiste sénégalais Amadou Diagne (leur album a été enregistré aux Real World Studios) ; ainsi que plusieurs projets de recherche autour de certains vieux styles de guitare acoustique africaine.Titres interprétés dans le grand studioTrailblazer Live RFIDeep Of Time, extrait de l’albumPlouk Mama Live RFILine Up : Cory Seznec, guitare-voixSon : Mathias Taylor & Jérémie Besset► Album  Deep Of Time (Captain Pouch Rd 2024)Pour aller plus loin :- Documentaire Cory Seznec « Omutibo » Kenya #trailer- Cyrus Moussavi- Out Of Addis- Daniel Kachamba (Malawi)- Kachamba Bros 1967Puis nous recevons Sacha Sieff pour la sortie de la compilation KIOSQUE D'ORPHEE - Une épopée de l'autoproduction en France - 1973/1991.Texte de présentation : Dominique APendant longtemps, je tombais sur ces disques sans vraiment parvenir à comprendre ce qui les reliait, à part un macaron et ce fameux logo dessiné par René Dessirier. Puis, en fouillant un peu plus, j’ai découvert ce lien « l’auto-production ». Pour des chorales, des établissements scolaires, des chanteurs de folk, de jeunes groupes de pop, des foyers populaires et même de grands compositeurs qui gravaient des copies uniques de certaines sessions d’enregistrement…Pendant français du « Derby Service » anglais, le Kiosque d’Orphée, anciennement au 7 Rue Grégoire de Tours dans le 6ème arrondissement, est repris par Georges Batard à partir de 1967 et déménage au 20 Rue des Tournelles dans le 4ème arrondissement de Paris. L’aventure durera jusqu’en 1991. Georges Batard était un ingénieur du son qui avait un graveur Neumann à lampes, pour graver les acétates à partir des bandes qu’il recevait, avant d’en tirer les précieux vinyles, dans les usines de presse de l’époque, où il avait la possibilité de faire de tous petits tirages, entre 50 et 500 exemplaires.Vous n’aviez qu’à envoyer vos bandes et à choisir le nombre d’exemplaires de disques avec lesquels vous repartiriez sous le bras, pour pouvoir enfin partager vos créations et, d’une certaine manière, exister. Vous pouviez opter pour une pochette générique, déclinée en plusieurs couleurs, directement personnalisable avec votre nom et les crédits, ou vous pouviez concevoir vous-même votre pochette rêvée dans votre salon ou chez un imprimeur.Ce Temple du « Do It Yourself » donna naissance à de superbes pochettes. Réalisées au pochoir, écrites à la main, illustrées avec des peintures, des dessins, des illustrations d’amis ou de petites amies de l’époque, des tirages photos collées hâtivement au milieu d’une pochette vierge et blanche, sur laquelle les traces du temps viendraient laisser leurs empreintes pour que des collectionneurs et autres curieux viennent les acheter des décennies après, avec la promesse d’une découverte musicale, malheureusement pas toujours exaucée…Le point commun de la plupart de ces disques est la jeunesse de leurs auteurs-compositeurs, qu’ils aient fait carrière ou non. Des histoires de potes, de débrouille et des rêves de gloire ont constitué ce catalogue. Il s’agissait le plus souvent de production amateur, aussi bien dans le niveau des musiciens que dans la qualité d’enregistrement, fait sur un deux pistes ou, luxe ultime, sur un 4 pistes dans sa chambre d’adolescent ou dans le salon des parents.C’était le début du home studio, grâce à l’apparition du magnétophone à bande portable Revox. Du bricolage un peu bancal, mais, en contrepartie, le luxe de ne se fixer aucune limite : des morceaux d’une face entière, aucune censure extérieure, pas de directeur artistique, pas de manager, pas de logos Barclay ou EMI/Pathé Marconi …Quand on avait enfin son propre disque, on pouvait alors le donner ou le vendre aux amis, à la famille ou après des concerts. On pouvait aussi le déposer chez le disquaire de la ville la plus proche, avec une fierté non dissimulée. C’était aussi