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Les Poésies d’Héloïse

Découvrez – ou re-découvrez – les poésies récitées par Héloïse.

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Voici sonnée l’Heure du Départ
Voici sonnée l’heure du départ Fin annoncée de ces matins flemmards Pour mon ado qui dort souvent bien tard Voilà l’automne qui s’invite, pluvieux Pour nous accompagner : ses cieux Chargés de souvenirs en camaïeux De Giverny à Sylvains les moulins De parfums luxueux en air salin De jolis détours et quelques gros câlins À Cabourg découvrir la vitesse dans l’eau Et moi de loin sentant naître des trémolos Dans ma voix inaudible impossibles allos De Villers-Bocage accueillis comme des rois Nous partîmes sur les plages tous les trois Pointe de Hoc Omaha beach et 9387 croix Du Mont Saint Michel apercevoir Carolles Plage Comme signe du destin magnifique présage Que les morts veillent sur les leurs de passage Texte et Illustration de Charlotte Hamel.
02:13 12/21/20
D’ici bas
Derrière moi les traces de ton passage Devant moi comme un dimanche plane ton ombre Merveilleux et sauvages messages cryptés en nombre ! Pour les déceler peut-être être bien silencieux ou sages ? Pas à pas… savoir pouvoir vouloir lire de multiples signes À l’aune de la science et de la psychologie positive Dès que les gestes et les feuilles synchrones invectivent D’aller admirer un jour prochain le lac des cygnes Irai-je seule enjouée et masquée au futur spectacle ? Il est là devant nous chaque jour renouvelé ! Pour qui sait ce que signifie le mot sacré tabernacle Ou pour qui découvre sur un mur l’œuvre d’un artiste oublié Ce beau ballon rouge qui jonchait romantique l’autre jour Aux abords d’un fumoir improvisé par certains par là Était posé en cœur tel un ovni pour déclarer l’Amour Vivifiant, impétueux , éternel des mystérieux ébats D’ici bas. Texte et Illustration de Charlotte Hamel.
01:54 12/17/20
Désorganiser le Présent
Désorganiser le présent Forcer le destin pour argent comptant J’avance masquée muselée dans le vent En attendant que ça passe Que les empreintes s’effacent Celles des jours terroristes Que les criminels trépassent Sans que je devienne triste Plus de foules pour l’anonymat Sortez couverts et avec vos papiers Plus de concerts pour mettre à bas Les solitudes la peur et l’inimitié Mon fils a pas envie de vivre ce monde S’inquiète pour son envie de voyager Pour ses envies de déménager Vivre là en hiver là-bas en été Les jeunes rêvent d’être millionnaires Chirurgiens esthétiques avant généralistes Les soignants s’épuisent j’ai pas de liste Si juste on pouvait vivre d’amour et d’air Derrière nos écrans de fumée Dans la Sillicon Valley Ceux qui sont millionnaires Récupèrent nos données Allons marcher en forêt À sept bien protégés Et faire un pied de nez Au lieu de déserter Posons du son, dansons Rentrons en transe Pas légal le diapason Est dans l’absence Revendiquons la distance saine Certes mais se réunir avec les siens Constitue un remède à la peine Alors si je t’y invite tu viens ? Texte et Illustration de Charlotte Hamel.
02:10 12/14/20
Chère Banquise
Chère Banquise Tu es exquise Et convoitée Pour tes attraits Sur toi on mise Mais quel outrage Tu disparais Tout le monde le sait Et j’ai la rage Tu es vitale Pour les vivants Les exploitants Te mettent à mal Au Conseil de l’Arctique Tel veut tes gisements Ton emplacement Redevient stratégique Tu es notre drame Tu es notre survie Malgré tout on te pille Tu es notre came Combien de temps Et à quand l’extinction Brises glaces en action À quand l’accident Tu semblais éternelle Si pleine d’énergies Mais pour nos profits On t’use à la pelle Pourra-t-on reparler De toi dans vingt ans Comme il y a quarante ans Sans avoir sombré ? Texte et Illustration de Charlotte Hamel.
01:38 12/10/20
Promenade
Le soleil lèche mon épaule à demi nue La brise caresse mon duvet encore endormi Et mes yeux sont plissés comme ceux d’un chat J’imagine en marchant que je suis dans un jardin Et ma destination est déjà devant moi Alors je rencontre une dame de 80 ans du nom d’Élisa D’origine portugaise je comprends un mot sur deux La conversation surréaliste dure trente minutes Elle est repartie en m’ayant dit que la santé est le plus beau cadeau sur terre Et je reste assise avec le soleil moins timide Je vais repartir les yeux grand ouverts et l’âme légère Au devant d’une journée qui sera belle et chaude. Texte et Illustration de Charlotte Hamel.
