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Brahms: Sonatas for Cello and Piano, Op. 38 & 99
par Paul Tortelier, Maria De La Pau
10/04/2026
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Dans la continuité du romantisme, dont il fut l'un des derniers maîtres, Johannes Brahms est souvent considéré comme l'héritier de Beethoven, mais s'il s'inscrit dans les mêmes domaines d'expression, excluant quant à lui l'opéra, son œuvre se distingue par une originalité pleinement singulière. Né à Hambourg le 7 mai 1833, il est le fils de Johann Jakob Brahms, un musicien jouant du cor d'harmonie dans un orchestre municipal et un sextette, avant de devenir membre de l'Orchestre philharmonique en qualité de contrebassiste, corniste et flûtiste. Il prend ses premières leçons de piano à l'âge de sept ans avec Otto Cossel, qui le recommande à son professeur Eduard Marxsen, qui lui dispense une formation complète pendant dix ans, de 1843 à 1853. Amateur de chansons folkloriques et grand lecteur, le jeune Brahms qui joue le soir dans les cabarets s'affirme en pianiste virtuose et en compositeur sous des noms d'emprunt. Après avoir donné ses premiers récitals en public, il s'engage avec son ami violoniste Ede Reményi, qui lui a donné le goût de la musique tzigane et des csárdás, dans une tournée de l'Allemagne du nord où ils rencontrent à Hanovre Joseph Joachim. Impressionné, le violoniste déjà renommé conseille au pianiste d'aller visiter Franz Liszt à Weimar, mais Brahms n'a que peu d'affinités avec le style progressiste du maître. En revanche, son amitié avec Joachim sera durable tous deux se rendent à Düsseldorf pour rencontrer Robert Schumann, qui consigne toute l'admiration qu'il porte au musicien dans un article de la Neue Zeitschrift für Musik titré « Nouveaux chemins ». Aussitôt recommandé à l'éditeur Breitkopf & Härtel, Brahms voit publier ses trois premières Sonates pour piano, dont une est dédiée à l'épouse Clara Schumann. Alors que Schumann est interné à l'hôpital psychiatrique d'Endenich, Brahms s'installe dans leur maison et compose les Variations sur un thème de Robert Schumann. L'amitié qui le lie à Clara se teinte de passion amoureuse, dont témoignent les quatre Ballades op. 10, mais la mort de l'époux, survenue le 29 juillet 1856, les éloigne plus qu'elle ne les rapproche. Il compose le Trio à cordes n° 1 et entame Un Requiem allemand, qu'il achèvera onze ans plus tard. En 1857, il entre au service du prince Leopold III de Lippe comme professeur de musique et dirige la Société de chant à Detmold pendant deux ans. Son Concerto pour piano n° 1, qu'il crée le 22 janvier 1859, reflète encore ses sentiments pour Clara Schumann. En outre naissent des Sérénades pour orchestre, un deuxième Sextuor et des lieder dédiés à celle qui devient sa fiancée, Agathe von Siebold. La liaison se termine rapidement et Brahms restera désormais célibataire. De retour à Hambourg, il compose six recueils pour piano dont les Variations sur un thème de Paganini, ainsi que deux Quatuors pour piano et cordes et un premier Quintette pour piano. Cette période qui le voit confier la publication de ses œuvres à Fritz Simrock est aussi celle de la polémique autour d'un article auquel il souscrit, fustigeant la « Nouvelle école allemande » représentée par Liszt et Wagner. Perçu comme un conservateur, Brahms échoue à être nommé au poste de chef d'orchestre de l'Orchestre philharmonique de Hambourg en 1862, trente ans avant de refuser la proposition qui lui sera faite. Il prend alors la décision de s'installer de manière définitive à Vienne, où il s'établit comme pianiste