une carte de visite que l’on pouvait envoyer à des radios ou à des labels de musiques en caressant l’espoir de lancer sa carrière…Bien des protagonistes de cette histoire ont essayé de signer dans des labels mais à l’époque les ponts n’étaient pas si aisés à trouver entre sa ville de province, voir son village, et la major ou le label plus pointu qui aurait pu sortir ces disques. À l’époque, les publicités publiées dans la presse par le Kiosque d’Orphée ont ouvert le champ des possibles aux compositeurs provinciaux. C’était désormais possible de faire son disque, sans avoir à passer l’examen d’une signature dans un label.Texte de Dominique A en intégralité ► Album KIOSQUE D'ORPHEE - Une épopée de l'autoproduction en France - 1973/1991 (Born Bad Rd 2024)
48:30 4/13/24
Anoushka Shankar #SessionLive #sitarhero
Au début du XXIème siècle, le sitariste de renommée internationale Ravi Shankar faisait une tournée « d’adieu » en présentant son héritière, sa fille Anoushka Shankar. Depuis, l’artiste britannique d’origine indienne s’évertue avec talent à défolkloriser son instrument. Entretien et #SessionLive. La longue liste des projets accomplis par Anoushka Shankar, semble raconter l’histoire de plusieurs vies condensées en une seule : sitariste virtuose, compositrice de musiques de films, militante passionnée ; elle est également la première et plus jeune femme à se voir remettre les armes du Parlement britannique, la première musicienne indienne à présenter et jouer lors de la cérémonie des Grammy Awards. Ayant fait ses premiers pas sur la scène internationale très jeune, elle s’est rapidement imposée comme une artiste singulière, animée par une soif d’explorer au-delà des frontières des genres, passant du classique au contemporain, de l’acoustique à l'électronique le long d’une carrière qui court depuis près de vingt-cinq ans.Tout en offrant un répit du monde où elle grandit sous le regard continu du public, la maison familiale des Shankar était rarement un lieu propice au recueillement silencieux. Les musiciens allaient et venaient en permanence, que ce soit pour apprendre, répéter, improviser ou simplement s’adonner à des jeux musicaux autour de la table à manger. Anoushka s’est mise à étudier le sitar, et la musique classique indienne dès l’âge de 9 ans sous le haut patronage de son père, Pandit Ravi Shankar, maître de l’instrument et figure sans laquelle la musique du XXème siècle n’aurait pas été la même. Après des débuts professionnels à l’âge de 13 ans, elle part en tournée autour du monde aux côtés de son père avant de poursuivre son propre chemin sur scène à l’âge de 18 ans.Découvrant la musique électronique à l’adolescence, elle s’immerge alors dans la scène psychédélique trance de Goa établissant des parallèles entre les propriétés méditatives et introspectives de la musique classique indienne et le relâchement extatique sur la piste de danse. Trois albums de musique classique plus tard (chez Angel Records EMI), elle n’a que 25 ans et est déjà une habituée des salles prestigieuses telles le Carnegie Hall de New York et Le Barbican de Londres. Elle s’oriente ensuite vers des ambiances plus telluriques, des textures plus profondes avec l’album Rise (2005), animée par le désir de « créer une musique qui puisse pleinement représenter qui je suis ». Composée et réalisée par ses soins, la musique de Rise est infusée de sons électroniques créés avec Gaurav Raina de MIDIval Punditz, un « moyen de raconter mon histoire avec mon père : grandir sur trois continents avec un pied dans le passé et un autre dans le présent ».L’album suivant Breathing Underwater, réalisé en collaboration avec le multi-instrumentiste Karsh Kale, entrevoit un univers sonore où les ragas, les paysages analogues lumineux, les nappes électro contemplatives et les incursions de Ravi