01:37 12/7/20
Clapotis
Allongée sur le sofa entendre la pluie Clapoter sur le toit de la serre engourdie Pour horizon les roses d’une broderie Sur huit personnes présentes six endormies Le chien me suit partout quand je me lève Pour lui tout est jeu caresses sans trêves Moi je m’extirpe tout juste de curieux rêves Où nu Adam courait rejoindre son Ève Où je revis ravie la maison d’une enfance Celle d’Amélie tout en long j’y repense Nos premières fêtes à l’instar d’une transe Depuis hier a priori c’est mon fils qui danse À travers les gouttes quand je regarde à droite Chahutée par le vent cabotin une rose s’éclate Résistant par miracle de tomber n’a pas hâte L’herbe à nouveau verte de sortir je me tâte Symphonie délicieuse à l’abri je me retiens D’aller jeter mon œil déjà plus vif plus loin Que c’est bon une maisonnée dont les siens Dorment encore : veiller comme prendre soin Clapotis je vous aime jolie musique matinale Percussions légèrement nostalgiques et pâles L’intensité varie sans cesse depuis que j’avale Mon café, point tige ou bouclette je m’installe Texte et Illustration de Charlotte Hamel.
01:41 12/3/20
Danse comme un Fou
Danse comme un fou Fabrique ton monde festif Mange une banane et chante comme si c’était ton micro Hurle ta joie de vivre Même si ça embête les voisins On a le temps de rire et de s’aimer plus que jamais Love–toi au milieu des coussins Ouvre un livre et voyage hors du temps Dessine ta vie en couleurs Ou en noir si ça soulage Là où il y a l’art, il y a le salut Là où il y a musique, il y a la respiration Là où il y a l’Amour, il y a la compassion Texte et Illustration de Charlotte Hamel.
01:14 11/30/20
Un Jour et la Nuit
Un jour qui compte Est un jour où tu vis Un jour qui compte C’est un jour où tu as souri Un jour qui compte C’est un jour où tu as donné Un jour qui compte C’est un jour où tu as pu pleurer Mais tu ne t’es pas effondré Car un jour ou un autre On est tombé Puisse t-on être aimé et se relever ! Un jour qui compte C’est un peu un jour comme les autres Avec la joie en plus Un jour j’ai compris Que tu lisais mes mots Et que les bons messages ne meurent jamais Un jour nous aurons disparu Et peut être ces mots là resteront gravés dans le cœur d’un enfant pas encore né Un jour Et la nuit Texte et Illustration de Charlotte Hamel.
01:19 11/26/20
Un Poème
Pour dire je t’aime? Pour que l’on sème La joie ! les peines On les enferme Dans un coffret Brodé de fils d’or La poésie serait Quand le chagrin dort! Un poème tendre Un poème court Le temps de descendre Dans la cour Ça y est c’est dit Je dis je t’aime Et je rougis Et toi de même! Texte et Illustration de Charlotte Hamel.
01:19 11/23/20
Je voudrais te revoir Mont Saint-Michel
Je voudrais te revoir Mont Saint Michel Gravir tes multiples marches Je t’imagine si seul, au bord des larmes… Je voudrais te consoler crier ma joie de vivre dans ton enceinte le long de tes belles murailles Mais je suis loin de toi et de tes toits Un jour je reviendrai et nous marcherons jusqu’à ton sommet Nous irons en bande joyeuse et légère T’embrasser et embrasser ta vue hors du commun Pour le moment tu te reposes... Pour le Mont Saint Michel un peu de prose ? Texte et Illustration de Charlotte Hamel.
01:17 11/19/20
Sortir de la cage
Fermer les yeux Et revoir ton visage Tout près de mes yeux Sur cette plage Sentir sous mes pieds Le sable fin Prendre ta main la baiser Parfum des embruns Ta main ton visage Jolis paysages Souvenirs de cette plage Sortir de la Cage Texte et Illustration de Charlotte Hamel.