de concert et, pendant deux ans, chef de chœur de la Singakademie, s'employant à faire redécouvrir des compositeurs baroques alors oubliés, Bach inclus. Après sa démission en 1864, il se consacre à la composition et aux tournées. Jusqu'en 1876, il passe ses étés à Lichtental où il a acheté une maison non loin de chez Clara Schumann. Il achève le Requiem allemand créé dans son intégralité à Leipzig le 18 février 1869 et entame une série de vingt-et-une Danses hongroises pour piano à quatre mains, qui sera achevée en 1880 puis orchestrée (la cinquième est la plus connue). Sa célèbre berceuse Guten Abend, gute Nacht, date de 1868. Dans son cercle de proches figurent les chefs d'orchestre Hermann Levi et Hans von Bülow, ainsi que le critique Eduard Hanslick. Son succès comme pianiste l'amène à jouer en Allemagne, en Suisse, en Hongrie, au Danemark et en Hollande. Pendant trois ans, de 1872 à 1875, il dirige à Vienne la Gesellschaft der Musikfreunde (Société des amis de la musique), qui organise des concerts. Après la création de sa première œuvre symphonique, les Variations sur un thème de Haydn en 1873, Brahms termine la Symphonie n° 1 qui l'a longtemps occupé. Dévoilée le 4 novembre 1876, elle est suivie par la seconde, créée le 30 décembre 1877, puis le Concerto pour violon (1878), dédié comme il se doit à Joseph Joachim, qui le crée à Leipzig le 1er janvier 1879. Fait docteur honoris causa de l'Université de Cambridge en 1877, puis de celle de Breslau en 1881, il compose pour l'occasion la joyeuse Ouverture pour une fête académique, à laquelle succède en contraste l'Ouverture tragique. Pour autant, Brahms n'en délaisse pas les compositions pour le piano avec les Klavierstücke op. 76 et deux Rhapsodies op. 79. Le 9 novembre 1881, il crée avec succès à Budapest son Concerto pour piano n° 2, suivi par une série de concerts à Vienne, en Allemagne et en Hongrie. À l'image du jeune virtuose romantique glabre aux yeux clairs fait désormais place celle de l'imposant maître à la barbe fournie, qui adoube Antonín Dvořák, ce dernier lui dédiant son Quatuor à cordes. À cinquante ans, Brahms demeure un compositeur inspiré comme le démontre sa Symphonie n° 3, créée au Musikverein de Vienne par Hans Richter le 2 décembre 1883. Son troisième mouvement a fait l'objet d'adaptations populaires. Le 25 octobre 1885 est donné la suivante, la Symphonie n° 4, qu'il dirige lui-même à Meiningen. Après la création du Double Concerto, le 18 octobre 1887 à Cologne avec Joseph Joachim et le violoncelliste Robert Hausmann, les dernières années le voit se consacrer au piano et à la musique de chambre. En 1889, l'assistant de Thomas Edison, Theo Wangemann, vient l'enregistrer au piano, mais la source peu audible présente un simple intérêt documentaire. Donc, Brahms, qui côtoie Gustav Mahler et Johann Strauss II, a suffisamment de ressource pour composer le Quintette à cordes n° 2 (1890) et pour le piano, trois Intermezzi op. 117, Six pièces op. 118 et Quatre pièces op. 119 (1892-1893). Alors qu'il pense se retirer, sa rencontre du soliste Richard Mühlfeld l'amène à composer le Trio pour clarinette, violoncelle et piano et le Quintette pour clarinette et cordes (1891), puis deux Sonates pour clarinette (1894). Il s'éprend également de la mezzo-soprano Alice Barbi, àgée de 28 ans, qui refuse de s'engager. En 1896, il écrit les Vier ernste Gesänge (Quatre chants sérieux) pour Clara Schumann, qui décède le 20 mai suivant. Le 3 avril 1897, Johannes Brahms meurt d'un cancer du pancréas, à l'âge de 63 ans. Il repose au cimetière central de Vienne, aux côtés de Beethoven et de Schubert.