Shankar, Sting et de sa demi-sœur Norah Jones, s’imbriquent harmonieusement sans jamais donner l’impression de ne pas être à leur place.La signature chez Deutsche Grammophon en 2011 est le point de départ d’une décennie marquée par une créativité débridée. Le temps de quatre albums, tous nommés aux Grammy Awards, des fils disparates sont tissés ensemble pour former une riche tapisserie où les thèmes se bousculent et les palettes sonores sont constamment élargies. Les intenses méditations sur l'amour et la perte de Traces Of You, réalisé par Nitin Sawhney, sont suivies de Home et le retour doucement triomphant des pures improvisations raga.La relation historique entre la musique classique indienne et le flamenco espagnol est au cœur de Traveller, réalisé par Javier Limón, alors que l’actuelle crise internationale touchant les réfugiés est à la source du cri de ralliement de Land Of Gold. Land Of Gold cristallise parfaitement le son d’Anoushka : le sitar dé-exotisée résonne autour de l’instrumentation imprévisible en défiant les frontières des genres.En 2022, Anoushka rejoint Leiter, le label fondé par Nils Frahm et son manager Felix Grimm, et sort l’album live, Between Us qui est nommé dans la catégorie Meilleur Album de Musiques du Monde aux Grammy Awards, et Anoushka reçoit une nomination dans la catégorie Meilleure Prestation de Musiques du Monde pour sa collaboration avec Arook Aftab, sur Udhero Na extrait de l’édition Deluxe de Vulture Prince du chanteur et compositeur pakistanais.Elle collabore avec des artistes aussi divers que Herbie Hancock, Patti Smith, Joshua Bell, Rodrigo y Gabriela, Jules Buckley Anoushka considère que son plus grand défi musical reste ses premiers pas dans la composition pour le cinéma: avec la réalisation d’une bande originale de Shiraz, l’un des premiers grands films muets indiens restauré par l’Institut du Film Britannique, et sa performance lors des projections. Plus récemment, elle compose la bande originale de A Suitable Boy (« Un Garçon Convenable ») de Mira Nair.Avec sa musique, Anoushka évoque aussi bien les instants intemporels du passé que l’urgence du futur, ce qui la pousse à nourrir son travail d’un engagement sans relâche. S’exprimant ouvertement à propos de ses expériences en tant que femme et ancienne victime de maltraitance dans son enfance, elle met sa notoriété au profit de campagnes telle que le One Billion Rising. Elle est fréquemment associée aux initiatives du Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (UNHCR) et de Help Refugees afin de récolter des fonds et sensibiliser les gens à la crise des réfugiés. En 2020, elle est investie première présidente de la F-List: une base de données britannique créée afin de combler l’écart entre les sexes dans l’industrie musicale. Elle est également ambassadrice de The Walk, un projet artistique international de soutien aux réfugiés. Tout cela ne fait que témoigner de la singularité d’une artiste qui parvient à mener plusieurs vies en une. Titres interprétés au grand studio- In The End Live RFI (issu de l’EP Chapter II) + RFI Vidéos- Extrait Raga Anandi Kalya avec son père  Ravi Shankar voir clip- Daydreaming Feat. Nils Frahm, Extrait Chapter 1- Pacifica, extrait de Zik Chapter 2- Extrait Sea Dreamer feat. Sting (Album A Perfect Rain, 2007)- Extrait Traces Of You duo avec Norah Jones- Extrait Casi Uno duo avec Buika (album Traveller, 2011)- Dancing In Madness Live RFI  (album Traveller de 2011) + RFI Vidéos.Line Up : Anoushka Shankar, sitar ; Danny Keane, piano, violoncelle ; Pirashanna Thevarajah, percussions (konokkol, mridangam, morsing) et Claire Simon à la traduction.Son:  Mathias Taylor & Benoît Letirant.► EP – CHAPTER I – Forever For Now (Leiter 2023)► EP – CHAPTER 2- How dark It Is Before Dawn (Leiter 2024).
48:30 4/7/24
Taarab à Zanzibar : hakuna matata ?
