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Compositeur russe et membre du « Groupe des Cinq », Alexandre Borodine mena en parallèle une carrière de chimiste et de chercheur. Bien que le temps qu'il consacra à la musique fût restreint, il laissa une œuvre significative, marquée par le romantisme nationaliste et dominée par l'opéra Le Prince Igor, dont furent extraites les célèbres Danses polovtsiennes. Né à Saint-Pétersbourg le 12 novembre 1833, Alexandre Porfirievitch Borodine est le fils naturel du prince géorgien Louka Stepanovicth Guedevanichvili et d'une jeune femme russe mariée âgée de vingt-cinq ans, Evdokia Constantinovna Antonova. En raison de cette naissance illégitime, l'enfant est déclaré par un domestique, Porphyre Borodine, qui lui donne son nom. Toutefois, le prince veille à ce que sa mère puisse lui offrir une bonne éducation et une vie confortable, leur achetant une maison de quatre étages et nommant leur fils comme héritier sur son testament. Aussi, il organise un mariage arrangé avec un médecin militaire nommé Kleinek pour éviter l'opprobre à la mère. Élevé par cette dernière, qui ne le reconnaît pas officiellement et se présente comme sa tante, le jeune Borodine bénéficie de cours à domicile avec des professeurs privés. Attiré par la musique et la science, il apprend en autodidacte à jouer de la flûte, du piano et du violoncelle avec un ami, Mikhaïl Chtchiglev. Outre une polka titrée Hélène à l'âge de neuf ans, il compose par la suite un Concerto pour flûte et piano et un Trio pour deux violons et violoncelle. Admis à l'Académie de médecine de Saint-Pétersbourg en 1850, il étudie pendant six ans avant d'être engagé comme chirurgien dans un hôpital miliaire. Il fait notamment la rencontre de Modeste Moussorgski, officier militaire venu se faire soigner. Cependant, la sensibilité de Borodine à la vue des blessures de soldats, s'évanouissant dès sa première opération, l'incite à prendre la voie professorale. C'est alors qu'il entre à l'Académie militaire de chimie et devient docteur en médecine en 1858. Dès l'année suivante, il part à Heidelberg, en Allemagne, afin d'effectuer pendant trois ans une formation postdoctorale à l'université. Ses travaux sur les dérivés du benzène donnent lieu à une publication et il est à l'origine d'une méthode développée par Heinz Hunsdiecker, connue sous le nom de réaction Hunsdiecker-Borodine. Lors de ce séjour, en 1861, il rencontre une pianiste qui deviendra son épouse deux ans plus tard, Ekaterina Sergueïevna Protopopova. Nommé professeur assistant de l'Académie impériale médico-chirurgicale à son retour en 1862, il poursuit ses recherches sur les aldéhydes qui sont couronnées de succès et devient titulaire d'une chaire de chimie. Sa fonction lui permet d'effectuer de fréquents voyages pour des congrès à l'étranger, notamment en Belgique, en Italie et à Paris. Il ne délaisse pas pour autant la musique et prend des cours de composition avec Mily Balakirev (1937-1910), qui lui présente ses amis César Cui (né en 1835) et Nikolaï Rimski-Korsakov (né en 1844), ainsi que Modeste Moussorgski (né en 1839), qu'il retrouve dans ce qu'un critique nommera le « Groupe des Cinq », soit les représentants d'une musique russe ancrée dans la tradition populaire initiée par Mikhaïl Glinka (1804-1857). Celui qui se considère comme un « musicien du dimanche », très occupé par sa fonction, n'en demeure pas moins ouvert à la tendance germanique, notamment par sa femme, qui lui fait découvrir Chopin, Liszt et Schumann. Par la suite, tous deux se rendront à Mannheim pour assister à des opéras de Wagner et Borodine visitera Liszt à Weimar. En 1862, après la composition d'un Quintette en ut mineur, il entreprend celle de sa Symphonie n° 1, achevée cinq ans plus tard et dirigée le 24 février 1868 par Balakirev, devenu directeur de la Société russe de musique. Entre temps, il manifeste son appartenance au courant nationaliste par une Ouverture sur des thèmes russes (1966), avant de s'atteler en parallèle à deux œuvres de nature différente. En 1869, il commence à travailler à sa deuxième symphonie et sur l'opéra Le Prince Igor, qui lui prendra beaucoup plus de temps. Achevée sept ans plus tard, la Symphonie n° 2 dite « Épique » en raison de son thème récurrent, figure parmi ses œuvres les plus connues, notamment par son finale Allegro à l'atmosphère de fête. Créée en 1877 par Eduard Nápravník, elle est remaniée par son auteur et dirigée en 1879 par Rimski-Korsakov. Le 20 avril de l'année suivante, ce dernier assure également la création du poème symphonique Dans les steppes de l'Asie centrale, une remarquable évocation des caravanes de nomades à travers les plaines orientales, qui est en fait une commande pour la célébration du vingt-cinquième anniversaire de règne de l'empereur Alexandre II de Russie. Borodine la dédiera à Liszt après que le maître l'ai félicité pour sa première symphonie, puis fera une transcription pour piano à quatre mains de cette pièce majeure du romantisme russe. Auparavant, Borodine a eu le temps de composer deux Quatuors à cordes, le premier entre 1874 et 1879 et le second en 1881, plus connu pour son mouvement lent Notturno. En 1882, il entame la composition de sa Symphonie n° 3, laissée inachevée à sa mort et complétée par Alexandre Glazounov. Affecté par la mort de Moussorgski en 1881, Borodine connaît de sérieux problèmes de santé. Il subit plusieurs attaques cardiaques et est touché par une épidémie de choléra. Après une nouvelle visite à Liszt en 1885, il reprend la composition du Prince Igor, inspiré par le poème épique Le Dit de la campagne d'Igor, datant de la fin du XIIe siècle. Seulement, le 27 février 1887, alors qu'il assiste à un bal masqué au sein de l'Académie, Borodine est frappé par un infarctus et meurt à l'âge de 53 ans. Rimski-Korsakov, avec l'aide de Glazounov, complètera l'opéra créé au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg le 23 octobre 1890. Extraites du deuxième acte, les Danses polovtsiennes sont devenues une œuvre à part entière.