01:03 11/16/20
Bien placés, bien choisis
Bien placés, bien choisis, Quelques mots font une poésie Les mots, il suffit qu'on les aime Pour écrire un poème. On sait pas toujours ce qu'on dit Lorsque naît la poésie Faut ensuite rechercher le thème Pour intituler le poème Mais d'autres fois, on pleure, on rit En écrivant la poésie Ça a toujours kèkchose d'extrême Un poème Raymond Queneau
00:57 11/3/20
La petite Lampe
J’allume à ma fenêtre une petite lampe, une petite lampe bleue comme mon cœur afin que tous les mots qui traînent dans la nuit – les mots perdus, les mots blessés, les mots ivres de clair de lune, les mots amoureux de la brume, les bons mots, les mauvais mots, les petits et les gros mots, les mots qui volent, qui rampent, les mots qui luisent, les mots qui chantent, les obscurs, les délaissés – afin que tous les mots de la nuit sachent qu’il y a ici, au bord du ciel, la maison d’un poète qui est prêt à les accueillir pour les bercer, les réchauffer, les serrer contre son cœur. Jean Joubert
01:03 10/26/20
Le Loup et l’Agneau
La raison du plus fort est toujours la meilleure : Nous l'allons montrer tout à l'heure. Un Agneau se désaltérait Dans le courant d'une onde pure. Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure, Et que la faim en ces lieux attirait. Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? Dit cet animal plein de rage : Tu seras châtié de ta témérité. — Sire, répond l'Agneau, que votre Majesté Ne se mette pas en colère ; Mais plutôt qu'elle considère Que je me vas désaltérant Dans le courant, Plus de vingt pas au-dessous d'Elle, Et que par conséquent, en aucune façon, Je ne puis troubler sa boisson. — Tu la troubles, reprit cette bête cruelle, Et je sais que de moi tu médis l'an passé. — Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ? Reprit l'Agneau, je tette encor ma mère. — Si ce n'est toi, c'est donc ton frère. — Je n'en ai point. — C'est donc quelqu'un des tiens : Car vous ne m'épargnez guère, Vous, vos bergers, et vos chiens. On me l'a dit : il faut que je me venge. Là-dessus, au fond des forêts Le Loup l'emporte, et puis le mange, Sans autre forme de procès. Jean de La Fontaine, 1668
01:43 10/21/20
À quoi ça sert, un Poème ?
À quoi ça sert, un poème ? Ça sert à jouer des mots comme on joue de la guitare, de la flûte ou du piano. Ça sert à faire savoir qu’on est gai ou qu’on est triste, ou bien d’humeur fantaisiste. Ça remplace quelques larmes, ça fait rire ou ça désarme. Ça sert à parler de soi, ou bien de n’importe quoi. C’est un voyage intérieur, un moyen d’ouvrir son coeur. À quoi ça sert, un poème? Au fond, ça ne sert à rien, mais ça rend la vie plus belle, comme un tour de magicien, un sourire, un arc-en-ciel. À quoi ça sert, un poème? Ça sert à dire « Je t’aime ». Henriette Major
01:41 10/7/20
Printemps
Poème de Victor Hugo Tout est lumière, tout est joie. L'araignée au pied diligent Attache aux tulipes de soie Les rondes dentelles d'argent. La frissonnante libellule Mire les globes de ses yeux Dans l'étang splendide où pullule Tout un monde mystérieux. La rose semble, rajeunie, S'accoupler au bouton vermeil L'oiseau chante plein d'harmonie Dans les rameaux pleins de soleil. Sous les bois, où tout bruit s'émousse, Le faon craintif joue en rêvant : Dans les verts écrins de la mousse, Luit le scarabée, or vivant. La lune au jour est tiède et pâle Comme un joyeux convalescent; Tendre, elle ouvre ses yeux d'opale D'où la douceur du ciel descend ! Tout vit et se pose avec grâce, Le rayon sur le seuil ouvert, L'ombre qui fuit sur l'eau qui passe, Le ciel bleu sur le coteau vert ! La plaine brille, heureuse et pure; Le bois jase ; l'herbe fleurit. - Homme ! ne crains rien ! la nature Sait le grand secret, et sourit.
01:46 4/9/20
Le Printemps
Poème de Victor Hugo Tout est mystère, tout est gras. La licorne au pied diligent Attache aux boutiques d’en bas Les rondes dentelles d'argent. La dégoutante sorcière Gudule Mire les globes de ses yeux Dans l'étang sordide où pullule Tout un monde très crasseux. La chose semble, rabougrie, S'accoupler à l’espadon vermeil L'oiseau chante plein de folie Dans un bateau avec Popeye. Sous les pois, où tous les fruits poussent, Le paon craintif joue en rotant : Dans les vers luisants de la mousse, Vit le scarabée, bon vivant. La plume au jour est sans escale Comme un heureux adolescent ; Tendre, elle chante dans une chorale D'où une odeur de pied descend ! Tout luit et se dose avec crasse, Le poisson sur le seuil ouvert, L'ombre qui fuit sur l'eau qui passe, Le ciel bleu sur le poteau vert ! La truite brille, heureuse et pure; Le thon jase ; l'herbe fleurit. - Saumon ! ne crains rien ! la nature Sait le grand secret du requin gris.