Une exploration des expressions contemporaines du taarab à Zanzibar avec Brain Boy, Siti Amina et l’équipe de la Dhow Countries Music Academy. Un reportage de Jeanne Lacaille en marge du Festival Sauti Za Busara (@sautizabusara). Formé dans le creuset du métissage zanzibari au XIXè siècle, mêlant influences africaines, arabes et indiennes, le taarab est LA musique traditionnelle de l’archipel, sa bande-son par excellence. À l’image de Zanzibar, syncrétique et composite par essence, quelles sont les nouvelles mutations du taarab ? Que dit-il de Zanzibar aujourd'hui et quelle est sa fonction ? Quelles sont ses perspectives d’avenir dans un contexte local de sur-tourisme ? Intimement lié à l'histoire politique de l'île, le taarab a-t-il encore un rôle à jouer sur l'échiquier local ? Que reste-t-il de l'héritage des pionnières ? Après Siti Binti Saad et Bi Kidude, le taarab est-il toujours un vecteur d'émancipation pour les femmes ?Nos invités :>> Lauréat d'un Zanzibar Youth Award en 2022 pour son EP The Return of Zenzi Flavor, Brain Boy est une jeune pousse du Zenji Flavor, mouvement hip-hop né dans les années 90 à Zanzibar qui sample abondamment taarab & kidumbaki dans un geste créatif et identitaire. Son rêve ? Un Grammy Award pour le taarab ! Nous retrouvons le jeune artiste côté studio chez Stone Town Records, en marge de son ultime répétition avant son concert sur la scène du festival Sauti Za Busara.>> Fondée en 2001 à Stone Town, la Dhow Countries Music Academy est à la fois une ONG et la seule école de musique de Zanzibar. Sa mission ? Préserver, transmettre et promouvoir les musiques traditionnelles de l’archipel, taarab en tête, à l’heure où toute la jeunesse tanzanienne n’a que deux mots à la bouche : singeli et afrobeats. Malgré ses quelques mécènes et sa trentaine d’élèves — qui pour certain.e.s viennent de loin pour étudier le taarab — l’avenir de la DCMA est menacé par le manque de soutien du gouvernement. Celui du taarab aussi ? Point sur la situation avec Halda sa directrice, le professeur Tryphon et deux jeunes élèves, Frank et Thureiya.>> Comme Siti Binti Saad et Bi Kidude avant elle, Siti Amina a déserté mariage et violences conjugales pour se consacrer à la musique. Frondeuse et féministe, elle est aujourd’hui la chanteuse du groupe Siti & The Band qui a bien décollé depuis sa formation à la Dhow Countries Music Academy avec un taarab aux fondations traditionnelles enrichi d'éclats jazz, de grooves funk ou reggae, et de feats audacieux. Après son triomphe sur la scène du festival Sauti Za Busara, elle nous donne rendez-vous à Hifadhi Zanzibar Majestic Theatre, l’un des derniers lieux de musique live et de culture à Stone Town, l’un des rares bâtiments historiques de la ville à ne pas encore avoir été transformé en hôtel par les promoteurs de la surmise en tourisme de l’archipel.Ce reportage pose les questions suivantes :Quelles sont les nouvelles mutations du taarab ?Que disent-elles de la société zanzibari ?Quelle est la fonction du taarab aujourd’hui ?Quelles sont les perspectives d’avenir dans un contexte de surtourisme ?Que reste-t-il de l’héritage des pionnières Siti Binti Saad et Bi Kidude ?Après elles, le taarab est-il toujours un vecteur d’émancipation pour les femmes ?À lire sur PAMBi Kidude sur PAM.
