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Franz Schubert : les nouveautés sur Deezer
Schubert: Piano Trios, Op. 99 & 100
par Edgar Moreau, Jérémie Moreau, David Moreau
24/04/2026
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Né à Himmelpfortgrund, un faubourg de Vienne, le 31 janvier 1797, Franz Peter Schubert est le douzième enfant d'un instituteur originaire de Moravie et d'une domestique silésienne, mais seulement trois aînés ont survécu, dont Ignaz, qui lui donne ses premières leçons de musique, au piano, au violon et à l'alto. Très tôt, le benjamin montre des dispositions surprenantes et est dès lors confié à l'organiste de la paroisse de Lichtenthal, Michaël Holzer. En 1808, à onze ans, le jeune Schubert est envoyé au Stadtkonvikt, une école de chant destinée à former les membres de la chapelle de la cour impériale, où il a pour professeurs Wenzel Ruzicka et Antonio Salieri. Durant sa scolarité, Schubert va composer près d'une centaine d'œuvres de la Fantaisie en sol* à sa première Symphonie, en passant par dix quatuors à cordes, des trios, un octuor à vents, des ouvertures, des pièces sacrées et un opéra inachevé, Der Spiegelritter, mais très peu de lieder. En 1813, il quitte le Konvikt et se prépare à enseigner dans l'école de son père. En trois ans, son catalogue se développe avec cinq symphonies, quatre messes, trois quatuors à cordes, trois sonates pour piano, six opéras dont Des Teufels Lustschloss et parmi trois cents lieder, les cycles Gretchen am Spinnrade (Marguerite au rouet) et Erlkönig (Le Roi des aulnes), d'après Goethe, ses premiers chefs-d'oeuvre fondant le lied romantique. À la paroisse, il s'éprend à d'une choriste, Thérèse Grob, pour laquelle il compose une Messe en fa majeur D.105, qu'il dirige lui-même. Cependant, la bien-aimée rompt les fiançailles en 1819. Entre temps, Schubert s'entoure d'amis poètes comme Johann Mayrhofer et Franz von Schober avec qui il loge, et le baryton de la cour Johann Michael Vogl, qui interprète les fabuleux lieder de 1817, Der Wanderer, An die Musik, Die Forelle (« La Truite »), Memnon, Ganymede, Gruppe aus dem Tartarus et Der Tod und das Mädchen (« La Jeune fille et la mort »). Dans le sillage de Mozart avant la découverte de Beethoven germe son propre style, auquel on attribuera aussi un adjectif lié à son nom, « schubertien ». De cette période datent sa Symphonie n° 5 D.485 jouée en privé, les Sonates pour piano D.537, D.568 et D.575, puis la Symphonie n° 6 D.589. En mars 1818, son Ouverture en ut majeur est sa première œuvre orchestrale donnée en public à Vienne. L'été qui suit, Schubert quitte son poste d'instituteur après quatre années de services et prend son indépendance. Il exerce brièvement comme précepteur musical de la famille du comte Esterházy à Zélesz, en Hongrie, puis revient à Vienne, où il achève à l'automne 1819 le fameux Quintette avec piano en la majeur, dit « La Truite », première œuvre de la maturité. Premier musicien entièrement indépendant de l'histoire à ne vivre que de la publication de ses œuvres et de leçons, Schubert fait face à de fréquentes difficultés financières, logeant chez son frère Ferdinand ou des amis et retournant à deux reprises chez son père. Aussi, les commandes sont bienvenues comme celles du singspiel Die Zwillingsbrüder (« Les Frères jumeaux) et de la musique de scène pour Die Zauberharfe (« La Harpe enchantée »), créés en 1820 dans deux théâtres rivaux. Un opéra commencé avec Schober, Alfonso und Estrella, est laissé inachevé. En 1823, il compose Fierabras avec le librettiste et directeur de théâtre Josef Kupelwieser, mais le projet ne voit pas le jour. Finalement, une autre commande émanant du Theater an der Wien, Rosamunde, est créée le 20 décembre 1823, mais disparaît de l'affiche après une seconde représentation. Schubert ne s'en tient pas qu'à l'art lyrique et compose entre autres partitions l'oratorio Lazarus (1820), une cinquième Messe en la bémol (1822) et deux grandes œuvres inabouties : le Quartettsatz de 1820 et la Symphonie « Inachevée » de 1822, dont subsistent deux mouvements et des esquisses du Scherzo. Le mystère reste entier quant à l'abandon d'une telle composition. Toujours est-il que le compositeur souffre à cette époque des premiers symptômes d'une maladie vénérienne et que son état ne s'améliore qu'au cours de l'année suivante. En 1823, il termine aussi son magnifique cycle de lieder Die schöne Müllerin (« La Belle Meunière »). En mars 1824, ses amis du Quatuor Schuppanzigh créent le Quatuor en la mineur et deux mois plus tard, Schubert retourne à Zélesz, en Hongrie, dont il revient avec une Sonate à quatre mains D. 812 aussi nommée Grand Duo et une passion pour la comtesse Caroline Esterházy, mais l'avancée de sa maladie l'empêche de nourrir quelque espoir. À l'été 1825, il entreprend avec son ami Vogl une tournée en Haute-Autriche et dans le Tyrol, pendant laquelle naît l'idée de sa Symphonie n° 9 en ut majeur dite la « Grande », qu'il offrira en audition privée à la Gesellschaft der Musikfreunde avant d'être créée par Felix Mendelssohn en 1839. Dans ses dernières années, les chefs-d'oeuvre s'accumulent avec l'Octuor en fa majeur et le Quatuor à cordes « La Jeune Fille et la mort » D.810 et la Sonate en la mineur « Arpeggione » D.821 en 1824, la Sonate pour piano D.840 inachevée (« Reliquie ») en 1825, la Sonate n° 18 en sol majeur D.894 et le Quatuor en sol majeur D.887 en 1826 et les Impromptus pour piano D.899 et D.935 en 1827. De la même année date le merveilleux cycle de lieder Die Winterreise D. 911 (« Le Voyage d'hiver »), d'après les poèmes de Wilhelm Müller. Le 26 mars 1828 est donné un concert en son honneur, comprenant le Trio à cordes en mi bémol D.929, aux côtés de lieder et d'œuvres chorales. Alors dans sa dernière année, Schubert écrit encore la Fantaisie en fa mineur D.940 dédiée à Caroline Esterházy, le Rondo en la majeur D.951, la Messe n° 6 D.950, puis les trois dernières Sonates pour piano en ut mineur (D.958), en la majeur (D.959) et en si bémol (D.960). Il achève également le Quintette en ut D.956 et un ultime cycle de lieder, le bien-nommé Die Schwanengesang D.957 (« Le Chant du cygne »), basé sur des textes de Ludwig Rellstab, Heinrich Heine et Johan Gabriel Seidl. Mais il ne vient guère à bout de la Symphonie n° 10, restée à l'état d'ébauche. Le 19 novembre 1928, Franz Schubert s'éteint à l'âge de 31 ans, laissant un millier d'œuvres, rassemblées dans un catalogue dressé par le musicologue Otto Erich Deutsch, donnant l'initiale de son nom à chaque numéro d'opus.