A l’approche des soixante-dix printemps, Jean-Louis Aubert continue à tracer sa route sans flancher, et à éclairer dans le même élan celle des autres. Cyber-troubadour d’une générosité folle, plantant son téléphone dans un cendrier pour fixer des rendez-vous quotidiens sur Facebook pendant le confinement. Homme qui se dédouble et disponible pour des prouesses lors de l’Olo Tour, tournée dans laquelle, seul sur scène, il déclenche des hologrammes de sa propre personne. Enfantin, comme il se décrit pour qualifier son attirance prononcée pour les nouvelles technologies. Toujours cette soif frénétique d’apprendre et de savoir. Récemment, il s’est initié à Fruity Loops, logiciel d’instrumentales de rap. Il a écrit aussi pour la première fois sur un carnet électronique. Chez lui, l’inspiration jaillit de partout, au coin d’une rue, devant une posture humaine, dans les tréfonds d’une ancienne mélodie stockée. En intuitif lucide, Aubert aime nourrir son imaginaire en cultivant le jardin de sa mémoire. Ne pas se laisser emprisonner dans sa cage dorée, se laisser coincer entre le papier et le verre d’une formule figée. Impossible de le prendre en flagrant délit de décalque de Téléphone ou de creuser le même sillon d’album en album. Il vit dans son siècle, explore le champ de ses certitudes et interrogations. Des allers-retours entre l’intériorité et l’extériorité. Comme à l’accoutumée, beaucoup de matières accumulées ici. Sur la ligne d’arrivée : onze chansons. Deux fois moins que Refuge, sa précédente livraison en 2019. Cet éternel prolifique aurait-perdu son appétit glouton ? Le disque s’appelle PAFINI, titre à multiples lectures . Allusion, bien sûr, à son envie d’en découdre à nouveau. Et porte ouverte surtout à de nouvelles salves de chansons qui seront distillées à intervalles réguliers dans un futur proche.