48:30 4/6/24
Rdv en terre autochtone au Canada, chez les Inuit et les Wolasotqey avec Elisapie et Jeremy Dutcher
Plongez dans les univers captivants d'Elisapie et de Jeremy Dutcher. Laissez-vous enivrer par le souffle du Grand Nord et du New Brunswick avec les albums Inuktitut et Motewolonuwok. (Rediffusion) Avant de commencer l’émission, voici quelques infos sur les cultures autochtones du Canada :Il y a 3 branches différentes d’autochtones au Canada :- 1) Premières nations : Mohawk, mig’maq, Abenaki... (Jeremy Dutcher)- 2) Métis- 3) Inuit (Elisapie).Pour ne pas se tromper, on dit : Autochtone.La langue des Inuit est le Inuktitut : Inuk (singulier) / Inuit (pluriel)Elisapie se présente comme une Inuk du peuple inuit.Erreurs communes à éviter :Confondre les Innus et les Inuit - Les Innus viennent de la Côte Nord (Florent Vollant par exemple) / Les Inuit viennent du Grand Nord (Elisapie).Le Nunavik est la région tout au nord du Québec. Le Nunavut est un territoire canadien.On ne dit pas la culture autochtone mais les cultures autochtones.Il y a plus de 50 langues autochtones au Canada, il y a 11 nations autochtones au Québec incluant les Inuit : Abénakis, Anishinabeg, Atikamekw Nehirowisiw, Eeyou, Wendat, Innu, Inuit, Wolastoqiyik, Mi’qmaq, Mohawk-Kanien'kehá:ka et Naskapi. Première invitée : Elisapie pour la sortie de l’album InuktitutL’artiste venue du Grand Nord, Elisapie, est depuis plusieurs années une ambassadrice incontournable des voix autochtones, elle incarne une élégance musicale certaine et un féminisme en avance sur son temps.Avec ce nouveau disque, la chanteuse qui a grandi à Salluit, un petit village du Nunavik, la région la plus au nord du Québec revient sur son enfance et adolescence en explorant ses titres préférés qui l’ont vue s’émanciper en tant que femme et en tant qu’artiste. Le défi était grand de revisiter ces chansons intemporelles de groupes ou d’artistes légendaires. Pourtant, qui peut prétendre à autant de délicatesse que dans ce titre Uummati Attanarsimat (Heart of Glass), reprise de Blondie ou ce Taimangalimaaq (Time After Time), de Cindy Lauper ?Ces classiques réinterprétés de Queen, Pink Floyd ou Rolling Stones sont chantés en Inuktitut, sa langue natale. De cette traduction, découlent une force et une poésie inédite. Dans cette playlist de jeunesse, Elisapie raconte son parcours, ses joies et ses peines, sa détermination aussi tout en faisant résonner sa culture avec finesse, en conjuguant modernité et tradition. De ses années passées dans l’Arctique, Elisapie a gardé les souvenirs de ses premiers amours, a été témoin des effets du colonialisme sur sa collectivité et a dansé jusqu’au bout de la nuit au centre communautaire du village. À l’adolescence, elle se produit sur scène avec ses oncles, eux-mêmes membres de l’illustre groupe de rock’n’roll inuit Sugluk (aussi appelé Salluit Band).À 15 ans, elle travaille à la station de radio du village et parvient à décrocher une entrevue avec Metallica. Jeune femme brillante et ambitieuse, elle s’installe à Montréal pour étudier et, finalement, faire carrière dans la musique. Aujourd’hui, l’auteure-compositrice-interprète inuk est une figure incontournable au Canada. Activiste dévouée, Elisapie a créé et produit la première émission de télévision diffusée dans tout le Canada pour célébrer la Journée nationale des peuples autochtones. Son attachement inconditionnel à son territoire et à sa langue, se situe au cœur de son parcours créatif et donc de son œuvre. Cette langue millénaire incarne la rudesse de l’environnement et la beauté féroce du territoire inuit. Cet album est le fruit de tout cela : une constellation de souvenirs aussi sensibles qu’oniriques.À la sortie de Uummati Attanarsimat, Debbie Harry et Chris Stein, membres de Blondie, acclament toute la beauté de cette version de Heart of Glass.Titres joués - Uummati Attanarsimat (Heart of Glass) Blondie voir le clip - Qimmijuat (Wild Horses) Rolling Stones voir le clip - Isumagijunnaitaungituq (The Unforgiven) Metallica voir le clip - Qaisimalaurittuq (Wish You Were Here) Pink Floyd- Californiamut (Going to California) Led Zeppelin.