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Joaquín Rodrigo : les nouveautés sur Deezer
Spanish Classical Masterpieces
par Fernando Sor, Manuel de Falla, Manuel Blancafort, Pablo de Sarasate, Luis de Narvaez, Francisco Tárrega, Isaac Albenitz, Joaquín Rodrigo
26/07/2025
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La plus connue de ses œuvres, le Concerto d'Aranjuez, est très prisée du public et reste un passage obligé pour tout guitariste classique. Joaquín Rodrigo Vidre, 1er marquis des Jardins d'Aranjuez, est né à Sagonte dans la province de Valence, en Espagne, le 22 novembre 1901. Benjamin d'une famille de dix enfants d'un propriétaire terrien d'Almenara, Vicente Rodrigo Peirats, il est touché dès l'âge de trois ans par une épidémie de diphtérie, qui le rend quasiment aveugle à vie. Pour lui permettre de suivre une scolarité dans une école spécialisée, la famille s'installe à Valence. Attiré par la musique, il assiste à des concerts et des opéras au théâtre Apollo dont ses parents sont des habitués et prend ses premières leçons de solfège, de violon et de piano puis entre au Conservatoire de Valence, où il a pour professeurs, de 1917 à 1922, Francisco Antich, Enrique Gomá et Eduardo López-Chávarri, pianiste et musicologue pionnier du modernisme espagnol. À la maison, son éducation se poursuit avec Rafael Ibáñez, qui devient son lecteur, secrétaire personnel et copiste pour la mise en page de partitions, car le jeune Joaquín Rodrigo, qui écrit ses œuvres en braille, ne tarde pas à composer. En 1923, une Suite pour piano, Deux Esquisses pour violon et piano et une Cançoneta pour violon et orchestre sont bientôt suivies par un essai symphonique, Juglares et Cinco piezas infantiles, pour orchestre, qui remporte en 1925 le deuxième prix au Concours national de composition. L'année suivante naissent sa première composition pour la guitare, Zarabanda lejana et un Preludio al gallo mañanero pour piano. En 1927, Rodrigo se rend à Paris pour suivre les cours de Paul Dukas à l'École normale de musique jusqu'en 1932 et s'imprégner de la vie artistique, rencontrant notamment Maurice Ravel, Darius Milhaud, Arthur Honegger, Igor Stravinsky et ses compatriotes Ricardo Viñes et Manuel de Falla. Il fait également la connaissance de la pianiste turque Victoria Kamhi, qu'il épousera le 19 janvier 1933 et qui lui donnera en 1941 une fille prénommée Cecilia. Ne cessant de composer, Rodrigo étoffe son répertoire avec une Siciliana pour violoncelle et piano (1929) et une suite pour orchestre Zarabanda lejana y Villancico (1930). Il poursuit ses études parisiennes au Conservatoire de la Sorbonne et livre en 1934 le Cántico de la esposa, pour voix, piano et orchestre et le poème symphonique Per la flor del lliri blau. Lorsqu'il apprend la mort de Dukas, en 1935, il lui dédie la Sonata de adiós pour piano. Alors que la guerre civile éclate en Espagne, il poursuit son périple en Allemagne, en Suisse et en Autriche, avant de revenir définitivement en Espagne en 1939, avec dans ses valises le manuscrit du Concerto d'Aranjuez, pour guitare et orchestre, qui s'avère une prouesse autant qu'une rareté à l'époque. Devenue universelle, l'œuvre écrite en hommage aux jardins du Palais royal d'Aranjuez où le couple a passé sa lune de miel, est créée le 9 novembre 1940 au Palais de la musique catalane à Barcelone par le guitariste Regino Sáinz de la Maza et l'Orchestre philharmonique de Barcelone dirigé par César Mendoza Lasalle. Elle a suscité de nombreuses interprétations par les plus grands guitaristes classiques comme Andrés Segovia ou Narciso Yepes, mais aussi des adaptations dont celle célèbre du trompettiste de jazz Miles Davis avec l'arrangeur Gil Evans sur l'album Sketches of Spain (1960). Son Adagio central a fait l'objet de multiples versions, souvent chantées, à travers le monde. Le compositeur continuera d'écrire pour l'instrument à cordes des œuvres de grande valeur comme la Fantaisía para un gentilhombre (1954), le Concerto Andaluz pour quatre guitares et orchestre (1967), le Concerto Madrigal pour deux guitares et orchestre (1966) et le Concerto para una fiesta (1982), mais il souhaitera ne pas s'y consacrer et diversifier sa production par des pièces très variées. En 1943, il est récompensé pour le Concierto heroico pour piano et orchestre, créé par Leopoldo Querol. Une œuvre si difficile à aborder qu'elle nécessite une révision effectuée par Joaquín Achúcarro en 1996. De 1943 date également le Concierto de estio pour violon et orchestre, suivi par un Capriccio pour violon et Ausencias de Dulcinea, pour baryton et quatre sopranos (1948), qui remporte le premier prix du Concours de commémoration de la naissance de Cervantès. L'année suivante naît le Concerto in modo galante, pour violoncelle et orchestre et en 1954, le Concerto serenata pour harpe et orchestre, commandé par le soliste Nicanor Zabaleta. De nombreuses et courtes pièces pour guitare solo se succèdent au cours des décennies suivantes, dont se dégage le Triptico (1978), dédié à Alexandre Lagoya. L'œuvre de Joaquin Rodrígo est très prolifique, si l'on considère qu'en raison de son handicap, chaque composition doit être détaillée note par note au copiste, qui la retranscrit sur une partition jouée au piano par Victoria Kamhi afin qu'elle reçoive l'approbation du compositeur, avant l'envoi à un éditeur. D'autant que Rodrigo exerce la fonction de directeur du département musical de la Radio nationale d'Espagne et tient par ailleurs, depuis 1939, la chaire de musique Manuel de Falla à l'Université de Madrid. Distingué par de nombreuses récompenses universitaires et honorifiques, dont la Médaille d'or du Conservatoire royal de Madrid (1995), le grade de Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres en France (1998), le Prix du meilleur auteur de musique classique par la SGAE (Société générale des auteurs et éditeurs, 1998), il a reçu en 1991 le titre de marquis des Jardins d'Aranjuez par le roi Juan Carlos Ier, et en 1996, le Prix Prince des Asturies. Deux ans après son épouse décédée le 21 juillet 1997, Joaquín Rodrigo meurt à Madrid le 6 juillet 1999.