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Freddie Hubbard

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Biographie

C’est au sein d’une famille de musiciens qu’il grandit à Indianapolis, ou la scène musicale est en ces temps marquée par le be-bop ; la trompette elle, l’est par Miles Davis et Dizzy Gillespie. Durant ses études, il intègre le John Hope Junior High School Band, où il s’essaie au Mellophone (sorte de cor à piston avec pavillon frontal en Fa ou en Mib souvent utilisé dans les fanfares et autres formations déambulatoires anglophones pour remplacer le cor) puis au cor d’harmonie dans l’Arsenal Tech High School. Le Indiana Central College lui offre alors sa scolarité pour ses qualités de corniste, mais il préfère étudier la trompette au Jordan Conservatory of Music, tout en prenant des cours avec Max Woodbury de l’Orchestre symphonique d’Indianapolis.

Premiers engagements avec le groupe The Contemporaries, et surtout la rencontre et collaboration avec le guitariste bop, Wes Montgomery et ses frères Buddy et Monk (The Montgomery’s Brothers) avec lesquels il s’initie au style de Clifford Brown et Lee Morgan ; pour ses premières armes, on ne pouvait mieux tomber.

Le déménagement à New York en 1958 est le vrai départ de sa carrière ;il partage un appartement avec Eric Dolphy (pour lequel il enregistrera le plus grand album du clarinettiste-saxophoniste-flutiste :Out to Lunch, chez Blue Note en 1964). Il est vite remarqué par ses pairs et les collaborations se succèdent : les formations du batteur Philly Joe Jones (1958-1959), John Coltrane (avec lequel, fin 1958 il enregistre les albums Stardust et The Believer pour le label Prestige), Sonny Rollins (1959), Slide Hampton (1959-1960), J.J. Johnson (l’album J.J. Incorporated chez Columbia records) et Quincy Jones (1960-1961) avec qui il découvre les tournées européennes.

Courant 1960, il explore également le jazz d’avant-garde avec Ornette Coleman (l’album Free Jazz chez Warner) et Oliver Nelson (l’album Blues and the abstract truth chez Impulse). Cette année représente surtout pour Freddie Hubbard, le début d’une longue collaboration avec le prestigieux label Blue Note pour lequel il enregistre 36 albums jusqu’en 1967, dont 8 en tant qu’artiste principal (Open Sesame est le premier de la liste le 19 juin 1960). On notera parmi tous ces chefs d’œuvres: Dexter Gordon (doin’ Allright, 6 mai 1961), Herbie Hancock (Empyrian Isles ,17 juin 1964 et Maiden Voyage, 17 mai 1965), Wayne Shorter (Speak no evil, 24 février 1965). Freddie enregistre également pour d’autres labels comme sideman, notamment avec John Coltrane (Olé en 1961, et Ascencion, le 28 juin 1965 chez Impulse).

Durant l’été 1961, Lee Morgan décide de quitter les Jazz Messengers d’Art Blakey et demande à Freddie Hubbard de lui succéder. Il va y connaître un succès dû à la popularité du groupe pendant 4 ans (l’album Mosaic, le 2 octobre 1961 chez Blue note, Caravan, le 23 octobre 1962 chez Riverside, et Free For All, le 10 Février 1964 chez Blue Note, parmi les plus grands moments des Jazz Messengers).

Si les années 60 sont indubitablement les années Hubbard pour son hard bop endiablé aux couleurs très funky, 1970 marque un nouveau tournant: un nouveau label (CTI records), mais surtout une forme nouvelle pour sa musique… Car comme Miles Davis ouvre la voie en emboîtant le pas au mouvement jazz-rock, Freddie Hubbard se dirige plus, vers une fusion jazz-funk et enregistre en 3 ans ses 3 plus beaux albums (Red Clay et Straight Life en 1970, First Light en 1971, qui obtient un Grammy awards en 1972).

Le succès et la consécration ne vont sans doute pas s’allier avec le caractère stakhanoviste et perfectionniste du trompettiste, car pendant 5 ans, il va dériver, et enregistrer nombre d’albums commerciaux à tendance « smooth jazz » boudés par la critique et très controversés par le milieu, cherchant sans doute à réitérer les moments de gloire de 1972…C’est Herbie Hancock qui le remet en selle en remontant l’ancienne rythmique du quintet de Miles Davis ; ils fondent le V.S.O.P. quintet, et tournent jusqu’au début des années 1980, durant lesquelles Freddie Hubbard va enregistrer pour de nombreux labels (Pablo, Atlantic, Columbia, Blue Note…).On peut d’ailleurs remarquer 3 évènements marquants dans cette décennie: l’enregistrement de deux superbes albums, avec son rival depuis 1970, Woody Shaw (DoubleTake en 1985, The Eternal Triangle en 1987), et son rôle de trompettiste dans le film culte de Bertrand Tavernier « ‘Round Midnight » en 1986.

Les années 90 sont des années tristes pour Freddie Hubbard… Un problème pour faire vibrer sa lèvre supérieur (certains parlent d’un cancer), et diverses faiblesses psychologiques, vont altérer la fin de sa carrière et ternir un tant soit peu sa réputation de monstre sacré du jazz. Quelques apparitions scéniques très prisées car très rares, quelques séances de studio ressassées, et l’éternelle promesse de son retour « au top » par le maître, laisseront tous les jeunes trompettistes dans l’expectative de voir ou d’entendre à nouveau Freddie Hubbard, « Le HUB’ », dans toute sa splendeur passée…