01:50 4/1/20
Le Centenaire
Poème de Louis Delorme C’était un arbre centenaire Qui ne comptait plus les années : Il disait : « À quoi bon s’en faire, Je suis mûr pour la cheminée ! Des feuilles, j’en ai bien trop lu, Que pourrais-je savoir de plus, Si je passe un printemps encore Auprès des autres sycomores ? » Alors il a laissé le froid Engourdir lentement ses veines Et mettre à vif toutes ses peines Et clouer ses branches en croix ; Heureux d’aimer, mais las de vivre, Pour la toute dernière fois Il a fleuri dans le grand bois Des milliers de perles de givre.
01:00 5/7/19
Libre
Poème de Claudie Becques S’enfuir pour ne garder que les bons souvenirs… Quand les premiers frimas se posent sur le cœur, Mieux vaut suivre l’instinct des oiseaux migrateurs Et déployer ses ailes, décider de partir. Choisir de s’exiler pour ne pas déranger… Mieux vaut quitter la meute et n’être point fardeau, Etre loup solitaire et non chien de traîneau, Quand au milieu des siens, on se sent étranger. Sur la pointe des pieds, tirer sa révérence En se félicitant d’avoir eu tant de chance, Dans un dernier regard emporter le meilleur. Ne pas se retourner, éviter les regrets, N’emporter avec soi que moments de bonheur, Aller, sourire aux lèvres, heureux et libéré. https://www.facebook.com/Claudie-Becques-1844483248919787/
01:19 4/26/19
Le petit Écolier
Poème de Claudie Becques Papa, maman, Vous voyez bien que je suis grand. Allez, courage ! Comme les enfants de mon âge, Je cours, Je vole Vers ma toute première école. Je sais, c'est dur Moi, je suis prêt pour l'aventure, Séchez vos yeux, Il faut vous montrer courageux. Ce soir, promis ! Vous aurez un câlin au lit. Vite ! Un baiser J'ai hâte d'être un écolier ! https://www.facebook.com/Claudie-Becques-1844483248919787/
00:41 4/25/19
Dans la Poche du Kangourou
Poème de Claudie Becques Dis, petit kangourou, Qui bondit, qui bondit, Petit bandit tout roux Dans ta poche, qu’as-tu mis ? Pour le vieux crocodile, un paquet de mouchoirs J’y ai glissé aussi, un réveil pour le loir Il y a pour la taupe, une paire de lunettes Pour le petit putois, j’ai pris des savonnettes J’ai mis une perruque, pour la chauve-souris Un beau chapeau de paille, pour le petit âne gris J’ai prévu une brosse, pour le raton laveur Ainsi qu’une bourriche, pour le martin-pêcheur Dis, petit kangourou, Qui bondit, qui bondit, Petit bandit tout roux Ne m’as-tu pas menti ? J’avoue que j’ai peut-être, un peu exagéré Ce que j’ai dans la poche, vois-tu, c’est un secret ! https://www.facebook.com/Claudie-Becques-1844483248919787/
01:40 4/24/19
Paris est triste
Poème de Claudie Becques A José, mon frère... Des nuages venus du Nord S'empalent sur la Tour Eiffel Et la Seine sanglote en son lit… L'Arc ne Triomphe plus, Paname se sent Invalides La Place de l'Etoile ne brille plus… Montmartre a un Sacré gros Cœur Place du Tertre, les peintres ont, de leurs pinceaux Repeint en gris, le ciel de Paris. Notre-Dame veille désormais sur toi Nous, nous restons sans Défense Mais toi, tu es enfin en paix, et ça c'est Capitale. https://www.facebook.com/Claudie-Becques-1844483248919787/
01:21 4/23/19
Notre Dame de Paris
Poème de Gérard de Nerval -=-=- Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ; Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde, Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde Rongera tristement ses vieux os de rocher ! Bien des hommes, de tous les pays de la terre Viendront, pour contempler cette ruine austère, Rêveurs, et relisant le livre de Victor : — Alors ils croiront voir la vieille basilique, Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique, Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort ! -=-=- Notre-Dame is very old: however we will perhaps see her bury Paris that she saw born; But in a few thousand years, Time will make flinch this heavy carcass, like a wolf trips an ox, Will twist her iron nerves, and then with a deaf tooth Will sadly gnaw at her old rock bones! Many men, from all countries of the earth Will come, to contemplate this austere ruin, Dreamers, and reading again Victor’s book: Then they will think they see the old basilica, All the way she was, mighty and beautiful, Rise before them like the shadow of a dead man! -=-=- Pianiste : Ivan Ilić (La Cathédrale engloutie - Claude Debussy)
01:24 4/22/19
Le Coin du Feu
Poème de Théophile Gautier Que la pluie à déluge au long des toits ruisselle ! Que l’orme du chemin penche, craque et chancelle Au gré du tourbillon dont il reçoit le choc ! Que du haut des glaciers l’avalanche s’écroule ! Que le torrent aboie au fond du gouffre, et roule Avec ses flots fangeux de lourds quartiers de roc ! Qu’il gèle ! et qu’à grand bruit, sans relâche, la grêle De grains rebondissants fouette la vitre frêle ! Que la bise d’hiver se fatigue à gémir ! Qu’importé ? n’ai-je pas un feu clair dans mon âtre, Sur mes genoux un chat qui se joue et folâtre, Un livre pour veiller, un fauteuil pour dormir ?