► Album Inuktitut (Yotanka/Bonsound 2023). Puis la #SessionLive reçoit Jeremy Dutcher pour la sortie de l’album Motewolonuwok.5 ans après avoir remporté le Prix de musique Polaris avec son premier album, Jeremy Dutcher est de retour avec une exploration radieuse de l’expérience autochtone contemporaine et de la place qu’il y trouve. Avec des chansons dans la langue de son peuple, le Wolasotqey, mais aussi en anglais pour la première fois, Motewolonuwok surpasse tout ce que le musicien a créé auparavant, englobant les chansons traditionnelles, les ballades nocturnes et les orchestrations saisissantes. « Lorsque nous analysons nos histoires, incluant nos histoires tristes — quelle est la lumière qui en ressort malgré tout ? », s’interroge-t-il. « Je voulais chanter à propos de la souffrance, puis nous amener vers la beauté », confie Dutcher. Wolastoqiyik Lintuwakonawa, paru en 2018, a propulsé Dutcher aux plus hauts sommets du monde culturel canadien, des galas Polaris et Juno au panel de juges de Canada’s Drag Race. Mais peu de gens auraient pu prédire ce succès : l’album a été conçu comme un projet de recherche muséale, explorant les enregistrements sur cylindres de cire des porteurs de chansons wolastoqiyik — les ancêtres de Dutcher. Ténor de formation, le musicien a finalement chanté en duo avec ces voix, répondant à sa propre communauté à travers de sublimes chansons réinventées.Cette fois-ci, Dutcher voulait faire un album plus intimiste. Une remise en question. Un disque inspiré d’une observation du penseur yupik Richard LaFortune— que « le point où deux discriminations se rencontrent peut être dangereux ». Cette intersection peut également engendrer de la résilience, et cette résilience peut devenir une force. « Motewolonuwok » est un mot wolasotqey ancien qui est habituellement traduit par « sorcières ». C’est aussi ainsi qu’on appelle les personnes bispirituelles de la région — des personnes qui sont autochtones et queer, comme Dutcher, et qui ont reçu un héritage traditionnel précis. « Ce sont “des personnes possédant une grande force spirituelle” », explique-t-il. « C’est un honneur, plutôt que quelque chose dont il faut avoir honte. » Dutcher a dévoilé son homosexualité à 12 ans, mais l’idée même d’un « coming-out » lui a été imposée par les structures colonialistes. « L’identité bispirituelle ou queer autochtone est si belle, car elle ne provient pas d’un concept de déviance. » Et pourtant, « une grande part de ce savoir ancien a été perdue », souligne-t-il, et en tant qu’enfant grandissant au Nouveau-Brunswick — et même en tant qu’adulte habitant désormais Montréal — il évolue toujours à travers un « espace médian ».The Land That Held Them, son hommage à « ceux qui nous ont quittés trop tôt », vibre d’une façon qui évoque Nina Simone et Anohni. Ailleurs, au lieu d’un son modeste et presque privé, Dutcher utilise le plus grand canevas possible : un orchestre complet, avec des arrangements de Owen Pallett et, sur des morceaux comme Sakom, une chorale de 12 voix, celles de pairs queer et amis de Dutcher. Le chanteur a loué un autobus pour les amener enregistrer à Kingston — des camarades de l’école de musique de Halifax, ainsi que des membres de la scène jazz de Toronto et de l’irrésistible Queer Song-book Orchestra.Écouter Motewolonuwok, c’est entendre un album aux voix multiples. Il y a celle de Dutcher, plus exposée que jamais. Il y a sa chorale impromptue. On entend des réinterprétations d’airs traditionnels des berges de la rivière Wolastoq, ainsi que des vers de la poète cherokee Qwoli Driskill. Dutcher chante en Wolasotqey— littéralement sa langue maternelle — mais aussi en anglais, la langue de son père (et celle qu’il parlait le plus durant sa jeunesse). Une langue partagée est un cadeau avec une intention complexe ; sur Motewolonuwok, Dutcher ne chante pas que pour sa communauté, mais aussi « directement pour le nouveau venu [colonisateur] », dans sa propre langue, pour raconter des histoires de deuil, de résilience et de renaissance. Faire de la musique est comme apprendre une langue, selon Dutcher— « il n’y a pas de conclusion particulière ». C’est plutôt « un déchaînement » - une constante exploration de ce qu’on veut dire et de comment on peut l’exprimer. Motewolonuwok est le prochain chapitre du musicien — un souhait collectif et une médecine réparatrice, une confession et un refrain.Titres interprétés dans le grand studio- Ultestakon Live RFI- Take My Hand, extrait de l’album voir le clip - Skichinuwihkuk Live RFI voir le clip. Line Up : Jeremy Dutcher, piano-voix.Traduction : Claire Simon.Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.► Album Motewolonuwok (Secret City Records 2023).
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