Né dans une famille d'agents maritimes, orphelin de sa mère écossaise à 2 ans, Erik Satie reçoit une éducation éclectique. Son père se remarie avec Eugénie Barnetsche, pianiste-compositrice qu'il méprise. Doué mais extraordinairement paresseux, il fait un passage au conservatoire de Paris, commence à composer. Attiré par le mysticisme, il devient compositeur de l'association Rose-Croix et pianiste au cabaret du Chat noir, à Montmartre. Côté vie privée, son amitié avec Claude Debussy attise ses complexes et son aventure orageuse avec Suzanne Valadon, mère du peintre Maurice Utrillo, le déstablise.
Forcé de travailler au caf'conç' pour subsister, il prend des cours de contrepoint avec Vincent d'Indy et Albert Roussel. Maurice Ravel interprète ses « Sarabandes » ; Claude Debussy orchestre ses « Gymnopédies ». Les éditeurs le réclament enfin. Jean Cocteau en fait une star. Toujours vêtu du même costume en velours gris (il en possède douze), il vit chichement à Arcueil (« Je loge dans un placard ») et fait l'aller-retour à Paris à pied ; il est lié à Pablo Picasso et à René Clair. Il meurt, déjà mythifié, d'une cirrhose du foie.