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Descendante directe du dernier empereur des Incas, Atahualpa, la chanteuse péruvienne Yma Sumac est connue pour son amplitude vocale hors du commun, répartie sur quatre octaves. De sa véritable identité Zoila Augusta Emperatriz Chavarri del Castillo (née près de Lima le 10 septembre 1922), la soprano colorature grandit dans un village et s'amuse à reproduire le chant des oiseaux. Remarquée pour ses qualités vocales, elle remporte un concours à l'âge de treize ans et se joint à la formation Compania Peruana de Arte du compositeur Moises Vivanco, qui ne tarde pas à l'épouser en 1942. Des 1944, la chanteuse déjà renommée dans son pays enregistre plusieurs faces de chants traditionnels pour le label Odeon. Le couple part ensuite à New York où il forme le Inka Taky Trio avec Cholito Rivero, et se produit en 1949 dans un festival de musique traditionnelle sud-américaine au Carnegie Hall. Remarquée par l'arrangeur et producteur en vogue Les Baxter, Yma Sumac se voit proposer un contrat avec le label Capitol, qui débouche sur l'enregistrement de l'album Voice of the Xtabay (1950), dont le retentissement est immédiat. Le phénomène se répand à travers les États-Unis, puis en Europe où Yma Sumac effectue une tournée, assortie d'un passage au Royal Albert Hall de Londres. En 1951, la chanteuse est enrôlée dans la comédie musicale Flahooley, jouée à Broadway, puis retrouve le studio pour les albums Legend of the Virgin Sun (1952), Inca Taqui (1953) et Mambo! (1954), un classique du style exotica comprenant son fameux titre « Gopher », amené à illustrer de nombreuses publicités. La chanteuse est également populaire en Union soviétique, où elle est l'une des rares artistes étrangères à s'y produire. Tandis que sa notoriété commence à décliner aux États-Unis dans les années 1960, Yma Sumac arrête d'enregistrer pour se consacrer aux tournées sur d'autres continents. Elle ne revient en studio qu'en 1971, à la faveur de l'album Miracles, sorti l'année suivante, qui la voit adopter un style rock électrique. Toujours active au fur et à mesure de sa découverte par de nouvelles générations, la star péruvienne reprend les concerts à la fin des années 1980, tandis que Vanessa Paradis cite son nom dans son premier tube « Joe le taxi » (1987). Installée au Canada, Yma Sumac fait l'objet d'un documentaire réalisé par Günther Czernetsky (Hollywood's Inca Princess, 1992) et se produit au Festival international de jazz de Montréal (1997). Après s'être vue décerner la plus haute distinction péruvienne en mai 2006, celle de l'Ordre du Soleil, la chanteuse succombe à un cancer du côlon à son domicile de Los Angeles, le 1er novembre 2008, à l'âge de 86 ans.