01:13 4/16/19
Voyelles
Poème de Arthur Rimbaud A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, Je dirai quelque jour vos naissances latentes : A, noir corset velu des mouches éclatantes Qui bombinent autour des puanteurs cruelles, Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes, Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ; I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles Dans la colère ou les ivresses pénitentes ; U, cycles, vibrements divins des mers virides, Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ; O, suprême Clairon plein des strideurs étranges, Silences traversés des Mondes et des Anges : — O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
01:36 4/15/19
Mobilier scolaire
Poème de Paul Arène L'école était charmante au temps des hannetons, Quand, par la vitre ouverte aux brises printanières, Pénétraient, nous parlant d'écoles buissonnières Et mettant la folie en nos jeunes cerveaux, Des cris d'oiseaux dans les senteurs des foins nouveaux ; Alors, pour laid qu'il fût, certes ! il savait nous plaire Notre cher mobilier si pauvrement scolaire. À grands coups de canif, travaillant au travers Du vieux bois poussiéreux et tout rongé des vers, Nous creusions en tous sens des cavernes suspectes, Où logeaient, surveillés par nous, des tas d'insectes : Le noir rhinocéros, qui porte des fardeaux, Le taupin, clown doué d'un ressort dans le dos, Le lucane sournois, mais aimable du reste, Le charançon, vêtu d'or vert, et le bupreste... J'oubliais l'hydrophile avec le gribouri.
01:27 4/12/19
Mon Rêve familier
Poème de Paul Verlaine Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime, Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend. Car elle me comprend, et mon coeur transparent Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême, Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant. Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore. Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore, Comme ceux des aimés que la vie exila. Son regard est pareil au regard des statues, Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a L’inflexion des voix chères qui se sont tues.
01:20 4/11/19
Oisillon bleu
Poésie de Jean Moréas Oisillon bleu couleur-du-temps, Tes chants, tes chants Dorlotent doucement les coeurs Meurtris par les destins moqueurs. Oisillon bleu couleur-du-temps, Tes chants, tes chants Donnent de nouvelles vigueurs Aux corps minés par les langueurs. Oisillon bleu couleur-du-temps, Tes chants, tes chants Font revivre les espoirs morts Et terrassent les vieux remords. Oisillon bleu couleur-du-temps, Je t'ai cherché longtemps, longtemps, Par mont, par val et par ravin En vain, en vain !
01:16 4/10/19
Petit ou grand
Poésie de Sylvaine Hinglais Une petite personne et une grande personne se parlent. - Quand on est petit, on dit : « Quand je serai grand… » - C'est vrai. - Alors quand on est grand, on peut dire : « Quand je serai petit… » - Non. - Pourquoi ? - Il paraît que ça ne marche pas. - Pourquoi ? - On peut grandir, mais on ne peut pas rapetisser. - Mais on ne peut pas toujours grandir. - Non. - Alors, quand on est grand ? - On change de forme, tout doucement. - On change de forme ? - Oui, ça s'appelle vieillir.
01:07 4/9/19
Crapaud
Poésie de Béatrice Tanaka Crapaud, s'il te plait, va au marché ! J'ai mal au pied. Crapaud, s'il te plait, écosse les pois ! J'ai mal au bras. Crapaud, s'il te plait, lave les assiettes ! J'ai mal à la tête. Crapaud, s'il te plait, allume le feu ! J'ai mal aux yeux. Crapaud, s'il te plait, allume le fourneau ! J'ai mal au dos. Crapaud, s'il te plait, coupe le pain ! J'ai mal à la main. Crapaud, s'il te plait, dresse la table pour le dîner ! J'ai mal au nez. Viens manger, crapaud, la soupe est servie ! J'essaierai pour vous faire plaisir, mon ami.
00:56 4/8/19

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