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Par sa voix fragile et ses chansons sans fard, Barbara a laissé une empreinte indélébile sur la chanson française. De son vrai nom Monique Andrée Serf, elle naît à Paris le le 9 juin 1930 et grandit dans une famille juive d'Europe de l'Est, amenée à changer fréquemment de domicile pendant l'occupation lors de la Seconde Guerre mondiale. De retour à Paris en 1945, l'adolescente prend des cours de piano et de chant puis quitte le foyer familial pour la Belgique, où elle se produit sous le nom de Barbara Brodi et se lie d'amitié avec Jacques Brel. Elle raccourcit son nom de scène en Barbara et se fait connaître dans les cabarets parisiens, à la Rose Rouge et à l'Écluse, où celle que l'on surnomme « la Chanteuse de minuit » enregistre en 1959 son premier disque en public pour le label La Voix de son Maître, filiale de Pathé-Marconi. Après deux hommages à Georges Brassens et à Jacques Brel pour Odéon, Barbara connaît un succès croissant par ses tours de chant au Théâtre des Capucines ou à Bobino. À partir de 1964 et des chansons « Dis, quand reviendras-tu ? », « Nantes » et « Au bois de Saint-Amand », elle développe un répertoire qui fait entendre sa voix singulière dans la scène d'alors et un style piano-voix épuré, couché sur des textes réalistes ou sentimentaux. Les réussites s'accumulent avec « Göttingen », « Une petite cantate » (1965), « La Dame brune » avec Georges Moustaki ou « Ma plus belle histoire d'amour », dédiée au public qui l'acclame. Après l'Olympia en 1969, Barbara compose la pièce musicale Madame qui s'avère un échec, mais son retour avec l'album et le titre « L'Aigle noir » (1971), où elle évoquerait l'inceste subie durant son enfance, est un triomphe qui se transformera en classique de la chanson française. À l'affiche au cinéma dans les films Franz de Brel (1972) et L'Oiseau rare de Jean-Claude Brialy (1973), la chanteuse effectue des tournées en Europe et jusqu'au Japon, puis signe l'album La Louve (1973), orchestré par William Sheller, avant de se retirer dans sa propriété de Précy-sur-Marne (Seine-et-Marne). Absente de la scène depuis plusieurs années, son retour en 1978 à l'Olympia puis à l'hippodrome de Pantin est accueilli avec ferveur. Après l'album Seule (1981), Barbara coécrit avec Luc Plamondon le spectacle musical Lily Passion qu'elle interprète avec Gérard Depardieu au Zénith de Paris et donne lieu à un double album en public. Invitée pour un gala au Metropolitan Opera de New York où elle accompagne le danseur étoile Mikhaïl Barychnikov, elle investit à Paris le Théâtre du Châtelet (1987), puis pendant trois mois le Théâtre Mogador (1988). Elle reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'honneur (1988) et deux Victoires de la musique : en 1994 pour l'album Châtelet 93 et en 1997 pour son dernier enregistrement studio, Barbara (1996). L'absorption massive de médicaments cause son décès survenu le 24 novembre 1997 à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, à l'âge de 67 ans. Plusieurs intégrales ont été consacrées au répertoire de Barbara qui fait l'objet d'un culte toujours vif et de nombreux hommages.