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L'un des compositeurs d'opéra les plus joués au monde avec La bohème, Tosca, Madame Butterfly et Turandot, Giacomo Puccini a laissé nombre d'airs impérissables et a renouvelé le genre en l'adaptant au vérisme italien et au théâtre moderne. Né à Lucques, en Toscane, le 22 décembre 1858, Giacomo Puccini est issu d'une lignée de musiciens sur cinq générations comprenant Jacopo Puccini au XVIIIe siècle, Antonio Puccini, Domenico Puccini et son père Michele Puccini, organiste, maître de chœur et compositeur. Âgé de cinq ans lorsque celui-ci décède, il est confié à son oncle maternel Fortunato Magi, nouveau maître de chapelle de la cathédrale San Martino, qui lui enseigne l'orgue et le chant choral. Se révélant peu doué pour la musique comme pour ses études au séminaire San Michele puis à l'Institut Pacini, il officie néanmoins à l'orgue de plusieurs églises et découvre la musique profane avec l'opéra Aïda de Verdi, que son professeur au conservatoire lui a recommandé. Le 11 mars 1876, Puccini se rend à Pise pour assister à une représentation qui va bouleverser son existence. À la suite de cette révélation, il compose la Messa di Gloria, exécutée à Lucques, puis entre en octobre 1880 au Conservatoire de Milan grâce à une bourse de la reine Margherita, pour étudier avec Antonio Bazzini et Amilcare Ponchielli, l'auteur de La Gioconda, opéra créé quatre ans plus tôt. Trois ans plus tard, il compose un Capriccio sinfonico, reçoit son diplôme du conservatoire et écrit avec le librettiste Ferdinando Fontana son premier opéra, Le Villi, pour un concours organisé par l'éditeur Sonzogno. S'il ne remporte pas le prix, l'œuvre est toutefois créée au Teatro Dal Verme le 31 mai 1884 et reste encore jouée. Suite à cette première, l'éditeur de Verdi, Giulio Ricordi, lui commande un nouvel ouvrage lyrique, Edgar, d'après Alfred de Musset, qui sera créé à la Scala de Milan le 21 avril 1889. Entre temps, avec l'avance, Puccini mène la vie de bohème avec ses amis Pietro Mascagni et Ruggero Leoncavallo et entame une liaison avec Elvira Gemignani (née Bonturi), mariée à un épicier de Lucques, qu'elle quitte pour vivre avec lui, ce qui ne manque pas de faire scandale. Le couple qui s'installe à Torre del Lago aura en 1886 un fils prénommé Antonio. Après l'échec d'Edgar, très peu représenté par la suite (la première française eut lieu à Nice en novembre 2024), son troisième opéra Manon Lescaut, créé au Teatro Regio de Turin le 1er février 1893, s'avère un triomphe. Adapté du roman de l'abbé Prévost par cinq librettistes dont Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, l'ouvrage qui avait pour titre de travail Tosca emprunte des thèmes à plusieurs compositions antérieures dont l'Agnus dei de la Messe à quatre voix (1880) et Crisantemi pour quatuor à cordes (1890). La collaboration avec Illica et Giacosa se poursuivra sur les trois opéras suivants, à commencer par La bohème, inspiré par les Scènes de la vie de bohème d'Henri Murger et créé sous la baguette d'Arturo Toscanini, le 1er février 1896. Malgré sa profusion d'airs ou ses audaces musicales et dramatiques, l'œuvre mettra du temps avant de conquérir le public deux ans plus tard à Paris – où l'opéra se déroule – et à Londres, donnant lieu à des adaptations au cinéma. Considéré dès lors comme le successeur de Verdi, Puccini transpose le vérisme littéraire à l'opéra dans Tosca, comme l'ont fait auparavant ses amis Mascagni dans Cavalleria rusticana (1890) et Leoncavallo dans Pagliacci (1892). Créé au Teatro Costanzi de Rome, le 14 janvier 1900, devant un public médusé et une critique sceptique, l'ouvrage inspiré par la pièce de Victorien Sardou finira par s'imposer grâce à ses airs comme « E lucevan le stelle » ou le fameux « Vissi d'arte » immortalisé par Maria Callas. Après avoir fait l'acquisition d'une automobile, le compositeur est impliqué le 25 février 1903 dans un accident qui va lui causer une fracture de la jambe et un boitement à vie. Rétabli au terme d'une longue convalescence, il épouse Elvira le 3 janvier 1904 et met la dernière main à l'opéra Madame Butterfly, d'après la pièce de David Belasco qu'il a vue à Londres et dont il a aussitôt acheté les droits. La première à la Scala de Milan, le 17 février 1904, est un nouvel échec, semblant cette fois dû à des rivalités. L'opéra dont l'action située au Japon met en scène un officier américain et une geisha ne tient l'affiche qu'une soirée, mais là encore, il ne tardera pas à triompher partout dans le monde et en plusieurs langues, fort de ses airs comme « Un bel di, vedremo » ou le chœur à bouche fermée. Après la mort de Giacosa en 1906, Puccini effectue plusieurs voyages aux États-Unis afin de superviser les productions de ses opéras. Ses infidélités avec des chanteuses ou des admiratrices provoquent de fréquentes scènes de ménage au sein du couple. Alors que son épouse soupçonne une liaison avec leur servante, Doria Manfredi, ne cessant de la questionner, cette dernière se suicide, ce qui provoque un scandale quand l'autopsie révèle sa virginité. Après un procès, Elvira est emprisonnée pendant cinq mois et le compositeur contraint à verser des dommages et intérêts à la famille Manfredi pour éviter une peine. Affecté par cette affaire, Puccini retrouve le public avec La fanciulla del West, un opéra novateur à nouveau adapté de Belasco dont l'action se déroule cette fois au Far West. Son ami Arturo Toscanini dirige la première au Metropolitan Opera de New York, le 10 décembre 1910, avec Enrico Caruso en vedette. Le 27 mars 1917 est créé à Monte-Carlo La Rondine dont l'intrigue se déroule sur la Côte d'Azur, avant Il trittico, réunissant les ouvrages Il tabarro, Suor Angelica et le plus connu des trois, Gianni Schicchiet son célèbre air « O mio babbino caro », qui sont créés comme souhaité lors de la même soirée au « Met » de New York, le 14 décembre 1918. Inspiré d'une fable de Carlo Gozzi, l'histoire de son dernier opéra, Turandot, qui se situe dans la Chine médiévale, présente quelques similitudes avec son affaire personnelle. Laissée inachevée à deux scènes de la fin, la partition comprenant l'illustre « Nessun dorma » est complétée par Franco Alfano, mais Toscanini, chargé de diriger la première à la Scala de Milan, le 25 avril 1926, pose sa baguette à la dernière mesure écrite par le compositeur. L'opéra sera pendant longtemps joué dans cette version, sans la dernière scène, qui a aussi fait l'objet de nouvelles interprétations par d'autres compositeurs. Diagnostiqué d'un cancer de la gorge, Giacomo Puccini part faire une radiothérapie à Bruxelles où il reste pendant un mois, avant de succomber à une crise cardiaque, le 29 novembre 1924, à l'âge de 65 ans.